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Ski en France : le panorama complet et les chiffres clés de 2025 !

Présentation de la filière


Avec 54,8 millions de journées-skieur lors de la saison 2024/2025, la France conforte sa place de numéro deux mondiale, juste derrière les États-Unis. Laurent Reynaud, délégué général de Domaines Skiables de France dresse pour TourMaG un panorama complet de la filière : fréquentation, répartition selon les massifs, recettes, et enjeux à venir.


Rédigé par Laurent Reynaud le Mardi 13 Janvier 2026

Le ski est un fleuron de l’industrie touristique française.

La France occupe la 2e place du podium mondial, devant l’Autriche et derrière les Etats Unis en termes de journées-skieur (unité conventionnelle de mesure de la fréquentation des domaines skiables – saison 24/25) :

  • N°1 mondial : Etats-Unis (61,5 millions de journées-skieur)
  • N°2 mondial : France (54,8 millions de journées-skieur)
  • N°3 mondial : Autriche (51,8 millions de journées-skieur)

Cette fréquentation se répartit sur environ 200 domaines skiables de toutes tailles , dans l’ensemble des 5 massif montagneux de l’hexagone :

Ski en France : le panorama complet et les chiffres clés de 2025 !
1 Source : adhérents DSF, DSF ayant 100% de représentativité pour la branche des remontées mécaniques et domaines skiables

Plus de 85% de la fréquentation se tient dans les Alpes :

La taille des stations est très variable : les 113 plus petites stations réalisent 7% de la fréquentation, quand les 15 plus grandes réalisent 42% de la fréquentation nationale.

Qui sont les skieurs ?
- 13% de la population française skie régulièrement (2)
- Sur les domaines skiables français, 1 skieur sur 3 est étranger (essentiellement européen de proximité)

Illustration : provenance des clientèles des domaines skiables français (3)

La fréquentation et la dépense touristique des stations de montagne l’hiver sont très largement déterminées par l’attractivité de la pratique du ski. La fermeture des remontées mécaniques pendant l’hiver covid 2020/21 en fournit une illustration frappante : selon l’observatoire national des stations de montagne en avril 2021 (4) , la fermeture des remontées mécaniques cet hiver a divisé par 3 les dépenses touristiques en station.
On estime les dépenses touristiques en station à environ 7 fois les recettes des remontées mécaniques (2 milliards d’euros TTC), soit plus de 12 milliards de dépense en station chaque hiver (5) .

L’emploi en station se déduit de l’emploi aux remontées mécaniques par un facteur 6 : 120.000 emplois au total se répartissent entre commerces, hébergements, restauration, moniteurs de ski et autres services, lesquels induisent à leur tour un nombre équivalent d’emplois en vallées dans les services et sous-traitants.

Actualités

Les stations de montagne sont des destinations relativement jeunes : elles ont connu un boom durant la période du « plan neige » (deux décennies de 1960 à 1980 pendant lesquelles l’Etat et les collectivités locales équipent massivement les vallées françaises en stations et en remontées mécaniques). La fréquentation des domaines a continué de croitre jusqu’en 2010 environ, suite à quoi elle s’est stabilisée (période actuelle).

Corrélativement, les recettes continuent de croitre au rythme de 5% par an.

La fréquentation de la saison 2024/25 s’est établie en hausse de 5,5% par rapport à la saison précédente, malgré un enneigement moyen.

Enjeux

Le défi du changement climatique est naturellement un enjeu fort, mais il ne doit pas occulter les autres enjeux qu’ils soient environnementaux (eau, biodiversité) ou touristiques (parc d’hébergement, renouvellement des clientèles, diversification, gouvernance).

Les domaines skiables face au réchauffement climatique
Les défis de l’hébergement
Capter une clientèle diversifiée
Amplifier la diversification
Doter les stations d’une gouvernance économique

Les domaines skiables face au réchauffement climatique
L’important travail de recherche (6) conduit par Météo France et l’INRAE montre l’intérêt, et aussi les limites, des techniques de maintien du manteau neigeux.

