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Charleville-Mézières : une cité ducale et duale au cœur des Ardennes

la perle des Ardennes


Découvrez Charleville-Mézières, la perle des Ardennes. De la majestueuse Place Ducale aux vestiges de Mézières, suivez les pas d'Arthur Rimbaud dans cette cité.


Rédigé par Jean-François Rust le Samedi 14 Février 2026 à 05:00

Charleville-Mézières : une cité ducale et duale au cœur des Ardennes - Photo JFR
Charleville-Mézières : une cité ducale et duale au cœur des Ardennes - Photo JFR
Un nom composé, deux villes. Telle est la préfecture des Ardennes, partagée entre son quartier historique, Mézières, et sa « ville nouvelle », Charleville. Jadis marchande et frontalière, la première s’éveille après des années d’éclipse.

Autour de sa célèbre Place Ducale, la seconde brille et choie son poète star, Arthur Rimbaud. La Meuse relie ces deux cités inverses pour offrir un voyage unique dans le Grand Est.

A-t-on jamais vu deux villes si dissemblables ? À un kilomètre de distance, Mézières et Charleville racontent une double histoire, celle d’une ex-cité frontière bastionnée et commerçante en voie de réveil (Mézières) et d’une ville Renaissance touristique (Charleville), née de l’ambition mégalo d’un noble français et bercée par le culte d’Arthur Rimbaud.

Mézières, la cité fortifiée au passé militaire et médiéval

À Mézières, les destructions et reconstructions du passé laissent peu paraître du rôle flamboyant que joua la ville autrefois. Idéalement placée sur la Meuse, à la frontière entre Francie occidentale et Lotharingie, Mézières rayonne dès le 10ème siècle par son commerce. Elle est une plaque tournante fluviale et cavalière entre la Flandre (Liège, Dinant), la Champagne (Troyes) et la Bourgogne. Draperies et dinanderies font sa fortune… avant que Charles Quint ne l’assiège au 16ème siècle.

De ce combat épique, remporté par les macériens grâce à l’intervention du mythique Chevalier Bayard, Mézières en retirera un corset de fortifications renforcé, ordonné par François Ier. De marchande, la ville devient militaire, rôle qui lui est encore assigné aujourd’hui avec la présence du 3ème régiment du génie.

La révolution industrielle du 19ème siècle lui donnera une coloration ouvrière mais celle-ci sera mise à mal par les guerres. Bombardée lors des conflits de 1870, 1914-1918 et 1939-1945, Mézières présente de nos jours un caractère disparate qui manque fatalement de liant.

Patrimoine et rénovation urbaine à Mézières

Il n’empêche. Elle abrite des vestiges intéressants qu’une rénovation urbaine en cours tente de valoriser. Premier constat : le bourg est joliment cerné par la Meuse, qui forme les douves naturelles de cet ex-place forte ardennaise.

Près du square Bayard,
où trône la statue du chevalier, la boucle du fleuve brun face aux maisons bourgeoises de la Promenade de Dülmen, sous un ciel gris-bleu typiquement ardennais, livre un des codes paysagers de la ville.

Concernant toujours le patrimoine, Mézières a conservé les deux tours commandées par François Ier, Milard et du Roy.

Rondes, massives, elles sont liées par une puissante muraille. Derrière elles se trouve l’édifice religieux majeur de Charleville-Mézières : la Basilique Notre-Dame d’Espérance. De 1499 à 1615, il a fallu plus d’un siècle pour la construire. Son style gothique flamboyant s’agrémente d’accords Renaissance… et d’un clocher du 19ème siècle.

Au sud, son plus beau portail fut franchi en 1570 par le roi Charles IX et Élisabeth d’Autriche. Alors que l’édifice n’était pas encore achevé, ils s’y marièrent dans un symbole de réconciliation. On y viendra surtout pour admirer les superbes vitraux du 20ème siècle, réalisés par René Dürrbach, un ami de Picasso.

L'architecture Art Déco de l’avenue d’Arches

L’arrivée sur la place de l’Hôtel de Ville témoigne du relooking en cours du quartier. Face à soi, rien de moins que… la mairie de Paris ! Comment en effet ne pas faire le parallèle entre l’édifice de la capitale et ce vaste bâtiment de la Reconstruction, bâti en 1933.

Même architecture fastueuse, même lucarnes et pinacles, mêmes clochetons, même horloge centrale… L’inspiration de style Renaissance qui prévaut à Paris semble ici évidente.

Surtout, le bâtiment a retrouvé son éclat. Sa rénovation, achevée en 2020 et accompagnée par le réaménagement de la vaste esplanade qui lui fait face, redonne la vigueur qui manquait à Mézières. Quelques commerces s’y sont installés, prélude à une reconquête touristique qui prendra du temps. Car passé ce secteur administratif où l’on trouve aussi la Préfecture, le tribunal et les Archives départementales, la liaison douce avec Charleville reste encore à imaginer.

