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Léa : C’est la guerre. Macron l’a dit... Ça va saigner !

Léa, l'agent de voyages (pas si) blonde



C'est la guerre. Macron l'a dit. Mais est-ce la guerre entre TO et agences ? Léa revient sur les dissensions et querelles intestines qui alimentent toujours le débat entre production et distribution...


Rédigé par Léa, l'agent de voyages (pas si) blonde le Lundi 4 Mai 2020

En fait, sur une moyenne de 70% des dossiers, l’argent est déjà chez le TO puisque les ventes indirectes (via les agences, quoi…) ne représentent que 30% du volume des TO (Source SETO périmètre DATA + ) - Dessin Raf
En fait, sur une moyenne de 70% des dossiers, l’argent est déjà chez le TO puisque les ventes indirectes (via les agences, quoi…) ne représentent que 30% du volume des TO (Source SETO périmètre DATA + ) - Dessin Raf
Moi, quand j’entends le mot « guerre » (déformation professionnelle oblige), j’entends : « c’est la guerre entre les agences et les TO ». A ce propos, on entend le même discours depuis des années.

Je vais avoir du mal à être innovante sur le sujet mais je vais essayer de le résumer au maximum, non pas pour les têtes pensantes (qui savent déjà) mais pour les petites agents de voyage de comptoir.

Il est vrai qu’à l’approche de la quarantaine (je parle de mon âge), c’est-à-dire l’automne de mon existence, je peux désormais prendre du recul et faire de l’analyse à destination des plus jeunes.

RIP la petite blogueuse amusante et frivole que j’étais quand vous m’avez connue.

Regardons la situation des relations entre agences et TO très concrètement, à la lumière de la crise que nous vivons aujourd'hui.

Un truc me chiffonne depuis la publication de l’ordonnance 2020-315 (relative à l’à-valoir) : comment le SETO (qui a participé aux négociations avec Bercy sur les termes de l’ordonnance en question) a-t-il accepté de laisser la trésorerie aux agences ?

En fait, la relation financière entre les agences et les TO est déjà très déséquilibrée. En moyenne, le client paye 25% à l’agence à l’inscription et le solde à J-30.

L’agence est donc assise sur un (petit) tas d’or

L’agence est donc assise sur un (petit) tas d’or mais elle va payer le TO grosso modo au moment du départ.

Imaginons que le client s’inscrit le 1er mars pour un départ le 1er septembre et que le forfait coûte 4 000 € par personne. L’agence est donc dépositaire de 1 000 € pendant 5 mois et 3 000 € de plus pendant quelques jours ou quelques semaines.

Le TO, en revanche, prend tous les risques financiers et avance souvent l’argent à ses fournisseurs : il affrète des avions (ou s’engage sur des blocs-sièges) et doit payer des acomptes pour « sécuriser ses contrats ». Il labellise des hôtels et « privatise » tout ou partie des chambres des établissements pour « ses » clients.

Outre le fait qu’il s’engage sur un nombre fixe de chambres et qu’il doit verser des garanties, il paiera les sièges d’avion et les chambres, qu’il les ait vendus ou pas.

Dans les cas les moins risqués pour le TO, il va s’engager sur des volumes pour obtenir de bonnes conditions tarifaires.

Sur les dossiers de mars, avril, mai (et jusqu’au 12 juin au moins pour le moment), le TO qui vend des compagnies régulières a émis les billets, il a peut-être payé son réceptif (bien que, à la lecture de la récente interview de la présidente de Quimbaya Tours, on apprend que les TO doivent payer les factures « avant l’arrivée des passagers à destination mais, le crédit à 7, 10, 15, et jusqu’à 45 jours après le départ des voyageurs est une condition pour travailler avec certains »).

Comment les TO continuent-ils à tenir le coup après Thomas Cook ?

Comme les agences payent après le départ (au moins celles membres de réseaux, c’est-à-dire au moins 80% d’entre elles), comment les TO acceptent-ils de ne pas réclamer une part de cette trésorerie conservée par les agences ?

