L’agence VTO Voyages s’est installée en 2025 dans les locaux historiques de Verdié Autocar et Verdié Voyage. @vto voyages
Le contexte actuel met à l’épreuve l’ensemble du secteur du tourisme, et VTO Voyages n’y échappe pas. Si l’activité reste solide dans l’ensemble, elle se révèle très contrastée selon les segments d’activité de l’agence : le voyages scolaires, le groupe et l’événementiel.
Côté voyages scolaires, qui représentent 75 % de l’activité, la situation demeure relativement stable. Ce segment, largement centré sur des destinations européennes accessibles en autocar (Espagne, Italie, Royaume-Uni, Europe de l’Est), est pour l’instant peu impacté par les tensions internationales.
« Aujourd’hui, on est dans la phase des départs, donc il n’y a pas réellement d’impact sur le chiffre d’affaires », explique Vincent Raveton, directeur général de VTO Voyages.
Malgré tout, la hausse des coûts du carburant, parfois supérieure à 40 % chez les transporteurs, commence à peser lourdement sur les marges. « On commence à recevoir beaucoup de surcharges carburant des prestataires. Nous, on a fait le choix de ne pas les répercuter aux clients », précise-t-il.
Un arbitrage délicat dans un marché scolaire très sensible au prix, d’autant que « les aides sont aujourd’hui très faibles, voire inexistantes. Les collèges et Lycées ont vu leurs dotations baisser de 15,2% de 2024 à 2025, et ce cycle est continu depuis l'après-covid », indique Vincent Raveton.
Côté voyages scolaires, qui représentent 75 % de l’activité, la situation demeure relativement stable. Ce segment, largement centré sur des destinations européennes accessibles en autocar (Espagne, Italie, Royaume-Uni, Europe de l’Est), est pour l’instant peu impacté par les tensions internationales.
« Aujourd’hui, on est dans la phase des départs, donc il n’y a pas réellement d’impact sur le chiffre d’affaires », explique Vincent Raveton, directeur général de VTO Voyages.
Malgré tout, la hausse des coûts du carburant, parfois supérieure à 40 % chez les transporteurs, commence à peser lourdement sur les marges. « On commence à recevoir beaucoup de surcharges carburant des prestataires. Nous, on a fait le choix de ne pas les répercuter aux clients », précise-t-il.
Un arbitrage délicat dans un marché scolaire très sensible au prix, d’autant que « les aides sont aujourd’hui très faibles, voire inexistantes. Les collèges et Lycées ont vu leurs dotations baisser de 15,2% de 2024 à 2025, et ce cycle est continu depuis l'après-covid », indique Vincent Raveton.
Voyage de Groupe : « le problème aujourd’hui, ce sont les signatures »
La situation est nettement plus préoccupante sur le segment des groupes adultes, en particulier sur le long-courrier.
Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et les contraintes aériennes bouleversent les flux vers l’Asie, qui représentait jusqu’à la moitié des destinations de VTO Voyages sur ce segment. « On avait des départs sur Oman, Doha, en Asie via le Golfe… Là, on a tout annulé », indique Vincent Raveton.
Conséquences : annulations, reports vers l’Europe et attentisme des clients. « On a des demandes de devis, mais le problème aujourd’hui, ce sont les signatures. Les gens attendent », résume-t-il.
Pour limiter l’impact, VTO Voyages a assoupli ses conditions commerciales : « Jusqu’à une certaine date, les clients peuvent annuler sans frais et sans justification. Par exemple, un CSE ou un groupe de retraités qui veut aller en Thaïlande en mars 2027 peut signer le contrat aujourd'hui et il aura jusqu'à fin décembre 2026, pour annuler sans frais et sans justification. Ça permet de sécuriser tout le monde, le client et les prestataires locaux. »
Mais l’incertitude reste forte. « Le risque, c’est que des groupes qui partaient habituellement ne signent pas… et finalement ne voyagent pas du tout en 2027. »
Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et les contraintes aériennes bouleversent les flux vers l’Asie, qui représentait jusqu’à la moitié des destinations de VTO Voyages sur ce segment. « On avait des départs sur Oman, Doha, en Asie via le Golfe… Là, on a tout annulé », indique Vincent Raveton.
