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Croisière Cyclades : j’ai testé pour vous CroisiEurope

Des ruelles pentues, des maisons blanches, d’innombrables églises et monastères et une histoire chahutée depuis l’Antiquité


TourMaG.com a testé une croisière de huit jours (et sept nuits) à bord de La Belle de l’Adriatique, un navire cinq ancres de CroisiEurope, au départ d’Athènes. L’itinéraire, de cette croisière dans les Cyclades, se déguste sans modération entre farniente sur le Pont Soleil, conférences et excursions dans des paysages ponctués de villages pittoresques aux maisons blanches.


Rédigé par le Mardi 21 Mai 2024

Croisière Cyclades : "La Belle de l'Adriatique" à quai, à Rhodes (© PB)
Croisière Cyclades : "La Belle de l'Adriatique" à quai, à Rhodes (© PB)
Comment résister à l’Acropole d’Athènes ? Inscrite à l’Unesco, cette colline calcaire de 156 mètres émergeant au-dessus de l’actuelle capitale grecque est considérée comme le "berceau de la démocratie".

Elle était le centre de toute la vie de la Cité au Ve siècle avant J-C, à l’apogée de la Grèce antique, après que les Grecs eurent défait les Perses, puis battu Sparte.

C’est donc très logiquement par Athènes et son Acropole que débute la croisière dans les Cyclades en Méditerranée orientale proposée entre autres du 1er au 8 mai 2024 par CroisiEurope à bord de "La Belle de l’Adriatique", un des navires 5 ancres de la compagnie strasbourgeoise.

LIRE AUSSI : Voyages Grèce : quelles conditions d'entrée ?

Une proposition plébiscitée : ce 1er mai, "La Belle de l’Adriatique" accostée au Pirée, le port d’Athènes, affiche complet.

La période ne se prêtant pas franchement aux vacances en famille, la plupart des 99 cabines sont occupées par des seniors que les îles grecques, et en particulier Santorin, font rêver.

Au point de ne pas toujours réaliser que cette destination sera, parfois, très exigeante en efforts physiques. Un aspect à ne pas négliger pourtant, avant de s’inscrire.

Les escaliers de l'Acropole

L'élégant Érechthéion est le dernier temple érigé sur l'Acropole d'Athènes avant la fin du Ve siècle avant J-C. (©PB)
L'élégant Érechthéion est le dernier temple érigé sur l'Acropole d'Athènes avant la fin du Ve siècle avant J-C. (©PB)
Dès ce premier soir, le dîner servi à bord donne un aperçu de la cuisine française raffinée qui sera proposée toute la semaine au restaurant, où l'on s’assied toujours à la même table.

Le lendemain matin, sonne l'heure de la première excursion, du moins pour les (nombreux) passagers qui en ont choisie une. En effet, si le tarif de la croisière (à partir de 2065 €) s’entend eall inclusivee et reflète un excellent rapport qualité/prix, le prix des excursions, optionnelles, vient s’ajouter à ce tarif de base.

Ce jeudi 2 mai, la majorité des passagers a opté pour la visite de l’Acropole d’Athènes. Un bus les conduit au pied de ce site pris d'assaut par les touristes (pourtant, on n'est pas encore en été !). L’ennui, c’est que l’Acropole se mérite. Pour y accéder, il faut gravir des marches, nombreuses, parfois hautes et un peu glissantes.

Heureusement, guides et accompagnateurs veillent, car l’exercice se révèle un tantinet compliqué pour les jambes fatiguées. La plupart du temps, le plaisir de la (re)découverte finit par l’emporter, d‘autant que les audiophones mis à la disposition des passagers leur permettent de suivre aisément les explications des guides tout au long de la visite.

En outre, comme il fait très beau, la vue panoramique qui, de l’Acropole, s’offre sur la capitale grecque et, au delà, sur la mer, est de toute beauté.

Malgré les embouteillages, le tour de ville en bus qui clôt l’excursion, emporte, lui aussi, les suffrages. Avec une mention spéciale pour les « Evzones »,, les gardes du palais présidentiel vêtus de la traditionnelle jupe blanche plissée, du béret de feutre rouge et des chaussures à pompon noir.

Exercice de sécurité

Fira, la capitale de l'île de Santorin, agrippe ses maisons blanches sur les bords déchiquetés de la caldeira (© PB)
Fira, la capitale de l'île de Santorin, agrippe ses maisons blanches sur les bords déchiquetés de la caldeira (© PB)
Après le déjeuner sur le bateau, s’impose l’exercice de sécurité obligatoire pour tous. C’est l’occasion d’apprendre à se servir du gilet de sauvetage placé dans les cabines.

