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La case de l’Oncle Dom : Thomas Cook, le déclin d’un Empire ?

L'édito de Dominique Gobert



En Angleterre, la fin (programmée ?) de Thomas Cook est actée et les opérations de sauvetage ont commencé. En France, c’est le grand bazar, parce que, pour le moment personne ne sait rien, si ce n’est que la chute est imminente…


Rédigé par le Mardi 24 Septembre 2019

Il ne faut pas se faire d’illusions, il y aura de la casse et certains voyagistes ne s’en relèveront pas. Pas besoin d'être devin pour s’attendre à un effet dramatique, le style cascade ou dominos, c’est comme on veut - DR : DepositPhotos, Jirsak
Il ne faut pas se faire d’illusions, il y aura de la casse et certains voyagistes ne s’en relèveront pas. Pas besoin d'être devin pour s’attendre à un effet dramatique, le style cascade ou dominos, c’est comme on veut - DR : DepositPhotos, Jirsak
Conseil d’administration extraordinaire hier matin à l’APST, pour constater que, en gros et à la louche, c’est le grand bazar, que Thomas Cook / Jet tours n’a toujours pas déposé le bilan, que l’on ne sait pas exactement quels clients sont concernés et que, si « l’on va trouver des solutions », pour le moment, le plus urgent est d’attendre !

Et que Nicolas Delord, président de la filiale française du voyagiste déchu, ne semble pas enclin à communiquer.

Si ce n’est, dans un communiqué adressé aux clients sur son site Internet, où il est « conseillé aux futurs voyageurs de renoncer à leur voyage ».

Seul problème, ce qui est quand même un peu fort de café, c’est que dans ce cas, des frais d’annulation sont appliqués ! Ou du moins, selon nos bonnes informations, devraient être appliqués à compter du 8 octobre prochain.

LIRE : Thomas Cook/Jet tours : pas de frais d'annulation jusqu'au 8 octobre 2019

Ce qui risque de rassurer les clients et surtout leur redonner confiance dans la pratique d’achat en agences de voyages. Pour se suicider et pourrir un secteur, y’a pas mieux…

Dominique Gobert - DR
Dominique Gobert - DR
Côté fournisseurs, c’est aussi l’ébullition : certains, on se demande pourquoi cette discrimination, ont reçu une partie du règlement concernant les ventes du mois d’août. Globalement, pour ceux qui ont été payés, ça représente environ une petite moitié des ventes.

En revanche, tout ce qui a été vendu par les « franchisés » de Thomas Cook n’est, à ce jour, pas payé, à l’exception (et dans quelle proportion ?) de Club Med (environ 3,7 M€) et FTI.

Pour Boris Reibenberg, qui gère la centrale de paiement Tess, c’est quelque chose que la centrale ne peut maîtriser : « les fonds des franchisés sont centralisés par la centrale et reversés illico à Thomas Cook ».

Il y aurait quand même environ 15 briques qui auraient été payées par les franchisés !

Là, c’est encore un grand mystère, que seul peut-être Nicolas Delord pourrait éclaircir, mais l’homme reste discret pour l’instant.

A moins que, face à ce séisme qui semble dévaster le secteur du tourisme, il ne tente un ultime sauvetage en proposant à ses salariés une « reprise », genre MBO ?

Sait-on jamais, encore faudrait-il pour cela déjà, déposer le bilan. Ce jour devrait nous apporter, espérons, d’autres nouvelles…

Chez les fournisseurs, des voyagistes pour la plupart, même s’ils tentent de faire bonne figure, c’est aussi une vaste cata qui s’annonce.

D’autant que, on ne sait absolument pas pourquoi, certains ont été payés une partie, d’autres n’ont rien reçu. Certains menacent les agences franchisées de refuser le départ de leurs clients !

Faut dire quand même que tout ceci est absolument ahurissant et que, sans vouloir jouer les Cassandre, ça pue sacrément le pâté.

Même si en France, depuis deux ans, Thomas Cook redressait péniblement la barre, passant de -26 M€ en 1017 à -23 M€ en 2018, ce n’était quand même pas la panacée.

Pour l’APST, qui, afin de ne pas semer la panique, observe une communication « modeste », ça craint quand même. Parce que, faut pas se faire d’illusions, il y aura de la casse. Beaucoup de casse et certains voyagistes ne s’en relèveront pas.

Quelques centaines de milliers d’euros pour les uns, jusqu’à plusieurs millions pour d’autres… Sans compter les frais déjà engendrés par la chute de compagnies aériennes !

Et là, il ne faut pas être grand mage devin pour s’attendre à un effet dramatique, le style cascade ou dominos, c’est comme on veut.

Parce que, après la chute de Thomas Cook et ses 9 800 clients en France, si d’autres voyagistes se cassent la figure, on va vite grimper à un nombre de voyageurs laissés sur le carreau impressionnant.

De 5 M€ (à mon avis sous-estimé) de coût du sinistre, on pourrait passer à un chiffre quasi astronomique qui pourrait mettre en grande difficulté cette belle Maison du Tourisme ?

Et, dans tout ça, on ne parle pas encore des groupistes, ces voyagistes pourtant bien portants qui réservent plusieurs mois en avance et qui versent des acomptes pour le moins substantiels.