Le damage et l’équipement d’un peu moins d’une piste sur deux en neige de culture, permettent de sécuriser 90% de l’offre de ski à horizon 2050 (correspondant à un réchauffement de +2,7°C dans l’hexagone selon la TRACC).

Certes, certaines petites stations sont aujourd’hui trop peu équipées, ou trop vulnérables à la hausse des températures, mais l’idée générale reste que le ski a bien un avenir, y compris à des échéances comme 2050 et au-delà. Les 18.500 salariés des domaines skiables en ont conscience. Ils bénéficient aussi d’une sécurisation des parcours professionnels de premier plan, avec la reconduction automatique des contrats saisonniers et des accords de couverture sociale (durée de saison, salaires, protection sociale) meilleurs qu’ailleurs.

D’ailleurs, la plupart des domaines skiables disposent désormais de simulations précises de l’enneigement prévisionnel de leurs pistes aux différentes échéances de temps, compte tenu des techniques d’enneigement et de damage. Ces simulations, de type www.climsnow.com, sont devenues un outil d’aide à la décision pour les investissements et pour les délégations de service public que les élus établissent.

L’eau est une ressource clé : en 2025, les domaines skiables se sont engagés dans un plan de sobriété hydrique avec des objectifs et indicateurs précis à l’horizon 2030. Il faut rappeler à cet égard que la neige de culture ne fait qu’emprunter l’eau, laquelle se réinfiltre pour l’essentiel dans les sols au printemps, lorsque la neige fond.

La biodiversité et les autres sujets environnementaux (énergie, déchets, paysages) sont couverts par les 16 éco engagements que la totalité des domaines français ont endossés. Ils sont complétés par une multitude d’actions individuelles conduites par chaque domaine.

Les défis de l’hébergement

La grande majorité de l’activité des stations repose sur les séjournants (vs. les excursionnistes), d’où l’importance de l’hébergement touristique. On recense 1 million de lits dans les stations des Alpes du Nord, 100.000 lits dans les Alpes du Sud et 200.000 dans les Pyrénées.

Chaque lit produit en moyenne 40 nuitées en hiver et 15 nuitées en été. Les écarts autour de cette moyenne sont très importants, car environ la moitié de ces lits sont des résidences secondaires non commercialisées qui ne sont occupées que 20 ou 30 nuits dans l’année.

Jusqu’ici, la baisse régulière du nombre de lits marchands (sorties des baux des résidences de tourisme) était partiellement compensée par la location de particulier à particulier.

Mais l’interdiction, à l’horizon 2034, de louer les hébergements classés E, F et G au regard de leur DPE pourrait avoir un impact majeur sur la commercialisation des stations (jusqu’à 30% de pertes de nuitées en hiver et 12% en été selon Atout France). La massification de la rénovation énergétique de l’immobilier est un enjeu majeur.

Capter une clientèle diversifiée

Le profil des clientèles de skieurs est relativement bien connu, plus particulièrement les clientèles françaises.
Le « baromètre montagne » d’Atout France révèle des skieurs plus jeunes que la moyenne française et un ski moins élitiste qu’on ne pourrait le penser.

Ainsi, les jeunes français qui séjournent en montagne l’hiver « sont assez largement sur-représentés par rapport à la population des français moyens, notamment les 18-24 ans (+4 points) et les 25-34 ans (+9 points). Concernant plus particulièrement les pratiquants de ski alpin et snowboard, le constat est similaire avec en prime une démarcation importante chez les 35-49 ans (+8 points). Le phénomène s’accentue pour les pratiquants de ski de fond (+6 points pour les 18-24 ans, +11 points pour les 25-34 ans). »

Les catégories de ménages les moins aisées sont certes un peu moins représentées dans le profil des séjournants en montagne (- 11 points) mais la bascule s’effectue dès 3 000 € nets/mois (revenu du foyer) ce qui fait que le ski n’est pas réservé qu’à une élite. Ces constats sont encore renforcés chez les skieurs excursionnistes.

