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La chute de Thomas Cook de l'avis d'un petit réceptif local...

Le courrier des lecteurs de B. Ferrux de Cuba Autrement



"La roue serait-elle en train de tourner ?" s’interroge Bertrand Ferrux, de Cuba Autrement, suite à la faillite retentissante de Thomas Cook.


Rédigé par Bertrand FERRUX le Lundi 23 Septembre 2019

"De l'avis d'un petit réceptif local...

Souvent, lorsqu'ils nous interrogent sur une offre de séjour dans le pays où nous sommes installés, les potentiels voyageurs n'hésitent pas à demander à contrôler notre… fiabilité.

C'est vrai qu'Internet a vu se développer des opérateurs plus ou moins sérieux, avec des offres plus ou moins alléchantes et il n'est pas si surprenant pour celui qui confie l'argent de ses vacances de vérifier la bonne faisabilité financière de l'opérateur choisi pour mener à bien son projet.

Avec Internet et le passage par une agence directe dans le pays de destination, l'essentiel des voyageurs voyait en premier lieu l'intérêt économique (moins d'intermédiaires = moins cher), ensuite aussi la sécurité d'avoir affaire à un connaisseur (l'agence locale connaît mieux que le tour-opérateur généraliste).

La seule limite à choisir ainsi était l'absence de sécurité : que deviendra-t-on si cette agence du bout du monde venait à disparaître ?

Et cette dernière charge a été l'argument favori des « vrais » professionnels du voyage, ceux qui connaissent le monde car ils le vendent depuis que le tourisme existe... les fameux TO qui avaient pignon sur rue et n'imaginaient même pas un jour devoir partager le gâteau du tourisme mondial.

"Nous, les locaux, n'avons pas vraiment été aidés par les célèbres noms du tourisme"

Ah... ces colosses aux pieds d'argile !

Sans vouloir fanfaronner du malheur des uns, ou de la fameuse « roue qui tourne », il faut dire quand même que nous, les locaux, n'avons pas vraiment été aidés par les célèbres noms du tourisme...

Si Internet a fait découvrir au grand public notre présence, c'est pourtant depuis... toujours que nous existons. Un réceptif de tourisme a deux rôles essentiels : produire des voyages, puis les organiser sur place. On l'a toujours fait, car c'est notre cœur de métier.

Pourtant, nous restions les méconnus du secteur : le terme existait à peine et les formations aux professionnels n'évoquaient quasiment jamais notre présence, et c'est encore de manière quasi-sporadique qu'on parle de nous en BTS Tourisme...

Evidemment, proposer nos offres directement sur Internet a été certes une reconnaissance, mais surtout le déclencheur d'une vague de blocages et de contestations en tout genre, de menaces et de chantage... qui auront eu avec le temps l'effet d'un soufflé car en réalité ce sont bien les consommateurs qui décident de la tournure du marché.

Mais a-t-il une licence ?

Nous ne sommes pas nombreux à nous en rappeler. Mais les fameuses plateformes mettant directement en relation agences locales et voyageurs et dont les plus grands spécialistes du secteur félicitent aujourd'hui le développement n'ont pas toujours eu bonne presse.

"Nous savons plus encore que rien n'est acquis"

« Mais ont-ils une licence ? » Voici l'argument essentiel qui aura des années durant été utilisé pour les faire tomber ; la dénonciation, cette habitude qu'on voudrait française aura eu une belle activité, l'important étant tout simplement de faire disparaître ces nouveaux apprentis-professionnels.

Je me souviens d'un salon du tourisme où, à peine mon stand monté, mes voisins doutaient de ma crédibilité avec la fameuse licence ou encore du courrier de fin de non recevoir lorsque j'ai demandé au leader de l'assurance voyages à adhérer à son association de professionnels...

Mais la Licence en réalité, nous l'avons toujours eue, il suffisait presque seulement de la demander...

Alors attaquer les réceptifs sur cette voie, plutôt que de tenter de trouver des réponses aux demandes d'un tourisme différent, fait de voyages sur-mesure, de découvertes et de vraie connaissance des destinations n'était certainement pas une bonne idée.

Ni celle d'ailleurs d'essayer de convaincre les voyageurs qu'ils prendraient des risques à nous faire confiance du fait de notre hypothétique manque de fiabilité financière.

Car aujourd'hui, la roue semble quand même tourner... Tous les journaux en font l'écho ce matin : 600 000 voyageurs à rapatrier, soit la plus grande opération depuis la seconde guerre mondiale, 20 000 salariés sur la touche et 400 agences fermées... Et pourtant il s'agissait (car il convient d'en parler au passé) du « plus vieux », peut-être « le plus grand » tour-opérateur au monde.

