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Tour du monde : un groupe de clients attaque Safrans du Monde en justice

Regroupés en collectif, ils dénoncent la non-conformité de certaines prestations



Faute d'entente à l'amiable, 18 clients de Safrans du Monde, partis en tour du monde durant trois semaines en octobre 2019, ont décidé d'assigner le tour-opérateur auprès du tribunal judiciaire de Paris pour dommages et intérêts. Ils reprochent au voyagiste de ne pas avoir fourni le niveau de prestations indiquées dans la brochure, à bord de l'avion dans lequel ils voyageaient. Tous avaient payé 10 000€ supplémentaires pour bénéficier d'un surclassement, en classe Club Safrans. Une première audience est prévue le 4 mai prochain.


Rédigé par le Dimanche 21 Mars 2021

18 voyageurs ont décidé de se grouper afin d'assigner Safrans du Monde et sa RC Pro Hiscox devant le tribunal judiciaire de Paris, pour dommages et intérêts - DR : DepositPhotos.com, AndreyPopov
18 voyageurs ont décidé de se grouper afin d'assigner Safrans du Monde et sa RC Pro Hiscox devant le tribunal judiciaire de Paris, pour dommages et intérêts - DR : DepositPhotos.com, AndreyPopov
Le tour du monde est un produit de rêve, le voyage d'une vie pour les chanceux qui parviennent à se l'offrir.

Réaliser un tour complet de la planète en trois semaines, se réveiller tous les trois jours dans un nouvel endroit du globe, voyager à bord d'un avion privé, bénéficier de prestations haut de gamme, de visites exclusives et d'attentions particulières... Tout cela a un prix.

Pour certains clients de Safrans du Monde, qui sont partis avec le tour-opérateur fin 2019, le voyage idéal a vite tourné à la déception.

Ils étaient près d'une vingtaine à avoir opté pour la classe intermédiaire Club Safrans, pour laquelle un supplément de 10 000€ leur a été facturé afin qu'ils bénéficient d'un plus grand confort à bord de l'avion.

« Dès le début du voyage, nous avons compris que notre interlocuteur Guy Bigiaoui (le PDG de Safrans du Monde, ndlr) nous abusait, lorsqu’il a laissé définitivement sans solution notre indignation de découvrir la non-conformité du siège de l’avion, payé 10 000 € et présenté en photo dans la brochure du contrat », explique une cliente.

Des prestations non-conformes et un préjudice moral

Malgré plusieurs courriers et une mise en demeure, les clients, qui souhaitaient obtenir un retour sur les promesses formulées par Safrans du Monde et une compensation financière, n'ont reçu aucune réponse concrète.

« Nous avons payé 10 000€, qui est une somme significative, pour bénéficier d'un siège Affaires et celui que nous avions n'était même pas digne d'une classe Premium. Certains clients avaient fait ce choix pour des raisons de santé... ajoute la cliente.

Nous sommes donc très mécontents, à la fois d'avoir payé pour une prestation qui n'a pas été assurée, mais aussi d'avoir en face de nous un dirigeant qui ne tient pas ses engagements et n'est pas fiable ».

Ils ont donc décidé de se grouper, afin d'assigner le voyagiste et sa responsabilité civile professionnelle, à savoir Hiscox, devant le tribunal judiciaire de Paris, pour dommages et intérêts.

Parmi les faits reprochés figurent l'absence de repose-pieds, le manque d'espace entre les sièges ou encore l'impossibilité d'incliner le siège totalement.

« Safrans du Monde a vendu une prestation qui s'est révélée comme étant non-conforme, et ne respecte par l'article L211-17 du Code du Tourisme, indique l'avocat des clients, Me Yves Removille.

Par conséquent, le voyagiste doit une compensation ou une réduction de prix à ses clients, qui correspond dans ce cas précis, au supplément de 10 000€. A cela s'ajoute le préjudice moral, les clients ayant effectué des milliers de kilomètres dans des conditions de confort qui n'étaient pas celles prévues au contrat ».

Un différend avec le fournisseur

Contacté, Guy Bigiaoui, le PDG de Safrans du Monde, nous explique avoir été lui-même « mis devant le fait accompli » par son fournisseur de l'époque, « à savoir Phoenix Voyages, avec qui nous avons cessé nos relations depuis plus d'un an déjà et qui a affrété l'avion pour nous », explique-t-il.

« Les doléances des clients portent sur les sièges du Club Safrans et nous avons constaté le problème en même temps qu'eux. Bien entendu, Phoenix Voyages va être appelé en garantie puisque cette société est responsable de nous fournir ce que nous avons acheté chez eux pour répondre aux demandes de nos clients ».

« Je suis très étonné par les affirmations diffamatoires de M. Bigiaoui, répond Edouard George, le président de Phoenix Voyages.

Il est allé plusieurs fois lui-même voir l’avion sans notre présence et a peut-être obtenu des photos directement, il a réalisé et validé la brochure lui-même et a réalisé les ventes aux clients en leur promettant je ne sais quoi.

Phoenix Voyages n’a jamais fourni de photos, ni de faux renseignements et fera valoir ses droits le cas échéant.
 »

En ce qui concerne l'action en justice, Guy Bigiaoui rajoute : « Nous avons des choses à dire à propos des demandes de nos clients, mais nous ne les dirons qu'au tribunal ».

Pas de jugement avant la fin de l'année

Un autre incident survenu durant le voyage est venu rajouter au mécontentement des clients. « Un cariste a endommagé la carlingue de notre avion à Lima », explique une cliente.

Selon les témoignages de plusieurs passagers, les réparations ont contraint les clients à rester quatre jours de plus au Pérou. Ils n'ont ainsi pas pu se rendre sur l'Île de Pâques, et ont dû écourter leur escale en Polynésie.

« Même si cet incident n'est pas du fait de Safrans du Monde, nous avons perdu ces quatre jours sur un voyage de 21 jours, il n'y avait aucun plan B intéressant et nous avons dû exiger nous-mêmes une réunion d’information le soir même à l’hôtel pour savoir ce qu'il se passait.

Après cet incident, M. Bigiaoui, qui accompagnait le groupe, est reparti en France, et nous ne l'avons revu qu'en Birmanie, sur la fin de la croisière
 », se lamente un client.

Cette autre cliente déplore l'absence d'un geste commercial de la part de Safrans du Monde. « Nous n'avons reçu aucune compensation malgré nos demandes et une réunion que nous avions organisée avec le PDG de Safrans du Monde, à Paris, en mars 2020.

J'ai dû prendre moi-même contact avec la compagnie d'assurance Hiscox qui a eu un comportement exemplaire, et dispose d'un service sinistres extrêmement sérieux et nous avons eu une compensation pour les inconvénients générés par ce blocage à Lima.

Aujourd'hui, je souhaite simplement que notre expérience malheureuse avec le président de Safrans du Monde soit évitée à d’autres voyageurs
».

Une audience de mise en état auprès du tribunal judiciaire est fixée au 4 mai 2021. Le dossier ne devrait pas être plaidé avant la fin de l'année. Affaire à suivre donc...

Anaïs Borios Publié par Anaïs Borios Journaliste - TourMaG.com
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