logo TourMaG  




Gros retard de paiement : les agences de voyages bien au-dessus de la moyenne nationale 🔑

panorama Altares des retards de paiement


Selon le baromÚtre Altares des retards de paiement des entreprises en France et en Europe, la situation des agences de voyages est trÚs contrastée avec d'un cÎté des entreprises qui s'en sortent trÚs bien et de l'autre des acteurs qui sont à bout de trésorerie. Analyse.


Rédigé par le Jeudi 28 Septembre 2023 à 00:05

PrÚs de 14% des agences de voyages présentent de gros retards de paiement, de plus de 30 jours - Depositphotos.com Auteur glazeimage
PrÚs de 14% des agences de voyages présentent de gros retards de paiement, de plus de 30 jours - Depositphotos.com Auteur glazeimage
Selon le panorama Altares des retards de paiement des entreprises en France et en Europe au 1e semestre 2023, en France comme en Europe, en moyenne 1 entreprise sur 2 rùgle ses factures à l’heure.

"Ce chiffre ne doit pas masquer cependant la recrudescence des gros retardataires (plus de 30 jours). Une situation particuliÚrement préoccupante chez les plus petites structures". indique le groupe dans un communiqué.

A lire aussi : Défaillances d'entreprises : faut-il craindre la sortie de l'été ?

Avec respectivement 12 et 13 jours de retard en moyenne, les entreprises françaises et européennes voient leur comportement de paiement se tendre légÚrement sur un an.

Thierry Millon, directeur des Ă©tudes Altares : "Au cours de ce premier semestre 2023, dans un contexte de ralentissement de l’activitĂ© conjuguĂ© Ă  une inflation toujours forte et des taux d’intĂ©rĂȘt plus Ă©levĂ©s, l’étau s’est resserrĂ© sur les trĂ©soreries et a contrariĂ© les bonnes intentions observĂ©es en 2022.

Les organisations retrouvent leurs anciennes habitudes, semblant ne pas pouvoir durablement s’écarter du rĂ©fĂ©rentiel des 12 jours en France et 13 jours en Europe en moyenne.

L’initiative de la Commission europĂ©enne (2) visant Ă  ramener les dĂ©lais de rĂšglement Ă  30 jours va devoir composer avec des habitudes de paiements interentreprises trĂšs contrastĂ©es au sein de l’Europe."


Retard de paiement : quid du secteur du voyage ?

Retards de paiement

Voyages

Agences de voyage

Voyagistes

Autres services de réservation

% à échéance

49,2%

48,9%

57,0%

45,8%

% Plus de 30 jours

9,8%

13,8%

7,7%

5,6%

Retard moyen

13,3

16,9

10,2

11,4


Qu'en est-il pour le secteur du voyage ?

Au global sur le retard moyen, le tourisme et le voyage se comportent mieux que la moyenne nationale sauf pour les agences de voyages.

Sur une moyenne de retard de paiement qui est de 12 jours en France, le secteur des agences de voyages est à prÚs de 17 jours en moyenne, contre 10 pour les voyagistes et 11 pour "les autres services de réservation".

"Ces donnĂ©es sur le voyage font rĂ©fĂ©rence au mois de juin pour ĂȘtre prĂ©cis mais ce mois n'est pas trĂšs diffĂ©rent des mois prĂ©cĂ©dents" nous explique Thierry Millon que nous avons joint par tĂ©lĂ©phone.

En moyenne donc pour le secteur du voyage, les retards de paiement sont de 13,3 jours tirés vers le bas par les agences de voyages.

Autre enseignement : les voyagistes sont plus nombreux à payer en temps et en heure (57 %) alors que "les autres types de réservation" sont ceux qui sont le moins enclin à payer à échéance (45,8%).

Les agences de voyages sont quant Ă  elles, pas loin de la moyenne du secteur et de la moyenne nationale Ă  prĂšs de 49%.

PrÚs de 14 % des agences présentent des retards de paiement de plus de 30 jours

En revanche le point important à souligner c'est que prÚs de 14% des agences de voyages présentent des retards importants de paiement, de plus de 30 jours. La moyenne du secteur est à 9,8%, quand la moyenne nationale est à 7,6%.