Même si "La Belle de l’Adriatique" construite en 2007 et rénovée en 2017, est un bateau parfaitement sûr, deux précautions valent toujours mieux qu’une.

Le reste de l‘après-midi passe à se prélasser sur les transats du Pont Soleil, à tester les jacuzzis et (ou) à profiter des livres et jeux à disposition au Salon-Bar. Ensuite, une réunion d’information détaille le programme du lendemain (également distribué, sous format papier, dans les cabines). Il en sera ainsi, chaque jour vers 19 heures.

Ce premier soir, cette réunion est suivie du cocktail de bienvenue et de la présentation des 47 membres d’équipage qui, tous, font l’effort de parler français, bien que, pour bonne partie, originaires des Philippines. C’est aussi l’occasion de faire mieux connaissance avec Alvaro, le commissaire de bord, véritable homme-orchestre de cette croisière .

Après le dîner, suivi d’un spectacle folklorique grec, "La Belle de l’Adriatique" lève enfin l’ancre en direction du joyau de la mer Egée, Santorin.

Comme elle y arrivera seulement le lendemain en début d’après-midi, la matinée sera consacrée, par beaucoup, à admirer, depuis le Pont Soleil, des îles et ilots inconnus qui disparaîtront à l’horizon aussitôt qu’apparus. Et à écouter la première conférence donnée par Gordana Mourousi dans un français impeccable. Le sujet ? Les dieux de l’Olympe et les mythes grecs.

Croisière Cyclades : coup de vent à Santorin

Tout en permettant de s'immerger dans la géographie orgueilleuse de Santorin, la descente vers le port par les innombrables escaliers peut s'avérer un exercice difficile (© PB)
Tout en permettant de s'immerger dans la géographie orgueilleuse de Santorin, la descente vers le port par les innombrables escaliers peut s'avérer un exercice difficile (© PB)
Le débarquement à Santorin doit se faire à bord de chaloupes locales (et non pas celles de La Belle de l'Adriatique). Suivra une découverte de l’île en bus avant la redescente au port mais cette fois-ci en téléphérique.

Dans cette attente, chacun avait commencé à fantasmer sur cette île réputée concentrer toutes les merveilles des Cyclades. Et aussi une partie de leurs mystères.

Vers 1630 av J-C, lors d’une éruption apocalyptique de son volcan, l’île de Santorin, initialement circulaire, s’est en effet effondrée sur elle-même, la mer s’engouffrant alors à l’intérieur de la caldeira. Aujourd’hui, ses falaises, abruptes, déchiquetées, sont comme saupoudrées de neige par les villages blancs qui s’y accrochent. Quelle émotion quand on les aperçoit !

L’ennui, c’est qu’à notre arrivée, un vent très fort s’était levé. Qui connaît un peu l’archipel des Cyclades sait combien le vent peut y être redoutable. La mer était donc agitée lorsque les chaloupes locales ont déposé les passagers sur le port principal de Santorin où des bus les attendaient pour une virée à Oia, réputée pour ses coupoles bleues et ses couchers de soleil, puis à Fira, la blanche capitale.

Ce « spot » touristiques déçoit parfois un peu : dans le lacis des ruelles, boutiques de souvenirs, bijouteries, cafés, hôtels, restaurants s'alignent à touche-touche et la foule des touristes est omniprésente. Malgré tout, le charme de Santorin opère souvent.

Malheureusement, ce jour-là, à l’heure de retourner au bateau, en raison du vent exceptionnellement violent, le téléphérique ne pouvait plus fonctionner.

Il n’y avait plus d’autres solutions que de descendre -à pied- les quelque 650 marches qui mènent à un port secondaire, moins venté. De là, les chaloupes pourraient conduire les passagers jusqu’à "La Belle de l’Adriatique".

Si pour ceux qui avaient de bonnes jambes, cette descente a été l’occasion de s’immerger longuement, tranquillement, avec bonheur même, dans la géographie orgueilleuse de Santorin et (aussi) de croiser les vaillants ânes-taxis, au centre de nombreuses polémiques, l’exercice s’est, en revanche, révélé difficile pour d’autres passagers.

