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Laos : dans le refuge des éléphants, à l'Elephant Conservation Center

La menace sur les éléphants mobilise des défenseurs de la nature


A 120 kilomètres de Luang Prabang, l’Elephant Conservation Center est le seul lieu du Laos consacré à la protection du pachyderme. Une vingtaine, rescapée de la surexploitation forestière et touristique, y est protégée. Accessible au public lors de séjours, le centre poursuit deux buts : faciliter la reproduction et réintroduire l’animal dans son milieu naturel.


Rédigé par Jean-François RUST le Mercredi 31 Août 2022

Comme touriste, il est possible de séjourner à l’Elephant Conservation Center, grâce à quatre formules - DR : @vincentt_photography, Elephant Conservation Center
Comme touriste, il est possible de séjourner à l’Elephant Conservation Center, grâce à quatre formules - DR : @vincentt_photography, Elephant Conservation Center
Le « pays du million d’éléphants » fait profil bas.

Des décennies de déforestation, de surexploitation de l’animal pour le débardage du bois et de braconnage ont décimé l’éléphant au Laos.

Aux dernières nouvelles, on n’en compterait plus que 400 à 450 à l’état sauvage. Auxquels il faut ajouter 400 autres captifs, employés dans des entreprises de débardage forestier ou reclus dans des pseudo-centres touristiques.

La menace sur l’espèce mobilise des défenseurs de la nature.

Alors que le gouvernement laotien, conscient de l’urgence et de l’impact sur l’image qu’entrainerait sa disparition, a renforcé la loi contre le débardage forestier illégal, des hommes et des femmes, laotiens ou étrangers, s’activent pour sa protection.

Véto du gouvernement

C’est le cas à l’Elephant Conservation Center.

Créé en 2010 à l’initiative des Français Sébastien Duffillot (co-fondateur en 2001 de l’ONG Elephant Asia), Jean-François Reumaux (créateur de The Gibbon Experience, dans la forêt de Bokeo) et du laotien Inthy Deuansawan (à la tête d’une agence de voyages responsable), ce site de 530 hectares de forêts situé près de Sayaboury, à 120 kilomètres au sud-ouest de Luang Prabang, héberge 29 éléphants.

« Certains étaient employés dans des activités illégales de débardage forestier. Inutilisés après qu’elles aient été démantelées, ou échoués dans des centres touristiques, nous les avons récupérés.

D’autres devaient partir dans des zoos à l’étranger mais le gouvernement a mis son veto et nous les avons recueillis.

Nous avons aussi des mâles, que nous louons, pour la reproduction
 », explique la française Morgane Rieusset, hospitality manager au bureau que l’Elephant Conservation Center tient à Luang Prabang, afin de sensibiliser le public et de proposer des séjours dans le parc aux nombreux touristes étrangers qui visitent la ville.

Au contact des animaux

Car comme partout, l’argent est le nerf de la guerre.

Les séjours touristiques représentent ainsi 92% des recettes du centre. Elles servent à financer en particulier les charges salariales (65 employés), l’entretien des équipements et les soins aux éléphants.

Comme touriste, il est donc possible de séjourner à l’Elephant Conservation Center. Grâce à quatre formules : un séjour découverte de 2 jours/1 nuit ; un séjour exploration de 3 jours/2 nuits ; un séjour immersion de 4 jours/3 nuits ; une formule 7 jours en éco-volontariat.

L’hébergement s’effectue en bungalows. Sont inclus : le transport en minivan depuis Luang Prabang et l’arrivée au site en bateau (le centre est au bord d’un lac) ; les repas ; une randonnée en forêt ; la visite de la nurserie et de l’hôpital ; le bain des éléphants ; la rencontre avec les animaux et leurs cornacs ; l’entrainement aux soins et des contacts approfondis avec les pachydermes (pour les séjours 3 jours/ 2 nuits).

Ce séjour est proposé à partir de 220 US$ par personne. Ceux qui optent pour l’éco-volontariat participent aux différents projets en cours.

Programmes scientifiques

Car naturellement, le centre planifie des actions pour sauver l’animal.

Il travaille notamment sur deux axes : une meilleure connaissance de sa reproduction et sa réintroduction en milieu naturel. « La clef, c’est la reproduction. Aujourd’hui au Laos, il y a seulement 2 naissances pour 10 à 11 décès », illustre tragiquement Morgane Rieusset.

Dans son laboratoire, le centre mène par exemple un travail de fond pour mieux connaitre les cycles de chaleurs et d’ovulation des femelles. Il observe aussi si les mâles, par leur comportement, sont capables de détecter ces cycles. « L’objectif est de présenter la femelle au mâle au moment le plus opportun », résume Anabel Lopez Perez, biologiste espagnole travaillant au centre.

Avec l’équipe du site, son job consiste aussi à suivre les grossesses, en instaurant des protocoles d’accompagnement et de surveillance.

Elle conduit également une étude de « management » sur les mâles, naturellement agressifs, pour aider les cornacs propriétaires d’animaux à les chaperonner sans risque et à améliorer leurs revenus en les proposant pour la reproduction.

Remises en liberté

Le second volet touche à la réintroduction des animaux captifs en milieu naturel. C’est notamment le travail de Chrisantha Pinto, un autre biologiste, américaine.

La clef est ici de s’assurer que les animaux relâchés vont pouvoir évoluer naturellement en troupeau. « Nous effectuons des essais progressifs de remise en liberté pour observer leur comportement et recueillir des données sur leurs occupations », témoigne la chercheuse.

En mars, quelques spécimens ont été relâchés durant un mois dans la forêt voisine du parc national de Nam Pouy, où vivent aussi des éléphants sauvages.

L’analyse de cette expérience permettra de déterminer les conditions du passage à l’étape suivante : la remise en liberté en fin d’année des éléphants, munis de colliers GPS, pour une durée plus longue.

Pratique

Hébergements

Elephant Conservation Center
en dortoir, bungalows ou lodge sur le site - elephantconservationcenter.com

Maison Souvannaphoum à Luang Prabang : cadre de luxe dans cette ancienne villa princière, pour un séjour tout confort. Déco traditionnelle soignée, restaurant, jardin et piscine. Chambres, coquettes.

Office de tourisme du Laos : tourismlaos.org


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Tags : Laos, rust
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Commentaires

1.Posté par Sophie le 02/09/2022 03:14 | Alerter
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Bonjour,
Je voulais juste vous signaler que l’Elephant Conservation Center n'est pas le seul lieu du Laos consacré à la protection du pachyderme. C'est un lieu pionnier bien sûr, mais une initiative unique existe aussi à Pakbeng, au bord du Mékong. Beaucoup plus modeste, avec seulement 5-6 éléphants, le Mékong Elephant Park vise les mêmes objectifs que l'ECC, qui a certainement beaucoup inspiré le projet de Pakbeng. Je reviens de quelques jours au bord du Mékong, en compagnie de l'équipe et de leurs éléphants. Extraordinaire. Passer des heures à observer les éléphants dans leur environnement naturel est certainement la plus belle expérience pour un voyageur ! Vive le Laos et vive les éléphants.

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