Ça fait plus d’un mois que je me pose cette question et que je ne comprends pas comment les TO (qui, pour la plupart, se sont déjà pris une belle ardoise de Thomas Cook il y a 6 mois) continuent à tenir le coup.

Comme il n’y a pas de raison que je me prenne la tête toute seule dans mon coin, je te laisse y réfléchir un peu avant de lire la suite de mon post.

== INTERLUDE == (pendant ce temps-là, fais-toi un thé, une tisane, ou ce que tu veux)

En fait, après avoir fait de longues et vaines recherches, j’ai eu un éclair de lucidité et j’ai consulté mes collègues de la rédac : « vous auriez les chiffres de la répartition des ventes des TO entre les ventes directes et les ventes via agences ? ».

Céline (organisée, infaillible, carrée, omnisciente) m’a dégainé ce tableau qui date d’un peu plus d’un an :

Les ventes indirectes ne représentent que 30% du volume des TO

Source SETO Périmètre DATA + *
Source SETO Périmètre DATA + *
En fait, sur une moyenne de 70% des dossiers, l’argent est déjà chez le TO puisque les ventes « indirectes » (via les agences, quoi…) ne représentent que 30% du volume des TO (Source SETO périmètre DATA+ *) !

Oui, agent de voyages innocent qui te plains que les Comités d'Entreprises ou les mutuelles te volent tes clients en accordant 5, voire 10% de réduction à leurs membres, tu ne voyais que la partie émergée de l’iceberg : 70% des ventes des TO sont faites en direct !

Moi qui m’attendais à de grosses difficultés de trésorerie pour les TO, je suis subitement beaucoup moins inquiète pour eux…

Ils ont de la trésorerie pour 70% de leurs ventes, ce qui devrait leur permettre d’assumer leurs paiements au BSP sans problème et d’augmenter sans vergogne leurs prix catalogues pour les voyages de report de leurs clients directs, comme ceux de leurs clients agences.

Moi qui croyais que les membres du SETO étaient soudainement devenus altruistes…

Périmètre DATA + représente une trentaine de TO membres du SETO : Asia, Atalante, Beachcomber Tours, Cercle des Vacances, Club Med, Comptoir des Voyages, Directours, Ecotour, Fram, FTI, Intermèdes, Kuoni, Look Voyages, Luxair Tours, Maisons du Voyage, Marco & Vasco, Marmara, Mégavacances, Mondial Tourisme, Nautil, Nomade Aventure, Nouvelles Frontières, ODIGEO/Go Voyages, Terres d'Aventure, TOP of Travel, TUI, Visit Europe, Voyage Privé, Voyageurs du Monde etc.

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Tags : lea, léa
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Commentaires

1.Posté par Guillaume Linton le 05/05/2020 09:03
Bonsoir chère Léa,

Merci pour votre article qui souligne effectivement, à juste titre, bon nombre de pratiques historiques très installées sur le marché français et qui mériteraient effectivement, à l'aune de la crise profonde que nous traversons tous actuellement, d'être reconsidérées pour assurer notre pérennité commune.

Sans refaire le débat, je tiens à vous alerter sur votre analyse déformée et un peu hâtive sur les chiffres Data+. En effet, le fait que 70% du CA cumulé des TO de cette sélection soit lié à des ventes directes, ne signifie pas que 70% des ventes de tous les TO du SETO se fait en direct !

Cela pour 3 raisons :

- DATA+ ne représente qu'une sélection d'une 30taine de TO sur plus de 120 entreprises que compte le SETO

- Les TO de cette sélection sont principalement des voyagistes travaillant exclusivement en direct : le groupe Voyageurs du Monde (avec Nomade, Terres d'Aventure et Comptoir), le groupe Odigéo/Go, Voyage Privé, le groupe Figaro (avec les Maisons et Marco Vasco), le Cercle des Vacances, Nautil, Intermèdes... et dans une moindre mesure le groupe TUI (avec NF, Marmara et Look), Fram et le Club Med

- Le poids économique de ces TO travaillant surtout en B2C est énorme comparé à celui des quelques TO de cette selection Data+ travaillant principalement en B2B (Asia, Beach, FTI, Kuoni, Mondial Tourisme, Top...)

