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Aérien été 2026 : « Nous avons de bons engagements clients »

Pascal de Izaguirre se montre optimiste pour l’été


Les compagnies aériennes adhérentes du SCARA et les aéroports français ont tiré la sonnette d’alarme la semaine dernière. Face à la hausse des cours du baril et à une demande plus fluctuante, les transporteurs voient parfois les courbes se croiser. Ce climat peut-il provoquer des dégâts au sein du pavillon français ? Le gouvernement peut-il venir en aide aux transporteurs ? Nous avons posé la question à Pascal de Izaguirre, président de la FNAM.


Rédigé par le Mardi 12 Mai 2026 à 07:21

Aérien : "Nous avons de bons engagements de la part des clients" selon Pascal de Izaguirre - Depositphotos @brianloganphoto
Aérien : "Nous avons de bons engagements de la part des clients" selon Pascal de Izaguirre - Depositphotos @brianloganphoto
Depuis un mois, le cours du baril est orienté à la baisse.

La décrue, selon les statistiques de l’IATA, atteint 13,5 % sur les quatre dernières semaines, mais la hausse sur un an reste malgré tout considérable, à +80,9 %.

Le kérosène vaut 56,76 dollars de plus que le Brent, ce qui correspond à l’écart entre le prix du pétrole brut et celui du produit raffiné. De quoi mieux comprendre pourquoi Total peut se permettre de maintenir des prix à la pompe stables, sans voir ses bénéfices chuter.

Dans ce contexte, couplé à une demande parfois en berne selon les destinations, le Syndicat des Compagnies Aériennes Autonomes (SCARA) et l’Union des aéroports français (UAF) ont tiré la sonnette d’alarme.

Ils demandent des mesures de soutien au gouvernement, dont la suspension de la hausse de la TSBA. Faut-il vraiment s’alarmer de la situation ? Pascal de Izaguirre a voulu se montrer rassurant sur l’état du pavillon français. Il n’est pas question, selon lui, d’être alarmiste.

"Nous n’avons à ce jour pas d’inquiétude particulière.

C’est pour cela qu’il n’y a pas de cadre systémique d’aides pour l’aérien. Chaque compagnie discute avec l’administration de solutions spécifiques et adaptées à son cas. C’est du one to one.

Le gouvernement est prêt à soutenir les compagnies qui auraient des positions de trésorerie difficiles à travers des reports de charges
", nous explique le président de la FNAM.

Aérien : les ministres "ont assuré le secteur du soutien de l’État"

D’ailleurs, certains acteurs ont d’ores et déjà déposé des dossiers pour demander un soutien spécifique auprès de l’exécutif.

Hormis ces cas, le PDG de Corsair s’est globalement félicité de la réunion qui s’est tenue la semaine dernière en présence de plusieurs ministres.

Un long moment d’échange, très productif, qui poursuivait plusieurs objectifs.

"C’était une réunion de qualité, nous sommes satisfaits, nous ne nous en attendions pas à autant, il faut le dire.

Nous avions quand même quatre ministres, c’est la première fois que je vois cela. Ils ont assuré le secteur du soutien de l’État, tout en apportant des réponses concrètes.

Ils ont pu rassurer tout le monde sur la capacité des compagnies aériennes à maintenir leur programme de vols.


Et l’ensemble des transporteurs veulent maintenir la totalité de leur programme de vols, car des annulations seraient la pire des choses en pleine saison estivale
", estime le dirigeant.

A lire : Vols maintenus et hausses de tarifs "limitées" : les autorités rassurent avant l’été

L’un des messages forts adressés aux professionnels du tourisme et aux Français concernait une potentielle pénurie de kérosène dans les semaines à venir.

La réponse de l’exécutif a été claire : ce scénario ne se produira ni à court ni à moyen terme. Et si des tensions devaient apparaître, il serait alors possible de débloquer des réserves stratégiques.

