TourMaG – Quelle est la situation actualisée en ce qui concerne les engagements du côté des tour-opérateurs ?
Patrice Caradec : La question tombe bien, juste aujourd’hui, parce qu'on voit une amélioration depuis effectivement 8 à 10 jours.
Au 28 février, date du démarrage du conflit, le SETO enregistrait 6 % de progression pour les départs de l'été, mais à la fin mai, sur les départs du mois en cours, nous étions en retard de 7 %.
Nous avons donc perdu, en somme, toute notre avance. Nous avons régressé par rapport à l'année dernière.
Nous sortons de deux bonnes années avec +3 et +4 % pour 2024 et 2025, et je vais vous dire : finir à –7 % sur l’été prochain, on signe tout de suite.
Nous avons constaté des mois de mars, avril, mai 2026 qui sont entre –20 et –25 %, et particulièrement le mois de mai qui, contre toute attente, se révèle inférieur, moins bon encore que les prises de commandes d'avril.
On commençait donc vraiment à douter de réussir notre été 2026.
TourMaG – Mais à la date d’aujourd’hui, une amélioration ?
Patrice Caradec : Je croise les doigts, depuis 10 jours, on est en progression. Pas une nette progression, mais en progression.
Donc on a endigué complètement l'hémorragie. On est en train de progresser en vente, rattraper, j'espère, une partie de la haute saison, parce que juillet - août reste encore à faire.
Et on est en avance sur l'arrière-saison septembre - octobre, notre exercice se terminant le 31 octobre. Donc l'arrière-saison est déjà bien engagée, et il reste quand même beaucoup à faire encore sur juillet-août.
J’espère que ce qu'on vit depuis maintenant 10 jours va témoigner d'un retour de la volonté des vacanciers de partir. Les vacances, ça reste quelque chose de sacralisé, mais le budget est contraint.
Nos tour-opérateurs ont su faire preuve de flexibilité. Les compagnies aériennes aussi ont revu leur positionnement tarifaire. Certains hôteliers à destination, voyant que tous les marchés européens étaient à la baisse, commencent à diminuer aussi, à offrir des promotions particulières sur des départs de haute saison.
Tout ça permet effectivement d'apporter des éléments positifs à ce marché et de relancer, animer les ventes comme il faut. Cela repartira par, effectivement, de l'offre de prix, de la flexibilité, de pouvoir changer d'avis jusqu'à la veille du départ. On est face à une clientèle attentiste.
Cette flexibilité qui arrive chez les compagnies aériennes, les hôteliers, les tour-opérateurs est la bienvenue et c’est très bien d’inciter les clients à réserver et leur dire : « Vous ne prenez pas de risque à réserver. »
Patrice Caradec : La question tombe bien, juste aujourd’hui, parce qu'on voit une amélioration depuis effectivement 8 à 10 jours.
Au 28 février, date du démarrage du conflit, le SETO enregistrait 6 % de progression pour les départs de l'été, mais à la fin mai, sur les départs du mois en cours, nous étions en retard de 7 %.
Nous avons donc perdu, en somme, toute notre avance. Nous avons régressé par rapport à l'année dernière.
Nous sortons de deux bonnes années avec +3 et +4 % pour 2024 et 2025, et je vais vous dire : finir à –7 % sur l’été prochain, on signe tout de suite.
Nous avons constaté des mois de mars, avril, mai 2026 qui sont entre –20 et –25 %, et particulièrement le mois de mai qui, contre toute attente, se révèle inférieur, moins bon encore que les prises de commandes d'avril.
On commençait donc vraiment à douter de réussir notre été 2026.
TourMaG – Mais à la date d’aujourd’hui, une amélioration ?
Patrice Caradec : Je croise les doigts, depuis 10 jours, on est en progression. Pas une nette progression, mais en progression.
Donc on a endigué complètement l'hémorragie. On est en train de progresser en vente, rattraper, j'espère, une partie de la haute saison, parce que juillet - août reste encore à faire.
Et on est en avance sur l'arrière-saison septembre - octobre, notre exercice se terminant le 31 octobre. Donc l'arrière-saison est déjà bien engagée, et il reste quand même beaucoup à faire encore sur juillet-août.
J’espère que ce qu'on vit depuis maintenant 10 jours va témoigner d'un retour de la volonté des vacanciers de partir. Les vacances, ça reste quelque chose de sacralisé, mais le budget est contraint.
