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Le tourisme spatial, entre rêve, optimisme et business

La chronique de Michel Messager



L'été ne s'est pas passé exactement comme annoncé dans le secteur du tourisme spatial... Notre expert Michel Messager vous résume les faits marquants des mois de juillet et août 2019.


Rédigé par Michel MESSAGER le Jeudi 29 Août 2019

Plusieurs scientifiques appellent à réclamer un moratoire sur la conquête martienne face à l’urgence climatique. Les signataires se sont dits également « choqués » par l’ouverture de la station spatiale internationale au tourisme - DR : DepositPhotos, cookelma
Plusieurs scientifiques appellent à réclamer un moratoire sur la conquête martienne face à l’urgence climatique. Les signataires se sont dits également « choqués » par l’ouverture de la station spatiale internationale au tourisme - DR : DepositPhotos, cookelma
On s’était quitté fin juin sur une espérance (LIRE), celle de voir, le 21 juillet dernier, à l’occasion des 50 ans de l’alunissage d’Apollo 11, Richard Bronson, l’emblématique patron du groupe Virgin et de Virgin Galactic, s’envoler à bord du véhicule spatial Spaceship3 et donner ainsi le signal de départ à une nouvelle forme de tourisme : le tourisme spatial.

Et bien une fois de plus on aura été déçu !

Mais rassurons-nous, ce n’est que partie remise…

Preuve en est : au cours du mois de juillet, à l’occasion de l’annonce de Virgin Galactic de son intention d’entrer en bourse via un accord avec Capital Social Hedosophia Holdings Corp, George Whitesides, directeur général de Virgin Galactic déclarait que « les prochains départs auraient lieu en 2020 ! ».

Une première entreprise du secteur spatial en Bourse

Il est clair que cet accord est un sérieux encouragement puisque, dans le cadre de cette transaction, Social Capital investira 800 millions de dollars dans une participation de 49% dans Virgin Galactic, avec une valorisation implicite de 1,5 milliard de dollars.

Une opération qui permettra donc par la même occasion de faire entrer Virgin Galactic en Bourse d’ici la fin de l’année, la société d’investissement Social Capital Hedosophia Holdings étant cotée à celle de New York. Une première pour une entreprise du secteur spatial.

Pour rassurer le marché et conforter son entrée en bourse au cours du second semestre, Virgin Galactic a présenté mi-août ses nouveaux quartiers généraux et sa salle de contrôle installée dans la base "Spaceport America", dans l'Etat américain du Nouveau-Mexique.

Rappelons que cette base a été officiellement "ouverte" en 2011 par le milliardaire britannique Richard Branson, qui a fondé Virgin Galactic en 2004.

600 personnes ont réservé un siège

A cette occasion, George Whitesides a confirmé une fois encore à l'AFP qu'il « s'attendait à ce que les premiers vols aient lieu l'année prochaine » poursuivant « qu’aujourd'hui était une grande journée.

C'est extraordinairement satisfaisant de voir toutes les pièces se mettre en place, les dernières retouches, le véhicule, le staff, l'endroit... et les clients. Nous sommes extrêmement heureux d'en être arrivé là
 , a-t-il conclu.

Si le Nouveau-Mexique est en voie de devenir « l'un des rares endroits de cette belle planète à lancer régulièrement des êtres humains dans l'espace », selon les déclarations du pilote en chef Mackay, le sénateur démocrate George Munoz a tempéré cet optimisme en rappelant que « le retour sur investissement attendu du Nouveau-Mexique en termes d'emplois et de visiteurs est toujours en retard, plus de 200 millions de dollars de fonds publics ayant été dépensés pour Spaceport America en coopération avec Virgin Galactic en tant que locataire ».

Quoi qu’il en soit, à ce jour, environ 600 personnes ont réservé un siège, selon la compagnie, au prix de 250 000 USD par billet.

Les Emirats Arabes Unis se lancent dans la course

Au cours de ces vacances d’été, les informations sur le tourisme spatial n’ont pas fait relâche.

Et notamment la confirmation de l’engagement des Emirats Arabes Unis dans la conquête de l'espace, symbolisé d’ici à peine quelques semaines, par l’envoi d’un astronaute émirien qui devrait rejoindre la Stations Spatiale Internationale, l'ISS, à bord d'un vaisseau Soyouz.

