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Annonces de Bruno Le Maire : ce qu'en pensent les professionnels du tourisme...

Richard Vainopoulos, Jean-Pierre Mas, Caroline Texier



Arrêt du fonds de solidarité, dispositif d’aide aux coûts fixes élargi, plan d’accompagnement spécifique pour les secteurs du tourisme et de l’évènementiel... Que pensent les professionnels du tourisme des dernières annonces gouvernementales qui sont ressorties de la réunion de ce lundi 30 août 2021 à Bercy, en présence du ministre de l’Economie Bruno Le Maire et des ministres du travail, Elisabeth Borne, des transports Jean-Baptiste Djebbari, des petites et moyens entreprises, Alain Griset et du Tourisme, Jean-Baptiste Lemoyne ? Verbatim.


Rédigé par AB et CE le Lundi 30 Août 2021

Richard Vainopoulos, Président de Tourcom

Annonces de Bruno Le Maire : ce qu'en pensent les professionnels du tourisme...
"Nous sommes en train d'étudier le dispositif coût fixe présenté par Bruno Le Maire. J'espère que ce sera vraiment complémentaire aux pertes subies par les entreprises. Si cette proposition le permet alors ce sera intéressant.

A lire aussi : "Le fonds de solidarité sera supprimé le 30 septembre 2021" annonce Bruno Le Maire

La suppression du plafond (le dispositif coût fixe était jusqu'ici réservé aux entreprises réalisant plus de 1 million d’euros de chiffres d’affaires mensuel) est une bonne chose. Je comprends très bien le seuil de 15% minimum de chiffre d'affaires imposé. Je pense que cela touche principalement les restaurants qui pourraient profiter d'un effet d'aubaine.

Certaines agences de voyages attendent encore le paiement du fonds de solidarité.

Quant au plan spécifique annoncé pour les agences de voyages il faut que cela nous apporte la réserve d'aides pour tenir encore quelques mois.

Les destinations vont ouvrir petit à petit. Le Canada, les Emirats sont des destinations intéressantes pour nous qui ouvrent ou vont le faire. Il reste quelques interrogations sur la mise en place du protocole à l'Ile Maurice.

La saison ne repartira pas avant fin décembre 2021. Et puis il va falloir rembourser les acomptes. La proposition de prêt ad hoc ne doit pas encore plus nous endetter.

Une brique, ajoutée à une brique de dette ce sont aussi des difficultés de remboursement. Il ne faut pas non plus surendetter les entreprises. Déjà pour les PGE (Prêt garanti par l'Etat) il faudrait rallonger les échéances de remboursement à 2 ans supplémentaires. 5 ans ce n'est pas suffisant".

Caroline Texier, secrétaire du CDMV et directrice générale d'Horizons du Monde

Caroline Texier - DR
Caroline Texier - DR
"Pour l'instant les annonces sont vagues et puis il faut voir dans le détail ce que l'on entend par coûts fixes. Dans mon secteur celui des voyages jeunes et voyages scolaires nous atteignons 15% de demandes par rapport à une année normale, soit un recul de 85%.

Alors peut-être que pour certains cela va changer la donne, mais pour d'autres c'est pas la prise en charge des coûts fixes qui va remettre à flot les entreprises.

Beaucoup d'agences ont aussi rendu leurs locaux car elles ne pouvaient plus payer...

Pour les voyages jeunes et scolaires, si on repart sur une année blanche, cela va être compliqué. Nous dépendons aussi du Ministère de l'Education nationale et de toute la chaîne : recteurs, proviseurs, professeurs... Si un des maillons de la chaîne interdit les voyages ou ne souhaitent pas partir... nous ne pouvons pas faire notre métier.

Je reste dans l'expectative et j'attends de voir ce qu'il y aura vraiment dans le décret. Quant au plan annoncé, nous attendons que le gouvernement nous le présente."

Jean-Pierre Mas, président des Entreprises du Voyage

"Il y a des points très positifs tels que l’extension du puissant dispositif de prise en charge des couts fixes pour toutes les entreprises de notre secteur.

Cependant, la réduction du fonds de solidarité à 20% des pertes de chiffres d’affaires, en août et septembre, est loin de couvrir les besoins des entreprises dans un contexte de mobilité internationale très limitée.

Par ailleurs, bien que nous comprenions l’exigence de rouvrir les entreprises et d’avoir un minimum d’activité, la condition de réaliser au moins 15% de CA pour accéder au fonds de solidarité risque de pénaliser les entreprises qui n’ont pas d’activité alors qu’elles ne sont pas fermées, par exemple celles dont l’activité est totalement tournée vers le long-courrier ou bien sur les séjours linguistiques pour les jeunes à l’étranger.

Nous attendons beaucoup du plan d’accompagnement spécifique pour notre secteur et celui de l’évènementiel, qui sera conduit sous l’égide de Jean Baptiste Lemoyne, comme s’y est engagé Bruno Le Maire.

Il s’agira de faire du sur-mesure et nous comptons bien faire valoir nos besoins et l’insuffisance des mesures globales pour certaines de nos entreprises.

La situation des territoires ultramarins a été abordée par Bruno Le Maire qui a précisé : « L’intégralité des dispositifs de soutien sera maintenue pour tous les départements d’Outre-mer encore soumis à des obligations de fermeture ».

