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Nouveaux bateaux, dirigeable... Comment Grands Espaces vise la « pôle position » en Arctique

Le TO spécialiste des zones polaires vient d'inaugurer son navire, l'Explorer



Grandir pour ne pas se faire engloutir, telle est la stratégie mise sur pied par Christian Kempf et Marielle Suzeau, les fondateurs de Grands Espaces, pour continuer à proposer des voyages - principalement des croisières d’expédition dans les zones polaires - à leurs clients. Ainsi, le tour-opérateur propose désormais un tout nouveau navire de 12 passagers, l'Explorer, que la rédaction de TourMaG.com a pu visiter alors qu'il était basé à Tromsø. Il sera rejoint l'an prochain par le Nanook (12 places) et en 2024 par le Grand Nord (24 pax). En parallèle, Grands Espaces travaille sur un projet de dirigeable qui pourrait survoler le Groenland. Sans vouloir se comparer aux plus « gros » croisiéristes des zones polaires, le voyagiste continue tout de même de tracer sa voie.


Rédigé par le Lundi 28 Mars 2022

Après une série de croisières au départ de Tromsø, l'Explorer mettra le cap début avril 2022 vers Longyearbyen (Spitzberg) où il restera positionné durant l'été, avant de revenir à Tromsø. En août 2023, il se rendra également dans le Nord-Est du Groenland - DR : A.B.
Après une série de croisières au départ de Tromsø, l'Explorer mettra le cap début avril 2022 vers Longyearbyen (Spitzberg) où il restera positionné durant l'été, avant de revenir à Tromsø. En août 2023, il se rendra également dans le Nord-Est du Groenland - DR : A.B.
Avec un an de retard, le Vestland Explorer a enfin pu mettre le cap sur le Nord, pour démarrer ses croisières entre la Norvège et le Spitzberg.

Affrété exclusivement par le tour-opérateur Grands Espaces, ce yacht polaire de 12 places était à l'origine utilisé par l’Etat danois pour des travaux océanographiques au Groenland.

Racheté en 2020 par l'armateur Vestland Classic, il a été totalement réaménagé en 2020-2021, en collaboration avec Christian Kempf, le co-fondateur de Grands Espaces, et l’architecte naval Marco Coppola spécialisé en yachts d’exploration.

Le navire adapté aux hautes mers et glaces, dispose de 9 cabines - dont 4 suites avec balcons à la française situées sur un pont réservé - de 11 à 17 mètres carrés, designées par l’architecte français Sébastien Flamand.

La vie à bord s'articule autour de différents espaces : le salon panoramique tout d'abord, avec son bar et son espace pour les repas, mais aussi pour les conférences.

Le pont passerelle et son poste de pilotage est accessible à toute heure et donne accès à un second salon panoramique avec un point de vue à 360°.

Pour la détente, l'Explorer dispose d'un sauna et d'un jacuzzi, mais il offre également de larges espaces extérieurs pour observer la mer, les paysages, la faune et guetter les aurores boréales !

Le yacht est servi par un équipage de 8 personnes et Grands Espaces emploie à bord le directeur de l’hôtellerie ainsi qu’un guide-conférencier.

Une montée en gamme pour Grands Espaces

Le navire comprend 4 suites avec balcons à la française - DR : A.B.
Le navire comprend 4 suites avec balcons à la française - DR : A.B.
Avec ce nouveau navire, Grands Espaces monte en gamme et propose à ses clients francophones une expérience très confortable mais qui ne vient pas effacer l'ADN du voyagiste : permettre aux passagers de vivre le voyage d'une vie, à la découverte des merveilles de l'Arctique, au plus près de sa faune, de sa flore, tout en veillant au respect des normes sécuritaires et environnementales.

« Évidemment, on peut considérer l'écologie à deux niveaux, commente Christian Kempf, le fondateur de Grands Espaces. Pour ce bateau par exemple, nous sommes moins écologiques qu'un bateau de 8 000 places, parce que nous consommons 1 litre de fioul par heure par passager pour avancer alors que sur un gros bateau, le ratio est moindre.

Mais en terme d'impact sur la faune, sur le milieu naturel, sur les communautés locales, il vaut mieux aller de manière douce vers ces milieux fragiles - qu'ils soient humains ou naturels - qu'en débarquant à 500 ou à 5 000
 ».