La séduction de Rhodes

Les maisons blanches de Lindos se blottissent au pied de l'ancien Acropole juché sur un promontoire élevé  (© PB)
Les maisons blanches de Lindos se blottissent au pied de l'ancien Acropole juché sur un promontoire élevé (© PB)
La mer restait forte lorsque, dans la soirée, "La Belle de l’Adriatique", délaissant les Cyclades, a mis le cap sur Rhodes, ville principale du Dodécanèse, un autre archipel de la mer Égée.

Si à Santorin, les férus d’histoire avaient eu un aperçu des convoitises suscitées, depuis l’Antiquité, par ces îles situées entre la Grèce et la Turquie, à Rhodes, ils ont été gâtés tant cette ville a vu passer tant de pirates et de conquérants !

C'est cependant aux Hospitaliers de l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem arrivés en 1291 après que les "croisés" eurent été expulsés de Terre Sainte que Rhodes doit ses puissants remparts, sa ville médiévale et son imposant palais.

Si les principales rues, pavées, sont aux mains de l’industrie touristique, dès que l’on s’en écarte, le lacis de ruelles offre des découvertes plus authentiques. Et parfois de vraies rencontres.

L’excursion –optionnelle- en bus permet, elle, de mesurer l’ampleur des remparts jadis cernés de douves, d’apercevoir l’amphithéâtre antique et l’entrée du port où se dressait la « septième merveille du monde », le célèbre « colosse de Rhodes », statue gigantesque d'Hélios, dieu du Soleil, démolie par un tremblement de terre vers 225 av. J-C.

Une seconde excursion optionnelle en bus conduit à Lindos, un village qui blottit ses ruelles pleines de vie au bord d’une baie émeraude du nord-est de l’île.

Juste au dessus, sur un orgueilleux promontoire fortifié à l’époque byzantine, ottomane et médiévale, subsistent les vestiges de l’Acropole antique. Après l’épisode de Santorin, la perspective de grimper l’escalier monumental qui y mène, effraiera quelques voyageurs. Dommage. Les vestiges sont intéressants et la vue, sublime !

Chaque île à sa personnalité

Pour arriver jusqu'au monastère semi-troglodytique Panagia Chozoviotissa sur l'île d'Amorgos, il faut avoir de bonnes jambes (©PB)
Pour arriver jusqu'au monastère semi-troglodytique Panagia Chozoviotissa sur l'île d'Amorgos, il faut avoir de bonnes jambes (©PB)
Après Rhodes, le vent s'étant calmé, "La Belle de l’Adriatique" est revenue sans encombre dans les Cyclades, d’abord à Amorgos, puis à Milos, enfin à Syros.

Avec leurs petits villages blancs et fleuris agrippés sur des pentes arides jadis toutes cultivées et aujourd’hui encore pas mal peuplées d’oliviers, ces trois îles ont des points en commun. Chacune, pourtant, a sa personnalité.

Ce dimanche 5 mai 2024, les chrétiens orthodoxes fêtent Pâque lorsque "La Belle de l’Adriatique" arrive à Amorgos, un île restée authentique bien que célèbre depuis le tournage du « Grand bleu » par Luc Besson.

Une excursion –optionnelle- conduit nombre de passagers au monastère « aérien » de Panagia Chozoviotissa. Mi-troglodytique, mi suspendu à flanc de rocher, à 330 mètres au-dessus de la mer, il protège depuis le XIe siècle une icône – miraculeuse- de la Vierge.

En ce jour de fête, les trois moines ont accueilli quelques fidèles pour la « Sainte liturgie ». A notre arrivée, celle-ci se termine : nous avons juste le temps de voir le Pope emporter la précieuse icône qui, une semaine durant, sera promenée de village en village...

Bien que cette excursion se fasse en bus, il n’en a pas moins fallu grimper pendant un bon quart d’heure des escaliers pour atteindre le monastère. Ceux qui, à l’intérieur même du bâtiment, mènent à la minuscule chapelle taillée dans le rocher, sont particulièrement raides.

Là aussi, l'effort est récompensé. L’iconostase en bois, richement décorée, est très belle, la vue sur la mer Egée, sublime, l'ambiance recueillie, prenante. Enfin, moines et novices offrent aux visiteurs un petit verre d’eau de vie et des loukoums.

Sur le chemin du retour, le bus fait longuement halte à Chora. Ce village gardé par une armée de moulins à vent postée en haut de la colline, est indiscutablement un des plus beaux des Cyclades.

