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Voyage : "Le besoin vital de partir n'a jamais été aussi élevé qu'en 2021 ! " affirme Guy Raffour

Retour sur la 19ème édition du baromètre Opodo - Guy Raffour



Après une année 2020 sans présentation de l'emblématique baromètre Raffour Interactif, voici que le cabinet d'études du tourisme revient dans le cadre de la 19ème édition du baromètre Opodo. Comme chaque année, Raffour Interactif a analysé le comportement des voyageurs français pour mieux comprendre l'avenir et leurs besoins. Et bonne nouvelle : si la covid-19 nous laisse un peu tranquilles, le redémarrage du loisir pourra être très rapide... (Actualisé le 25 mars 2021)


Rédigé par le Jeudi 18 Mars 2021

"Nous sommes passés de 19 millions de Français qui sont partis à l'étranger et DOM-TOM à... 6 millions" selon Guy Raffour - Crédit photo : Depositiphotos @jannystockphoto
"Nous sommes passés de 19 millions de Français qui sont partis à l'étranger et DOM-TOM à... 6 millions" selon Guy Raffour - Crédit photo : Depositiphotos @jannystockphoto
"Nous sommes contents de vous retrouver. Nous sommes actuellement dans l'entre-deux, mais nous voyons avec les vaccins la sortie du tunnel," introduit un Guy Raffour, fondateur de Raffour Interactif, heureux de remettre son costume de maitre de cérémonie du baromètre Opodo.

Pour cette 19e édition et comme toujours, le Cabinet d'étude s'est focalisé à étudier le comportement d'une population représentative des 15 ans et plus, autour de 1 005 personnes. En utilisant les caractéristiques scientifiques pour établir l'échantillon, il est possible de tirer des conclusions fermes et sûres.

"Nous ne demandons pas des choses divinatoires, mais des choses qu'ils ont opérées en 2020," prévient l'observateur du tourisme.

En regardant le passé proche, il sera plus facile de comprendre le futur à court terme, d'autant plus que 2021 risque de fortement ressembler à 2020.

Concernant les courts séjours marchands, après deux années records à plus de 20 millions de Français partis, l'année passée marque un retour en arrière, avec un niveau équivalent à celui constaté en 2016, soit 18,2 millions de Français (33%).

"Ce n'est pas un effondrement, mais 4 points de moins, soit près de 2 millions de Français (15 ans et plus, soit 33%) qui ne sont pas partis en courts séjours marchands. Il y a eu des séjours de respiration, un besoin de break psychique," explique Guy Raffour.

"Les Français ont voulu sauver les vacances !"

Au niveau des longs séjours marchands, la baisse du taux de départ est nettement plus importante puisqu'elle s'établit à - 6 points (soit 35% des Français de 15 ans et plus).

"Quasiment 3 millions de Français ne sont pas partis, avec 19,4 millions de Français ayant fait un long séjour marchand. Ils sont partis moins fréquemment avec des séjours plus courts.

Toutefois, les Français ont voulu sauver les vacances !
"

Malgré une crise sans précédent et un avenir incertain, les Français sont partis, mais ont moins dépensé. Les Hexagonaux sont parmi les meilleurs écureuils du monde et en ont profité pour épargner.

Le budget moyen du principal séjour d'un foyer a donc dévissé de 30%, passant de 2 200 euros à 1 530 euros en 2020.

"Nous constatons que le panier moyen de nos clients est en baisse de 15% cette année. En réalité sur la partie hébergement, ils n'ont pas rogné, mais l'ont fait sur l'aérien, avec une importante baisse des prix, " déclare Benoit Crespin, le directeur France d'eDreams ODIGEO.

Il faut dire qu'en 2020 les départs ont largement été contraints, par les confinements, les restrictions et sur les destinations disponibles. La Thaïlande s'est transformée en Guadeloupe et les Maldives en Corse, les prix du transport ont donc considérablement chuté.

Du côté d'eDreams ODIGEO, la baisse du panier moyen sur le vol sec est de 23%.

Nos compatriotes ont surtout eu un grand besoin de souffler, loin de villes et de leur quotidien.

"Ils ont été très opportunistes dans le bon sens du terme avec beaucoup de recherches de nature et d'environnement, d'espace, d'horizon. Il y a eu un besoin de liberté, avec un succès pour les gites, de locations de maisons individuelles," analyse le responsable du cabinet.

L'objectif étant de vivre les vacances, sans le poids des gestes barrières. Les quatre saisons sont elles aussi devenues la norme, avec une belle affluence à la montagne l'été, mais aussi à la mer en hiver.

Sur les séjours non marchands, la baisse est plus mesurée, avec 4 points de moins, pour 1,9 million de Français en moins qui ne sont pas partis.

"Les jeunes sont allés se ressourcer en famille, car moins de budget. Puis le télétravail a entrainé des délocalisations. C'est un phénomène nouveau dans le loisir qui s'est surtout vu chez les cadres qui pourrait perdurer," selon Guy Raffour.