Chez Grands Espaces, on ne fait pas dans le greenwashing. Bien sûr, le Groupe vit du tourisme, avec le débat que cela suscite quant aux problématiques environnementales, mais il sensibilise et éduque son public à l'écologie et à la protection de l'environnement sans langue de bois et en se basant sur la science.

En parallèle, ces expéditions ont également une visée scientifique et de soutien aux communautés locales. Par exemple, le Nanook, futur navire du Groupe, sera équipé d'une plateforme pour hélicoptère et d'une infirmerie, permettant d'apporter une assistance aux populations du Groenland.

Une nouvelle ère de développement pour Grands Espaces

Les sorties en zodiac, pour se rendre au plus près de la nature - DR : A.B.
Les sorties en zodiac, pour se rendre au plus près de la nature - DR : A.B.
Après une série de croisières au départ de Tromsø, l'Explorer quant à lui, mettra le cap début avril 2022 vers Longyearbyen, sur l'île de Spitzberg, dans l'archipel norvégien du Svalbard, où il restera positionné durant l'été, avant de revenir à Tromsø pour effecteur des croisières à travers les fjords de Norvège et les Îles Lofoten notamment.

En août 2023, il se rendra également dans le Nord-Est du Groenland.

LIRE AUSSI : De retour au Spitzberg, Grands Espaces signe la relance de son activité

Ce navire signe le début d'une nouvelle ère de développement pour Grands Espaces, touché comme l'ensemble de l'industrie touristique, par la pandémie de Covid-19.

Après deux années difficiles, faites de reports et d'annulations, et alors qu'en 2019, le Groupe comptait 7 salariés, l'équipe se compose aujourd’hui de 19 personnes et devrait probablement compter 2 à 3 nouveaux membres d'ici cet automne.

Cette croissance doit permettre à ses dirigeants de continuer à exister sans l'appui d'un fonds d'investissement ou sans avoir à être racheté. « Nous préférons rester petit et beau, que gros et discutable », lance Christian Kempf, alors que Grands Espaces envisage d'affréter un petit bateau supplémentaire par an dans les prochaines années. Pour rappel, le Groupe affrète également pour plusieurs années l'Ocean Nova, un navire de 70 places.

Le dirigeant a donc privilégié le recrutement d'une équipe de direction (production, marketing, commerciale) et espère recruter davantage de commerciaux pour remplir les futurs bateaux.

Car après l'Explorer, le Groupe affrétera dès la fin de cette année 2022 le Nanook, entièrement réaménagé entre 2020 et 2021, qui effectuera des croisières en terres polaires, notamment au Spitzberg et au Groenland, mais aussi en Islande.

A bord, 6 officiers et hommes d’équipage, un chef, et deux guides-conférenciers polaires. Le yacht disposera de 7 cabines passagers de 14 à 17 m2 avec lits séparés ou doubles, un bureau, fauteuils, rangements, bloc WC/douches privé. Il accueillera 12 passagers au maximum.

Suivra en 2024 le Grand Nord, qui pourra accueillir 24 passagers et naviguera dans l'Ouest du Groenland. Il s'agit de l'ancien Suroit, qui pour la petite histoire, a permis de découvrir l’épave du Titanic. Racheté par un armateur norvégien, il est actuellement dans les chantiers de Gdańsk pour son réaménagement.

Une exploration par la mer et par les airs...

Avec l'Explorer, Grands Espaces sillonne la Norvège - DR : A.B.
Avec l'Explorer, Grands Espaces sillonne la Norvège - DR : A.B.
Mais toujours fidèle à sa vision du tourisme dans les zones polaires, Christian Kempf envisage également d'investir dans son propre navire, un « bateau vert », qui devrait être mis à l'eau en 2025 ou 2026.

« Il sera géré par un armateur, mais c'est Grands Espaces qui va lever les fonds. Il sera « vert » surtout au niveau de la propulsion, qui sera largement éolienne ou sur des batteries, même si on ne peut éviter le fioul, ajoute Christian Kempf.

Les aménagements vont également changer pour que ce bateau soit un camp de base pour des touristes, pour des scientifiques et pour des aspects d'éducation. L'idée étant d'avoir un navire d'environ 36 à 40 places et, par la suite, une série de bateaux similaires à partir de 2025 ».