Autrement dit, pour que votre analyse soit plus juste, il vous faudrait considérer uniquement le poids des ventes directes chez les TO du SETO travaillant avec les réseaux de distribution, qui doit davantage avoisiner les 10 ou 15% plutôt que les 70% observés dans DATA+.

Vous arriverez donc bien à la conclusion que le SETO, au côté des EDV et de l'APST, n'a donc pas cherché au travers de cette ordonnance à défendre strictement les intérêts corporatistes des quelques TO travaillant surtout en B2B, mais bien ceux de tous ses membres et de la profession dans son ensemble,

La question que vous soulevez en début d'article de la délicate gestion de la trésorerie pour les TO en B2B et plus largement de la pertinence même d'une distribution intermédiée pour ces TO, mérite donc bien d'être posée...

A trop tirer sur la corde et à pousser malgré eux ces derniers TO "100% gaulois" (des PME françaises pour la plupart, fines connaisseuses de leurs destinations et du marché, animées par des équipes et des patrons-entrepreneurs passionnés) à distribuer leurs stocks en direct, que restera-t-il aux agences à distribuer ?

2.Posté par Julie le 05/05/2020 09:19
Heeeeeuuuuu sincèrement, pour une journaliste je suis un peu choquée. Nous ne sommes 1. pas tous des grands TO et 2. nos acomptes des ventes directes servent à payer les fournisseurs! Nous ne touchons la commission qu'au moment du paiement du solde du voyage. Nous achetons aussi les tickets d'avion et pour l'instant autant dire que ce n'est absolument pas "de la trésorerie qui devrait leur permettre d’assumer leurs paiements au BSP sans problème et d’augmenter sans vergogne leurs prix catalogues pour les voyages de report de leurs clients directs, comme ceux de leurs clients agences"
Par la même occasion: nous reportons tous les voyages "at cost" pour éviter un surcoût.
Votre article est donc insultant pour les TO qui font leur métier par passion et les chiffres sont dépassés… C'est bien la première fois que je suis déçue du manque de profondeur d'un article de Tourmag!

3.Posté par Pat44 le 05/05/2020 09:27
Bonjour,

Ça fait déjà un moment que cela fonctionne de cette façon

4.Posté par Patou le 05/05/2020 09:39
Chère Léa,

Pour ta gouverne, sache que la marge opérationnelle nette (c'est à dire après impôts) d'un TO est d'environ 17% (dans le cas de Thomas Cook c'était même 15%). Ceci est valable avant la vente du voyage.

Je te laisse faire les calculs quand un TO commissionne les agences 12%, qu'il doit verser au CRF 3% de commission financière, qu'il doit verser au réseau une surcommission, qu'il doit donner des nuitées gratuites à utiliser par le réseau, qu'il doit participer aux workshops et forces de ventes (pas obligatoire mais fortement conseillé), qu'il doit verser des frais marketing pour des newsletters internes (que soyons honnêtes, personne lit), qu'il doit animer les ventes avec des bons d'achat (eh oui ! l'agent de voyage c'est le seul métier en France où les vendeurs ne vendent pas des voyages, mais "fourguent" les produits des fournisseurs qui "achètent le mieux" les résas), etc, etc...

Et à la fin, tu verras que les TO ne sont pas assis sur un tas d'or comme tu le dis. Les 70% de leurs ventes directes ne servent qu'à couvrir la "gloutonnerie" des réseaux. Quand un TO fait une remise de -5% à une mutuelle ou à un CE, il économise de l'argent car sur ces ventes il ne fera que 17% - 5% = 12% de marge nette. Mais sur les 12% restants, une partie non négligeable servira à payer les "frais accessoires" demandés par les réseaux.

