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L. Abitbol (Marietton) : "Il n'y a pas de PSE, pas de fermeture d'agences"... mais quelques réorganisations

L'interview de Laurent Abitbol, président de Marietton Developpement



Les temps sont durs pour tout le monde et les rumeurs de plans sociaux vont bon train concernant les entreprises du tourisme. Le groupe Marietton n'échappe à la règle. TourMaG.com a posé la question directement à Laurent Abitbol, son président. Interview.


Rédigé par le Lundi 28 Septembre 2020

Laurent Abitbol : "Aucune agence ne sera fermée et le plan d'investissement qui concerne la rénovation des agences Havas s'est poursuivi" - DR
Laurent Abitbol : "Aucune agence ne sera fermée et le plan d'investissement qui concerne la rénovation des agences Havas s'est poursuivi" - DR
TourMaG.com - Les rumeurs vont bon train concernant un PSE (Plan de sauvegarde de l'emploi) au sein du groupe Marietton Développement ?

Laurent Abitbol :
Aujourd'hui il n'y a pas de PSE au sein du groupe Marietton ! Le groupe n'a pas besoin de PSE.

En revanche, pour les salariés et collaborateurs qui souhaitent partir, nous ne disons pas non. Mais que ce soit bien clair, ce n'est pas non plus un plan de départs volontaires.

L'activité partielle est prise en charge à 100% par l'Etat jusqu'au 31 octobre 2020. A partir du 1er novembre, nous aurons un reste à charge de 15%. Le coût pour le groupe Marietton sera de 550 000 € par mois. A ces 15%, il faut ajouter les jours fériés, les vacances... nous sommes à l'arrivée à 30% !

C'est vrai que c'est un sujet, mais le groupe Marietton peut tenir et à les moyens de durer.

Maintenant lorsqu'il y a une restructuration - des petites restructurations - quand nous demandons aux personnes de bouger certaines préfèrent quitter l'entreprise, mais en aucun cas, il n'y a un PSE.

J'ai trop d'experts dans ma boîte pour me permettre cela. En aucun cas, je ne veux perdre l'expertise du groupe, ni mes collaborateurs car un jour l'activité va reprendre.

Aujourd'hui j'ai les moyens de tenir un an. Comme toutes les entreprises du tourisme, le chiffre d'affaires a baissé de 90% ! Nous n'embauchons plus et nous avons arrêté tous les CDD.

Aucune agence ne va fermer et la rénovation du réseau Havas se poursuit

TourMaG.com - Qu'entendez-vous par restructuration ?

Laurent Abitbol :
C'est une restructuration normale.

Cela entraîne parfois de la mobilité géographique et tous les salariés ne souhaitent pas bouger. Nous allons aussi mettre en place un service commercial commun pour les marques Voyamar et Héliades mais les entreprises resteront.

Les départs se font naturellement à la demande des salariés et, depuis plus de 8 mois et sur 1 500 salariés, à la marge, il y a eu au total 11 licenciements qui ont été gérés directement par les services concernés.

TourMaG.com - Est-ce que des agences vont fermer ?

Laurent Abitbol :
Aucune agence ne sera fermée et le plan d'investissement qui concerne la rénovation des agences Havas s'est poursuivi.

Nous avions un crédit qui était lancé pour refaire les agences et cela a continué. D'ici la fin de l'année, Havas Voyages aura un réseau entièrement neuf.

Nous restons sur notre stratégie retail, nous y croyons. Toutes nos agences sont rentables, sur les premiers mois de l'année (janvier-février-mars) nous étions à plus de 10%.

Nous allons développer aussi un site internet Havas Voyages d'envergure qui permettra de mettre en œuvre une véritable stratégie web-to-store et store-to web.

En complément, nous allons valoriser l'expertise de nos agents de voyages.

"Valoriser l'expertise de nos agents de voyages"

TourMaG.com - Comment allez-vous valoriser cette expertise ?

Laurent Abitbol :
Nous allons demander à chacun de nos agents de voyages quelles sont leur spécialité, quels sont les pays qu'ils connaissent le mieux.

Quand un client voudra par exemple partir en Colombie, nous pourrons le mettre en relation avec l'agent de voyages spécialiste de la destination grâce à une webcam et à la visio-conférence.

Donc je le répète, nous ne fermons aucune agence et nous arrivons désormais à la fin de la rénovation.

TourMaG.com - Chez Havas Voyages, vous avez tout de même dénoncé certains avantages sociaux ?

Laurent Abitbol :
Oui nous n'avons pas les moyens, nous suspendons certains avantages, mais c'est le cas pour de nombreuses entreprises. Nous faisons attention à tout.

Nous avons des frais de structures importants. Rien que pour les loyers, nous sortons 900 000 € par mois ! Le groupe Marietton est très bon en crise car nous n'avons jamais fait de folies.

TourMaG.com - Où en êtes-vous des ouvertures d'agences ?