Nous saluons ce dispositif renforcé, que nous avons appelé de nos vœux, pour les entreprises situées dans les territoires d’outre-mer. Ces mesures spécifiques viennent d’être confirmées par le Ministre des Outre-mer"
, a déclaré Jean-Pierre Mas, président des Entreprises du Voyage dans un communiqué.

Contacté par nos soins, Jean-Pierre Mas ajoute : "Notre inquiétude ne porte pas sur la fin du fonds de solidarité, mais sur le relais entre le FDS et la prise en charge des pertes d'exploitation. Il y a une période creuse de trois mois - juillet, aout, septembre - où le fonds de solidarité en baisse ne va pas couvrir les besoins des entreprises.

Le système de contribution aux charges fixes se mettra en place au 1er octobre mais il y aura des problèmes de trésorerie liés aux délais entre la demande - qui sera faite au mois de novembre pour octobre - et le paiement, puisque le traitement des dossiers se fera à la main, et sera long et compliqué. Toutefois, les PGE sont faits pour couvrir ce besoin de trésorerie temporaire.

Quant aux prêts ad hoc, ça n'est pas nouveau, une procédure existe. Pour des entreprises qui n'ont pas demandé de PGE, avoir ce prêt ad hoc peut être une bonne chose, même si une entreprise bien gérée, normalement peut rembourser les avoirs sans avoir à demander un prêt.
"


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Commentaires

1.Posté par Pierre le 31/08/2021 08:46 | Alerter
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On n’a même plus envie de faire de commentaires car il n’y a rien de précis pour le moment . C’est le grand flop . Quand , comment et pour qui ? Pour le moment rien de nouveau .

2.Posté par Yves Brossard le 31/08/2021 10:51 | Alerter
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De la bonne volonté, mais à simplifier.

Je retiens la bonne volonté du gouvernement de s’engager dans la voie d’un traitement «sur mesure» pour les industries touristiques. Mais fallait-il attendre si longtemps pour concevoir des mécanismes ajustés aux situations particulières, connues depuis longtemps ?

Je retiens la mise en place d’un mécanisme très positif d’encouragement à l’activité, avec un seuil minimal de chiffre d’affaires, qui semble devoir être parfois ajusté, lui aussi, comme le souligne très justement Jean-Pierre MAS.

Le seuil d’activité doit-il être uniquement composé de l’unique indicateur du chiffre d’affaires réalisé ? Juste un exemple pour sortir du flou : lorsqu’une entreprise enregistre un chiffre d’affaires mensuel prévisionnel de 70% (par rapport au chiffre de référence de 2019), mais qu’un événement imprévu anéantit son carnet de réservations et le ramène à 5%, doit-elle être indemnisée sur sa perte de chiffre d’affaires potentiel justifiable ?

Je retiens l’attention de certains à la situation très particulière des Outre-mer, et j’en remercie vivement les auteurs, car la France, une et solidaire, contient les Outre-mer, qui constituent un atout national, malgré leurs handicaps structurels. Lesquels handicaps seront réduits lorsqu’on aura mis en oeuvre une politique spécifique visant à y développer des industries touristiques à vocation internationale.

Je reste dubitatif sur la référence aux «coûts fixes» en ses temps variables. Les «coûts fixes» intègrent-ils les sur-coûts du «stop and go» que nous subissons sans cesse, les sur-coûts de remise en état des installations défaillantes par défaut d’utilisation régulière, les sur-coûts du travail perdu et à refaire, des démobilisations et remobilisations, etc ?

Les normes comptables et fiscales françaises reposent sur un compte de résultat et un bilan. Pourquoi compliquer les choses ? Nous avons des experts-comptables qui sont en mesure de produire des attestations mensuelles aux services publics. Le gouvernement anticipe déjà sur les risques de lenteur de traitement des demandes d’indemnisation, alors même que les entreprises alertent sur les difficultés majeures de trésorerie.
Je préfère un système imparfait mais rapide. Le « sur-mesure », c’est sans doute mieux, c’est sans doute du haut de gamme, mais si les délais de livraison sont trop longs, il faut oublier.

Mieux vaut s’engager sur la voie d’ajustements sectoriels, sous-sectoriels, et géographiques, que sur la voie du «sur mesure», si on entend par «sur mesure» un traitement entreprise par entreprise. Mais c’est peut-être ce que voulaient dire les représentants du gouvernement ?

En tout état de cause, l’outil du compte de résultat me semble le plus approprié pour aller vite et respecter l’égalité de traitement entre entreprises, avec la nuance du - compte de résultat avant annulations - qui intègre une partie majeure du travail effectué, mais non rémunéré par une facturation (notamment le travail de production, puis de gestion des réservations puis des annulations) qu’il serait souhaitable d’indemniser.

3.Posté par Potdeterre le 01/09/2021 07:11 | Alerter
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Je note que les gros opérateurs ont (encore) eu gain de cause sur leur principale revendication avec la suppression du plafond de 1m8. A croire qu'ils bénéficient d'une oreille beaucoup plus attentive du gouvernement...Anormal ? Pas forcément parce que ce sont les plus importants pourvoyeurs d'emplois. Injuste ? Certainement, mais si la vie était juste , cela se saurait ! Les EDV donnent vraiment l'impression d'être inaudibles auprès des autorités malgré leur engagement sans faille et leur bonne volonté.
Si l'objectif est de laisser mourir à petit feu les acteurs de petite/moyenne taille et de ne sauver que les gros, autant le dire clairement !

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