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Congrès Manor : faillite de Thomas Cook, "On s’est fait planter grave !"

Jounées des Dirigeants Manor



C’était le sujet de départ de ces 26èmes journées des dirigeants de Manor, tenues ce week-end à Monaco. La chute plus ou moins attendue de Thomas Cook et sa filiale Jet Tours en France a lancé le débat…


Rédigé par le Lundi 11 Novembre 2019

Le dîner de Gala dans le Salon Empire du Grand Hôtel de Paris - Photo CE
Le dîner de Gala dans le Salon Empire du Grand Hôtel de Paris - Photo CE
Comme la plupart des professionnels du secteur, les participants à ces 26èmes Journées des Dirigeants Manor, ont été profondément touchés par la faillite de Thomas Cook, survenue très récemment.

Une grande amertume pour la plupart, teintée de colère vis-à-vis de la façon dont les dirigeants du voyagiste en France ont géré la situation.

Pour Aurélien Rath (Cap 5), dont les 4 agences (Une Thomas Cook et 3 Jet Tours) qu’il possède ont été touchées, « l’opacité sur les PNR est un gros sujet. Il faut dire aussi que sur ce sujet, les transporteurs n’ont pas toujours pu faire mieux ».

Avec toutefois quelques avis modérés, tels celui de Jean-Pierre Mas, Président des Entreprises du Voyage, qui constate qu’environ 20% de ses adhérents ont été touchés mais que cela aura des répercussions pour eux à hauteur d’environ 10M€. « L’APST a très bien géré le dossier, constate-t-il, bien que Thomas Cook ait manqué de fluidité… »

René-Marc Chikli, Président du SETO est plus direct : « La complicité dans la gestion de cette affaire avec l’APST a été exceptionnelle, reconnait-il. Mais que va-t-il advenir des caisses de garanties après une telle affaire ».

Lire : Thomas Cook : hausse des cotisations, taxe sur les forfaits, prêt... les pistes de l'APST pour renflouer les caisses

Et de demander, au passage, s’il existe un véritable avenir pour les centrales de paiement ?

Sans oublier de s’interroger sur les mouvements de trésorerie qui ont suivi la chute de la filiale française et les quelque 360.000€ restant dans les caisses du voyagiste…

Et de poser la question qui tue au sujet de la trésorerie entre distributeurs et fournisseurs : « Il va falloir trouver des solutions. Pas dans le conflit, certes, mais nous allons devoir en discuter. Et si nous ne le faisons pas, il est presque certains que les pouvoirs publics finiront par légiférer » !

Les distributeurs ne peuvent pas affaiblir les producteurs

Hélion de Villeneuve, patron d’Austral Lagons, tout en accusant le coup de cette faillite, soulageait un peu l’ambiance en reconnaissant que les agences franchisées de Thomas Cook avaient fini par le régler.

Certes, il avoue aussi ce que tout le monde pense que Thomas Cook parti, c’est un concurrent en moins et les réseaux tiers compenseront ce départ. « Mais, demande-t-il, faut-il laisser les choses en l’état ? Les distributeurs ne peuvent pas affaiblir indéfiniment les fournisseurs qui, finalement prennent des risques énormes ».

Georges Azouze, président France de Costa Croisières ne mâche pas ses mots : « La France est une exception, dit-il. Dans tous les autres pays, les prestations sont payées avant ou lors du départ. Le système en France ne pourra pas fonctionner indéfiniment. Et on s’est fait planter, c'est monstrueux ! ».

Et de conclure : « Les fournisseurs sont en risque permanent, tandis que les distributeurs tiennent sans grande difficulté ».

Les transporteurs aussi !

Finalement, ce sont les transporteurs qui porteront le coup de grâce. Air France, par la voix de Zoran Jelkic, reconnait également que sa compagnie « s’est fait planter ».