Conséquences : annulations, reports vers l’Europe et attentisme des clients. « On a des demandes de devis, mais le problème aujourd’hui, ce sont les signatures. Les gens attendent », résume-t-il.
Pour limiter l’impact, VTO Voyages a assoupli ses conditions commerciales : « Jusqu’à une certaine date, les clients peuvent annuler sans frais et sans justification. Par exemple, un CSE ou un groupe de retraités qui veut aller en Thaïlande en mars 2027 peut signer le contrat aujourd'hui et il aura jusqu'à fin décembre 2026, pour annuler sans frais et sans justification. Ça permet de sécuriser tout le monde, le client et les prestataires locaux. »
Mais l’incertitude reste forte. « Le risque, c’est que des groupes qui partaient habituellement ne signent pas… et finalement ne voyagent pas du tout en 2027. »
Une stratégie de croissance claire
Dans ce contexte incertain, VTO Voyages s’appuie sur une stratégie de développement claire.
Fondée en 1989 et intégrée au groupe Verbus depuis 2017, l’entreprise a récemment repensé son architecture de marques : VTO Voyages scolaires, VTO Voyages groupes et VTO Événementiel. « On a voulu quelque chose de plus clair pour les clients », souligne Vincent Raveton.
Le scolaire reste largement dominant (75 % de l’activité), devant les groupes (20 %) et l’événementiel (5 %), lancé après le rachat de MBF Événementiel en 2022. Avec 35 collaborateurs, VTO a réalisé 18 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025 et vise près de 20 millions en 2026, pour environ 1 000 groupes et 50 000 passagers par an.
L’entreprise affiche une croissance régulière de 5 à 6 % par an, soutenue par des recrutements et une présence à Rodez, Toulouse et Bordeaux.
L’appui du groupe Verbus joue aussi un rôle clé. « Quand Verbus se développe sur un territoire, on peut suivre pour développer notre activité groupes en implantant un bureau », précise Vincent Raveton.
Fondée en 1989 et intégrée au groupe Verbus depuis 2017, l’entreprise a récemment repensé son architecture de marques : VTO Voyages scolaires, VTO Voyages groupes et VTO Événementiel. « On a voulu quelque chose de plus clair pour les clients », souligne Vincent Raveton.
Le scolaire reste largement dominant (75 % de l’activité), devant les groupes (20 %) et l’événementiel (5 %), lancé après le rachat de MBF Événementiel en 2022. Avec 35 collaborateurs, VTO a réalisé 18 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025 et vise près de 20 millions en 2026, pour environ 1 000 groupes et 50 000 passagers par an.
L’entreprise affiche une croissance régulière de 5 à 6 % par an, soutenue par des recrutements et une présence à Rodez, Toulouse et Bordeaux.
L’appui du groupe Verbus joue aussi un rôle clé. « Quand Verbus se développe sur un territoire, on peut suivre pour développer notre activité groupes en implantant un bureau », précise Vincent Raveton.
L’intelligence artificielle : un levier de performance, sous contrôle humain
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Face aux mutations du secteur, VTO Voyages investit dans l’intelligence artificielle, mais sans céder à l’emballement.
« L’IA, on est obligé de travailler dessus. Ça va affecter nos métiers », reconnaît Vincent Raveton. Pour autant, l’entreprise assume une ligne claire : « La première ligne de notre projet, c’est : pas question de remplacer l’humain ! »
L’IA est donc pensée comme un levier d’efficacité interne. Objectif : automatiser les tâches répétitives pour libérer du temps aux équipes. « On développe des outils en interne pour alléger la partie technique et renforcer la relation client », explique-t-il.