La démonstration est faite que le gourmandise des agences, qui égoïstement demandent trop à leur fournisseurs, a crée une situation paradoxale : elles ont poussé les TO d'aller chercher des nouveaux canaux de distribution et créer une nouvelle concurrence aux agences de voyages. Elles se sont scié la branche sur laquelle elles étaient assises.

Pour aller plus loin, voulez-vous qu'on en parle de la fidélité des agences de voyages envers les fournisseurs référencés par les réseaux ? Voulez-vous qu'on en parle des agences frontalières qui vendent les catalogues allemands, belges, luxembourgeois ou espagnols des TO ? Ou de celles qui vont chercher des hôtels en direct en Espagne ou au Maroc (pour se faire plus de marge) mais elles gueulent quand leur centrales hôtelières ne les aident pas à annuler sans frais des dossiers en août ?

Non Léa, les agences ne sont pas les "pôv petits choux" du tourisme. Le monde est fait ainsi : business is business et chacun défend son bifteck. C'est la cruelle réalité et certains sont surpris de la découvrir. Par exemple, ils sont surpris de découvrir que M. de Juniac défend les interêts de l'IATA (c'est à dire qu'il fait le boulot pour lequel il a été embauché). Si les compagnies rembourseront tous les billets "rubis sur ongle", elles couleront. Alors entre leur survie et celle de leurs distributeurs, leur choix est vite fait. Un Mr Fly n'a que 3 ans d'existence et n'opère qu'en France. Croyez-vous que Lufthansa va créer une précédent et rembourser Mr Fly au risque de laisser "propager" cette jurisprudence à l'ensemble de ses distributeurs européens ? Que les compagnies aériennes s'assoient sur la Directive européenne ça ne me paraît pas surprenant, puisque Delta, American, Emirates et consorts ne sont pas des compagnies européennes. Et AF, LOH et BA ne peuvent pas continuer à jouer les chevaliers blancs alors que ses concurrents (et je ne parle même pas de Ryanair our Norwegian) ne jouent pas avec les mêmes règles.

Non Léa, la solidarité est un doux euphémisme. C'est un rêve qui n'existe plus. Elle était où la solidarité des réseaux quand FRAM coulait ? Qu'ont fait les agences quand Donatello avait besoin de leur confiance ? Elles ont réservé chez leurs concurrents. Malgré le fait qu'elles savaient qu'en cas de faillite, l'APST prendrait le relais. Donc zéro risque. Mais égoïstement, elles ont regardé leur seul comfort (je ne parle même pas d'interêt - car l'ensemble des segments et hôtels étaient disponibles dans les centrales hôtelières, mais ça faisait du boulot en plus en cas d'annulation).

Il faut se poser les questions suivante : Comment on est arrivés là ? Comment 80% des agences travaillent en "paycheck to paycheck" (c'est à dire qu'ils payent les charges d'aujourd'hui avec les encaissements des voyages de demain) ? Alors qu'avant 11 Septembre, l'agence de voyage était le 2ème commerce de centre-ville le plus rentable (après les pharmacies) ? Comment est-il possible qu'une grande majorité d'agents de comptoir continuent à être payés au SMIC, alors que l'agence n'a pas les coûts induits d'un commerce dit classique (stock de produits saisonniers à acheter à l'avance, vitrines, brochures à éditer, etc... etc..) ?

Cordialement,

Patou
(ex TO, ex agent, ex commerciale et heureuse retraitée)

5.Posté par Michael Ollandini le 05/05/2020 09:41
Bien chère Léa,

Mais quel dommage ! Un billet pourtant si bien écrit, qui tape juste et là où cela fait mal... mais pourtant qui rate sa cible.
Par analogie cela reviendrait à vouloir analyser les problèmes des entreprises "en général" au regard des positions du CAC40. En tous cas c'est le sentiment que j'ai eu en lisant ce document.
Je ne sais pas qui sont "Les TO" qui seraient devenus "altruistes" et qui ne le sont finalement pas.