Toutefois, ce qui est en soi assez cocasse, il met en cause IATA, qui « n’a pas traité Thomas Cook de la même façon » (que les autres, ndlr). Pour Zoran, IATA aurait dû « être beaucoup plus vigilant vis-à-vis des critères de paiement vis-à-vis de Thomas Cook et n’aurait jamais dû accorder de garantie ». Ce qui ne change pas grand-chose en réalité, mais finalement, c’est toujours la faute de l’autre…

Marc Rochet, patron de French Bee et Air Caraïbes est beaucoup plus tranchant : « C’est quoi le bilan de Thomas Cook ? Personne n’est jamais allé vérifier. Où est passé l’argent des clients ? Je ne vois pas comment on peut faire confiance à une telle structure. Et pour ma part, je n’aurai envers eux, si jamais reprise du voyagiste il y a, confiance » !

Quant aux séquelles laissées par cette débâcle vis-à-vis de l’image de marque de la profession envers la clientèle, toujours pragmatique, Jean-Pierre Mas se veut rassurant : « Le manque de confiance du client envers la profession n’est et ne sera pas durable. On oublie vite… » !

Le client peut-être. L’APST, c’est moins sûr !

Dominique Gobert Publié par Dominique Gobert Editorialiste - TourMaG.com
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1.Posté par Zoulou le 12/11/2019 09:02 | Alerter
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APST a bien géré car il y avait une 10zaine de personne de Thomas Cook dans les locaux pour les aider à gérer... Rétablissons la réalité! Dommage que l APST en tire tout les lauriers sans aucune reconnaissance, c est un peu fort quand même!

2.Posté par idress le 12/11/2019 09:58 | Alerter
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Bonjour


c'est extraordinaire la phrase de JP MAS : « Le manque de confiance du client envers la profession n’est et ne sera pas durable. On oublie vite… »

Faut-il en rire ou en pleurer ?

Idress


3.Posté par robert candillon le 12/11/2019 11:52 | Alerter
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Bonjour
Je trouve le commentaire final de jp mas fort cavalier a l égard du CLIENT..
Changez vite de président svp
Cordialement

4.Posté par LAFORGE Jerome le 12/11/2019 17:41 | Alerter
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il faut aussi penser aux clients qui ont payé leur voyage et qui n ont pas pu partir
a aujourdhui ils attendent toujours d etre remboursé par APST

5.Posté par colleville le 12/11/2019 19:00 | Alerter
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Et le personnel dans tout ça, payés par une société suisse, ils n'ont toujours pas reçu le pdu1 donc ni salaire ni chômage ! C'est un peu plus grave ! C'est une honte les animateurs sont des esclaves et le jour où ça fera du bruit ça coûtera cher aux tour opérateurs

6.Posté par Frédéric le 13/11/2019 21:54 | Alerter
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l’APST à plutôt bien géré la crise... certes.... mais elle a à priori moins bien géré le contrôle de la santé financière de son adhérent THOMAS COOK...
Et voilà le résultat...
Les caisses sont vides et tout le monde va devoir mettre la main à la poche pour les renflouer...
Bravo 👍
Quand on connaît les niveaux de garanties que demande l’APST aux petites agences, il y a vraiment deux poids deux mesures et de quoi être révolté... (Que tout le monde soit maintenant logé à la même enseigne : et les mauvais élèves “petit ou gros” radiés).

7.Posté par Charles le 15/11/2019 11:10 | Alerter
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Il est lamentable de demander au "petits" patrons d'agences des augmentations de 30 % des cotisations accompagnés de 3 € par clients, alors qu nos biens personnels sont engagés afin d'obtenir ce sésame , et qui ne manquerons pas d'être saisi en cas de défaillance!!!
Entre IATA, et l'APST, nous ne sommes que des vaches à lait.

8.Posté par Le pigeon non voyageur le 02/12/2019 16:10 | Alerter
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Je confirme la remarque de LAFORGE Jerome : tous les clients floués n'ont pas été remboursés, et à en croire les propos désinvoltes de M TOPOMAROF sur RTL (juste avant "d'offrir un voyage" à un auditeur de son ami Julien Courbet......(ça la fout mal quand même !!!)....), les clients de TC et JT qui sont en attente ....peuvent attendre !!! C'est certain : l'APST a très bien géré !

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