A côté de la mer, un autre élément fascine Christian Kempf : l'air. « Depuis peu de temps, nous sommes engagés sur un projet de dirigeable polaire décarboné », annonce-t-il. Un dirigeable de 115 mètres de long sur 40 de large nécessite peu d'énergie pour flotter, contrairement à un avion ».

L'idée serait donc de proposer des survols du Groenland quatre mois par an, à 500 mètres de hauteur et à une vitesse de croisière de 80km/h (le reste du temps, le dirigeable serait exploité par d'autres tour-opérateurs dans d'autres zones du globe).

« C'est la compagnie britannique Airlander qui va nous mettre à disposition à partir de 2026 un dirigeable qui nous permettra de voler le long de la calotte du Groenland, le long de ses fjords extraordinaires et d'aller vers le Pôle Nord », poursuit Christian Kempf, précisant que « le ticket d'entrée sera 3 à 4 fois supérieur à celui d'une croisière polaire ».

La configuration intérieure n'est pas encore définie, le dirigeable étant en phase de test. Mais l'un des scénarios envisagé serait une nacelle aménagée pour 16 personnes avec des cabines de 10m2 pour le couchage, un restaurant, un salon, des espaces techniques pour les 4 pilotes et les 4 guides également présents à bord et qui permettrait de proposer des voyages de 32 heures jusqu'au Pôle Nord au départ de Qaanaaq (au Nord du Groenland).

L'autre option serait des vols à la journée depuis l'Islande vers la côte ouest du Groenland, dans cette nacelle de 40 mètres qui pourrait accueillir entre 30 et 40 personnes avec des tarifs autour de 3 000 à 4 000€.

Un objectif de 5 000 clients par an

Avec cette stratégie, Grands Espaces souhaite « se mouler dans un monde en profond changement, où la protection de la nature et l'écologie ne seront plus l'affaire de quelques militants, mais une obligation de tous les jours, où le petit deviendra beau et efficace », conclut Christian Kempf.

L'entreprise a toutefois été impactée par le Covid, la pandémie ayant stoppé les perspectives d'évolution du Groupe qui étaient de passer de 2 000 clients annuels à 5 000. Un objectif que ses fondateurs n'ont pas perdu de vue, tout en gardant leur ADN et leur originalité.

Plus récemment, c'est la guerre entre la Russie et l'Ukraine qui a entraîné l'arrêt des activités de Grands Espaces dans les territoires russes (Kamtchatka, Ceinture de feu). « Nous nous retrouvons avec 200 clients sur les bras », explique Christian Kempf qui avait également mis sur pied plusieurs projets importants en Russie (passage du Nord-Est, positionnement d'un bateau à Dikson entre la Terre du Nord et la Terre François-Joseph).

Toutefois, ses dirigeants préfèrent voir le côté positif : à partir de mai 2022, les bateaux sont pleins, en partie avec les reports de 2020 et 2021. Mais dès 2023, le Groupe enregistre de nouveaux clients et se prépare désormais à sortir sa production pour 2024...

LIRE AUSSI : Grands Espaces : "le tourisme pour sensibiliser à la beauté de la nature"

A savoir sur Grands Espaces

- Le TO a été créé en 1998. Si le siège social se situe en Suisse, le Groupe est principalement installé à Beaune, avec une agence de voyages et les services de production, de réservation et administratifs. Il emploie 19 personnes.

- Il est principalement positionné sur l'Arctique, mais propose des expéditions en Antarctique et des voyages en Islande, en Amazonie (croisières à bord de la Jangada), au Costa Rica, aux Galapagos, en Namibie, en Ouganda ou sur le Zambèze.

- Ses clients sont à 80% des repeaters, âgés en moyenne de 60 ans.

- Le panier moyen d'un voyage polaire est autour de 8 500€ par personne.

- Grands Espaces travaille à 60% en direct et à 40% en B2B avec des tour-opérateurs et des agences de voyages. Le Groupe offre à la fois des allotements, mais aussi la possibilité de privatiser l'un de ses navires pour un groupe (amis, famille). Si ses dirigeants ne mélangent pas les clientèles, les navires peuvent être toutefois réservés pour des clientèles internationales. Par exemple, en 2023, l'Explorer sera affrété à 30% par des groupes étrangers.

Anaïs Borios Publié par Anaïs Borios Journaliste - TourMaG.com
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