Dans les faits, Guillaume l'a déjà expliqué, les chiffres donnés ne sont pas représentatifs de la profession. Ils permettent uniquement de dire que l'ordonnance protège celui qui a l'argent, qu'il soit TO ou AGV.
Et en proportion, par exemple dans un TO plus traditionnellement B2B, c'est 5 à 10% qui se fait en direct et 90% via la distribution. Et là il n'y a pas d'argent. Rien.
C'est là que la difficulté se trouve, notre législation de crise ne permet pas de protéger les relations B2B (agence / producteur / réceptif / hôtelier), sauf pour celui qui possède l'argent au sein de la chaine. Les autres doivent soit vivre avec un avoir remboursable, soit rien.
Or les contrats B2B laissent généralement très peu de place au vide financier, il y a toujours quelqu'un qui doit payer ou assumer seul les frais d'annulation / de report. Assumer, négocier, assumer, négocier: qui paie la note à la fin ? Creusez un peu et vous allez découvrir que c'est ceux qui n'ont pas l'argent, donc le TO, le réceptif ou l’hôtelier.
Une bonne journée à vous Léa !

6.Posté par Jacque Rivoire le 05/05/2020 09:53
Vous avez tous oublié l'essentiel. le CLIENT
Nous savons tous que les agences en CHARGE de la relation client doivent rembourser certains clients au risque de les perdre à vie , Les Clients ne comprennent pas qu'on puisse sequestrer LEUR argent et les empêcher de partir cet ete sur un produit en france leur budget n etant pas extensible , bien au contraire .... car les TO ne remboursent pas comme IATA
ecoeurant !

7.Posté par Gomes le 05/05/2020 09:57
Ma chère Léa

Je viens de lire attentivement cette chronique, qui dans l'ensemble traite d'un sujet récurrent. J'ai noté que le constat que vous faites et selon vos sources, les ventes indirectes ne représentent que 30% des ventes des TO. Je ne sais pas qu'elles sont vos sources, mais il semblerait que ces chiffres ne soient pas vraiment le reflet de la réalité des TO.
Beaucoup de TO, sont aujourd'hui mono canal et privilégient la vente de leur production aux réseaux.

Vu ma petite expérience au sein de quelques TO depuis 2 ďécennies, je peux confirmer que vos chiffres sont inexactes. Prenons comme exemple FTI Voyages, Exotisme, Austral Lagon, à ma connaissance ces groupes sont totalement dévoués aux réseaux de distribution. Qu'ils soient physiques ou on line.

Pour avoir créer des services Collectivités au sein de grandes enseignes, et travaillant depuis quelques années au sein de services collectivités, je suis bien placer pour évoquer ce sujet, que je connais plutôt bien.

Avec le recul qui est le mien dans ce métier, je peux vous affirmer qu'excepté quelques exceptions la prise de risques financièrs repose essentiellement sur les frêles épaules des TO. Notamment ceux qui s'engagent sur des siéges ou afffêtent et sur des allottements hotelliers pour garantir du stocks aux réseaux et aux clients. Fort heureusement, le développement du package dynamique permet une gestion moins risquée de l'aérien, mais la donne reste inchangée sur le terrestre.

En 20 ans, nous avons tous assisté béatement à la chute de 2 géants du tourisme, avec la casse sociale qui va avec : à savoir Marsans et Thomas Cook incluant Jet tours. A ma connaissance, je ne me rappelle pas avoir observé la moindre défaillance d'un grand réseau sur ces 20 dernîères années, preuve qu'il y a un certains ď'ésequilibre entre producteur et distributeurs.

Dans notre contexte actuel, une chose est sûre, TO et agences sont à l'arrêt, peut-être serait-il temps que TO et réseaux redéfinissent des règles plus équitables, et que les Dirigeants des TO parlent enfin d'une seule et même voix, pour peser dans cette négociation, sinon je crainds fort que la tentation et l'accroissement de la vente directe soit le seul rempart face a une trop grande dépendance à des réseaux très gourmands en terme de commissions, frais marketing et paiement différés et qui plus est, deviennent eux aussi TO.

