TourMaG.com, le média spécialiste du tourisme francophone


Futuroscopie - Les rapports à l'autre : écolo, solidaire, humanitaire 🔑

Qui sont vos clients ? Une nouvelle série de Futuroscopie. Episode 4



Voyager, se déplacer, visiter un autre territoire ne consistent pas que dans la quête de spectacles culturels et naturels. Il est aussi une catégorie grandissante de voyageurs intéressés par le respect du local sous toutes ses coutures : environnemental, humain , politique... Une typologie complexe s’impose donc, avec toutes sortes de nuances à l’intérieur de chaque portrait.


Rédigé par le Lundi 20 Juin 2022

1. L’altruiste : à la découverte de l’autre

La grande majorité des touristes ignorent à peu près tout de la situation politique du pays où ils séjournent. En revanche, engagés dans un circuit de découverte, parfois dans un pays lointain, certains touristes possèdent des connaissances pointues sur la situation politique de ces destinations - Depositphotos.com Auteur cifotart
La grande majorité des touristes ignorent à peu près tout de la situation politique du pays où ils séjournent. En revanche, engagés dans un circuit de découverte, parfois dans un pays lointain, certains touristes possèdent des connaissances pointues sur la situation politique de ces destinations - Depositphotos.com Auteur cifotart
Plutôt sincèrement altruistes et curieux, ces touristes dont la masse augmente au rythme des nouvelles pratiques collaboratives : hébergement en location, tables et chambres d’hôtes, guides bénévoles... constituent une véritable chance pour l’avenir de l’humanité car ils contribuent à créer des passerelles entre les populations, que ce soit un mode individuel ou collectif, privé ou professionnel.

Ils se lient facilement et entretiennent tout aussi facilement les relations nouées au cours d’un voyage, via des mails, des réseaux sociaux, des échanges divers.

Il est même parfois de vraies histoires d’amour qui se terminent par des unions légitimes qui, immanquablement rapprochent des familles.

Pour le meilleur plus que pour le pire.


Typologies concernées : On retrouve dans cette catégorie à peu près tous les segments de la population touristique, depuis les érudits jusqu’à des personnes moins éduquées. On retrouve surtout tous ceux que l’humanité passionne.

Offres touristiques favorites : Les séjours en immersion, permettant une fréquentation intensive de local : nourriture, hébergement, activités...

Bref, l’antithèse des ghettos touristiques que sont les villages de vacances, les grands hôtels...

2. Le touriste « politique »

La grande majorité des touristes ignorent à peu près tout de la situation politique du pays où ils séjournent. Les vacanciers ayant choisi de passer leur séjour sur un territoire de carte postale, ne cherchent pas à aller au delà de la carte postale et ne rechignent pas à rester enfermés dans leur ghetto, pourvu que le soleil brille et que leur sécurité soit assurée.

En revanche, engagés dans un circuit de découverte, parfois dans un pays lointain, certains touristes possèdent des connaissances pointues sur la situation politique de ces destinations. A tel point d’ailleurs qu’ils n’hésitent pas à les boycotter quand celles-ci ne sont plus conformes à un certain nombre de valeurs auxquelles ils tiennent. Ce fut le cas de l’Espagne sous la dictature, de l’Iran, de l’Amérique latine...

Mais, le touriste idéal n’existant pas, on retrouve aussi dans cette catégorie des touristes intransigeants, un brin dogmatiques, voire fanatiques, incapables de discernement.

Plus attachés à défendre une idéologie et ses valeurs qu’à regarder la réalité en face, ils empoisonnent de leurs discours sans nuances et de leur curiosité insidieuse, le quotidien des populations locales, notamment des personnels de service, parfois obligés de se soumettre à leurs interrogatoires embarrassants.

Typologies concernées : Une population marginale très politisée, pour qui l’histoire ancienne et présente est un modèle incomparable de découverte. Des intellectuels, des journalistes, des étudiants...

Offres touristiques favorites :  Aucune en particulier. Ils se débrouillent comme ils peuvent dans les pays qui les intéressent.

3. Le militant : une caste très fermée

Dans sa version extrême, le touriste politisé peut aussi être un militant engagé dans un combat politique spécifique, dans un pays particulier.

Il ne voyage donc pas sans avoir pris des contacts avec des organisations ou des militants comme lui qu’il va soit chercher à épauler, soit auprès desquels il va puiser des connaissances sur le vif.

Très peu nombreuse, très élitiste, cette catégorie a été importante à Cuba, dans les pays de l’Est, en Russie, en Chine, au Portugal au moment de la Révolution des œillets...

Typologies concernées : Cette catégorie de touristes militants se recrute dans des cercles restreints d’intellectuels, universitaires, professionnels, souvent déjà engagés dans leur pays.

Offres favorites :
A mille lieux des pratiques touristiques traditionnelles, ils ne consomment ni les circuits, ni les équipements touristiques dédiés et rejettent l’appellation même de touristes, bien qu’ils soient comptabilisés comme tels.

4. Le touriste humanitaire : entre engagement et divertissement

Optant résolument pour des voyages hors-frontières dans des pays émergeants, le touriste humanitaire tente de se rendre utile aux populations locales. Mais, désormais, il a deux visages bien distincts que l’on ne saurait confondre.

D’une part, on trouve d’authentiques voyageurs œuvrant pour des ONG référencées, en charge de missions officielles, souvent difficiles, impliquant des compétences pointues sur le plan médical ou technique. Ce sont des jeunes souvent qualifiés, gestionnaires, médecins, ingénieurs...

Mais, d’autre part, l’explosion du tourisme a entraîné la prolifération « d’humanitaires de salon », participant quelques heures par jour à des activités à consonance solidaire, sur des durées relativement courtes, qu’ils ont achetées auprès de voyagistes spécialises.

