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FUTUROSCOPIE - Feux, inondations, pollution... Une nouvelle cartographie touristique se met en place

Le touriste de demain devra consulter ces cartes



Les catastrophes météorologiques de l’été, en disent long sur l’état de santé du monde. Et ce n’est pas le dernier rapport du GIEC (dont la lecture est indispensable) qui devrait contredire la nouvelle donne à laquelle nous sommes confrontés. Oui, nous sommes entrés dans une nouvelle ère climatique particulièrement tourmentée dont nous aurons du mal à détourner le cours. Oui, nous sommes entrés par la même occasion dans un espace touristique inédit constitué d’une nouvelle cartographie faite d’incendies, inondations, typhons, pollutions de l’air, invasions de moustiques… qu’il faudra bien apprendre à consulter dans les années à venir avant de choisir une destination. Et nous regretterons en chœur l’époque bénie où nous consultions le Guide Bleu seul pour rêver de nos voyages futurs !


Rédigé par Josette Sicsic (Futuroscopie) le Mardi 24 Août 2021

Pour les touristes, il faudra s’appliquer à consulter les nouvelles cartes du monde qui fleurissent sur les écrans avant de choisir une destination et de s’envoler - DR : DepositPhotos.com, tomwang
Pour les touristes, il faudra s’appliquer à consulter les nouvelles cartes du monde qui fleurissent sur les écrans avant de choisir une destination et de s’envoler - DR : DepositPhotos.com, tomwang
Drôle de monde ! Le journal espagnol El Pais rend compte d’une étude très scientifique indiquant que dans 30 ans, l’année 2021 nous semblera avoir été une année « fraîche » !

Le jour de la parution de l’article, le 12 août 2021, il faisait tout de même 45°C à Séville, comme tous les jours depuis plusieurs semaines !

Dans les journaux américains et agences, un jour ordinaire de l’été, ce sont les incendies comme celui de Greenville par exemple, qui a détruit 1 000 habitations en quelques heures, qui font la Une…

Tandis que les journaux algériens et français titrent sur les incendies de Kabylie, plus ou moins suspects et ceux du Var qui n’ont toujours pas fini d’enflammer le massif des Maures.

Les magazines numériques grecs comme Tornos News (comme tous les journaux grecs), titrent pour leur part sur le gigantesque incendie qui a ravagé l’île d’Eubée, les alentours d’Athènes et d’autres régions du Péloponnèse et ont rayé de la carte le nord de l’île.

Toujours dans la presse, un peu partout, en Australie, Sibérie, Nord ouest canadien, Europe du sud, Turquie, Sicile… des images spectaculaires et traumatisantes soulignent l’ampleur des dégâts causés par l’élévation des températures et les feux qu’elles provoquent.


De nouvelles cartes du monde

Nous y sommes donc dans ce monde d’après dont on espérait tant et qui, avant d’être bleu, est (et sera) d’un rouge incandescent.

Des très mauvaises nouvelles qui ne sont pas sans incidence sur la vie des humains et sur celle des touristes.

En effet, une nouvelle cartographie émanant de services spécialisés (forêts, pompiers, espace, agriculture, eaux, air, vie sauvage…) est en train de se mettre en place à travers tous les continents afin de décrire, alerter et informer l’humanité des dangers qu’elle court.

Ainsi, sur ReliefWeb par exemple, vous pouvez voir en direct en Europe les foyers, leur propagation, et les moyens mis en place pour les combattre.

Quasiment en temps réel. Pour observer les incendies qui depuis le début de l’été, réduisent en cendres des milliers d’hectares en Californie, on peut également consulter plusieurs cartes dont l’une produite par le département des forêts sur Fire.ca.gov.

En France, nous avons www.feuxdeforet.fr qui fait très bien son travail de lanceur d’alertes et d’informations de première nécessité en cas d’incendies.

Quant aux Espagnols, ils indiquaient la parution d’une carte interactive fort bien faite sur le climat. Une grande première développée dans le cadre d’un partenariat avec le GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) et l'entreprise technologique Predictia, pour un budget de 500 000 euros...

Mais, ce n’est pas tout, l’Amérique qui brûle dispose aussi de cartes particulièrement performantes concernant les températures caniculaires qui font aussi son quotidien : 54.4°C dans la Vallée de la mort en juillet, c’est plus (toujours plus) que les années précédentes. Quand il ne fait que 40°C à las Vegas, il fait frais !

En Sibérie, une région polaire, la température en mai a atteint 31°C. Et les flammes depuis le début de l’année y ont détruit 1,5 million d’hectares…

La pollution de l’atmosphère et autres fléaux

Et par la même occasion, c’est l’air tout entier qui est pollué. Ainsi, le centre européen Copernicus dit avoir relevé des « valeurs élevées » de concentrations de particules fines « en Turquie et dans la région de la Méditerranée orientale ».

Au même moment, les fumées provenant des incendies en Sibérie se déplacent vers l’Amérique du Nord et ceux ayant lieu en Californie envoient leurs cendres et leurs particules fines jusque sur la Côte Est.

La fumée dégagée par les grands incendies représenterait 25% de la pollution dangereuse de l’air selon une étude publiée en début d’année et affecterait d’ores et déjà 50 millions de foyers.