Selon les données partagées par la Commission européenne que nous avons pu consulter, datant de mai 2025, la France possède la plus importante réserve stratégique de kérosène en Europe.

Notre pays détient 22,6 % des stocks européens, soit 1,178 million de tonnes.
Chaque année, la France consommerait environ 7 millions de tonnes de ce carburant. La pénurie n’aura donc pas lieu.

Le dossier de la TSBA dépend du prochain projet de loi de finances

"Nous espérons que la communication consécutive à la réunion avec les ministres va débloquer tout cela et permettre aux voyageurs de se projeter" - Crédit photo : © Romain Cannizzaro
"Nous espérons que la communication consécutive à la réunion avec les ministres va débloquer tout cela et permettre aux voyageurs de se projeter" - Crédit photo : © Romain Cannizzaro
Sur les sujets financiers, "on peut demander des subventions, des aides, on ne les aura pas.

Il n’y a pas de marge de manœuvre en France et toutes les aides de l’État doivent être soumises à Bruxelles. Leur instruction prend du temps, vous le savez comme moi.

Toutes ces compagnies ont le temps d’éprouver de très graves difficultés avant que le dossier soit débloqué
", recadre Pascal de Izaguirre.

Il y aura donc bien un soutien au cas par cas, en fonction de l’urgence de la situation, mais rien de massif.

Outre des mesures destinées à donner un peu d’air à la trésorerie des compagnies, les ministres ont évoqué des reports de charges sociales et fiscales, mais aussi un possible appui de Bpifrance à travers des prêts.

Quant à une éventuelle suspension de la TSBA, il ne faut pas s’attendre à une réponse immédiate du gouvernement.

""Concernant le sujet de la fiscalité, cela ne sera pas traité aujourd’hui. Tout le monde se concentre sur la gravité de la crise et les sujets de fiscalité, comme la TSBA, dépendent du prochain projet de loi de finances pour 2027.

Le vrai sujet est de savoir si la Commission européenne va suivre les demandes des États, concernant les assouplissements, que ce soit sur les approvisionnements en Jet A en provenance des États-Unis ou sur les créneaux
", poursuit le président de la FNAM.

Aérien : "Nous avons de bons engagements de la part des clients"

Concernant la taxe dite Chirac, la FNAM reviendra bien évidemment à la charge en temps et en heure, c’est-à-dire lors des discussions qui s’ouvriront autour du prochain projet de loi de finances.

Reste à savoir quand elles s’ouvriront, alors que dans un an se tiendra l’élection présidentielle. L’exécutif planche actuellement sur une possible reconduction du PLF 2026.

L’Inspection générale des finances (IGF) a été chargée, selon BFM, d’évaluer l’impact de cette solution, au cas où aucun compromis parlementaire ne serait trouvé d’ici fin décembre 2026.

En fin de semaine, l’Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) a publié des recommandations pour favoriser l’utilisation du kérosène américain, afin d’éviter tout risque de pénurie.

Inutilisé en Europe, le Jet A possède des caractéristiques propres, notamment en matière de point de congélation et de conductivité électrique.

Une manière de rassurer les voyageurs, mais aussi les marchés, et peut-être, par ricochet, de détendre le cours du kérosène. En attendant de voir les prix à la pompe dans les aéroports français et européens baisser, les compagnies doivent composer avec l’attentisme des clients.

"Serge Papin s’est montré optimiste pour l’été qui arrive, c’est son rôle.

En tant que président de la FNAM, et je parle au nom des autres compagnies, je n’ai pas d’inquiétude particulière au sujet de l’été. Nous avons de bons engagements de la part des clients, les carnets de commandes sont plutôt bien remplis, même s’il subsiste un certain attentisme.

Nous espérons que la communication consécutive à la réunion avec les ministres va débloquer tout cela et permettre aux voyageurs de se projeter. Et puis nous estimons que les Français voudront partir,
" conclut-il.


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