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Littoral : l'atout-maître du tourisme français bientôt sous les eaux ?

Quel est l’impact du réchauffement climatique sur le littoral ?



A l’heure du One Planet Summit, deux ans après la signature de la Cop21 et en fin d’année 2017 déclarée « année pour le tourisme durable et le développement » par les Nations-Unis, TourMaG.com se penche sur les défis environnementaux que doit relever le secteur du tourisme. Aujourd’hui, nous nous intéressons à l’impact du réchauffement climatique sur le littoral français.


Rédigé par le Jeudi 14 Décembre 2017

à terme, le dépassement des fameux 2°c entraînerait la disparition de la Camargue - photo CC0 Creative Commons
à terme, le dépassement des fameux 2°c entraînerait la disparition de la Camargue - photo CC0 Creative Commons
La France compte 5500km de côtes, réparties sur 3 façades maritimes. Le littoral concerne 26 départements et près de 900 communes.

Le bord de mer reste dans l’inconscient collectif français « la destination des congés payés », note Atout France.

Une étude IPSOS réalisée au printemps 2017 annonçait que 63% des français envisageaient d’y passer leurs vacances d’été.

Et en 2015, qui fut pourtant une année compliquée pour le tourisme en France, les côtes françaises ont généré 150 millions de nuitées (sources INSEE), faisant du littoral hexagonal la première destination française en termes de nuitées.

Mais les changements climatiques et l’action humaine sur l’environnement pourraient mettre en danger cette attractivité. Les côtes reculent, les climats changent et les habitudes des professionnels du tourisme doivent s’adapter.

« L’évolution climatique a un impact sur le tourisme et inversement, quelle que soit la situation, mer, montagne, intérieur : il faut en tenir compte et créer une offre différente. On doit repenser le tourisme » explique Michel Durrieu, directeur général du Comité Régional du Tourisme (CRT) Nouvelle Aquitaine et « monsieur tourisme » du Quai d’Orsay au moment de la signature de la Cop21 en décembre 2015.

« C’est un sujet sur lequel nous avons beaucoup travaillé à l’époque. Aujourd’hui, on est dans la phase de mise en œuvre. Ça n’est plus un discours futuriste que de faire des investissements, par exemple dans l’aménagement des berges et le choix des activités ».

Une prise de conscience nécessaire

Cliquez sur la photo pour voir la carte interactive
Cliquez sur la photo pour voir la carte interactive
« Il faut changer notre mode de fonctionnement, martèle Julien Buot, directeur d’Agir pour un Tourisme Responsable (ATR). Changer de destination parce que la côte recule pour faire les mêmes erreurs sur une autre c’est dépassé, il faut agir maintenant ».

En se basant sur les données notamment de la NASA et différentes sources « optimistes », Alex Tingle, un informaticien et blogueur anglais a créé une carte interactive donnant un regard à très long terme sur l’avancée des eaux et à quoi ressemblerait la planète si la montée des eaux atteignait les 6 mètres, ce qu’une étude de la revue Science prévoit « à échéance inconnue ». Les Maldives, les Seychelles mais aussi, plus proches le Mont St Michel, le marée Poitevin, la Camargue : disparus sous la montée des eaux.

Problème : l’échéance est si lointaine que les professionnels et les offices du tourismes (OT) ne s’y intéressent pas toujours. « Je ne comprends pas votre question, nous ne sommes pas concernés » « la montée des eaux sur le littoral pour l’instant ça n’est pas notre priorité » « ça n’est pas flagrant ». Pas flagrant, mais bien là pourtant.

Michel Durrieu note qu’en Nouvelle Aquitaine « l’érosion a fait reculer la première ligne de mer de plusieurs mètres et nous a obligés à engager de nouvelles réflexions, à adapter les équipements ». Pour lutter contre la montée des eaux, la région a construit des digues « sur lesquelles sont aménagées des voies cyclables et des activités d’itinérance douce. On peut retourner les situations pour trouver des solutions positives et innovantes, on diversifie et on créé des équipements qu’on n’aurait peut-être pas développé spontanément ».

« Souvent, ce sont plutôt les collectivités territoriales qui prennent conscience des enjeux et s’adaptent aux impacts, plus que les acteurs du tourisme locaux, qui sont moins directement confrontés » explique un spécialiste du tourisme en littoral français.

