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​​Production : les agences de voyages de nouveau “bankables” ?

Les réservations en ligne déclinent



L’accord intervenu en fin de semaine entre TUI France et Selectour Afat, est un signal fort envoyé à toute la profession. Face au “glooton” Google, à la nouvelle tendance de fond web to store et au ralentissement voire à l'essoufflement de la vente de voyages en ligne, la cote des agences traditionnelles remonte de nouveau sérieusement auprès des producteurs.


Rédigé par Jean da LUZ le Mardi 18 Mars 2014

La cote des agences de voyages traditionnelles remonte auprès des Producteurs mais elles ne sont pas pour autant sorties d'affaire... © IckeT - Fotolia.com
La cote des agences de voyages traditionnelles remonte auprès des Producteurs mais elles ne sont pas pour autant sorties d'affaire... © IckeT - Fotolia.com
Il est loin le temps de l’Internet “gratuit”. Les “10 Glorieuses”, l’époque où les voyagistes se frottaient les mains à l’idée de vendre leurs voyages en ligne sans bourse délier.

Depuis, ils ont dû déchanter. Un beau site web ne suffit pas.

Dans la “jungle” de l’Internet, la visibilité est devenue une denrée rare et chère. Très chère.

L’inflation des tarifs de la publicité en ligne a été telle que les coûts de distribution liés à la distribution traditionnelle ne sont plus désormais considérés comme dissuasifs par les tour-opérateurs.

La nouvelle donne n'est pas que conjoncturelle

Et les TO ne sont pas les seuls à ravaler leur orgueil : de plus en plus de compagnies aériennes se posent la question d’un retour aux commissions si décriées par leurs anciens mandataires.

Bien entendu, cela ne signifie pas que les voyagistes abandonnent l’idée de vendre directement en ligne leur forfaits mais seulement que les réseaux de distribution traditionnels arrêtent de “chauffer” le banc et reviennent dans la course.

Ils se repositionnent de nouveau comme un des vecteurs du schéma omnicanal que tout producteur se doit désormais d’arbitrer lorsqu’il arrête ses stratégies de commercialisation.

L’exemple le plus criant de cette nouvelle donne est celui de TUI France qui, face à la crise, a abandonné tout format “propriétaire” et propose désormais la totalité de sa production en vente dans les réseaux traditionnels.

Une réforme menée tambour battant en à peine un an. Il faut dire qu’il y avait le feu car le groupe britannique n’a, malgré des tentatives répétées, jamais réussi à prendre un virage technologique décisif.

Il y a fort à parier qu’il sera suivi bientôt par l’ensemble des majors, sauf peut-être ceux qui, comme Transat France, ont pris suffisamment d’avance technologique pour pouvoir s’en passer.

Un chantier de communication colossal

Mais pour combien de temps encore ?

Car cette évolution n’est pas seulement conjoncturelle. Si elle a été déclenchée par la crise et le Printemps arabe, elle est plus profonde et s’inscrit dans la mutation technologique et sociale en cours.

Si les internautes sont devenus des experts dans l'utilisation d'Internet et s'ils sont toujours plus nombreux à préparer leur voyage sur la Toile, en revanche les réservations en ligne stagnent, voire ne progressent plus, selon le tout récent Baromètre Raffour.

Faut-il y voir seulement l'effet de la crise ou plus globalement un effet de seuil ?

Difficile de trancher, mais force est de constater que depuis 2 à 3 ans les ventes en ligne de voyages ne connaissent plus des croissances à 2 chiffres.

Faut-il pour autant croire que les choses vont redevenir comme “avant” et que tout ira de nouveau pour le mieux dans le meilleur des mondes des agences traditionnelles ?

La réponse est négative, bien entendu. Il ne suffit pas de stopper l'hémorragie (si tel était le cas) pour guérir le malade.

Un micro trottoir présenté lors de la dernière Convention du Snav à la Réunion démontrait s'il en était besoin, le fossé et l'ignorance du public à propos du métier d'agent de voyages... toutes générations confondues !

Bref, les choses sérieuses commencent maintenant et le chantier de "communication" qui attend la profession est colossal si elle veut reconquérir encore les jeunes générations.

Composer avec les nouvelles technologies, être aux aguets sur les réseaux sociaux, géolocaliser la clientèle et jouer toujours davantage la proximité géographique avec les clients, voilà les défis de demain.

La Distribution saura-t-elle les relever ?

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