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L'Open sky en Afrique : une vraie fausse bonne idée ?

23 Etats ont signé le premier accord de ciel ouvert en Afrique



En marge de son sommet qui se tenait à Addis-Abeba en Ethiopie, l'Union africaine (UA) a lancé, dimanche 28 janvier 2018, le Marché unique africain du transport aérien (SAATM). Pour les uns, cet accord de ciel ouvert profitera à l'économie de tout un continent. Pour les autres, c'est un piège qui ne profitera qu'aux grands acteurs du secteur.


Rédigé par le Lundi 29 Janvier 2018

Ethiopian Airlines, première compagnie africaine, s'est déjà félicité de la mise en place du premier traité d'"Open sky" en Afrique © Ethiopian Airlines FB
Ethiopian Airlines, première compagnie africaine, s'est déjà félicité de la mise en place du premier traité d'"Open sky" en Afrique © Ethiopian Airlines FB
C'est fait : l'Afrique a enfin ouvert son ciel.

20 ans après l'adoption de la Décision de Yamoussoukro de 1999, l'Union africaine (UA), réunie en sommet dimanche 28 janvier 2018 à Addis-Abeba (Ethiopie), a lancé les premiers accords de ciel ouvert d'Afrique (Single africain air transport market, SAATM).

23 pays, sur les 54 que compte le continent, font partie des premiers signataires de ce texte qui prévoit une libéralisation totale des échanges aériens en Afrique (voir encadré).

Quelles vont en être les conséquences ?

Stimuler l'économie africaine

Les membres-fondateurs le font savoir : ce nouveau marché unique du transport aérien bénéficiera avant tout aux compagnies africaines.

Les 23 pays signataires, cumulant une population de 670 millions d'habitants, la moitié des visiteurs internationaux du continent et 80% du trafic aérien africain, s'attendent plus largement à des retombées socio-économiques.

Ainsi, une étude de 2014 sur l'impact de la libéralisation dans 12 des 23 membres-fondateurs révèle "qu'environ 155 100 emplois seraient créés dans les secteurs de l'aviation, du tourisme et de l'économie en général et qu'ils contribueraient à hauteur de 1,3 milliard de dollars au PIB annuel, ce qui représente environ 0,07% du PIB annuel des 12 pays", peut-on lire dans un document de travail de l'UA.

Ce dernier prévoit également "une augmentation de 75% des correspondances directes", et "des économies tarifaires de 25 à 35% pour les usagers".

"Le lancement du marché unique du transport aérien africain stimulera les investissements transfrontaliers dans les industries de production et de services, y compris le tourisme, qui ont permis la création de 300 000 emplois directs supplémentaires et de deux millions d'emplois indirects, contribuant à la croissance socio-économique du continent", ajoute aussi Amani Abou-Zeid, la commissaire en charge des infrastructures et de l'énergie à la Commission, citée par La Tribune Afrique.

"Un accord d'open sky est évidemment bénéficiaire pour le secteur. Ce phénomène tend de toute façon à se généraliser", nous explique de son côté Jean-Pierre Sauvage, président du Board of Airlines Representatives (BAR) en France.

"Avec la libre concurrence, le champ est plus ouvert. Pour les compagnies européennes, cela signifie naturellement la fin des accords unilatéraux, une facilité de négociations pour les droits de trafic. Cela sera profitable pour les compagnies françaises.

"Les mêmes effets que la mondialisation"

"Concernant les compagnies africaines, nul ne sait comment cela va se passer, il va falloir analyser le marché", ajoute Jean-Pierre Sauvage.

Car l'accord ne fait évidemment pas l'unanimité et inquiète d'abord plusieurs compagnies aériennes nationales du continent. Leur crainte : que la libéralisation du ciel leur fasse perdre leurs activités, et qu'elle ne profite qu'à quelques grandes compagnies aériennes déjà bien implantées sur le continent.

Et malgré que l'Association internationale du transport aérien (IATA) et la Commission africaine de l'aviation civile (AFCAC) se soient félicitées de cet accord, certains industriels et opérateurs de l'aviation africaine parlent d'un véritable "piège" causé par les différences de politiques de travail, droits de douane, tarifs et taxes aéroportuaires...

"Dans l'Union européenne, les tarifs sont les mêmes, les frais d'atterrissage ou de parking sont uniformes et la monnaie est unique. En Afrique, chaque pays protège ses propres compagnies, ce qui rend toutes négociations très difficiles. Par exemple, ce que nous payons pour atterrir au Ghana est différent de ce qu'Africa World Airlines paie, car ils opèrent depuis le Ghana", explique un directeur de compagnie aérienne, anonyme, dans la presse africaine.

Pour Ado Sanusi, P-DG d'Aero Contractors, un tel traité aura les mêmes conséquences que la mondialisation : encourager les pays développés dans leurs activités en Afrique, en oubliant le commerce intra-régional et la stimulation de l'économie africaine.

"Pour l'instant, il n'y a pas de règles du jeu équitables pour toutes les compagnies aériennes sur le continent", résume-t-il.

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