Concrètement, plusieurs agents sont déjà opérationnels : optimisation des itinéraires, analyse des meilleurs tarifs aériens, suggestions de programmes à partir des demandes clients ou encore vérification automatique des disponibilités chez les prestataires.
« Par exemple, notre agent peut identifier sur un mois la meilleure combinaison de dates pour un vol groupe », détaille Vincent Raveton.
Mais des lignes rouges sont fixées. VTO refuse notamment d’automatiser les échanges avec ses partenaires. « Certains envoient des demandes automatisées aux autocaristes. Nos partenaires le vivent très mal. À un moment, ça reste un métier d’humains. »
Le dirigeant appelle également à relativiser les promesses de l’IA. « C’est une révolution, mais elle prendra du temps. Internet aussi devait tout bouleverser très vite… il a fallu des années. »
Reste un enjeu stratégique majeur : ne pas décrocher. « Si un concurrent atteint une productivité 300 fois supérieure grâce à l’IA, on fait quoi ? » interroge-t-il. D’où une approche équilibrée : investir, sans perdre le cap. « L’IA doit améliorer le confort de travail et le service client, pas remplacer nos collaborateurs. »
Cette culture de l’humain se retrouve aussi dans le choix de rejoindre ATR et plus récemment le Cédiv. « VTO a longtemps été indépendant, mais s’appuyer sur un réseau est essentiel aujourd’hui : solidarité, formation, juridique, accès à des tarifs aériens… », souligne Vincent Raveton.
Car au-delà de la technologie, certaines questions restent sans réponse. « Si un groupe ne peut pas partir faute de kérosène, qui paye ? Qui rembourse le terrestre ? », interroge Vincent Reveton. Une interrogation très concrète sur la responsabilité de plein droit.
« L’IA, on est obligé de travailler dessus. Ça va affecter nos métiers », reconnaît Vincent Raveton. Pour autant, l’entreprise assume une ligne claire : « La première ligne de notre projet, c’est : pas question de remplacer l’humain ! »
L’IA est donc pensée comme un levier d’efficacité interne. Objectif : automatiser les tâches répétitives pour libérer du temps aux équipes. « On développe des outils en interne pour alléger la partie technique et renforcer la relation client », explique-t-il.
Concrètement, plusieurs agents sont déjà opérationnels : optimisation des itinéraires, analyse des meilleurs tarifs aériens, suggestions de programmes à partir des demandes clients ou encore vérification automatique des disponibilités chez les prestataires.
« Par exemple, notre agent peut identifier sur un mois la meilleure combinaison de dates pour un vol groupe », détaille Vincent Raveton.
Mais des lignes rouges sont fixées. VTO refuse notamment d’automatiser les échanges avec ses partenaires. « Certains envoient des demandes automatisées aux autocaristes. Nos partenaires le vivent très mal. À un moment, ça reste un métier d’humains. »
Le dirigeant appelle également à relativiser les promesses de l’IA. « C’est une révolution, mais elle prendra du temps. Internet aussi devait tout bouleverser très vite… il a fallu des années. »
Reste un enjeu stratégique majeur : ne pas décrocher. « Si un concurrent atteint une productivité 300 fois supérieure grâce à l’IA, on fait quoi ? » interroge-t-il. D’où une approche équilibrée : investir, sans perdre le cap. « L’IA doit améliorer le confort de travail et le service client, pas remplacer nos collaborateurs. »
Cette culture de l’humain se retrouve aussi dans le choix de rejoindre ATR et plus récemment le Cédiv. « VTO a longtemps été indépendant, mais s’appuyer sur un réseau est essentiel aujourd’hui : solidarité, formation, juridique, accès à des tarifs aériens… », souligne Vincent Raveton.
Car au-delà de la technologie, certaines questions restent sans réponse. « Si un groupe ne peut pas partir faute de kérosène, qui paye ? Qui rembourse le terrestre ? », interroge Vincent Reveton. Une interrogation très concrète sur la responsabilité de plein droit.








Publié par Caroline Lelievre 