Eh oui, car il y a eu un train à prendre, justement. Et rester sur le quai à regarder passer l'évolution du marché n'était pas la solution...

Je me rappelle aussi avoir essayé de démarcher, ce grand nom... Moi petit réceptif, agence locale d'un pays en devenir... On m'a souvent ri au nez en m'expliquant que le tourisme était une affaire de professionnels, voire de géants, et qu'on n'avait pas besoin de nous.

Aujourd'hui, nous ne sommes pas plus heureux ou malins qu'hier. Simplement, nous savons plus encore que rien n'est acquis, que pêcher par certitude ne mène nulle part, que ce sont bien les clients qui décident de leurs vacances et de la forme qu'elles prendront.


Bertrand FERRUX

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1.Posté par Soussou le 23/09/2019 16:50 | Alerter
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Toujours très Classe de se faire une publicité gratuite sur le dos d'un Moribond

2.Posté par Gianni le 24/09/2019 09:40 | Alerter
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Bonjour, je ne connais pas Bertrand Ferrux, mais son analyse est parfaitement juste. Le tourisme a évolué et depuis au moins 10 ans, TC ne s'est pas adapté au marché et n'a pas renouvelé sa clientèle de All inclusive, croisière, et circuits Jet tours. Je me souviens avoir entendu une agence intégrée dire à sa cliente (dossier à 20.000 € avec un petit T.O spécialisé, 35 ans d'existence, qui était le seul à proposer ce produit) : " j'ai demandé au siège = je n'ai pas le droit de vous le vendre " ... Faire croire à ses vendeurs que le comportement d'achat est le même en UK ou en Allemagne qu'en France alors qu'il n'est pas le même entre Nice et Cannes.

3.Posté par CNRS le 24/09/2019 09:58 | Alerter
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ça fait 10 ans que j'ai senti le vent tourner. N'étant pas du métier, j'ai probablement eu le recul que n'ont pas les professionnels du tourisme qui n'ont qu'une seule façon de voir le commerce du voyage ou qui défendent leurs intérêts becs et ongles. Le futur du tourisme est l'incoming. Il suffit de passer du temps dans ces agences et de voir comment elles sont structurées. Les agences françaises devraient y songer

4.Posté par MOUAIS le 24/09/2019 10:52 | Alerter
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Les donneurs de leçons m'ont toujours fait marrer. J'ai commencé à travailler il y a 30 ans et déjà, les oiseaux de mauvais augure annonçaient la fin des agences de voyages !
Avec tout ce qui nous est tombé sur le coin de la figure depuis 1991 (1ère guerre du golfe) et s'il y a bien une profession qui se remet perpétuellement en cause, c'est bien celle des agents de voyages quoiqu'on en dise !

5.Posté par Léa (agent de voyage blonde) le 24/09/2019 11:08 | Alerter
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Je pensais que les charognards allaient attendre quelques jours pour se manifester. Il semble que j'aie encore trop d'illusions sur l'espèce humaine. (ce Monsieur est-il vraiment un humain, d'ailleurs ?)

6.Posté par idress cheriet le 24/09/2019 11:53 | Alerter
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Bonjour Bertrand


Ne croyez pas que les réceptifs (plus ou moins orientés distribution) vont profiter de cette malheureuse chute de Thomas Cook.Les seuls qui vont en profiter , c'est booking/expedia/agoda (qui ne proposent pas encore de circuit GIR, mais cela ne devrait pas tarder).

Je suis d'accord avec vous sur certaines de vos analyses,mais, au lieu de critiquer la distribution et le monde du tourisme en france , qui a quand meme quelques vertus, alliez vous à ces pros pour apporter encore plus de service,d'autant plus que le cout de recrutement d'un client est très elevé en BtoC.

7.Posté par BERTRAND FERRUX ENCORE LUI le 24/09/2019 13:42 | Alerter
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Merci à TourMag d'avoir publié cet article et de me permettre aussi de répondre aux commentaires... Même si mes mots ne font pas l'unanimité, ils auront au moins permis aux professionnels de voir que les réceptifs avaient aussi un avis et n'étaient pas que de bons sauvages du bout du monde...

D'abord, ca me paraît toujours difficile de répondre « humainement » à celles et ceux qui n'ont pas d'identité, mais je vais prendre sur moi dans cet exercice.

