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XL Airways : "110 000 trajets ne seront pas assurés", selon Jean-Pierre Mas (EDV)

Le redressement de XL Airways, "c'est la cata" pour René-Marc Chikli



Le ciel français connaît l'un des pires épisodes de son histoire. Trois semaines après Aigle Azur, XL Airways vacille et emporte avec elle la distribution. Les conséquences sont "terribles" selon les propres mots de Jean-Pierre Mas, le président des Entreprises du Voyage.


Rédigé par le Vendredi 20 Septembre 2019

Le redressement de XL Airways "c'est la cata" pour René-Marc Chikli - Crédit photo : XL Airways
Le redressement de XL Airways "c'est la cata" pour René-Marc Chikli - Crédit photo : XL Airways
C'est de mal en pis en cette rentrée.

Après le redressement judiciaire d'Aigle Azur et ses milliers de passagers bloqués sur plusieurs continents, voici qu'une autre compagnie française connait la même situation.

XL Airways a demandé, ce vendredi 20 septembre 2019, à être placée en redressement judiciaire.

Si les difficultés économiques de la compagnie française étaient connues de tous, la dégradation des comptes s'est accélérée pour en arriver à un arrêt des ventes de billets ce jour.

Les potentiels repreneurs ont jusqu'au vendredi 27 septembre prochain pour se manifester, mais d'ores et déjà la compagnie annonce que les vols sont susceptibles d’être annulés à partir du 23 septembre.

TourMaG.com prend le pouls parmi les professionnels.

Jean-Pierre Mas (EDV) : "nous sommes en guerre contre IATA"

Jean-Pierre Mas, président des EDV - DR
Jean-Pierre Mas, président des EDV - DR
"C'est une catastrophe pour l'ensemble du secteur.

Une nouvelle fois, cela remet sur le tapis l'absence de garantie, un manque qui a été exacerbé par le dossier Aigle Azur. Je vais vous livrer notre état d'esprit ce matin aux Entreprises du Voyage : nous sommes des guerriers contre IATA.

Il est impossible de continuer comme ça, sans aucune garantie aérienne, soit pour le client final, soit pour les agences de voyages.

Le redressement de XL Airways va être un énorme sinistre sur le marché des agences de voyages et des tour-opérateurs. Il y a 110 000 trajets qui ne seront pas assurés, c'est énorme, c'est gros.

Nous allons essayer de mettre en oeuvre tout ce qui est possible pour lutter contre IATA, c'est notre seul interlocuteur, pour préserver les intérêts des agences de voyages.

Nous sommes déterminés, nous sommes en guerre contre IATA. Je ne peux pas leur dire que nous allons trouver une solution, ne vous inquiétez pas, mais nous allons tout essayer pour protéger vos intérêts.
"

René-Marc Chikli (SETO) : "je ne sais pas si nous allons déboucher sur une issue positive"

René-Marc Chikli, président du SETO - DR : AB
René-Marc Chikli, président du SETO - DR : AB
"Je suis incapable de communiquer ce matin, C’EST la cata.

Nous devons calculer l’engagement des tour-opérateurs, nous en saurons plus en fin de journée. La situation est compliquée pour les TO, cela va faire bouger le gouvernement, car cela touche les Antilles.

Quand vous touchez les Antilles, c’est un peu comme les bureaux de tabac, cela fait bouger le gouvernement.

Je ne sais pas si nous allons déboucher sur une issue positive.
"

François Garrabos (Resaneo) : "il va y avoir une réaction en cascade très négative"

"Nous n’avons pas attendu ce matin pour réagir, dès jeudi soir nous étions sur le pont. Nous avons isolé tous les dossiers concernés, ils sont environ une centaine.

Pour tout vous dire, nous avions déjà réduit la voilure depuis quelques semaines. Chez Resaeno, ce n’est pas que nous ne vendions plus de billets, mais nous ne prenions plus de départs lointains.

Ce qui nous désole dans le cas présent, c'est que XL Airways ne nous a pas informés de la situation, nous avons appris la catastrophe par des communiqués de presse.

Pour nous, cela va nécessiter des ressources humaines énormes. Avec Aigle Azur nous avions 4 à 5 personnes mobilisées à 100%.

L’impact est violent. Nous allons aviser les agences et passer les billets en remboursement le plus vite possible, nous n’avons aucune information de la part de XL Airways sur les vols annulés et les routes arrêtées.