Devenu un commerce comme un autre, le tourisme humanitaire qui permet aux Occidentaux de se donner bonne conscience, est bel et bien devenu ces dernières années, un produit commercial comme tant d’autres.

De nombreux étudiants cherchant à̀ ajouter une ligne à leur CV ou de mettre à̀ profit leurs disponibilitéś, ont aussi rejoint les troupes très fournies de prétendus touristes humanitaires.

Typologies concernées : Plutôt jeunes, plutôt éduqués, plutôt altruistes, plutôt militants pour les véritables humanitaires. Pour les autres, les populations les plus concernées sont des populations aisées, éduquées, généralement attirées par des voyages organisés, en groupes.

Offres touristiques favorites  : Les vrais humanitaires ne recherchent pas d’offres touristiques. Bien au contraire. Les autres choisissent les offres packagées proposées par des agences ou associations.

5. L’écolo : les vrais et les faux

En 30 ans, les attitudes n’ont cessé d’évoluer. Pour le plus grand bien de l’environnement. Et depuis la pandémie, nul n’ignore à quel point les sensibilités sur les questions environnementales se sont d’autant plus exacerbées que les dégâts du « sur tourisme » sur certaines destinations font la une régulière des médias.

Néanmoins, il existe deux catégories de touristes : ceux qui pratiquent quotidien des gestes écologiques de base : économiser l’eau et les énergies, fréquenter des hébergements aux normes écologiques consacrées par des labels, préférer le train à l’avion, le vélo à la voiture, le transport collectif au transport individuel, consommer de la nourriture locale dans des commerces profitant à la population locale....

Mais, hélas, il y a aussi tous ceux qui ne joignent pas le geste à la parole. Pire, dès lors qu’ils sont en voyage, certains pseudo « écolos » peuvent se révéler beaucoup moins scrupuleux sur la protection de l’environnement que dans leur quotidien. Exemple : chez eux, ils font des économies d’énergie, à l’hôtel, ils font tourner la climatisation à fond !

C’est en tout cas ce que révélait une récente étude américaine. Quant à leurs écrans, ils tournent en permanence sur des applications, des sites internet, des boîtes mail… sans qu’ils se soucient de leurs effets dévastateurs sur les émissions de CO2.

Typologies concernées : Toutes les générations s’y mettent et chacune à son niveau essaie de prendre part à la protection des environnements et économies locales. Certaines nationalités sont cependant plus sensibles au sujet, comme les nord Européens, les nord Américains... mais les choses évoluent très vite.

Offres touristiques favorites  : Hébergements construits aux normes environnementales, circulations douces, cadres préservés. Et toutes les offres labellisées et certifiées. Les randonnées à vélo ou à pied, la navigation à voile plutôt qu’à moteur, les destinations comme les Seychelles ou le Costa Rica.

6. Le puriste : l’aristocratie des écolos

Une déclinaison du touriste écologique réside enfin dans une population d’amateurs exigeants, très spécialisés, soit sur la faune, soit sur la flore, soit encore en astronomie par exemple !

Prêts à économiser puis à dépenser pour leur marotte un budget conséquent, ces touristes constituent des troupes d’élite du tourisme.

Ils connaissent à fond les destinations qu’ils veulent explorer. Ils ont longuement préparé leurs séjours via des lectures intensives et la fréquentation de forums sur internet rassemblant d’autres amateurs éclairés.

Souvent engagés dans des voyages de longue durée, ils peuvent également fréquenter des séjours plus courts, plus proches, très spécialisés.

Ils sont nombreux dans les rangs des amateurs de toutes sortes d’animaux en voie de disparition, notamment les gorilles en Afrique et orang outans en Indonésie, mais aussi les oiseaux au Costa Rica et toutes sortes de spécimens du monde vivant, notamment arbres et fleurs…

Typologies concernées : Tous les âges, toutes les générations, toutes les nationalités. Des profils plutôt scientifiques.

Offres favorites : Des services permettant d’accéder facilement aux destinations convoitées. Ou bien des offres de séjours, stages, expéditions, organisés par des spécialistes d’un sujet, généralement des associations.

Qui sont vos clients ? La nouvelle série de Futuroscopie : retrouvez tous les épisodes en cliquant ici

Josette Sicsic - DR
Josette Sicsic - DR
Journaliste, consultante, conférencière, Josette Sicsic observe depuis plus de 25 ans, les mutations du monde afin d’en analyser les conséquences sur le secteur du tourisme.

Après avoir développé pendant plus de 20 ans le journal Touriscopie, elle est toujours sur le pont de l’actualité où elle décode le présent pour prévoir le futur. Sur le site www.tourmag.com, rubrique Futuroscopie, elle publie plusieurs fois par semaine les articles prospectifs et analytiques.

Contact : 06 14 47 99 04
Mail : touriscopie@gmail.com


Lu 1135 fois

Notez

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

Tous les commentaires discourtois, injurieux ou diffamatoires seront aussitôt supprimés par le modérateur.
Signaler un abus









































TourMaG.com
  • Snapchat
  • Instagram
  • Twitter
  • Facebook
  • YouTube
  • LinkedIn
  • GooglePlay
  • appstore
  • Google News
  • Nos Médias
  • DMCmag
  • Brochures en ligne
  •  La Travel Tech
  • Welcome To The Travel
  • AirMaG
  • Futuroscopie
  • CruiseMaG
  • Voyages Responsables
  • #PartezEnOutreMer
  • Partez en France
  • TravelManagerMaG
 
Site certifié ACPM, le tiers de confiance - la valeur des médias