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Panne "Carnival Triumph" : tout le secteur de la croisière est sur le même bateau...

la chronique de François Weill


Rédigé par La Rédaction le Mardi 19 Février 2013

La panne qui a affecté le Carnival Triumph a largement été relayée par les médias du monde entier. Sans électricité, sans toilette, sans air conditionné... les 4000 personnes à bord, passagers et membres d'équipage, ont vécu une expérience cauchemardesque. François Weill revient cette semaine sur cette avarie, qui a touché un navire du Groupe Carnival, leader du secteur, un peu plus d'un an après le naufrage du Costa Concordia.



Aussi tragiques ou dangereux soient-ils, le nombre d'accidents d'un navire de croisière et de victimes de catastrophes maritimes est presque dérisoire par rapport au bilan des autres moyens de transport - Photo - Own work, Scott L.
Aussi tragiques ou dangereux soient-ils, le nombre d'accidents d'un navire de croisière et de victimes de catastrophes maritimes est presque dérisoire par rapport au bilan des autres moyens de transport - Photo - Own work, Scott L.
L'avarie du paquebot Carnival Triumph, qui provoque actuellement de sacrés remous aux USA n'est pas un événement anodin.

Les passagers qui viennent de débarquer dans le port de Mobile, en Alabama, après plusieurs jours de dérive et de remorquage, ont communiqué aux media des images et des clips video qui parlent d'eux-mêmes et aident à mieux comprendre les conséquences d'une telle panne sur un navire.

Celles-ci sont de deux natures.

La sécurité bien sûr : lorsqu'un bateau, quelle que soit sa taille, se retrouve privé de propulsion, il dérive hors de tout contrôle.

Dans le cas du Carnival Triumph, celui-ci se trouvait heureusement dans des mers calmes et très fréquentées, et les remorqueurs ont pu le prendre en charge relativement rapidement.

Mais le même incident sur un navire en mer agitée, ou navigant dans des régions isolées, pourrait aboutir à une conclusion bien plus dramatique. Surtout s'il s'agit d'un géant.

Plus de courant à bord, c'est la panne des machines

Les autres conséquences peuvent paraître moins sérieuses : elles sont pourtant bien difficile à supporter, quel que soit le navire concerné.

On ignore encore les détails techniques de ce qui s'est passé à bord du Triumph.

Mais d'une manière générale, sur un paquebot, plus de courant à bord, c'est la panne des machines. C'est aussi l'absence d'air conditionné, de toilettes, l'arrêt des congélateurs, l'éclairage en berne, et bien d'autres désagréments.

On peut difficilement imaginer l'expérience cauchemardesque vécue dans ce genre de circonstances : passer plusieurs jours obligés à dormir sur les ponts parce que l'air ne fonctionne plus dans les cabines, que les toilettes puent et débordent, c'est une sacrée épreuve.

Dépendre d'un ravitaillement aléatoire par d'autres navires, puisque la réfrigération ne fonctionne plus, c'est angoissant. Ajoutez à tout cela l'incertitude, la promiscuité, et la nature humaine qui manifeste, comme en toute crise, ses plus mauvais instincts, eh bien oui, là, le passager est en droit de dire : la croisière, ça m'use.

Sur le plan de l'image médiatique, Carnival est en train de souffrir.

Ce type d'incident s'est déjà produit plusieurs fois sur d'autres navires de croisière, petits et gros, avec la plupart du temps des conséquences sur le confort des passagers mais heureusement sans dénouement dramatique.

On en a moins parlé.

Mais là, sur un paquebot géant américain de Carnival, le leader mondial de la croisière, ça va faire de très grosses vagues. Carnival n'avait pas besoin de ça après le drame du Concordia de sa filiale Costa.

D'autant que le Concordia et le Triumph se ressemblent beaucoup (ils sont tous deux construits sur les chantiers italiens de Fincantieri). Il est clair que sur le plan de l'image médiatique, Carnival est en train de souffrir.

Ce sont les aléas de la position de leader, mais il y a une certaine injustice à voir une compagnie qui a initié, développé et magnifié la croisière offerte au plus grand nombre être aujourd'hui l'objet de tant de commentaires à la tonalité parfois haineuse, même si tout le monde ou presque semble reconnaître que le comportement de l'équipage du Triumph a été remarquable.

Carnival doit assumer son leadership

Cela dit, il reste désormais à Carnival à assumer son leadership et à tout mettre en œuvre pour que des incidents techniques comme sur le Triumph ou des erreur humaines comme sur le Concordia aient le moins de chances de se renouveler.

Nul doute que l'on va voir prochainement les chantiers de Fincantieri et le groupe Carnival se renvoyer la balle pour savoir qui est à l'origine de ces pannes et pourquoi.

Mais il faudra que très rapidement des conclusions en soient tirées, et des actions correctives appliquées. Aussi coûteuses soient-elles, elles coûteront toujours moins qu'une baisse de confiance massive des touristes du monde entier.

Une baisse de confiance qui se traduirait immanquablement par une diminution sensible du nombre de passagers qui affecterait non pas une compagnie, mais l'ensemble du secteur d'activité.

Bien souvent quand le leader s'enrhume, les autres attrapent la grippe

Aussi tragiques ou dangereux soient-ils, le nombre d'accidents d'un navire de croisière et de victimes de catastrophes maritimes est presque dérisoire par rapport au bilan des autres moyens de transport.

Mais ces drames, accidents et incidents sont particulièrement visibles, pas seulement du fait de leur médiatisation, mais tout simplement parce qu'un navire, c'est énorme, spectaculaire, et que ça contient des tonnes et des tonnes de rêves, de mythes, d'histoire et de légendes…

Alors une panne sur un navire géant du plus grand groupe de croisières du monde, ça fait forcément beaucoup de bruit.

Carnival devra en tirer des conclusions et des actions : nul doute que ce groupe particulièrement dynamique et novateur en a la capacité, et la volonté.

Tout le secteur de la croisière est dans le même bateau : car bien souvent quand le leader s'enrhume, les autres attrapent la grippe.

François Weill - DR
François Weill - DR
François Weill a effectué la plus grande partie de sa carrière dans le tour operating et la croisière. Une carrière qu'il a débutée, après des études de philosophie, en 1974 chez American Express puis aux Croisières Paquet, avant de faire de sa propre entreprise, Scanditours, le 1er voyagiste français spécialiste des destinations nordiques.

A la fin des années 90, il vend Scanditours à Kuoni et, après une parenthèse de quelques années comme consultant, journaliste, et enseignant à l'université de Marne-la-Vallée, il crée la filiale française de Hurtigruten dont il assure la présidence et la direction jusqu'en 2010 avec le succès que l'on sait.

En 2008, le Roi Harald V lui a décerné le titre d'Officier de l'Ordre Royal du Mérite de Norvège, pour les services rendus au développement de cette destination sur le marché français.

Président de l'AFCC durant plusieurs années, François Weill a repris ses activités de consultant.

Contact : fw@francoisweill.fr

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