Concernant le 1er commentaire de Monsieur ou Madame Soussou qui pense que je me fais de la Publicité... non, vraiment pas... en tous les cas, pas de cette manière !
J'avais juste un avis … que je partage avec bien des acteurs du tourisme... eh oui, même à 8000 km, on en connaît.
Et si vous lisez la presse depuis 2 jours, vous verrez que je ne suis pas le seul à penser que le tourisme « mute »... et qu'il y a un train à prendre.

Gianni, je confirme vos propos : il est difficile pour un réceptif de faire sa place dans un groupement d'agences. Pourtant, certains (dont le plus grand réseau en France) ont accepté cette possibilité... qui n'est pas gratuite pour les agences locales, car assortie de frais d'inscription élevés.
Mais surtout, c'est une bataille pour nous que de convaincre les vendeurs au comptoir de leur agence de voyages de nous faire confiance, sans Amadeus, sans vol vendu, sans « tout inclus »... et ce, même en étant «validé» par le réseau.

Oui CNRS (?!), l'incoming est un métier. Certains TO spécialisés l'ont compris, par exemple le marché suisse en est friand. Ces TO se spécialisent, choisissent quelques destinations en partie pour la qualité de leurs partenaires sur-place et décident de ne vendre que là où on aura l'accueil, les prestations, le service qu'eux-mêmes auront testés...
Les TO spécialisés « Destinations » ou « Type de voyages » sont de vrais partenaires... il serait faux d'imaginer que les réceptifs vivent de leurs quelques dossiers directs.

Monsieur MOUAIS, si votre commentaire m'est destiné, je me permets de dire que vous vous trompez. Je n'ai jamais dit que les agences allaient disparaître. Nous aussi, en 27 ans d'activité touristique, nous avons fondé comme de nombreux réceptifs des partenariats forts avec certaines agences indépendantes.
On les accompagne, on organise des soirées-destinations, on fait des conférences, on propose des choses différentes …. mais il a fallu pour tous les réceptifs « batailler » car il y a plus de 20 ans, ce n'était pas gagné : d'un dossier au hasard dans les années 1990 et seulement car aucun TO n'en voulait, on est devenus pour certaines agences leurs « spécialistes locaux » : on retrouve nos têtes et nos « coups de coeur » sur les sites des mêmes agences.

Pour Léa, qui allègrement me traite de « charognard », je me dois de lui préciser qu'elle lit et écrit trop vite et surtout lui confirmer que je suis humain. Si on ne me passe pas au goudron et aux plumes dès mon arrivée, on pourra se rencontrer à Top Resa mais surtout si elle quitte l'écran derrière lequel elle se cache.

Je serais d'après vous et selon sa définition « une personne qui exploite les malheurs des autres » ??? Je vous rassure, Monsieur ou Madame Léa, je n'exploite rien et surtout pas les difficultés des autres... C'est mon côté communiste, car à vivre un peu à Cuba, on prend des habitudes.

Je constate simplement les choses...

Et si vous lisiez un peu la presse, vous verriez que je ne suis pas le seul à remarquer que le système bat de l'aile, et ça ne date pas d'hier... Mais certainement du moment où les compagnies aériennes ont commencé à vendre des billets en direct... faisant perdre aux TO une bonne part de leur activité.
Vous la grande spécialiste, vous devez le savoir. Peut-être même avez-vous lu « Thomas Cook, 1808-1892, l'inventeur des voyages » paru en janvier dernier ?
Vous constaterez ainsi que depuis TC, on a changé deux fois de siècle.

Monsieur CHERIET, je ne dis pas penser « profiter » de cette situation. Le B2B et le B2B2C restent pour les réceptifs des canaux indispensables, et comme je l'ai dit, on n'est pas plus malin ou heureux de cette situation... simplement, le tourisme évolue.

En conclusion, et j'arrêterai d'essayer de me défendre des futurs avis, je viens de relire l'article d'un autre journal professionnel datant de Février 2011... et les commentaires...
C'est à propos de ces deux rêveurs qui venaient de créer une plate-forme mettant en relation Voyageurs et Agents Locaux.... les commentaires étaient à l'époque signés, on avait encore du courage, mais pourtant mais bien pire que ce que j'ai lu sur mes quelques lignes...
« et la loi de 92 », « mais que fait le SNAV », « pas clair », « absence de légalité »....
Bah, aujourd'hui, je crois que pour eux, tout va plutôt bien et surtout que les monstres TO (comme disent les suisses) les ont suivis dans ce modèle qui apparemment fonctionne aussi ....

La mutation...

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