Magnin, dans son plaidoyer émouvant à la sortie du Tribunal de Commerce avant-hier, a raison : le tourisme, dans son ensemble, est en grand danger !

Une dernière minute qui n’ôte rien à ce que j'ai écrit plus haut. Dans un communiqué publié hier soir, nous apprenons que Thomas Cook France va s'adresser au Tribunal de Commerce de Nanterre, après consultation de son CE qui aura lieu jeudi, je cite: "sur le projet de déclaration de cessation des paiements et d’ouverture d’une procédure de redressement pour Thomas Cook France.

L'objectif est d'assurer la continuité de l’activité de l’entité française et d’avancer rapidement sur une solution de reprise sous la protection du tribunal de commerce de Nanterre. A ce jour, plusieurs repreneurs potentiels sérieux du secteur du tourisme ont déjà fait part de leur fort intérêt pour Thomas Cook France".


C'est vendredi que tout se décide !

Dominique Gobert Publié par Dominique Gobert Editorialiste - TourMaG.com
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1.Posté par Didier Lagalie le 25/09/2019 06:57 | Alerter
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Cher Monsieur Gobert,

de ce que je comprends du communiqué APST/EDV/SETO, le montant de 5 millions d'euros ne correspond qu'à la phase de rapatriement et non au coût total du sinistre. Cette précison est capitale selon moi.

Cordialement.

Didier Legalie

2.Posté par Thibault le 25/09/2019 08:17 | Alerter
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Magnin, dans son plaidoyer émouvant à la sortie du Tribunal de Commerce avant-hier, a raison : le tourisme, dans son ensemble, est en grand danger !

Magnin est lui même le danger et non pas le Tourisme : Sa mauvaise gestion, pertes financières, et ses erreurs stratégiques mettent toute une profession en péril. Même impression chez Thomas COOK.

3.Posté par Hervé le 25/09/2019 09:04 | Alerter
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J'étais hier soir en relation mail avec un réceptif de TC-JET TOURS. On lui avait promis la semaine dernière un virement de 500 000 USD qui bien sur n'est jamais arrivé !
Comment peut on arriver à de pareilles aberrations !
Du coup, c'est le réceptif qi se trouve aujourd'hui en grand danger.

4.Posté par mille sabords le 25/09/2019 11:04 | Alerter
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L"effet domino ne fait que commencer hélas à la fois dans les destinations touchées par la chute de AIGLE AZUR , XL( en cours) THOMAS COOK en quelques semaines..... les réceptifs dans le monde , les hôteliers , les employés , les clients...L'onde de choc est puissante.
Partout règne la confusion, l' incertitude . C'est un tsunami qui arrive en profondeur... qui devra obligatoirement faire REPENSER de fond en comble le mode de concevoir et de vendre des voyages avec une extension de la GARANTIE FINANCIERE ILLIMITEE AUX CIES AERIENNES. que les législateurs devront imposer à IATA la suite de ces tristes événements comme ils l ont faits aux agences de voyages mettant en danger les patrons .. Mais encore faut il que l'ECTAA et des députés européens concernés s'occupent du dossier sans relâche suite au le retard pris.
Nous allons devoir très vite revoir en profondeur nos métiers, cela fait des années que l' on en parle dans les couloirs de nos instances nationales sans pour autant vraiment anticiper. Rien ne s'est passé depuis 2005..
QUID des cellules de réflexions sur le sujet ...CETO EDV et tutti quanti...... beaucoup de futilités entre copains et peu d'efficacité (?).
NOUS SOMMES AU PIED DU MUR Il y a beaucoup de casse hélas et les consommateurs restent sur la réserve. Le milieu du tourisme est fortement affaibli,et les professionnels paniqués inquiets pour leur avenir sauf à tout revoir du sol au plafond mais encore faut il des moyens..
Certaines sociétés cependant l' ont compris et fonctionnent bien avec un modèle économique repensé , totalement différent, pour s'être adaptées rapidement au net et au nouveau mode de consommation de voyages inéluctable de la nouvelle génération friande de net et de réseaux sociaux.
Dans nos agences un conseillé avait plus de connaissance que le client , mais ça c'était avant, aujourd'hui les voyageurs en savent plus que nos vendeurs sans expérience du terrain.

5.Posté par ERIC PICOULEAU le 25/09/2019 13:52 | Alerter
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Il faudrait parler aussi des actionnaires THOMAS COOK qui apparemment auraient continué a empocher de colossaux dividendes pendant que l'entreprise était au plus mal ....Scénario hélas trop fréquent de faillittes programmées .........

6.Posté par Arnaud le 25/09/2019 20:46 | Alerter
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Et après certains s'étonnent que les distributeurs, bons gestionnaires (Lidl, Leclerc, carrefour) prennent des parts de marchés. Des voyages certainement moins glamours mais garantis ! Le monde du tourisme vit sa mutation, l'effet Darwin. Les mauvais disparaissent. Voilà tout.

7.Posté par mrlecurieux le 26/09/2019 09:06 | Alerter
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@ Arnaud
Rappellez moi le déficit chronique de Carrefour déjà ?

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