Le cercle sans fin en quelques sortes. La guerre commerciale et des égos gangraine cette profession, il est temps de se poser et de créer un environnement plus sain et plus apaisé, pour perenisé dans le temps nos activités respectives et les emplois. Combien de faillites, et de chômeurs faudra t'il encore, pour revenir à la raison ?

8.Posté par sebastien le 05/05/2020 10:37
Bonjour,
L'équation est simple dans le paysage touristique français : une distribution concentrée et une production dispersée. Un rapport de force déséquilibré donc qui permet à certain (certains?) réseaux d'obtenir 12 à 17% de commission. Sans parler des pourcentages pour le siège ou des fonds marketing. Dans ces conditions, les TO qui on la capacité technologique, médiatique et logistique vont privilégier leurs ventes directes. Tout comme les réseaux d'agence qui vont petit à petit monter leur prod et leur brochure, d'abord en s'appuyant sur la prod des TO, puis en faisant leur propre prod. Et je ne veux pas savoir lequel des 2 a commencé...
Et à côté, vous avez l'Allemagne et la Belgique, pour ne citer qu'eux, où le rapport de force est inversé avec une production concentrée et une distribution dispersée ; avec des commissions plafonnant à 10%.
Pour conclure, oui Léa, il y a des TO en France qui prennent des engagements aériens et terrestre. E quand une résa individuelle se fait, on ne lui verse aucun acompte et souvent, le solde lui est payé à D+30 ou D+45. Pendant ce temps, l'argent du client alimente la trésorerie de la distribution qui elle ne prend aucun risque (je parle d'engagement, je sais bien qu'une agence coûte chère) et percevra 12 à 17% de commission. Est-ce normal et légitime ?
Éternel débat qui n'est pas près de prendre fin... ou plutôt si : quand les TO finiront par mourir asphyxiés et que plus personne ne prendra d'engagement...
Alors disparaîtront les vilains charters pollueurs à l'origine du surtourisme et du "bronzez idiots". On pourra saluer l'avènement du beau tourisme, respectueux de l'environnement et des peuples... mais cher, réservé à ceux qui en ont les moyens. Certes, j'exagère un peu, mais c'est une tendance...

9.Posté par Christian Jean le 05/05/2020 10:41
Bonjour,
Le sujet n’est pas « nouveau », mais la manière frivole de le traiter, certainement.
Ne serait-il pas plus sage pour un papier sur un thème aussi clivant de faire preuve d’un peu plus de professionnalisme ?
Arguer de telles affirmations après une analyse pour le moins « bâclée », cela peut-être considéré comme du journalisme, mais peut-être pas dans une presse (de moins en moins) professionnelle.
Mais bon peu être que le climat ambiant est en partie responsable de ce « n’importe quoi » …
Cordialement.

10.Posté par mille sabords le 05/05/2020 11:07
Chacun vide son sac ce qui exprime le malaise profond persistant et mal analysé par chacune des parties dans la relation TO/ Agences de distribution en réseaux volontaires ou intégrés.
Bravo pour la réflexion à froid et détachée de PATOU ex TO ,ex agent de voyages,ex commerciale........ et heureuse retraitée..
Cependant pas d'accord sur l' analyse IATA car les TO et agences de voyages ont payé les billets non volés qui doivent être remboursés . Les agences et TO assurent des avances financières plus que substantielle à IATA qui grâce à son ignoble lobbying agit en infraction totale avec les décisions gouvernementales alors qu'AIR FRANCE va recevoir 7 milliards de soutien à cette crise.. par le gouvernement (?) Cherchez l 'erreur !!!....
Qui va aider les petites entreprises familiales qui du jour au lendemain se retrouvent sans revenu avec les charges sur le dos avec parfois avec une caution donnée sur des biens propres pour maintenir la garantie financière démesurée mais indispensable pour exercer un métier qui n'a aucun privilège ?
Ces métiers doivent être repensés de fond en comble en fonction des modes de consommations qui vont changer après 2019 .
Hélas chaque corporation encore inconsciente du danger a trop d 'intérêts propres pour vouloir en changer ...Le covid 19 va changer la donne naturellement au fil du temps c'est le client qui donnera la réponse..