Laurent Abitbol :
Toutes les agences sont ouvertes 3, 4 ou 5 jours par semaine de 14h à 18h.

"Les entreprises ne veulent pas vendre car leur valorisation est mauvaise"

TourMaG.com - Quel est le bilan de ces ouvertures ?

Laurent Abitbol :
Nous faisons un peu de chiffre... Le chiffre tourisme est à 8% de nouveaux dossiers, avec les reports, cela monte à 20%.

Sur le business travel, nous réalisons 40% du volume effectué en 2019. Pour la journée de vendredi dernier, nous étions à 51%. Dans notre portefeuille clients, nous avons de nombreuses PME qui voyagent en France et qui continuent de voyager.

Nous espérons monter petit à petit, on sent un frémissement. Par contre le tourisme est très bas.

TourMaG.com - La crise a-t-elle mis entre parenthèses vos velléités de rachats ?

Laurent Abitbol :
Mes actionnaires ont bien racheté 56% de TripAdvisor. Aucun projet n'est arrêté, mais que se passe-t-il quand la conjoncture est mauvaise ?

Les entreprises ne veulent pas vendre car leur valorisation est mauvaise... Elles préfèrent attendre.

TourMaG.com - Quid de TUI ? C'est fini ?

Laurent Abitbol :
Rien n'est jamais fini dans le business. Ce n'est ni engagé, ni fini. Le Covid-19 a stoppé tout ça car nous avons concentré nos forces sur le sauvetage de nos entreprises.

Remboursements compagnies aérienne : le GIE ASHA va commencer à faire des référés

TourMaG.com - Compte tenu de la conjoncture, comment garder les équipes motivées ?

Laurent Abitbol :
Aujourd'hui l'entreprise travaille à hauteur de 30%. C'est très dur, surtout que nous ne sommes pas responsables.

En 2019, nous avions réalisé la meilleure année de l'histoire du Groupe avec plus de 20 M€ d'EBITDA. Et les 3 premiers mois de 2020 sont partis très vite.

Le Covid-19 est un phénomène conjoncturel, cela va être long. Le secret de cette situation, c'est la trésorerie ! Ceux qui ont la trésorerie tiendront.

TourMaG.com - Chez Selectour, quelle est la situation ?

Laurent Abitbol :
Tout le monde est recroquevillé. Chez Selectour, nous n'avons aucun défaut de paiement.

Nous avons aussi quelques agences qui arrêtent, proprement. J'ai fait une réunion avec tous les délégués régionaux, les membres du directoire et du conseil d'administration pour montrer que nous sommes à leurs côtés.

Nous nous battons sur les remboursements des compagnies aériennes. Les transporteurs détiennent une partie de notre vie... Certaines compagnies ne jouent pas le jeu et nous irons au tribunal s'il le faut.

Le GIE ASHA va commencer à faire des référés. Certaines de nos agences peuvent tomber car les compagnies n'ont pas remboursé ce qu'elles leur devaient.

En revanche il y a plein de compagnies qui jouent le jeu : Air France, Corsair, Lufthansa, Qatar... Le problème ce sont les petites compagnies, les low cost, avec qui nous travaillons beaucoup. Tout le monde est dans le même cas.

Je pense qu'actuellement pour toutes les agences de France, il reste encore 200 M€ dehors.

Céline Eymery Publié par Céline Eymery Rédactrice en Chef - TourMaG.com
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Commentaires

1.Posté par Jean Charles le 28/09/2020 11:28
Interview très intéressante et "positive" dans cette période pleine d'incertitudes.
Le nerf de la guerre sera la trésorerie, les mutations technologiques et la capacité pour les entreprises et les équipes d'être agile pour tenir le coup et être prêtes le moment venu.

2.Posté par Pierre le 29/09/2020 09:45
Je conseille plutôt de lire l’article précédent d’Éric Dresin beaucoup plus en phase avec la réalité . Je veux bien que 2 millions de perte par mois entre les salaires et les loyers pour le groupe Marietton ne soit pas capital , et dans ce cas j’espère qu’au moment de la reprise les salariés pourront lui demander un sacré bonus car apparemment les actionnaires du groupe semblent en avoir largement les moyens , mais un tel discours trop optimiste qui ne vise bien sûr qu’ à rassurer les actionnaires n’est pas positif pour la profession qui doit attendre beaucoup plus que le chômage partiel pour s’en sortir .

3.Posté par belleetrebelle le 29/09/2020 11:24
En réponse à Pierre : Pouvoir tenir avec le soutien des actionnaires (qui ne sont pas des naîfs) c'est une prise de risque afin de maintenir un groupe et les emplois. Cela ne signifie pas qu'ils ont du "pognon" par dessus la tête et votre remarque :" A la reprise, les salariés pourront lui demander un sacré bonus car ils en ont les moyens" est vraiment déplacée et purement démago. Etre chef d'entreprise aujourd'hui est une gageure comme jamais !

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