Ce nouvel astronaute de 35 ans, Hazza Al Mansoori, docteur en technologie de l'information et pilote militaire, sera le troisième voyageur spatial du monde arabe, après le Saoudien Sultan Ben Salman, en 1985 à bord de la navette spatiale, et le Syrien Mohamed Fares, en 1987 à bord d'un Soyouz.

Les Emirats Arabes Unis vont rejoindre ainsi le club très fermé des pays ayant fait voyager un de leurs ressortissants en orbite autour de la Terre, soit une vingtaine de membres seulement !

Mais le programme spatial émirien n'entend pas s'arrêter là, puisqu'il vise... Mars !

Comme le fait remarquer Gérard Vespierre, chercheur associé à la Fondation d'Etudes pour le Moyen-Orient (FEMO) et Président de Strategic Conseils : « les structures du programme spatial émirien sont très réfléchies et mûrement pensées.

La création de l'Agence spatiale émirienne UAESA (UAE Space Agency) en 2014 a été la pose de la première pierre. Son siège a été établi à Abu Dhabi sous la présidence de Kalifa Al Romaithi.

La deuxième étape a consisté en la mise en place du Centre Spatial Mohammed Bin Rashid, dont il a été décidé qu'il serait à Dubaï et présidé par le Prince héritier de l'émirat, dont le centre porte le nom.

Derrière ce programme spatial apparaît clairement une stratégie visionnaire, celle de l'après pétrole, en développant une économie de la connaissance
 »

Un moratoire sur la conquête martienne

Autre information à retenir : tout comme le tourisme que nous connaissons et qui se voit de plus en plus attaqué (sur-tourisme, tourismophobie, mouvement anti aérien...), le tourisme spatial n’échappe pas lui non plus à ce mouvement.

Témoin, à la veille des vacances, la lettre parue dans le journal Libération et dans laquelle plusieurs scientifiques appellent l’astronaute Thomas Pesquet « à réclamer un moratoire sur la conquête martienne » face à l’urgence climatique.

Pour ces chercheurs, il s’agit de se pencher sur ce qui est le plus urgent : « à l’ère du dérèglement climatique et de la catastrophe écologique, la conquête spatiale est-elle vraiment une priorité ? Et à quel coût écologique ? »

Les signataires se sont dits également « choqués » par l’ouverture de la station spatiale internationale (ISS) au tourisme.

« D’ici quelques décennies, alors que des centaines de millions de personnes auront été contraintes à l’exil climatique, que des zones entières seront devenues désertiques, et que les barrières de corail auront fini de disparaître, des ultra-riches pourront prendre des navettes spatiales pour aller contempler ce beau spectacle depuis là-haut : "Oh ! ici, une ancienne île presque submergée ! Oh ! de là, on voit super bien la désertification du Pakistan." »

Pour eux, « il est aberrant de lier l’avenir de la conquête spatiale et sa stabilité financière au tourisme spatial, qui représentera lui-même un coût de développement important, avec des impacts écologiques incertains ».

Attaques, vols reportés, fake news, espoirs déçus… Décidément, il faut une certaine dose d’optimisme pour être un inconditionnel du tourisme spatial. Mais après tout, l'optimisme nourrit l'espoir !

Michel Messager - DR
Michel Messager - DR
Michel MESSAGER est directeur associé de Consul Tours, société de conseil travaillant pour une clientèle privée et institutionnelle dans les secteurs du tourisme.

Après avoir occupé les postes de Secrétaire Général du Tourisme Français, puis de Directeur Commercial de Touropa et Directeur du pôle tourisme du Groupe Verney , il rejoint en 1997 l’APST (Association Professionnelle de Solidarité du Tourisme) en qualité de Secrétaire Général jusqu’à fin 2007, période à laquelle, encore jeune retraité, il décide de réactiver sa société de Conseils créée au début des années 90.

Nommé par le Ministre chargé du tourisme en 2005, puis en 2012, il siège au Conseil National du Tourisme en qualité de Président Délégué de la section économie touristique et fonde avec plusieurs personnalités du tourisme l’AFST (Association Française des Seniors du Tourisme) dont il assure la Présidence.

Il est l’auteur d’un livre sur le Tourisme Spatial publié à la documentation française et de plusieurs articles sur le sujet.

Il est considéré actuellement comme un des spécialistes en la matière. Il intervient fréquemment sur ce sujet à la radio et à la télévision, ainsi qu’au travers de conférences dans de nombreux pays, notamment au Canada où il réside quelques mois par an.

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