L’Association Nationale des Élus du Littoral (ANEL) a bien pris conscience de la problématique. Depuis 2016, elle est porteuse, pour la France, du « Passeport Vert » visant à « fournir aux voyageurs les informations leur permettant de réduire leur impact sur l'environnement et la société » comme l’indique les Nations-Unies, qui ont lancé la démarche. La Loire Atlantique a été la première à s’y engager en 2012, suivi quelques années après de Perpignan et de la Martinique.

Les plages au centre des préoccupations

A Lacanau, en Gironde, la mairie a entamé voici quelques années une réflexion de fond sur l’avenir de la station plage.

Devant la réduction du périmètre de plage et la détérioration du cordon dunaire, la mairie a lancé une concertation avec les acteurs de la vie locale, du tourisme, et les habitants. Renforcer la digue, ce qui représenterait un investissement de plusieurs millions d’euros ou… Envisager de délocaliser la station Lacanau Plage, à l’horizon 2050. Un véritable cas d’école, dont la décision devrait être connu rapidement.

Sans aller jusqu’à bouger toute une station balnéaire, la relocalisation est de plus en plus souvent envisagée.
C’est le cas de campings « les pieds dans l’eau », une expression qui pourrait vite être prise au pied de la lettre. Outre la logistique du déménagement se posent le problème de l’indemnisation du propriétaire et de l’emplacement de la nouvelle parcelle, qui doit respecter la loi littorale tout en gardant une attractivité forte.

Bien souvent, s’ils sont bien pensés en concertation entre les collectivités et les professionnels du tourisme, les travaux dus à l’érosion peuvent devenir une réhabilitation du territoire, et passer du statut de problème à celui de solution.

Comme à la Grande Motte, où les plages du grand travers et du petit travers ont connu un renouveau. L’érosion avait repoussé le sable vers les dunes, qui ne pouvaient pas retrouver de profondeur parce qu’une départementale longeait la plage.

Sur l’impulsion du département et du Conservatoire du littoral, la route a été déplacée sur 3 km. Désormais, il faut traverser le massif à pied pour accéder aux plages. Il a donc été nettoyé et balisé, et est devenu un outil de sensibilisation. Au-delà du simple besoin concret, le territoire a gagné en attractivité car aujourd’hui, de plus en plus de voyageurs sont en recherche d’une « expérience nature ».

Un déplacement vers l’intérieur

La Baie de Somme est précurseur en terme de tourisme durable - DR Cecile Petit, wikicommons
La Baie de Somme est précurseur en terme de tourisme durable - DR Cecile Petit, wikicommons
L’érosion et la plage ne sont pas les seuls secteurs concernés par les changements climatique des espaces littoraux.

La température de l’eau impacte aussi la faune et la flore, d’où la création des aires marines protégées dans lesquels on va installer des parcours et des activités. A la protection des espèces et la gestion des inondations s’ajoutent les attentes de la clientèle nationale ou internationale, pour qui le littoral hexagonal est particulièrement préservé, diversifié et attractif.

De ce point de vue, la Baie de Somme est pionnière. Dans le cadre de ses démarches pour intégrer les « Grands Sites de France » en 2011, la Baie de Somme a fait le choix d’un positionnement touristique accès sur l’environnement. Mobilité douce, mise en avant du parc ornithologique, restauration via des réseaux en circuits courts… Précurseur, la Baie de Somme a fait de la préservation de son territoire un atout touristique puisque c’est la richesse environnementale que les voyageurs viennent chercher.

L’avancée du littoral et l’intérêt pour un tourisme « nature » en plus du tourisme « plage » poussent les touristes vers l’intérieur, et de plus en plus hors saison. Le bassin d’Arcachon s’est repositionnée, cherchant à installer durablement des commerces et des activités pour installer le tourisme à l’année.

« Certaines zones tempérées deviennent plus chaudes, explique Michel Durrieu. Avec le réchauffement climatique, les touristes vont chercher la fraîcheur vers l’intérieur du pays. La Bretagne par exemple, attire de plus en plus les Espagnols qui étouffent un peu l’été ». C’est aussi ce qui fait l’attractivité du Lac de Vassivière, dans le Limousin. Répertorié au conservatoire du Littoral, il correspond à la demande : point d’eau, fraîcheur et patrimoine naturel ou artisanal préservé.

« Nous ne sommes pas des philanthropes assène Julien Buot. Il faut être pragmatique, le tourisme durable c’est bon pour le business ». Selon lui, un tiers des clients citent le tourisme responsable parmi les critères déterminant dans leur choix. Le tourisme vert, un positionnement marketing d’avenir ?

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