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Cahors, du pont du diable à la cathédrale

Balade historique à Cahors, accompagnée de plaisirs gourmands



Bâtie dans une boucle du Lot, Cahors est, en quelque sorte, une presqu’île ceinturée de collines vertes qui veillent tout autour. Fondée il y a vingt siècles, la préfecture du Lot possède un riche passé, parfaitement protégé et mis en valeur. Deux stars dominent un patrimoine florissant : le pont Valentré et la cathédrale Saint-Etienne, du XIIe siècle.


Rédigé par Jean-Paul COMBE le Samedi 7 Mai 2022

Emblème de la ville, le pont Valentré, surnommé "pont du diable", est bien souvent un point de départ pour la visite de Cahors - DR : AB
Emblème de la ville, le pont Valentré, surnommé "pont du diable", est bien souvent un point de départ pour la visite de Cahors - DR : AB
Emblème de la ville, le pont Valentré, surnommé "pont du diable", est bien souvent un point de départ pour la visite de Cahors.

Archétype du pont fortifié médiéval (XIVe siècle), il est resté intact n’ayant jamais été attaqué, et seuls les piétons peuvent le traverser - ceci expliquant, sans doute, cela.

Construit au temps des guerres franco-anglaises, il est doté d’un système défensif modèle : trois tours carrées d’une hauteur de 40 mètres, arches gothiques de grandes tailles, massifs avant-becs crénelés.

C’est l'un des plus beaux ponts médiévaux fortifiés dont la construction fut décidée par les consuls de la ville en 1306.

La première pierre fut posée le 17 juin 1308 pour s’achever en 1378, par la grâce d’un pacte passé avec le diable (voir encadré) rapporte la légende.

Du haut du pont, on peut voir l’emplacement de la fontaine des Chartreux, à l’origine de la création de la ville gallo-romaine.

Situé sur la Via Podiensis du sentier de Saint-Jacques-de-Compostelle et sur le chemin de randonnée GR 36, le pont est associé au classement du patrimoine mondial de l’UNESCO.

Un pacte avec le diable

La construction du pont Valentré, en se prolongeant sur plus d'un demi-siècle (1308 -1378), fit naître la légende que l’on raconte ici.

Irrité par la lenteur des travaux, le maître d'œuvre signe un pacte avec le Diable : Satan mettra toute son influence au service du chantier, et s'il exécute tous ses ordres, il lui abandonnera son âme en rétribution.

Le pont s'élève alors avec promptitude, les travaux se terminent, et le contrat parvient à son terme. Le maître d’œuvre tente, malgré tout, de sauver son âme et demande au diable d'aller chercher de l'eau à la source des Chartreux, pour ses ouvriers, avec un crible (ustensile à fond troué).

Satan revient naturellement bredouille, l'exercice étant impossible, et perd son marché. Pour se venger, le Diable envoie chaque nuit un ouvrier pour desceller la dernière pierre de la tour centrale, dite Tour du Diable.

Pour cela en 1879, lors de la restauration du pont, l'architecte fait apposer dans l'emplacement vide une pierre sculptée à l'effigie d'un diablotin. Ainsi à chaque fois que le Diable vérifie si le pont est bien inachevé, il se fourvoie en pensant que c'est l'un des siens qui démantèle le pont.

Les Badernes et les Soubirous

L'imposante cathédrale Saint-Etienne - DR : J.-P. C.
L'imposante cathédrale Saint-Etienne - DR : J.-P. C.
Du pont Valentré à la cathédrale Saint-Etienne, en passant par la place du marché et les terrasses du boulevard Gambetta (natif de Cahors), la cité cadurcienne conjugue un air du midi mâtiné de richesses historiques et de plaisirs épicuriens.

Avec son clocher-donjon et ses coupoles, la cathédrale domine les toits roses de la vieille ville dont elle est le cœur. Massive d’allure, elle souligne la puissance de l’évêché de l’époque.

Deux immenses coupoles sur pendentifs de 16 mètres de large couvrent la nef à 32 mètres du sol. Cette même nef et le chœur sont entourés par une douzaine de chapelles.

Point fort de la visite, le cloitre est, à juste titre, considéré comme une splendeur de l’art gothique flamboyant. C’est un travail d’orfèvre en dentelle de pierre, notamment sur les voutes à lierre et tiercerons.

Bordant la galerie, la chapelle Saint Gausbert est décorée d’une série de peintures murales dont une du Jugement dernier.