La promenade de placette en placette, de ruelle tortueuse en ruelle tortueuse est délicieuse et permet d'échanger quelques mots (en anglais) avec des habitants avant de boire un verre à une terrasse colorée et d'écouter les cloches qu’en ce jour de fête, des enfants sonnent à tout va. « Eleitos Anesti » (Il est vraiment ressuscité !), clament ce matin-là les Grecs à qui veut les écouter. Croyant ou pas, il est difficile de ne se laisser gagner par tant d’allégresse....

La patrie de la Vénus de Milo

Vue générale de Plaka, la capitale de l'île de Milos qui regarde sur l'exceptionnelle baie du même nom (©)
Vue générale de Plaka, la capitale de l'île de Milos qui regarde sur l'exceptionnelle baie du même nom (©)
Le lendemain - et c’est une première-, "La Belle de l’Adriatique" jette l’ancre devant Milos. Descendus à terre en chaloupe, les passagers ont le choix entre matinée libre et excursion en bus.

Ceux qui ont opté pour le tour panoramique de l’île découvrent des paysages restés sauvages, époustouflants de variété et de beauté, puis les vestiges d’un théâtre antique et de catacombes tout près de l’endroit où fut trouvée en 1820 la statue sans bras de la célèbre Venus de Milo visible au Louvre.

Difficile d’imaginer que, depuis toujours, Milos vit de l'extraction des roches de son sous-sol : obsidienne, perlite, bétonite, kaolin... Et pourtant....

A 400 mètres du port, le musée de la mine raconte cette histoire. C’est d'ailleurs grâce à cette industrie que Milos a su rester plus tranquille et hospitalière que d'autres îles des Cyclades, totalement livrées au tourisme.

Et, pour finir, la bourgeoise Syros

L'imposant hôtel de ville construit au XIXe siècle par l'architecte Ernst Ziller, à Ermoupoli, la capitale de Syros (©)
L'imposant hôtel de ville construit au XIXe siècle par l'architecte Ernst Ziller, à Ermoupoli, la capitale de Syros (©)
Ce périple se termine à Syros. Une idée chère à Alvaro, le commissaire de bord, soucieux d’offrir un dernier -et long- temps de détente à terre aux passagers.

"La Belle de l’Adriatique" s’amarre donc à quai, à Ermoúpoli, la capitale de Syros, qui est la seule vraie ville des Cyclades - et sans doute l’une des plus belles de Grèce. Libres d’aller et venir, les passager apprécient de déambuler à leur guise pour faire des emplettes.

Cela n’empêche pas nombre d’entre eux d’opter pour la visite guidée de la ville à pied et en bus. Il est vrai que l’arrivée majestueuse de "La Belle de l’Adriatique" dans le port d’Ermopouli, au petit matin, donnait vraiment envie d'en savoir plus.

Agrippée sur une pente en haut de laquelle sont juchées, d’un côté une église orthodoxe et de l’autre, la très catholique Saint-Georges, cette ville créée ex nihilo au XIXe siècle est d’une beauté étrange.

Assez bourgeoise, elle fait voisiner riches demeures néoclassiques avec maisons d'allure plus cycladique, parfois aussi plus vénitiennes. Quant au majestueux hôtel de ville, il s’impose sur l'immense place centrale, entièrement pavée en marbre comme d’ailleurs la plupart des rues en escalier.

Soirée de gala

ambiance de fête (©PB)
ambiance de fête (©PB)
En fin d'après-midi, au retour sur "La Belle de l’Adriatique", un verre d'ouzo, la célèbre boisson anisée grecque, attend les passagers. Suit le dîner de gala, clos par une omelette norvégienne surmontée de petits feux d'artifice de table. La fête !

De l’avis général, la gastronomie française, mâtinée de belles notes grecques, a contribué à l’agrément de cette croisière, au même titre que le dîner servi, un soir, sur le Pont soleil. Une véritable performance pour la brigade de cuisine qui a dû transporter, là-haut, tout son matériel.

Si, pendant la semaine, quelques-uns ont lu ou joué au bridge -ou à d’autres jeux de cartes-, la plupart des passagers ont aussi -et peut être surtout- admiré -et photographié- à satiété le bleu de la mer, les coupoles des églises, les paysages cycladiques.

C’est donc un peu de nostalgie que le 8 mai au matin, ils retrouvent Le Pirée d’où ils sont partis une semaine plus tôt.

La Belle de l’Adriatique s’apprête déjà à accueillir de nouveaux passagers.

Pour ceux qui achèvent le périple, il est temps de rentrer à la maison. Et, pourquoi, pas de songer à... une autre croisière ?

PAULA BOYER Publié par Paula Boyer Responsable rubrique LuxuryTravelMaG - TourMaG.com
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