"Dans le secteur du voyage, nous avons à faire à des entreprises de petites taille ou de trÚs petites tailles. PrÚs de la moitié paie à l'heure, en revanche une grande proportion paie avec de grands retards. Cette situation traduit deux situations bien distinctes : d'un cÎté, des entreprises s'en sortent trÚs bien et d'autres, sont tellement mal que nous pouvons avoir des doutes sur leur capacités à résister durablement. Ce sont des chiffres qui traduisent des entreprises qui sont à bout de trésorerie." analyse Thierry Millon.

Il ajoute : "Nous rencontrons rarement des taux aussi Ă©levĂ©s sur des secteurs oĂč les petites entreprises sont nombreuses. En effet sur ce type de profil, on voit des entreprises qui sont tenues par leur fournisseurs ou par leurs donneurs d'ordre. Elles ont plutĂŽt tendance Ă  payer mieux que les autres car elles ont moins la possibilitĂ© de nĂ©gocier

Ces petits acteurs sont encore debout malgré le covid, grùce au quoi qu'il en coûte. Mais il faut désormais rembourser les aides, et les différés de paiement : de cotisation sociales ou d'impÎt et la trésorerie s'effrite vite."

Le trimestre Ă  venir sera t-il meilleur ?

"Les entreprises du tourisme sont moins concernées par les contraintes énergétiques, mais leur clientÚle fait face à un pouvoir d'achat en baisse et à des arbitrages trÚs inconfortables pour le secteur.

Et mĂȘme, si le revenu peut ĂȘtre en augmentation, le rĂ©sultat dĂ©gagĂ© par ce revenu est en revanche insuffisant pour faire face Ă  l'envolĂ©e des charges d'exploitation".


La situation pourrait-elle s'améliorer ? Les mois de juillet et d'août sont à prendre avec du recul, car c'est une période de congés pendant laquelle les retards de paiement augmentent, mais selon Thierry Millon, les chiffres ne s'améliore pas sur l'été, ni sur septembre.

Focus sur la France

En France, le retard moyen remonte lĂ©gĂšrement Ă  la dĂ©faveur de retards supĂ©rieurs Ă  30 jours plus frĂ©quents (7,6% contre 5,7% il y a un an). La proportion de bons payeurs est Ă  son plus haut historique, tout proche de 50% (49,3%), un ratio comparable Ă  celui de l’Europe (49,9%).

La situation se tend fortement chez les PME mais aussi les TPE.

En 2022, les PME françaises renouaient avec leurs comportements d’avant crise Covid, passant sous les 12 jours.

Au cours du 1er semestre 2023, les sociĂ©tĂ©s de 10 Ă  49 salariĂ©s se maintiennent sous 11,5 jours. Mais les entreprises de 50 Ă  200 salariĂ©s voient leurs retards s’allonger de plus d’une journĂ©e sur un an (12,4 jours en T2 2023 vs 11,2 en T2 2022).

Constat diamétralement inverse chez les TPE. Les plus grosses structures - plus de 3 salariés - se maintiennent aux environs de 11,5 jours tandis que les plus petites, de moins de 3 salariés, repassent à 12,2 jours au 2e trimestre 2023.

Les ETI et grandes entreprises de plus de 1000 salariĂ©s ne confirment pas en 2023 l’amĂ©lioration engagĂ©e l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente. RĂ©duits Ă  16,5 jours durant l’étĂ© 2022, les retards moyens avoisinent dĂ©sormais 18 jours (17,7 au 2eme trimestre).

Un segment d’activitĂ© requiert une attention. Il s’agit de l’administration oĂč les comportements de paiement se dĂ©gradent sensiblement depuis 2022.

Sous 12 jours en 2021, le retard moyen approchait 13 jours fin 2022 et dépasse désormais 14 jours.


Lu 3457 fois

Notez

Nouveau commentaire :

Tous les commentaires discourtois, injurieux ou diffamatoires seront aussitÎt supprimés par le modérateur.
Signaler un abus








































TourMaG.com
  • Instagram
  • Twitter
  • Facebook
  • YouTube
  • LinkedIn
  • GooglePlay
  • appstore
  • Google News
  • Bing Actus
  • Actus sur WhatsApp
 
Site certifié ACPM, le tiers de confiance - la valeur des médias
/****************** *** OCTOBRE ROSE ** ******************/