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Frais GDS Air France, NDC : la double peine pour les agences de voyages au 1er avril 2018 (Vidéo)

débats lors du congrès Manor à Milan



Les frais imposés par Air France à partir du 1er avril 2018 pour les réservations effectuées par les GDS, ont occupé les débats lors du congrès Manor qui s'est tenu du 17 au 19 novembre 2017 à Milan. Les distributeurs n'auront d'autres choix que de continuer à réserver via les GDS, en raison d'un calendrier approximatif dans la mise en place des flux NDC et faute d'outils satisfaisants.


Rédigé par Céline Eymery à Milan le Dimanche 19 Novembre 2017

Zoran Jelkic, DG France d'Air France - KLM a répondu pendant près de 3h aux questions des adhérents Manor lors du congrès du réseau à Milan Photo CE
Zoran Jelkic, DG France d'Air France - KLM a répondu pendant près de 3h aux questions des adhérents Manor lors du congrès du réseau à Milan Photo CE
L'annonce le 3 novembre 2017 par Air France de la mise en place dès le 1er avril 2018 de frais (11€ par segment) pour toutes les réservations effectuées via les GDS était LE sujet de préoccupation du congrès Manor.

Pendant 3 heures, Zoran Jelkic, directeur général France d'Air France KLM est passé sur le grill face à des distributeurs plus que mécontents.

Ce qu'ils reprochent à la compagnie qui réalise 2/3 de ses ventes via les agences, c'est l'annonce abrupte d'une telle mesure.

"Sur la forme je trouve cette décision regrettable" a déclaré Jean Korcia, président de Manor, dans son discours d'ouverture du congrès "et à aucun moment il n'y a eu concertation".

"Nous avons juste respecté nos obligations contractuelles vis à vis des GDS. Nous ne maîtrisons pas le timing" a répondu Zoran Jelkic "Il nous reste donc un peu plus de 4 mois pour mettre en place NDC (New Distribution Capability) et accompagner les agents de voyages"

Mais au-delà de la manière, les distributeurs s'inquiètent des conséquences directes de cette mesure.

José Martinez, fondateur et président du groupe Amplitudes se demande ce qu'il doit répondre à son client qui réalise entre 5000 et 6000 allers - retours Paris - Toulouse par an et qui verra sa note augmenter de 22 euros par voyage ; soit une facture majorée de 132 000€, montant qui ira dans la poche de la compagnie.

"Vous allez nous mettre hors marché. Sur le segment affaires cette décision est très grave, alors que pendant des années nous avons été un barrage au low cost. Nous ne nous laisserons pas faire. " lance t-il.

NDC : une norme qui n'est pas aboutie

Pour Fabrice Dariot, PDG de Bourse des vols c'est aux distributeurs de reprendre le pouvoir : "Nous sommes dans un rapport de force. Nous devons piloter nos ventes. Reste une problématique l'existence des Miles, qui parasite notre relation avec les clients. Je préconise la fiscalisation des miles aériens cumulés pour raison professionnelles par des personnes physiques pour leurs loisirs.".

Cette surcharge pénalise ainsi le canal historique pour pousser le canal de vente direct. Dès le 1er avril, les agences auront 3 options pour éviter la surcharge : la plateforme en ligne Agent Booking Tool, l'API (Application Programming Interface) ou les agrégateurs, via la norme NDC.

Sauf que cette norme a bien des lacunes aux yeux des distributeurs. Parmi elle : "aucune remontée comptable n'est prévue", explique Eric Barthélémy Co-fondateur de ViaXoft.

Outre la facturation, les statistiques, le remboursement, les modifications du PNR sont autant d'autres carences soulevées par les agences.

L'autre option pour les distributeurs se connecter sur la plateforme Agent Booking Tool disponible via AgentConnect.biz le 1er avril 2018. Une possibilité qui ne satisfait pas : manque de souplesse, et absence de comparaison de l'offre.

"Vous allez nous ramener 30 ans en arrière" insiste Jean-Pierre Mas Président des Entreprises du Voyage. "Les solutions de facturation ne sont pas réalistes et ne correspondent pas à nos besoins nous allons avoir une dégradation des fonctionnalités".