Un continuum existe, pourtant, de même qu’une piste cyclable. L’avenue d’Arches aligne ainsi plusieurs immeubles Art Déco remarquables. Mais elle n’invite guère à la flânerie, pas plus que le cours Aristide Briand qui la prolonge et rejoint Charleville, après le franchissement du pont de chemin de fer.

Charleville : la ville nouvelle de Charles de Gonzague

C’est ainsi que l’on se retrouve au pied de la statue de Charles de Gonzague, héraut de Charleville, quartier fusionné en une seule commune avec Mézières en 1966. La sculpture et sa fontaine président au bout de l’axe piétonnier formé par les rues Bérégovoy et de la République, qui débouche sur la Place Ducale.

Ce noble éclairé du 17ème siècle, souverain d’un petit territoire limitrophe de Mézières, Arches, décide en 1606 de fonder une ville qui portera son nom : Charleville.

L’idée est de relancer l’activité marchande assoupie à Mézières et de concurrencer Sedan. Il ne va pas lésiner sur les moyens. Il appelle l’architecte Clément Métezeau, frère de Louis, l’architecte du Roi, qui achève au même moment, à Paris, la place Royale – aujourd’hui place des Vosges.

La Place Ducale : un chef-d'œuvre de la Renaissance

La similitude de la Place Ducale de Charleville avec celle des Vosges est criante. Même symétrie carrée avec arcades, même usage de la brique et de la pierre (ici la pierre de Dom, un calcaire oxydé local), mêmes pavillons à toits hauts couverts d’ardoise… De nos jours, c’est le cœur touristique de Charleville, avec ses cafés-terrasses et ses restaurants, sa mairie à beffroi et son animation piétonne.

À l’image des bastides du sud-ouest, cette place centrale de 90 m x 126 m distribue un noyau urbain en quadrilatère, divisé en quatre quartiers, chacun accueillant une place secondaire. L’axe depuis la statue de de Gonzague se poursuit au nord par la rue du Moulin.

À droite de celui-ci, le quartier Saint-François accueille le très intéressant Musée de l’Ardenne et le célèbre Grand Marionnettiste, une œuvre animée activée à chaque heure et qui propose, le samedi soir à 21h15, l’ensemble des douze scènes de la légende ardennaise des Quatre Fils Aymon. On s’arrêtera également devant le n° 13 de la rue de la Paix. Là se trouve une maison du 17ème siècle typique des constructions de Charleville.

Sur les traces d'Arthur Rimbaud : l'enfant terrible de Charleville

Difficile d'évoquer le tourisme à Charleville-Mézières sans parler de son poète star. Place Jacques Félix, la bibliothèque municipale a pris la place d’un ancien couvent des sœurs sépulcrines. Mais ce quartier rappelle aussi la mémoire d’un personnage autrement plus célèbre que de Gonzague : Arthur Rimbaud.

Difficile d’échapper à l’ombre envahissante du poète dans la cité ducale, tant tout, ou presque, rappelle la présence de celui qui y vit le jour en 1854.

Maisons natale et d’adolescence, musée, église, cimetière, fresques… Ses vers et ses frasques résonnent entre les murs de briques de cette ville qu’il n’aimait pourtant guère.

Le Musée Rimbaud siège dans le vieux moulin érigé en 1626. Dans cette bâtisse à colonnades, le touriste a loisir de plonger dans la vie et l’œuvre de l’artiste. L’immersion est complétée par la visite de la Maison des Ailleurs, située à quelques mètres du musée. Les Rimbaud y vécurent de 1869 à 1875.

Pèlerinage et ferveur sur la tombe de Rimbaud

Rue Pierre Bérégovoy, on lèvera la tête devant le n° 12 pour se rappeler de celui qui en 1871 réinventa la figure du poète. Place de la gare, on ira voir son buste, érigé en 1901.

Ses obsèques se déroulèrent dans l’église Saint-Rémi. L’anonymat de son enterrement contraste avec la ferveur qui prévaut généralement sur sa tombe au cimetière, avenue Charles Boutet.

Rimbaud y est enterré aux côtés de sa mère et de sa sœur. Les gens viennent s’y recueillir du monde entier. À l’entrée du cimetière, une boîte à lettres reçoit toujours, 131 ans après sa mort, des lettres d’admirateurs destinées à l’auteur du Bateau Ivre.

Rimbaud est un alibi parfait pour passer un week-end à Charleville-Mézières, une destination incontournable des Ardennes.

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