Mais la situation est différente maintenant. La croissance stagne en zone euro, alors qu'aux États-Unis, l'inflation montre que la demande reste forte. La BCE ne peut plus attendre pour soutenir l'économie européenne. Cependant, ce soutien sera d'abord limité : une baisse de seulement 25 points de base est prévue. D'autres baisses suivront. Le marché anticipe deux à trois baisses supplémentaires cette année, et un rythme similaire en 2025, ce qui correspond à nos attentes.
Lire aussi : Taux de change : le dollar restera-t-il fort cette année ?
La BCE soulignera qu'elle est « data-dependent » ce jeudi, ce qui signifie qu'elle ne promettra pas de nouvelles baisses en juillet. Le gouverneur de la Banque de France, membre du conseil des gouverneurs de la BCE, est pour deux baisses consécutives, mais il n'y a pas encore de consensus.
Quelques gouverneurs, minoritaires, veulent s'assurer que les hausses de salaires en zone euro, notamment en Allemagne, n'entraînent pas une inflation durable.
Nous nous inquiétons surtout de l'évolution de l'euro. La BCE insiste qu'elle n'est pas influencée par la Fed, mais si elle baisse ses taux de 50 à 75 points de base cette année et que la Fed ne change rien, cela pourrait affecter la paire EUR/USD. Le gouverneur de la banque centrale autrichienne a évoqué cette question la semaine dernière.
Il est pour une baisse des taux en juin et confirme que la BCE est « data-dependent », mais admet que le différentiel de taux va s'accentuer entre les deux côtés de l'Atlantique. Logiquement, cela devrait entraîner une dépréciation de l'euro face au dollar, augmentant l'inflation importée en zone euro. Nous pensons que le taux de change EUR/USD doit être entre 1,05 et 1,03 pour devenir un vrai problème pour la BCE. Nous n'y sommes pas encore.
L'euro tend plutôt à s'apprécier face au dollar. Pourquoi ?
- Prises de bénéfices sur le dollar après un bon premier trimestre
- Visibilité à court terme de la politique monétaire en zone euro
- Flux de capitaux entrants qui se tournent vers les actions européennes sous-valorisées. Ce phénomène, observé depuis un mois, explique en grande partie la hausse de l'euro, mais cela pourrait ne pas durer. Il s'agit principalement d'un positionnement tactique des fonds spéculatifs et des gestionnaires d'actifs. À moyen terme, la croissance boursière est plus forte aux États-Unis qu'en zone euro.
- Quelques bonnes nouvelles économiques dans le secteur manufacturier en zone euro.
Malheureusement pour l'euro, tout cela ne suffit probablement pas pour inverser durablement la tendance baissière. Sur le marché des changes, le différentiel de taux reste un facteur déterminant pour les devises. Selon les prévisions, ce différentiel sera défavorable à l'euro à partir de l'été. Il faut donc rester vigilant.
Le point technique :
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Taux de change : l’euro sous pression face au dollar [ABO]
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Taux de change : le yen se renforce, la Thaïlande tire son épingle du jeu [ABO]
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Change : le yen se renforce, le dollar reste stable, le pétrole s’envole [ABO]
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Marché des changes : la volatilité reste de mise cette semaine [ABO]
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Marchés : le conflit au Moyen-Orient renforce le dollar et relance les craintes inflationnistes [ABO]
Elle est plus importante sur les devises majeures que sur les devises émergentes, particulièrement les monnaies de la zone Asie. Ces dernières sont en chute libre face au dollar, à l’image du yen japonais.
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SUPPORTS HEBDO |
RESISTANCES HEBDO |
||
|
S1 |
S2 |
R1 |
R2 |
EUR/USD |
1,0713 |
1,0688 |
1,0987 |
1,1011 |
EUR/GBP |
0,8490 |
0,8440 |
0,8644 |
0,8701 |
EUR/CHF |
0,9609 |
0,9600 |
0,9987 |
1,0015 |
EUR/CAD |
1,4722 |
1,4599 |
1,4944 |
1,5011 |
EUR/JPY |
168,00 |
167,22 |
171,00 |
172,10 |
Les annonces à suivre :
Concernant les statistiques, le rapport sur l'emploi américain est toujours surveillé de près. Cependant, cela ne devrait pas influencer la politique monétaire américaine à court terme, qui est en mode pilotage automatique jusqu'à la rentrée de septembre.
Il faudrait une baisse significative des prix à la consommation dans les prochaines semaines pour envisager une baisse des taux en juillet, ce qui n'est pas notre scénario. Nous prévoyons que l'inflation américaine restera autour de 3% pendant la majeure partie de l'été, avant de tomber sous ce niveau symbolique à partir d'octobre.
Jour |
Heure |
Pays |
Indicateur |
A quoi s’attendre ? |
Impact |
05/06 |
15:45 |
Canada |
Réunion de la banque centrale |
Taux directeur actuellement à 5%. Une baisse des taux de 25 points de base est possible. |
Élevé |
06/06 |
14:15 |
Zone euro |
Réunion de la banque centrale |
Baisse des taux de 25 points de base. |
Élevé |
07/06 |
14:30 |
États-Unis |
Rapport sur l’emploi (Mai) |
Précédent à 175k. |
Élevé |
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