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Hôtel ou location de courte durée : l'arbitrage des Français dépend... des prix !

La volatilité des prix et la réglementation favorisent un retour vers l'hôtellerie


Le cabinet Catella dévoile les résultats d’une enquête YouGov qui met en lumière la sensibilité des consommateurs français face aux tarifs des hébergements. Alors que la location de courte durée s'est largement imposée ces dernières années, son attractivité reste précaire et fortement indexée sur son positionnement tarifaire.


Rédigé par Raphaël Cornacchia le Lundi 8 Juin 2026 à 10:00

Hôtel ou location de courte durée : l'arbitrage des Français dépend massivement des prix, Despositphotos.com
Hôtel ou location de courte durée : l'arbitrage des Français dépend massivement des prix, Despositphotos.com
Face au durcissement de la réglementation sur les meublés touristiques, près des deux tiers des utilisateurs se disent prêts à modifier leurs habitudes de consommation en cas de hausse des prix des locations.

Cette étude publiée par Catella démontre que la fidélité des Français aux plateformes de courte durée est loin d'être acquise, ouvrant la voie à un retour vers l'hôtellerie traditionnelle.

En cas d’augmentation des tarifs des meublés de tourisme, 34 % des sondés affirment qu’ils se tourneraient directement vers l’hôtel, tandis que 29 % adapteraient leur choix selon les situations.

Seuls 10 % resteraient fidèles à la location quel que soit le niveau de prix. Cette volatilité est encore plus marquée chez les CSP+ (74 %) et dans les régions à forte pression touristique, comme le Sud-Est, où 71 % des répondants envisagent une alternative hôtelière.

Cette tendance pourrait s'accélérer sous l'effet du nouveau cadre législatif, notamment la loi Le Meur, qui réduit les avantages fiscaux des meublés touristiques et renforce le pouvoir de régulation des municipalités.

A lire aussi : Didier Arino (Protourisme) : "Cette année, le prix s'impose plus que jamais comme critère numéro 1"

À Paris, les premiers effets se font déjà sentir : les annonces sont passées d'un pic de 79 000 à l'été 2024 à une stabilisation autour de 54 000 en octobre 2025 selon l'APUR, ce qui pourrait mécaniquement pousser les prix de la location à la hausse.

Le facteur prix, premier frein à l'accès aux établissements hôteliers

L'enquête révèle parallèlement un renoncement massif à l'hôtel, qui concerne un Français sur deux.

Ce phénomène s'accentue particulièrement en région parisienne (59 %) et culmine à 70 % chez les jeunes actifs âgés de 25 à 34 ans. Pour 32 % de l'ensemble des sondés (43 % de la tranche des 25-34 ans), le tarif constitue la principale barrière à l'entrée.

Ce renoncement traduit des arbitrages directement liés aux contraintes globales sur le pouvoir d'achat et le logement plutôt qu'un désintérêt pour le modèle hôtelier traditionnel.

L'opinion publique se montre par ailleurs favorable à une meilleure structuration du marché. Près d'un Français sur deux (46 %) exprime le souhait de voir la réglementation des meublés de courte durée se durcir.

Les attentes sont particulièrement homogènes dans les régions Sud-Ouest (50 %), Sud-Est (50 %) et Nord-Est (49 %). L'enjeu économique est de taille, puisque ces meublés génèrent par exemple 585 millions d'euros de chiffre d'affaires hors circuit hôtelier à Paris, où ils représentent 3,5 % du parc résidentiel.

Vers une hybridation de l'offre hôtelière pour capter les nouveaux usages

L'hôtel est désormais perçu comme un choix opportuniste et pragmatique. Les clients y ont recours pour des séjours courts (33 %), par opportunité tarifaire (32 %) ou pour la qualité des services inclus (28 %).

Les attentes varient selon les générations : les plus de 55 ans privilégient la brièveté du séjour (39 %), tandis que les 25-34 ans ciblent la compétitivité des prix (40 %) ou le manque de disponibilité des locations alternatives (24 %).

Cette mutation des comportements ouvre des opportunités pour le développement de structures hybrides, capables de combiner l'hébergement classique, le coworking et les séjours de longue durée. Cette polyvalence répond à une acceptation croissante de la mixité des publics.

En effet, 46 % des sondés estiment que la cohabitation entre clients d'affaires et voyageurs de loisirs n'a aucun impact négatif sur leur expérience, et 13 % la considèrent même comme un atout pour l'animation des établissements. Ce positionnement est encore plus fort chez les jeunes et en Île-de-France, envoyant un signal clair aux investisseurs pour la création d'actifs hôteliers multifonctionnels.

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