Cela nous met dans une situation inconfortable.

Actuellement, nous regardons les solutions possibles que nous allons soumettre aux agences pour rapatrier les gens à partir du 23 septembre.

Il y a clairement un problème avec les pouvoirs publics, ils ne nous soutiennent pas du tout. Lors de l’arrêt des vols d’Aigle Azur, il n’y a eu aucun affrètement de l’Etat.

Le redressement de XL Airways est nettement plus impactant pour l’industrie, cela va créer une réaction en chaîne.

Des tour-opérateurs vont se retrouver en difficulté, mais aussi des agences de voyages. Il va y avoir une réaction en cascade très négative, cela me fait peur.

Je crains vraiment que la chute de XL Airways entraîne d’autres chutes.

Il y aura une double peine pour le consommateur, qui va se retrouver bloqué et en plus va voir les prix augmenter, car il y aura moins de concurrence.

Je ne sais pas si on se rend compte de l’état dans lequel se retrouve le ciel français. J’espère sincèrement qu’il y aura un repreneur
".

Adriana Minchella (CEDIV) : "les agences de La Réunion et les Antilles sont les plus touchées"

Adriana Minchella, présidente du CEDIV - DR
Adriana Minchella, présidente du CEDIV - DR
"C'est une catastrophe, il est grand temps que quelque chose se passe du côté de IATA et de notre gouvernement. Il faut réorganiser le transport aérien en France.

Les agences ne peuvent plus continuer à travailler avec cette épée de Damoclès au-dessus de leur tête. Comment se fait-il que l'on nous demande autant de contre-garanties, alors que c'est le transporteur aérien qui est le problème et qu'on ne lui demande pas de fournir une garantie-miroir ?

Comment, nous agences de voyages, pouvons-nous solutionner ce problème en nous fiant à des bruis de couloir ? Car si l'on arrête de vendre la compagnie par précaution, on peut accélérer sa chute, mais si nous continuons à vendre, nous devons aussi affronter cette catastrophe.

Et aujourd'hui, qui va devoir rappeler les clients pour leur expliquer la situation et leur dire qu'ils vont devoir racheter des billets ? Comment peut-on dire à un client qui nous a confié son argent que nous n'avons pas pu le protéger ?

Et puis, que va-t-il se passer maintenant ? Qui nous garantit que les prix ne vont pas flamber ? Ce n'est pas possible de retrouver les mêmes prix que XL Airways chez un autre transporteur. L’État devrait intervenir.

Si nos hommes politiques se trouvaient bloqués ou leur famille, sur un vol XL Airways, comment réagiraient-ils à votre avis ? Notre profession est totalement ignorée, et le CEDIV apporte tout son soutien aux Entreprises du Voyage qui ont décidé de partir en guerre contre IATA. J'espère que Jean-Pierre Mas les fera plier.

En attendant, nous venons de contacter tous nos adhérents à La Réunion, qui ont déjà souffert cet hiver du mouvement des Gilets Jaunes. Nous attendons 15h pour joindre les Antilles.

Nous leur conseillons de dissocier les vols secs des voyages à forfait. Et de faire annuler tous les billets pour lesquels les clients avaient pris des garanties.
"

Laurent Abitbol (Marietton Développement) : "une perte estimée à 40 000€"

"Nous avons de nombreux clients individuels en forfaits classiques. Nous avons un groupe à re-protéger avec Voyamar. Mais au niveau du tour-operating, nous n'avions pas d'engagements. On se serait bien passé de cette nouvelle défaillance.

J'estime que nous aurons une perte de 40 000 €".

Fabrice Dariot (Bourse des Vols) : "il y a une relation malsaine entre Bercy et les dirigeants des compagnies"

"Malheureusement je ne connais pas trop le statut juridique de XL Airways en cas de défaillance, il y a des statuts juridiques très graduels, pour connaitre les niveaux de sécurité et d’engagement que la compagnie peut assurer.

Une fois de plus, c’est l’histoire sans fin, celle d’une compagnie aérienne européenne n’offrant aucune garantie au contraire des agences de voyages, des notaires, des avocats, des agents immobiliers, etc.

C’est la seule profession qui détient de l’argent à ne pas avoir de garantie, se substituant en cas de défaillance.

