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Le tourisme d'après : la crise accélérateur des tendances pré-covid ?

Etude Roland Berger, Potloc



La crise liée au covid va t-elle modifier les comportements en terme de voyages ? Pour répondre à cette question, Roland Berger organisait jeudi 6 mai 2021, un webinaire ayant pour thème "Le tourisme de demain vers un véritable changement de cap ?".


Rédigé par le Vendredi 7 Mai 2021

Webinaire organisé Roland Berger avec les représentants d'Accor, Aribnb, Evaneos, et du SNELAC - DR
Webinaire organisé Roland Berger avec les représentants d'Accor, Aribnb, Evaneos, et du SNELAC - DR
La crise liée au covid-19 a profondément impacté le secteur du tourisme.

Les arrivées internationales ont dégringolé au niveau mondial de 74% en 2020 (Source OMT) La perte de recettes d'exportation s'élève à - 1300 Mds $.

En France, le tourisme a perdu en 2020 plus de 40% de sa valeur et 61 milliards d'euros soit 41% des recettes touristiques totales, en l'absence notamment des clientèles étrangères.

Après un an de restrictions, les voyageurs sont-ils prêts à rependre le chemin des voyages, et à quelles conditions ?

Comme le montrent de nombreuses études, l'envie de voyages est très forte. L'enquête menée par Potloc et Rolang Berger présentée à l'occasion d'un webinaire ce jeudi 6 mai dernier le confirme à nouveau. 87% des Européens ressentent un fort besoin de partir.

Un pic dès les annonces de levée des restrictions

Dans ce contexte, les Français souhaitent pouvoir voyager dès que possible. 67% d'entre eux veulent partir "dès la levée des restrictions quelque qu'en soit la date ou à la première opportunité".

Preuve que les Européens sont bien décidés à prendre le large, "le budget vacances est sanctuarisé"" explique Sébastien Manceau spécialiste du tourisme et des loisirs chez Roland Berger et qui anime le webinaire. En effet le budget va rester stable pour 58% des Européens, et va "plutôt" ou "nettement" augmenter pour 20% d'entre eux.

Eric La Bonnardière, CEO d'Evaneos le constate : "Nous voyons un frémissement, nous avons multiplié par deux les prises de commandes d'une semaine sur l'autre essentiellement sur la France et l'Europe".

Un pic de réservation observé également chez Airbnb France. "Dès que les annonces sont précises la fréquentation monte en flèche. Nous avons eu une hausse après les annonces de +25% le lendemain par rapport aux 3 jours précédents" précise Emmanuel Marill, directeur général France et Europe de la plateforme.

Les parcs de loisirs aussi constatent un regain d'intérêt avec une hausse de la fréquentation des sites Internet, précise Sophie Huberson, déléguée générale du SNELAC (Syndicat National des Espaces de Loisirs, d'Attractions et Culturels).

Edouard Roux de Lusignan, Senior Vice President Digital France et Europe du Sud d'Accor l'affirme : "La reprise c'est maintenant. Sur la clientèle loisir, c'est le segment économique qui l'emporte. Sur la partie business travel, nous sentons une accélération sur les PME qui avaient déjà repris une activité."

En revanche sur les plus longues distances c'est plus compliqué : "les grands comptes n'ont pas repris les voyages sur les destinations long et moyen-courriers, la faute aux restrictions sanitaires et aux politiques voyages qui ont été revues en raison des contraintes économiques. L'activité ne repartira pas comment avant..." prédit il, notamment en raison des nouveaux usages : visio-conférences, et webinaires en ligne.

Reprise : "je reste extrêmement prudent"

Selon l'étude Potloc, Roland Berger, la privation de voyages donne envie de partir davantage et toute destination confondue. Le long-courrier trouverait-il alors son salut sur la partie loisirs ?

Il est encore un peu tôt pour présager d'une véritable reprise, compte tenu des restrictions actuelles. Toutefois, Evaneos enregistre sur le long-courrier quelques réservations sur septembre et Noël, sur des destinations qui étaient ouvertes à la même période l'an dernier ou qui acceptaient les voyageurs sans trop de restrictions telles que le Costa Rica ou la Tanzanie. "Le marché allemand est notamment un peu plus réactif sur ce segment.

Pour autant la reprise reste extrêmement fragile, je reste extrêmement prudent et nous verrons ce qu'il va se passer en septembre"
ajoute Eric La Bonnardière.

Si la sécurité sanitaire sera un élément central pour rassurer les voyageurs, le volet environnemental monte également en puissance. C'était déjà le cas avant la crise, mais la prise de conscience semble s'accélérer.

Ainsi les enjeux environnementaux importent pour 58% des voyageurs européens. Ils vont devenir une préoccupation plus importante à l'avenir pour 25% des répondants pour le séjour dans son ensemble, pour 24% des répondants dans le choix de la destination, pour 23% pour le transports et et pour l'hébergement et pour 21% des répondants pour les activités sur place.

Les enjeux environnementaux montent d'un cran

"Toutefois, les voyageurs souhaitent que ce soit aux opérateurs de trouver les solutions pour diminuer leur impact et améliorer leurs politiques environnementale et sociétale" ajoute Sébastien Manceau. "Et cette exigence passera notamment par un tourisme plus local et des hébergements et activités écoresponsables".

Evaneos constate à ce propos que les clients qui ont choisi la France "organisent leur voyage de la même manière que s'ils partaient à l'autre bout du monde, avec des budgets qui peuvent être très importants".

"Le rual est un univers qui sort gagnant" ajoute de son côté Emmanuel Marill. "Ce qui est gagnant également c'est la courte distance quelque soit la structure d'accueil."

Eric La Bonnardière souhaite passer la vitesse supérieure sur les projets liés aux enjeux sociétaux et environnementaux. Les équipes du voyagiste travaillent à l'élaboration d'un projet baptisé "Better Trips" afin d'impliquer toujours davantage tous les intervenants de la chaîne touristique.

Chez Accor, c'est aussi "un vrai sujet" confirme Edouard Roux de Lusignan. Déjà le gaspillage alimentaire, la consommation d'eau, ou l'utilisation des plastiques à usage unique font partie des préoccupations du groupe.

Autre exemple le lancement de la chaîne Greet. pour laquelle le groupe a noué des partenariats avec Emmaüs pour utiliser du mobilier de seconde main ou avec Valdelia, un éco-organisme proposant une solution de collecte, de recyclage et de réutilisation des mobiliers usagés auprès de tous les professionnels. Cette marque travaille également avec des collaborateurs en réinsertion professionnelle.

Si la crise contraint les voyageurs à un tourisme plus local, la prise de conscience des enjeux liés à l'environnement pourrait aussi amener les voyageurs sur le long-courrier à privilégier des voyages plus long et partir moins souvent.

Reste qu'avec les restrictions actuelles, le local sera favorisé. Comme le souligne en guise de conclusion Emmanuel Marill : "la crise aura surtout un effet d'accélérateur sur des changements qui ont été amorcés avant la pandémie".

* panel de 1500 voyageurs européens (Allemands, Neerlandais, Britanniques et Belges) dont 500 Français

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