Nos tour-opérateurs ont su faire preuve de flexibilité. Les compagnies aériennes aussi ont revu leur positionnement tarifaire. Certains hôteliers à destination, voyant que tous les marchés européens étaient à la baisse, commencent à diminuer aussi, à offrir des promotions particulières sur des départs de haute saison.
Tout ça permet effectivement d'apporter des éléments positifs à ce marché et de relancer, animer les ventes comme il faut. Cela repartira par, effectivement, de l'offre de prix, de la flexibilité, de pouvoir changer d'avis jusqu'à la veille du départ. On est face à une clientèle attentiste.
Cette flexibilité qui arrive chez les compagnies aériennes, les hôteliers, les tour-opérateurs est la bienvenue et c’est très bien d’inciter les clients à réserver et leur dire : « Vous ne prenez pas de risque à réserver. »
Les Etats-Unis en baisse de près de 50% en deux ans
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TourMaG – Les chiffres concernant les États Unis que vous avez et concernant la baisse de la demande sont impressionnants.
Patrice Caradec : Oui, nous avons fini l'année dernière à –20 % sur 2025 versus 2024. Et là, on est plutôt à –35 % sur 2026 par rapport à 2025. Donc, cumulé, on n'est pas loin de 50 % de baisse.
Je précise que je parle au niveau du tour-opérating, encore une fois, je ne dis pas que les avions sont vides. Ils sont quand même assez bien remplis, mais en tout cas, au niveau du tour-opérating, les vacanciers français ne vont pas aux États Unis cette année. Et certains pays en profitent.
TourMaG – Lesquels ? Le Canada ?
Patrice Caradec : Un peu le Canada, mais pas suffisamment à mon goût.
Il y a un autre pays qui en profite, c’est l'Afrique du Sud. On a vu beaucoup de reports de groupes qui étaient positionnés sur les États-Unis se reporter sur l'Afrique du Sud pour cet été.
C'est la bonne saison pour y aller. La monnaie sud-africaine est assez basse actuellement. Donc, il y a des opportunités tarifaires pour aller découvrir ce pays qui semble séduire.
À peu près plus de la moitié de la baisse des États-Unis est compensée par l'Afrique du Sud. En tout cas, quand on fait du tour-opérating, il vaut mieux être multi spécialiste qu'uniquement un spécialiste d'une seule et même destination.
A lire aussi : Air Transat dévoile les grandes tendances du marché France-Canada
Patrice Caradec : Oui, nous avons fini l'année dernière à –20 % sur 2025 versus 2024. Et là, on est plutôt à –35 % sur 2026 par rapport à 2025. Donc, cumulé, on n'est pas loin de 50 % de baisse.
Je précise que je parle au niveau du tour-opérating, encore une fois, je ne dis pas que les avions sont vides. Ils sont quand même assez bien remplis, mais en tout cas, au niveau du tour-opérating, les vacanciers français ne vont pas aux États Unis cette année. Et certains pays en profitent.
TourMaG – Lesquels ? Le Canada ?
Patrice Caradec : Un peu le Canada, mais pas suffisamment à mon goût.
Il y a un autre pays qui en profite, c’est l'Afrique du Sud. On a vu beaucoup de reports de groupes qui étaient positionnés sur les États-Unis se reporter sur l'Afrique du Sud pour cet été.
C'est la bonne saison pour y aller. La monnaie sud-africaine est assez basse actuellement. Donc, il y a des opportunités tarifaires pour aller découvrir ce pays qui semble séduire.
À peu près plus de la moitié de la baisse des États-Unis est compensée par l'Afrique du Sud. En tout cas, quand on fait du tour-opérating, il vaut mieux être multi spécialiste qu'uniquement un spécialiste d'une seule et même destination.
A lire aussi : Air Transat dévoile les grandes tendances du marché France-Canada
"Les Baléares, le Maroc, la Tunisie se maintiennent assez bien"
TourMaG – Cuba, c’est « mort » ?
Patrice Caradec : J'ai la larme à l'œil en parlant de Cuba. C'est une destination que j'adore. Clairement, Cuba est en train de sortir complètement de la carte.
On est à –75 % sur Cuba. Il n'y a plus d'accessibilité. Il n'y a plus de capacité. Il faut passer par Madrid pour y aller. Il n'y a plus de vol point à point. Voilà, le marché est en train de disparaître.
