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Egypte : après la Révolution, la résurrection ? Les TO confiants

prévisions de reprise pour l'automne 2013



Après Hosni Moubarak en 2011, l'opposition au gouvernement égyptien, soutenue par l'armée, a provoqué, mercredi 3 juillet 2013, la chute de Mohamed Morsi, qui avait été élu Président de la République en juin 2012. Une nouvelle que les tour-opérateurs français accueillent avec un mélange d'enthousiasme et de prudence. Pour beaucoup le départ des Frères Musulmans est un signe positif pour l'avenir de la destination, mais avant d'envisager une réelle reprise des ventes, la situation devra forcément s'y stabiliser.


Rédigé par Pierre Coronas le Jeudi 4 Juillet 2013

Au contraire d'autres clientèles comme les Russes, les Allemands ou les Italiens, qui recherchent le soleil et la mer en Egypte, les touristes français viennent plutôt y effectuer des séjours culturels - Photo DR
Au contraire d'autres clientèles comme les Russes, les Allemands ou les Italiens, qui recherchent le soleil et la mer en Egypte, les touristes français viennent plutôt y effectuer des séjours culturels - Photo DR
La destitution de Mohamed Morsi, Président de la République d’Égypte, issu des Frères Musulmans, élu en juin 2012, ne permet évidemment pas de régler, du jour au lendemain, tous les problèmes du pays.

Mais, au moins, elle permet au peuple égyptien de se remettre à croire en l'avenir et en l'instauration de la laïcité au sommet de l’État.

Et, aux professionnels français, qui produisent ou distribuent des séjours sur la destination, de retrouver le sourire.

En effet, pour la plupart, faute de solution miracle, l'abandon du pouvoir par la Confrérie faisait figure de condition sine qua non à une éventuelle reprise des départs et des réservations sur le marché français.

Ainsi, selon Amin Salama, Directeur de Tour Indicom, pour qui les ventes sur la destination sont en baisse "depuis le début de la Révolution", l'Islam politique serait incompatible avec le tourisme français en Égypte.

"A la différence des Italiens, des Allemands ou des Russes qui sont plutôt à la recherche de séjours balnéaires, les Français qui viennent en Égypte viennent principalement pour des vacances culturelles", observe-t-il.

"L’Égypte aura toujours de l'avenir"

Joint mercredi 3 juillet 2013, quelques heures avant la fin de l'ultimatum adressé par l'armée égyptienne à Mohamed Morsi, Hervé Tribot la Spière, dirigeant d'Ikhar, rappelle, lui, que le tourisme représente une des principales ressources pour le pays.

Or, selon lui, l'attitude du gouvernement qui vient d'être destitué n'était pas claire sur ce point. "Le gouverneur qui avait été nommé à Louxor faisait partie de la bande responsable de l'assassinat de nombreux touristes dans la ville en 1997", déplore-t-il.

Ce qui démontre aussi que la destination n'en est pas à sa première crise. Mais à chaque fois elle parvient à reprendre des couleurs car, comme l'assure Jamel Bouagga, Directeur de Sindbad Voyages, "l’Égypte aura toujours de l'avenir."

Il précise que, malgré une baisse notable de ses ventes, il continue de faire partir des clients dans le pays. Et, avec le renversement du 3 juillet 2013, son business devrait retrouver la santé.

"Même si, pour le moment, il est difficile de faire des pronostics sur l'avenir, nous avons toutes les raisons d'être optimistes. L’Égypte est une destination qui reprend toujours rapidement. Elle a un potentiel fabuleux."

Un potentiel que l'armée a visiblement voulu sauver. Elle est, en effet, l'un des principaux propriétaires des infrastructures touristiques du pays. "Son intervention témoigne de sa volonté de permettre la reprise du tourisme", en conclut Hervé Tribot la Spière.

"Volonté de 17 millions d’Égyptiens"

Une opinion nuancée par Jean-François Rial, Président-Directeur général (Pdg) de Voyageurs du Monde, qui constate une baisse de ses ventes "comme tout le monde", malgré une légère reprise ces derniers mois.

Pour lui, l'armée n'est pas intervenue à proprement parler, mais elle "a fait en sorte que la volonté de 17 millions d’Égyptiens soit respectée."

A l'image de son homologue de TourIndicom, Jean-François Rial ne veut pas entendre parler d'un coup d'état mais bien de retournement démocratique. "La démocratie, ce n'est pas seulement organiser des élections", précise-t-il.

Il tient à témoigner de son "respect" et de son "admiration" pour ce que les Égyptiens ont fait : "je trouve ce peuple formidable".