Le directeur général d'Air France KLM assure pourtant que "Sur la partie comptable l'API comme la plateforme en ligne, transmettront les flux de données ticketing pour alimenter le mid et le back office", un argument qui ne convainc pas les distributeurs.

Autre problématique : celle du calendrier de cette API qui semble plus que flou.

"Les premiers tests devraient sortir mi-janvier 2018" a annoncé Zoran Jelkic, soulevant bien des doutes pour une intégration dans les agrégateurs dès le 1er avril 2018.

Quant à Amadeus, il est certifié niveau 3 en qualité de fournisseur technologique et niveau 1 en qualité d’agrégateur. Il table sur une certification NDC agrégateur de niveau 3 en 2018. A noter Sabre est aussi certifié niveau 1 et devrait atteint le palier 3 au 3e trimestre l'an prochain.

En attendant, Georges Rudas président d'Amadeus renvoie la balle à Air France : "Pour Amadeus, NDC est une priorité mondiale, mais nous sommes dépendants du contenu que nous donne les compagnies. Nous avons commencé à travailler sur un agrégateur multi-sources, mais nous attendons de pouvoir nous asseoir pour discuter et travailler sur le contenu."

Les agences de voyages dans un étau

Pour un observateur spécialiste du sujet : il est clair que rien ne devrait aboutir avant 2019, ne laissant d'autres choix aux agents de voyages que de continuer à passer par les GDS dès le 1er avril 2018 et de répercuter la surcharge.

Face à cet épais brouillard, Jean Korcia et Jean-Pierre Mas ont ainsi demandé le report de la date "butoir."

"Ce n'est pas possible" répond Zoran Jelkic "cette surcharge a été mise en place pour combler l'écart entre le prix d'un booking réalisé via GDS et le prix d'un booking réalisé par notre vente directe. Nous avons eu des augmentations significatives ses dernières années par les GDS.

A partir du 1er avril nous basculons dans une autre tarification avec eux et il n'est pas possible pour nous de négocier un report"


Et ce que l'on comprend c'est qu'Air France ne sera plus en "full content" dans les GDS. La compagnie pourra mettre tout ou partie de son offre à la disposition de la distribution. Une épine de plus dans le pied des réseaux.

En septembre 2017, Lufthansa annonçait que 2 ans après avoir mis en place la taxe GDS, elle n'avait noté aucun changement sur ses chiffres de ventes.

Mais les agences de voyages avaient-elles réellement d'autres choix ?

Reste la voie de la négociation. Jean Korcia se veut optimiste : "Nous n'allons pas nous mettre à dos la compagnie nationale. Les négociations vont être ouvertes et j'espère qu'il y aura un résultat".

Le président de Manor assure avoir "presque" conclu avec le groupe IAG (British Airways - Iberia) "Nous avons la proposition dans la poche, reste à la valider"...

Vers un nouveau modèle économique

Aujourd’hui, les GDS rémunèrent les agences de voyages pour chaque billet vendu, demain, avec NDC cela ne sera plus le cas. Les compagnies aériennes vont favoriser le canal direct, mettant fin à ces rémunérations.

Selon les estinations, le manque à gagner pour certains distributeurs pourrait atteindre jusqu'à 20% de leur chiffre d'affaires.

Pour Jean-Pierre Mas, président des Entreprises du Voyages : "ce modèle économique était à bout de souffle". François Piot, Président de Prêt-à-Partir a soumis une suggestion aux compagnies "commissionner les vols entre 0,5% et 1% et les ventes annexes à 20% voire 25%".

Autre bouleversement : l'apparition à côté des 3 GDS (Amadeus, Sabre et Travelport) qui travaillent sur des plateformes d'agrégation de contenu, de 45 autres fournisseurs de technologies au niveau mondial qui seront aussi NDC.

Pour accéder à ce contenu, qui paiera ? Les distributeurs sont clairement dans le viseur.

Georges Rudas, président d'Amadeus France reste prudent "pour accéder aux agrégateurs les modèles restent à construire, une partie pourrait être payée par les compagnies".

Quid de l'autre partie ?

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