Et là, on apprend en plus que les Canadiens d'Air Transat ne volent même plus sur Cuba au départ de Montréal et de Toronto. J'en frémis pour mes amis cubains.
TourMaG – Il va falloir attendre que ce soit le 52ᵉ État américain pour que le tourisme revienne ?
Patrice Caradec : Je vous laisse le soin d’en parler, mais j’ai bien peur qu’on y aille tout droit !
TourMaG – À propos des destinations refuges, dont on parle à chaque fois qu’il y a un conflit, vous confirmez les destinations que l’on évoque, par exemple la Grèce ?
Patrice Caradec : La destination refuge, c’est la proximité.
La Grèce n'a pas encore démontré qu'elle allait faire un bel été. Il y a encore beaucoup à faire sur la Grèce. Par contre, oui, les Baléares, le Maroc, la Tunisie se maintiennent assez bien.
Quand je dis Baléares, toute l'Espagne, y compris aussi l'Italie continentale, les îles italiennes. Ce qui est assez proche, en fait.
Les gens partiront moins longtemps, partiront moins loin. C'est sans doute lié à un budget encore plus contraint que d'habitude.
TourMaG - Au congrès IATA à Rio de Janeiro, Ben Smith s’est dit confiant sur les approvisionnements de kérosène jusqu’en août. Ensuite, il semblait plus réservé. Est-ce que les tour-opérateurs ont aussi cette inquiétude au delà du mois d’août ?
Patrice Caradec : On est vigilants. Je trouve que les nouvelles sont globalement rassurantes. Je pense qu'on a un peu trop précipité l'idée d'une pénurie de carburant dans l'esprit du consommateur.
Ça a beaucoup impacté justement le désir de vacances des clients, qui avaient peur de partir sans pouvoir revenir. Sincèrement, honnêtement, je suis assez rassuré dorénavant sur ce sujet.
Patrice Caradec : J'ai la larme à l'œil en parlant de Cuba. C'est une destination que j'adore. Clairement, Cuba est en train de sortir complètement de la carte.
On est à –75 % sur Cuba. Il n'y a plus d'accessibilité. Il n'y a plus de capacité. Il faut passer par Madrid pour y aller. Il n'y a plus de vol point à point. Voilà, le marché est en train de disparaître.
Et là, on apprend en plus que les Canadiens d'Air Transat ne volent même plus sur Cuba au départ de Montréal et de Toronto. J'en frémis pour mes amis cubains.
TourMaG – Il va falloir attendre que ce soit le 52ᵉ État américain pour que le tourisme revienne ?
Patrice Caradec : Je vous laisse le soin d’en parler, mais j’ai bien peur qu’on y aille tout droit !
TourMaG – À propos des destinations refuges, dont on parle à chaque fois qu’il y a un conflit, vous confirmez les destinations que l’on évoque, par exemple la Grèce ?
Patrice Caradec : La destination refuge, c’est la proximité.
La Grèce n'a pas encore démontré qu'elle allait faire un bel été. Il y a encore beaucoup à faire sur la Grèce. Par contre, oui, les Baléares, le Maroc, la Tunisie se maintiennent assez bien.
Quand je dis Baléares, toute l'Espagne, y compris aussi l'Italie continentale, les îles italiennes. Ce qui est assez proche, en fait.
Les gens partiront moins longtemps, partiront moins loin. C'est sans doute lié à un budget encore plus contraint que d'habitude.
TourMaG - Au congrès IATA à Rio de Janeiro, Ben Smith s’est dit confiant sur les approvisionnements de kérosène jusqu’en août. Ensuite, il semblait plus réservé. Est-ce que les tour-opérateurs ont aussi cette inquiétude au delà du mois d’août ?
Patrice Caradec : On est vigilants. Je trouve que les nouvelles sont globalement rassurantes. Je pense qu'on a un peu trop précipité l'idée d'une pénurie de carburant dans l'esprit du consommateur.
Ça a beaucoup impacté justement le désir de vacances des clients, qui avaient peur de partir sans pouvoir revenir. Sincèrement, honnêtement, je suis assez rassuré dorénavant sur ce sujet.
Publié par Christophe Hardin Journaliste AirMaG - TourMaG.com Voir tous les articles de Christophe Hardin





