Autour de la cathédrale, le quartier de la Dorade groupe une rarissime série de maisons médiévales à pans de bois. On remarquera particulièrement les maisons d’Olive, d’Hérétié et surtout celle du Bourreau dotée de cinq baies géminées.

Autres invitations à la balade le nez en l’air, deux quartiers aux noms pittoresques du terroir : les Badernes (bas quartier) et les Soubirous (supérieur).

La rue Nationale était l’axe principal du quartier des Badernes, c’est par là que les évêques et l’influent clergé effectuaient leurs entrées ; là, aussi que se trouve la maison de la Guerre et l’ancien hôtel de Marcilhac au portail sculpté d’un foisonnement de fruits et feuillages.

Place Henri IV, on découvre l’hôtel de Roaldés appelé aussi Henri IV - tant on est persuadé que le roi y aurait logé !

Au nord de la ville médiévale s’étale le quartier des Soubirous construit sur une falaise. En déambulant dans les ruelles et impasses on découvre, au hasard, mille et un détails architecturaux, des jardins de ville, des façades dissimulées d’hôtels particuliers.

On fera une halte à la tour du roi, ancien palais édifié par Pierre de Via, neveu du pape Jean XXII, originaire de Cahors qui lança la construction d’une église rue Saint Barthélémy.

Le pape et le vin noir

Le Lot vu du pont Valentré - DR : J.-P. C.
Le Lot vu du pont Valentré - DR : J.-P. C.
C'est en 1316 que Jacques Duèz, cadurcien, est élu pape en Avignon. Il devient Jean XXII et n’oublie pas ses origines.

Prodigue avec Cahors, il commence la reconstruction de l’église, y installe les Chartreux. Il crée en 1322 une université qui enseigne le droit, la médecine, la grammaire, les arts.

Le pape se fait, enfin, un ardent défenseur du vin noir de Cahors et l’impose à sa cour en Avignon.

Remis au goût du jour, dans les années 70, par le président Pompidou et le comte de Montpezat, le Cahors fait partie des plus anciens vins de France ; précisons qu’au Moyen Age il était exporté jusqu’en Russie.

Classé AOC depuis 1971, il est une des valeurs sures du patrimoine lotois. Et pas des moindres !

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Pratique

L'hôtel-restaurant Terminus, institution cadurcienne depuis plus d'un siècle - DR : J.-P. C.
L'hôtel-restaurant Terminus, institution cadurcienne depuis plus d'un siècle - DR : J.-P. C.
Renseignements : Office de Tourisme de Cahors/Vallée du Lot
Tel : 05 65 53 20 65 
Web :
www.cahorsvalleedulot.com

Se poser

L’hôtel Terminus est installé depuis plus d’un siècle à proximité de la gare de Cahors. C’est dans une belle demeure cadurcienne que la famille Marre accueille ses hôtes.

D’un très bon confort, décoré avec goût, l’hôtel est d’un accès facile avec parking (tous types de chambres du single à la triple, de 60€ à 87 €, suites de 100 à 135€.)

Dans un décor soigné mais pas guindé pour autant, Le Bistrot 1911 présente une carte en fonction de la saison et du marché du pays « parce qu’ici nous avons de bons producteurs » insiste le maitre d’hôtel.

Choisir une spécialité comme l’œuf Pierre Marre : œuf poché, foie gras poêlé et sauce aux truffes. (Menu de 21,50 à 27€, carte 40 à 50€).

Les vins sont servis au verre si l’on souhaite. Pour un conseil, voire un cours d’œnologie sur les crus du Lot, faites confiance au sommelier.

Hôtel Terminus
5, avenue Charles Freycinet, Cahors 
Tel : 05 65 53 32 00

terminus-1911.fr/

Déguster

Les Petits producteurs
 : une adresse gourmande tant dans l’assiette que dans le verre. Située juste derrière la cathédrale, la maison conjugue boutique, bar à vins et restauration avec une particularité : il s’agit en fait d’une association de 12 producteurs réunis autour d’une passion, la gastronomie.

Ils ne revendent que leurs produits sur place ou à emporter : vins de Cahors, truffes, foie gras, huile de noix, etc.

Place Champollion, Cahors
Tel : 05 65 31 26 24.
Site web :
www.lespetitsproducteurs.fr


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Tags : cahors, combe, lot
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