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Tempête et choléra, ou la pire des galères de Sophie Fournier, groupiste de métier

Retour sur le voyage catastrophe qui marquera toute sa carrière


Rédigé par Michèle SANI le Jeudi 19 Avril 2018

Des galères dans le métier sont chose courante, mais celle vécue par Sophie Fournier à Malte, voici près de 40 ans, reste unique dans les annales des organisateurs de voyages. Orage, tempête, choléra et mauvaise foi des autorités et de certains prestataires locaux... un cauchemar. Seule pour trouver des solutions, des alternatives, des arguments. Seule pour calmer les clients déçus et mécontents dans un temps où le portable et Internet n’existaient pas.



Sophie Fournier, toute une carrière dédiée au tourisme de groupes - Photo : M.S.
Sophie Fournier, toute une carrière dédiée au tourisme de groupes - Photo : M.S.
Une licence d’anglais et un Mastère destinaient Sophie Fournier à l’enseignement.

Son père, ex-officier militaire plutôt rigide, la voyait dans l’import-export. Elle voulait parcourir le vaste monde, en tant qu'accompagnatrice ou basée à l’étranger.

Après une courte formation pour adultes (AFPA - 6 mois de cours et 1 mois de stage), elle sera agent de voyages, se spécialisera dans le tourisme de groupes et voyagera énormément tout au long de sa carrière.

Après différents stages et un coup de cœur pour Madagascar, qui l’emmènera 6 mois au fond de la brousse, Sophie est engagée par l’agence Daro, avec mission de développer l’activité « Groupes ».

A l’époque, Daro est une grande maison, une belle adresse, rue Royale à Paris, et certainement l’une des agences les plus prestigieuses de Paris avec sa voisine, l’agence Thomas Cook Madeleine.

Démarchage clients et fournisseurs, cotations, repérages à destination avec les clients, accompagnements. En ce temps-là, on fait tout et il faut savoir tout faire.

Des galères, des imprévus, des cas de force majeure, elle en a connu durant sa carrière. Il lui en fallait beaucoup pour la déstabiliser. Mais l’histoire qui suit, vécue au tout début de sa carrière, reste à jamais gravée dans sa mémoire.

Quelque chose d’original, au budget « confortable »

Une filiale française de General Electric, cliente de Daro, doit recevoir un groupe de managers haut placés venus de toute l’Europe.

Ils sont une trentaine avec les épouses. Un « incentive » au budget très confortable est prévu. Il faut quelque chose de bien et d’original pour 2 nuits/3 jours, un moyen-courrier de préférence.

Sophie propose Malte. A 2h30 d’Orly, le petit archipel est en ce temps-là considéré comme une destination nouvelle, originale, quasi exotique.

Le voyage de repérage avec le décideur et son épouse se passe le mieux du monde.

Vol direct au départ d’Orly avec UTA (qui sera absorbée par Air France en 1990), charme de la petite île de Comino avec son magnifique lagon et ses paysages sauvages, choix de l’hôtel. « Tant mieux, car on n’avait pas le choix. Le client voulait une plage pour une matinée de farniente ».

La lumière est belle. Tout est parfait. Le voyage du groupe est programmé pour septembre, un mois considéré des plus agréables en Méditerranée.

Et ce sera le voyage catastrophe. Sophie raconte.

Panne d’électricité générale et formalités d’arrivée à la bougie

« Nous sommes arrivés à La Valette vers 21h30 après avoir été très secoués en traversant une inquiétante zone de turbulences.

Un orage épouvantable s’abattait sur Malte. Plus d’électricité dans l’aéroport de La Valette. Les formalités se font à la bougie. Nous sommes le seul avion à avoir atterri. Le premier effet est désastreux ».


C’est à ce moment qu’un responsable de l’aéroport l’informe que tous les passagers doivent être vaccinés contre le choléra avant de quitter l’aéroport.

La raison ? Une épidémie qui sévit quelque part en Afrique, destination que dessert la compagnie UTA. Sophie argumente. « Le vol arrive directement de Paris ». Rien n’y fait.

« On m’amène dans une sorte d’arrière-cuisine où je vois un Butagaz, deux casseroles avec de l’eau qui bout et 2 seringues !

Je demande des seringues individuelles jetables. Il n’y en a pas. La tension monte. Finalement, il est décidé que nous serons vaccinés le lendemain matin à notre hôtel sur l’île de Comino ».


Il est près de minuit quand le groupe arrive à l’embarcadère pour Comino. Et la galère continue. « Le capitaine ne veut pas nous embarquer, estimant la traversée trop dangereuse dans une mer si mauvaise. Les clients, fatigués, ont faim.

A force d’arguments et de bakchich avancés par mon agent réceptif, nous traversons quand même. Heureusement, l’hôtelier a prévu un buffet à la chandelle. L’électricité est également coupée sur l’île de Comino ».

Le vol retour programmé sur Orly se pose à Nice

Au retour, le vol programmé sur Orly se pose à Nice. A l’escale, on informe les passagers que la météo empêche tout atterrissage à Paris.

Des hôtels à Nice sont réservés. Fureur de tous ces managers européens qui ont of course d’importantes réunions à assumer dès le lendemain matin.

« La nuit se passe pour moi au bureau Daro de Nice, avec son directeur. Il faut trouver des billets de train ou d’avion sur les capitales européennes pour le lendemain matin ! Bien vu ! Le vol UTA ne redécollera que l’après-midi pour Paris et les correspondances de mes clients étaient bel et bien perdues ! »

Dans ce voyage si bien préparé, rien n’a marché. Orage, tempête, choléra et mauvaise foi des autorités et de certains prestataires locaux... un cauchemar.

Seule pour trouver des solutions, des alternatives, des arguments. Seule pour calmer les clients déçus et mécontents, furieux pour certains.

« En ce temps-là nous n’avions ni portables, ni Internet. Personne n’a tenté de venir en aide à la jeune - presque débutante - organisatrice de voyages que j’étais. Ce voyage a une place particulière dans mes souvenirs. Il m’a aguerrie. Il m’a obligée à faire face, à décider, à tenir tête. Il m’a donné le sens des responsabilités et le goût du challenge ».

Après Daro, où elle restera plusieurs années, Sophie est engagée chez Kuoni au service « Groupes » . Elle y travaillera près de 30 ans.

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