Pour la qualité de l’air, les sites nous signalant en temps réel le niveau de pollution ne manquent pas. Ainsi aqicn.org.

Quant aux invasions de moustiques, elles ne sont pas en reste. Différents atlas, comme celui par exemple de Courrier International, produisent des cartes où figurent leurs évolutions.

Restent les inondations dramatiques et leurs cortèges de victimes, ou celles totalement anachroniques de la place Saint Marc à Venise où les bottes et les cirés étaient indispensables en août alors qu’habituellement, la montée des eaux est un phénomène automnal. 

Les chutes de neige inattendues au Brésil sont également à noter… Et tout cela ne fait que commencer puisque le Rapport du GIEC est clair : sans intervention urgente, le niveau de la mer montera de 2 mètres d’ici 2100.

Ce qui, en Arctique par exemple, atteindrait 20% de plus que la moyenne des littoraux. Quant à l'effondrement des calottes glaciaires, son impact serait dévastateur et irréversible... Il a même plu au Groenland !

Et bien entendu, la pandémie qui est toujours à l’œuvre et poursuit ses ravages humains y compris dans nos territoires ultramarins.

Quant au terrorisme, ne croyons pas qu’il se soit calmé. La prise de pouvoir des Talibans en Afghanistan suite au départ des Américains n’est pas de bon augure. Un euphémisme.

Des comportements en évolution

Pour qui veut regarder le monde en face, les nouvelles existent, sont précises et sont toutes aussi alarmantes les unes que les autres.

Il faudra donc en tenir compte dès aujourd’hui et pour les touristes, il faudra s’appliquer à consulter les nouvelles cartes du monde qui fleurissent sur les écrans avant de choisir une destination et de s’envoler.

Pour les voyagistes, le travail à accomplir dans leur programmation va aussi peser plus lourd…


Et d’ores et déjà, on peut imaginer que les voyages dans les régions polaires qui devenaient un « must » pour touristes fortunés pourraient devenir interdits.

Pour les assureurs, la tâche est également fastidieuse. Sans compter que les communes
de leur côté devront prévoir d’accueillir les rescapés de plus en plus nombreux de catastrophes climatiques.

Des tâches qui ne s’improvisent pas et qui d’ores et déjà figurent sur leurs feuilles de route, impliquant budgets et personnel supplémentaires.

Quant à la destruction d’espèces animales, elle est également au programme de ces cataclysmes et fait l’objet d’une cartographie spécifique.

Car, partout, des espèces sont en danger prévient le WWF : lynx du désert, oiseaux, rongeurs et nul n'a oublié les petits koalas et autres kangourous australiens blessés ou tués par les flammes.

Plus près, dans le Var, c’est la tortue d’Hermann, dernière tortue terrestre d’Europe qui est menacée.

Et en Grèce, c’est le cerf élaphe qui est menacé d’extinction… Des drames que les plus avertis des touristes « écolos » prendront sans doute en compte et chercheront à atténuer. Enfin, espérons-le…

Sanctuariser une partie du monde

Mais rien n’est encore certain. Alors que la Grèce n’a pas pansé ses plaies, le Premier ministre, M. Mitsotakis, après avoir présenté ses excuses à la population pour son manque d’efficacité, a annoncé très rapidement le lancement de mesures de promotion touristique pour relancer l’île !

Les touristes à tout prix ! Je ne sais pas vous, mais pour ma part, je suis choquée par ce type de réaction qui ne fait que très peu de cas des dégâts irrémédiables évoqués plus haut.

Heureusement que certains continuent à pousser des cris d’alarme et réclament une sanctuarisation de tous les espaces touristiques qui peuvent encore l’être.

C’est le cas du géographe Rémy Knaffou qui, dans on ouvrage « Réinventer le tourisme. Sauver nos vacances sans détruire le monde » exhorte les touristes à ne pas chercher à découvrir de nouveaux territoires qui, on le sait, s’ouvriront par la suite à un tourisme de masse qui leur sera fatal !

Heureusement aussi que la sensibilité écologique du touriste des années Covid progresse régulièrement et induit des comportements plus prudents…

S’il y avait un cri d’alarme à pousser cet été 2021, c’est donc résolument celui concernant la réalisation des prophéties cataclysmiques des scientifiques concernant l’état de la planète que l’ensemble de la communauté touristique se doit d’entendre et de combattre avec d’autres armes que d’insuffisantes stratégies de développement durable

Lire : Rapport GIEC : www.ipcc.ch

Lire : « Réinventer le tourisme. Sauver nos vacances sans détruire le monde ». Rémy Knaffou. Editions du Faubourg.

DR Josette Sicsic
DR Josette Sicsic
Journaliste, consultante, conférencière, Josette Sicsic observe depuis plus de 25 ans, les mutations du monde afin d’en analyser les conséquences sur le secteur du tourisme.

Après avoir développé pendant plus de 20 ans le journal Touriscopie, elle est toujours sur le pont de l’actualité où elle décode le présent pour prévoir le futur. Sur le site www.tourmag.com, rubrique Futuroscopie, elle publie plusieurs fois par semaine les articles prospectifs et analytiques.

Contact : 06 14 47 99 04
Mail : touriscopie@gmail.com

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