Amplifier la diversification

« Diversification » : c’est le mot qui désigne la volonté unanime des stations de proposer, hiver comme été, des activités complémentaires aux activités de neige. Cette diversification est utile pour les territoires et souhaitée par les clients qui sont toujours friands de diversité.

Pour autant, il serait erroné de croire que ces activités pourraient venir à remplacer le ski, si celui-ci venait à disparaître. D’une part le pouvoir d’attraction du VTT, des activités aqua-ludiques et autres promenades est très inférieur à l’attractivité du ski. D’autre part la rentabilité intrinsèque de ces activités est souvent marginale, ou négative, ne permettant pas d’induire une fréquentation autonome, de générer des recettes fiscales pour les collectivités ou encore de donner la capacité d’autofinancement dont les professionnels ont besoin pour investir.

Les exploitants de remontées mécaniques, pour ce qui les concerne, réalisent en moyenne 95% de leur chiffre d’affaires en hiver, les magasins de sport 85% (7) et les hébergeurs 75% (8).

Des chiffres qui traduisent à quel point l’économie des stations de montagne continue et continuera durablement à reposer sur l’hiver, la neige et le ski.

Doter les stations d’une gouvernance économique

En France, à l’exception de quelques sites intégrés, la gouvernance des destinations touristiques en montagne et ailleurs reste généralement très éclatée. Les stations de montagne confirment cette règle générale, à ceci près que la loi a donné aux remontées mécaniques un statut de service public à caractère industriel et commercial.

Il en résulte que le domaine skiable, qui est central pour ces destinations, est soit exploité par la collectivité elle-même, soit a minima gouverné par un cahier des charges imposé par la collectivité (tarifs, ouvertures, redevances et investissements – lesquels investissements représentent en moyenne 25% du chiffre d’affaires des domaines skiables).

Cette spécificité française (unique dans le monde), dote les domaines skiables d’une gouvernance politique, mais les prive aussi en partie de l’agilité nécessaire pour s’adapter rapidement aux évolutions en cours. Elle ne suffit pas non plus à donner aux nombreux autres acteurs économiques de la station la cohésion et l’unité nécessaires pour relever les défis à venir. Or l’avenir sera collectif ou il ne sera pas.

Différentes initiatives existent pour corriger ce handicap, parmi lesquelles on citera:
- France Montagnes, l’association qui rassemble toutes les fédérations et les élus des stations de montagne sous l’égide des maires
- Flocon Vert, un label de stations de montagne d’avenir, porté par l’association Mountain Riders, et dont la première exigence est de formuler une stratégie territoriale de développement partagée
- L’accueil des JOP ALPES 2030, dont les professionnels espèrent qu’ils génèreront un enthousiasme et une fierté égale à celle des JO de Paris en 2024 !

(2) Ski alpin et assimilé (snowboard, etc.). Source : Baromètre Montagne Atout France Harris 2025 – focus hiver
(3) source : recueil indicateurs 2025 DSF qu’on retrouve sur le site www.domaines-skiables.fr
(4) Source : selon l’observatoire ANMSM-G2A : le taux d’occupation global des hébergements en station est passé de 70,6% à 31,6%, soit une chute de 56% de la fréquentation, associée à un baisse de 70% des dépenses touristiques
(5) Ratio « 1+6=7€ » conforté par plusieurs études: Observatoire 2023 G2A-CA des Savoie + Enquête 2015 Caisse des Dépôts, Atout France, Rhône Alpes Tourisme, Savoie Mont Blanc Tourisme, DSF
(6) https://lameteorologie.fr/issues/2025/129/meteo_2025_129_46
(7) Selon l’Union Sport et Cycle
(8) Selon G2A


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