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Alain Battisti (Fnam) : "Tout le monde est menacé de disparition, y compris Ryanair"

L’aérien face à la crise



En plein cœur de la crise engendrée par la pandémie de Covid-19, les compagnies aériennes de l’Hexagone clouent leurs avions au sol et mettent en place des mesures de chômage partiel pour leurs salariés. Dans ce contexte sans précédent pour un pavillon français déjà fragile, TourMaG.com donne la parole aux dirigeants du secteur. En commençant ce jeudi par Alain Battisti, président de la puissante Fédération nationale de l’aviation marchande (Fnam) ainsi que de la compagnie Chalair.


Rédigé par le Mercredi 25 Mars 2020

Alain Battisti, président de la Fnam et de Chalair © Fnam
Alain Battisti, président de la Fnam et de Chalair © Fnam
TourMaG.com - Vous réclamez un « plan Marshall » pour le secteur aérien. Comment dialoguez-vous avec le gouvernement et quelles mesures demandez-vous concrètement ?

Alain Battisti : Pour l’instant, il n’existe pas de plan réellement défini pour l’aérien.

Le secteur - compagnies, aéroports, sociétés de handling, etc. - bénéficient des mesures générales comme le chômage partiel, qui sont opportunes et nécessaires.

Ce que je crains, c’est que cela ne suffise pas dans la mesure où les compagnies réalisent zéro de chiffre d’affaires et ce pour une durée que nous ne connaissons pas.

Nous sommes en contact permanent avec le Gouvernement. Nous discutons avec le Ministre des transports quotidiennement et avec Bruno Le Maire et Muriel Pénicaud, une fois par semaine.

Nous sommes en même temps plongés dans l’opérationnel et notamment les rapatriements pour lesquels Air France apporte un soutien décisif.

Nos demandes économiques sont prises en compte partiellement mais il y a trop d’inconnues à cette heure. Bruno Le Maire a annoncé, mardi 24 mars 2020, des aides pour Air France.

TourMaG.com - Justement, est-ce qu’un renforcement de la participation de l’Etat dans Air France serait une bonne solution ?

Alain Battisti : Je l’ignore. J’imagine que ce n’est pas la seule solution qu’il faudra mettre en place.

Actuellement, Iata prévoit des pertes colossales de 252 milliards de dollars pour le transport aérien mondial. Nous vivons tous la même catastrophe, entreprise par entreprise.

"L'histoire est en train de s'écrire"

TourMaG.com - Il n’y a en effet pas qu’Air France. Derrière la compagnie nationale, les autres transporteurs français sont-ils plus exposés aux risques de défaillance ?

Alain Battisti : Ils ne sont ni plus, ni moins exposés. C’est plus compliqué que ça.

Même s’il n’y a pas eu d’annonce officielle du Gouvernement pour les autres compagnies, nous discutons du sujet en permanence. Les décisions viendront dans quelques jours. Le secteur, nos salariés et fournisseurs ne comprendraient pas que seule Air France soit aidée.

TourMaG.com - Mais six mois après les disparitions brutales de XL airways et d’Aigle Azur, soyons francs, qui a le plus de chance de disparaître maintenant ?

Alain Battisti : Je ne spécule pas sur la disparition des compagnies car on n’en sait rien du tout.

Nous vivons un séisme planétaire, il ne faut pas se tromper. Même des compagnies extrêmement puissantes comme les américaines sont en train de demander plusieurs dizaines de milliards de dollars d’aides. Tout le monde est menacé de disparition, y compris Ryanair !

La suite dépend de tellement de facteurs, tellement d’inconnues, de l’attitude des actionnaires, de chaque compagnie, des loueurs d’avion, des Etats, des salariés, et surtout de l’attitude des clients « post crise »… L’histoire est en train de s’écrire !

TourMaG.com - Comment et quand envisagez-vous dès lors la sortie de crise ?

Alain Battisti : Il est extrêmement difficile d’imaginer le redémarrage. Je pense à un redémarrage en V avec une montée en puissance et un retour à la normale extrêmement lent et progressif. Je pense au mieux à une durée de 12 à 18 mois pour revenir à une situation stabilisée…

Pour ce qui est du voyage d’affaires, on peut déjà anticiper une reprise lente, en fonction de l’impact de la crise économique sur les acteurs économiques.

Pour le voyage de loisirs, il est clair qu’il y aura en juillet et en août un nouvel appétit de voyager. Mais nul ne sait quelles seront les conséquences psychologiques, sociologiques et pécuniaires du confinement pour les voyageurs individuels, les familles.

On ne mesure pas encore bien quelles seront les nouvelles habitudes et besoins de voyages. Il y aura un avant et un après coronavirus, nous ne considérerons vraisemblablement pas nos vies et nos habitudes de voyages de la même façon.

Pierre Georges Publié par Pierre Georges Journaliste - TourMaG.com
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