11.Posté par Yann le 05/05/2020 12:26
Il y a certainement des choses à revoir dans cette industrie, mais après avoir vécu la faillite de Tc et maintenant le COVID 19 je suis bien heureux de pouvoir avoir la main sur ma trésorerie, et par conséquent l'argent de mes clients.
D'ailleurs, quelle industrie fonctionne avec paiement des fournisseurs avant réception des marchandises ? La distribution doit payer au plus tôt à réception du produit me semble-t-il.
La gestion par versement d'acompte au TO quant à elle est ingérable... on le voit déja avec certains fournisseurs qui ne savent pas les gérer et nous prélèvent un acompte à la commande et lors du solde prélèvent l'intégralité de la facture.... pour récupérer le trop perçu c'est la croix et la bannière ( j'ai deux cas actuellement...)
En outre, en ces temps de crise, les acomptes que nous avons versés à certains TO ne sont pas remboursés alors que le "produit" n'a pas été fourni pour cause de pandémie...
La distribution ne peut pas faire confiance. Quand un TO a l'argent il ne le rend pas. J'en veux pour preuve le fonctionnement des centrales de paiement. Quand vous avez un avoir chez un TO celui-ci n'est pas remboursé. Il est déduit lors d'un prochain prélèvement... sauf que nous travaillons quelquefois une seule fois dans l'année avec un TO et donc notre argent dort chez celui-ci tant qu'on ne l'a pas revendu à nouveau....
Enfin, l'agence de voyage est une meilleure garantie pour le client que le TO car celle-ci n'est pas tentée de signer des engagements trop élevés (elle n'allote pas des hôtels ou des vols) ... si les TO avaient toute la trésorerie, nombreux seraient ceux qui confondraient acomptes clients et bénéfices ... on l'a bien vu chez les plus gros qui ont fait faillite...

12.Posté par Franck Montbard le 05/05/2020 15:55
Quelle est la pertinence de ce mélange des genres?

Il faudrait a minima exclure les TO qui ne vendent PAS en indirect et qui faussent considérablement les chiffres, d'autant qu'on ne parle pas des plus petites volumes :

Club Med, Comptoir des Voyages, Directours, Ecotour, Maisons du Voyage, Marco & Vasco, Nomade Aventure, ODIGEO/Go Voyages, Terres d'Aventure, Voyage Privé, Voyageurs du Monde

sauf erreur ceux là ont 0 vente indirecte et pèsent donc très lourd dans la balance...

13.Posté par Patou le 06/05/2020 18:49
Cher Mille Sabords,
Loin de moi de donner raison à IATA, on s'est mal compris.
Dans ma réflexion je voulais juste souligner que dans sa façon de faire, IATA fait ce que n'importe agence aurait fait : agir dans son interêt (plus précisément dans l'interêts de ses adhérents). Mettons de côté l'aspect "hors la loi" de leurs agissements, ils ne font que ce que certains réseaux on fait par le passé : interdire (ou suspendre) la vente de FRAM quand celui-ci avait le plus besoin tout en sachant que les potentiels repreneurs du TO avaient déjà avancé les garanties de maintien des séjours. Mais que néni : ça n'a pas suffit et entre l'interêt de ses agences et la survie de son fournisseur (fût-il un fidèle partenaire de longue date) l'Hippocampe avait choisi : ce sera les interêts de ses adhérents.

Le IATA fait pareil : entre les intérêts de ses adhérents et la survie de Mister Fly, le couperet est tombé. Ce sera LH, Delta, Turkish et consorts.

Encore une fois, j'occulte volontairement le volet juridique-droit du commerce et des consommateurs.

Bien à vous

Patou

ex tout sauf ex heureuse retraitée 😀

PS : bon courage à toutes et à tous dans ces temps difficiles

14.Posté par altus allister le 07/05/2020 09:54
Elle est ou Léa?

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