"Nous sommes passés de 19 millions de Français qui sont partis à l'étranger et DOM-TOM à... 6,5 millions"

Le taux de départ en vacances, long séjour marchand ou non marchand, a été de 54%, soit une baisse de 6 points. Surtout l'industrie a fait un bond en arrière de 7 ans, car il faut remonter à 2013 pour retrouver pareil chiffre.

Le taux global de départ a été de 60% en 2020, donc 32,7 millions de Français (-8 points) celui-ci se base sur les personnes ayant fait "au moins un" séjour.

En tout 4 millions de nos compatriotes ne sont pas partis par rapport à 2019.


"Nous avons été agréablement surpris par ce chiffre. Il y a un besoin vital de partir et une forte résilience de la population par rapport à la situation," distingue Guy Raffour.

Les causes, au-delà des restrictions sont à chercher pour moitié dans des raisons financières, mais aussi la prise en charge de personnes malades, des enfants en bas âge, etc.

Chaque fois que cela leur a été possible, les Français ont profité de l'opportunité de partir. Parmi ceux qui ont eu la chance de partir, 80% sont uniquement restés en France métropolitaine, alors qu'ils étaient 48% en 2019.

Alors que le total des Français étant partis dans les DOM-TOM ou l'étranger représentaient 52% en 2019, en 2020 les chiffres dégringolent avec seulement 20%.

"Nous sommes passés de 19 millions de Français à être partis à l'étranger et DOM-TOM à 6,5 millions en 2020, donc le choc est terrible pour l'industrie, c'est -66% en volume pour le tourisme de loisir," analyse Guy Raffour.

Malheureusement les Français n'ont pas compensé le manque de touristes étrangers.

Ceux qui sortent les moins perdants de la crise en 2020 restent malgré tout les DOM-TOM et dans une moindre mesure, les destinations du bassin méditerranéen et de l'Europe du Sud.

L'e-tourisme s'est plutôt bien maintenu, avec une baisse des e-touristes de 3 points. Internet a été très sollicité : demandes d'information incroyable et aspects pratiques ont été recherchés.

"L'objectif 1er était avant tout de partir, puis organiser le séjour après être arrivé sur place. L'utilisation des tablettes et smartphones à destination a explosé, pour une organisation en temps réel de ses vacances. L'e-tourisme est devenu totalement indispensable," explique le responsable du Cabinet Raffour Ineractif.

Cette omniprésence du smartphone durant le séjour restera.

Selon le cabinet, le taux de réservation en ligne est resté à 60%, il n'a pas chuté, il se maintient malgré la crise au même niveau que celui constaté l'année passée.

Les réservations sur mobile sont passées à 58% chez eDreams ODIGEO, pour les vols, contre 44% l'année précédente.

Le besoin vital de partir n'a jamais été aussi élevé en 2021, depuis le début de la création du baromètre

Le besoin vital de partir n'a jamais été aussi élevé en 2021, depuis le début de la création du baromètre. Ils sont prêts à sacrifier d'autres dépenses pour pouvoir bénéficier de la soupape de décompression que représentent les vacances.

"Le redémarrage du loisir peut être très rapide, contrairement à d'autres secteurs comme le voyage d'affaires, puisque 57% des Français interrogés ont déclaré que partir serait vital pour eux," se félicite Guy Raffour.

Ainsi, dès que les vannes seront ouvertes, les hexagonaux partiront, c'est une certitude, mais sans doute que le prix sera lui aussi l'élément déclencheur en plus de la flexibilité commerciale.

L'e-commerce est vraiment un autre point qui perdura, après la crise que ce soit au niveau de la réservation des vacances et des besoins d'information, mais aussi pour les commerçants à destination.

"Il faut absolument que tous les acteurs soient digitalisés dans leur relation client. Les Français demandent aussi une qualité de service et de l'empathie," selon le maître de cérémonie.

Durant cette crise, nous avons aussi redécouvert une nouvelle façon d'aborder l'espace, du temps et de la distance. Ce sera peut-être une nouvelle manière d'appréhender aussi le voyage.

N'oublions pas que les achats de dernière minute vont sans doute se raréfier quelque peu, la réservation des longs séjours se fait à l'avance. Une fois que les contraintes et le flou ambiant seront levés, alors les voyageurs reprendront pour une partie d'entre eux leurs habitudes.

En tout état de cause, il est encore trop tôt pour se projeter sur une hausse du panier moyen et une reprise du voyage.

"Les Français ont peur de l'avenir, malgré les amortisseurs sociaux, ils savent très bien qu'il faudra payer cela. L'épargne de précaution qui est à près 22%.

Ils ont envie de partir, maintenant, ils ont un arbitrage à faire entre l'épargne de précaution et le besoin,
" pense Guy Raffour.

Pour les agents de voyages, l'année 2021 sera l'année de la reconquête de la clientèle, en se situant dans un processus omnicanal. Les Français ont pris des nouvelles habitudes durant toute cette crise.

Dans les destinations les plus prisées et regardées du côté d'eDreams ODIGEO, les Antilles figurent en bonne place, donc le besoin d'évasion est là ! Il faut juste laisser aux Français la possibilité de pouvoir s'échapper, mais pour le moment la covid-19 n'a pas décidé de nous laisser tranquilles.

La patience est la mère de toutes les vertus...

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