Elles ont librement le droit de planter des clients, les abandonner sur les tarmacs du monde entier, sans contrepartie, pourquoi ? Car le lobby malfaisant des compagnies aériennes a toujours bloqué les initiatives, en raison d’un coût soi-disant trop élevé.

C’est un scandale permanent qui perdure.

L’approche des élections municipales en 2020 va peut-être faire bouger les choses, car derrière un consommateur se cache un électeur. Après nous concernant, nous ne sommes pas responsables, mais mandataires, mais nous sommes responsables psychologiquement et commercialement.

Notre centre d’appels est surchargé, les gens sont mécontents et il faut les comprendre, car ils ne font pas la différence entre la compagnie et nous. Pendant ce temps, nous ne faisons pas de ventes.

Pour faire une analogie, c’est un peu comme si les marées noires se succédaient sans qu’aucune mesure ne soit prise…

Nous voyons une nouvelle marée noire se profiler, mais rien ne se passe. Il y a une relation malsaine entre Bercy et les dirigeants des compagnies européennes, c’est trop endogame
".

Bruno Berrebi (Française des Circuits) : "l’annonce a été faite en avance"

"Sur la Française des Circuits, nous n’avons pas d’engagement particulier, mais pour les groupes oui.

D’ailleurs un groupe est parti hier soir, avec un retour jeudi 26 septembre 2019, date après le début des annulations des vols. Ce n’est pas cohérent que les agences de voyages doivent avoir une couverture et que les compagnies aériennes n’aient aucune obligation.

Pour comparer, prenez le cas d’Empreinte qui arrête ses activités, mais assurera l’ensemble de ses départs. C’est propre et noble.

Après dans le marasme actuel, il faut relever une chose : l’annonce a été faite en avance, nous permettant de nous retourner. Hier soir nous sommes restés jusque tard pour faire des demandes pour trouver des retours différés.

C’est une catastrophe, mais quand on compare avec Aigle Azur, là nous sommes prévenus en avance.

Magnin, que je ne connais pas, fait les choses proprement. Nous sommes impactés, mais pas dans une situation inconfortable.

Après nous espérons que Laurent Magnin fera œuvre de bienveillance pour le monde du tourisme, afin de nous avertir sur les vols arrêtés ou annulés, pour que nous puissions nous arrêter.

C’est important de le relever, même si nous allons tous y perdre. Il faut dire la vérité, nous ne passions plus par XL Airways en priorité depuis un moment.

Maintenant la compagnie a des tarifs très attractifs, est bien positionnée sur le marché. Il ne faut pas cracher dans la soupe, XL Airways est une bonne compagnie aérienne.

Nous allons perdre les acomptes des groupes qui ne partiront pas, cela fait partie des risques du métier.

Peut-être qu’il serait bien de mener une campagne de communication, par le SETO ou les EDV, auprès du grand public sur les garanties fournies par les agences de voyages.

Il ne faut pas tirer sur l’ambulance, personne n’est à l’abri d’une faiblesse financière ou de production. Après je ne crois pas trop à l'hypothèse d'un repreneur".

Club Med : plus d’engagement depuis un an

Club Med n'a plus d'engagement avec XL Airways sur toutes les destinations depuis 1 an.

"Nous sommes en période de basse saison et avons très peu de clients package sur les vols de la compagnie XL. Nous suivons de très près la situation et nos clients seront acheminés avec notre partenaire Air France sur la destination Cancun et, sur Punta Cana, Air France et Air CARAIBES" nous a indiqué un porte-parole du groupe.

Signez la pétition pour une Caisse de Garantie du transport aérien !

La pétition initiée par TourMaG.com suite à la défaillance d'Aigle Azur, pour demander la création d'une assurance qui garantit les passagers en cas de faillite d'une compagnie aérienne a dépassé les 11 500 signatures en moins de deux semaines.

Pour la signer
, veuillez cliquer ici.


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1.Posté par Lecalot le 20/09/2019 14:49 | Alerter
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C'etait previsible. Je le dis dans ces commentaires depuis des mois. Ce n'est pas fini car malgré les annonces publiques de son patron Corsair reste en situation financière difficile. Les low costs européennes comme Norwegian pu Wowair ne vont pas bien. Le long courriers low cost independant des grands groupes aériens n'a aucune chance de survie. MICHEL

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