Il en est persuadé, le tourisme "va reprendre de plus belle dès septembre 2013" et l'Égypte va redevenir "un pays majeur du Maghreb."

Un moindre mal à la vue des statistiques de fréquentation de la destination, en berne depuis un moment.

Après des chiffres records enregistrés en 2010, le nombre de visiteurs français dans le pays était quasiment stable en 2011 et 2012 alors que d'autres marchés comme la Russie ou l'Allemagne affichaient des progressions impressionnantes.

Selon les chiffres du CETO, avec 30 300 clients sur des voyages à forfait entre le 1er novembre 2012 et le 30 avril 2013, l’Égypte a reculé de 45,8 % en un an sur le marché français.

Reprise dès l'automne 2013 ?

Avec le départ des Frères Musulmans du pouvoir, "nous devrions pouvoir rattraper le retard dès septembre ou octobre 2013", prévoit, quant à lui, le Directeur de TourIndicom.

Un avis partagé par Didier Huet, Directeur commercial du groupe Teker qui, via Rev Vacances, ne vend depuis plusieurs mois que des séjours balnéaires sur la mer Rouge à ses clients français.

A l'instar du Directeur de Sindbad Voyages, il constate que "les clients reviennent généralement rapidement en Égypte après des événements malheureux ou des périodes d'instabilité politique."

"Les Français sont très attachés à ce pays. Ils l'étudient à l'école et la destination dispose de très nombreux atouts comme ses paysages magnifiques, ses sites culturels et ses nombreux monuments à visiter", ajoute-t-il.

Amin Salama parle même d'une "histoire d'amour entre les Français et l’Égypte". Et, visiblement, les producteurs restent confiants quant à la profondeur de l'attachement du marché français pour la destination.

Gouvernement d'union nationale

Mais, il faudra, avant tout que la situation politique et sociale se stabilise sur place.

Dans la nuit de mercredi 3 à jeudi 4 juillet 2013, des affrontements entre partisans et adversaires du président déchu ont encore fait 14 morts à Marsa Matrouh, Alexandrie et Minya.

Mais, le retour au calme ne passe pas forcément par l'organisation rapide d'élections présidentielles. En effet, l’État a su retrouver sa tête puisque Adly Mansour, Président de la haute cour constitutionnelle égyptienne a prêté serment ce jeudi 4 juillet 2013 et est devenu le Président de l’Égypte par intérim.

Par ailleurs, l'armée, qui a appuyé le peuple dans son soulèvement, ne semble, a priori, pas partie pour prendre seule le pouvoir.

Sur ce point, Jean-François Rial plaide pour la patience et la réconciliation. "Je pense qu'il faut une transition plus longue (qu'après la révolution de 2011, Ndlr) avec la mise en place d'un gouvernement d'union nationale, assure-t-il.

On pourrait même intégrer les Frères Musulmans à ce gouvernement afin de calmer les esprits de tout le monde. Et, une fois que la situation sera stabilisée, on pourra alors organiser de nouvelles élections à la tête de l’État."

Le Quai d'Orsay "déconseille" les voyages en Egypte

Mercredi 3 juillet 2013, le Ministère des Affaires Étrangères a mis à jour la fiche Égypte de la rubrique Conseils aux Voyageurs sur son site Internet.

Le Quai d'Orsay y déconseille "tout voyage (…) jusqu'à nouvel ordre, sauf raison impérieuse". Un avertissement qui est valable au moins jusqu'au 4 juillet 2013 après-midi.

Il précise que les lieux de rassemblements du centre-ville du Caire (place Tahrir, mosquée de Rabea Al Adaweya, le quartier de l'Université et les alentours des bâtiments officiels) doivent être "impérativement" évités.

Surtout que, selon le ministère, "les prochains jours devraient être marqués par de nouvelles manifestations importantes."

De son côté, Jean-Marc Rozé, secrétaire général du SNAV, explique, sur LeFigaro.fr, qu'il demande à ses adhérents de respecter les conseils du Quai d'Orsay. "Pour l'instant, aucune consigne particulière de rapatriement des touristes n'est donnée."

Le CETO demande, lui, à ses membres de "veiller très attentivement" à l'évolution de la situation sur place. Il estime cependant qu'"aucun dispositif particulier n'est à prendre" pour le moment.

En revanche, certains voyagistes ont déjà pris des dispositions. C'est le cas, par exemple, de Thomas Cook qui a ouvert une cellule de crise. Le TO propose à ses voyageurs qui sont actuellement en Égypte un retour anticipé sur les premiers vols disponibles.

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