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Les marchés du bien-être mental ont-ils évolué ?

Décryptage de Josette Sicsic, Futuroscopie



Après une année terrible comme celle que nous venons de vivre, il est d’ores et déjà évident que les attentes en matière de bien-être vont probablement exploser. Encore faudra-t-il savoir cerner les différents segments de marchés liés à cette activité « ombrelle » dans laquelle on range toutes sortes de pratiques très éloignées les unes des autres. Encore faudra-t-il surtout savoir-faire preuve d’efficacité vis-à-vis d’une clientèle de mieux en mieux informée dont l’exigence de résultats se confirme régulièrement. Encore faudra-t-il enfin savoir se positionner sur le bien-être mental. Ce fameux « mindfullness» dont les pays anglo-saxons et asiatiques savent faire un meilleur usage que la France. Et ne pas se satisfaire d’une simple offre de spa, laquelle est largement dépassée !


Rédigé par Josette Sicsic (Futuroscopie) le Lundi 11 Janvier 2021

Quant au seul marché du tourisme de bien-être dans sa globalité, il est pour sa part estimé à 639 milliards USD dans le monde. Ce qui est loin d’être négligeable et confirme que le « happiness » est bien aussi un « business » - Depositphotos.com lzf
Quant au seul marché du tourisme de bien-être dans sa globalité, il est pour sa part estimé à 639 milliards USD dans le monde. Ce qui est loin d’être négligeable et confirme que le « happiness » est bien aussi un « business » - Depositphotos.com lzf
The GWI (Global Wellness Institute) est formel : le marché du bien être mental et physique est en pleine progression. Il devrait atteindre 4500 milliards USD. En France, un article de la Tribune évoquait de son côté une croissance de 8 à 12% depuis 2015.

Des chiffres effarants qui recouvrent cependant toutes sortes de soins, de la beauté à l’anti âge en passant par les cures d’amaigrissement et séjours de bien-être dans des stations et hôtels qui s’en sont fait une spécialité, thérapies et enseignements divers.

Objets connectés et autres gadgets ainsi que les produits cosmétiques et pharmaceutiques sont également comptabilisés dans cette évaluation tout comme les produits alimentaires naturels dont les avant-gardes se sont mises à raffoler.



Quant au seul marché du tourisme de bien-être dans sa globalité, il est pour sa part estimé à 639 milliards USD dans le monde. Ce qui est loin d’être négligeable et confirme que le « happiness » est bien aussi un « business ».

Les 4 segments du bien être mental ou bien être intérieur

Si l’on prend en considération la seule dimension mentale du bien-être, laquelle est aujourd’hui tout particulièrement recherchée, quelle réalité recouvre t-elle ? Et que nous dit-elle pouvant nous servir de guide pour les années à venir ?

Une première approche est fournie par la segmentation de l’offre telle que nous la voyons évoluer :

Sommeil et sensorialité
Si les problèmes de sommeil ne sont pas nouveaux et font l’objet d’une offre de soins présentes dans certains établissements touristiques qui s’en sont fait une spécialité, ils ont été largement amplifiés par le confinement imposé par le Covid, la peur pour sa santé, le stress lié à un changement d’habitudes. Il semblerait donc que les cures et autres soins capables d’apaiser et de retrouver un bon sommeil auront de plus en plus le vent en poupe.

Mais, ces cures jugées trop académiques ou trop onéreuses pour certains seront largement concurrencées par d’autres thérapies plus douces comme les bains de forêts (autrement dit la sylvothérapie. Voir fiche annexe), les séances de sieste dans ce que l’on appelle les « nap cafés », les séjours dans des centres de rétablissement du rythme circadien, dans des territoires situés à l’abri des nuisances lumineuses, tels qu’il en existe aujourd’hui en France (Dernier en date : le parc des Cévennes) et dans le monde ( USA).

Méditation, ressourcement, déconnexion
Anciennes dans les centres situés en ville, ces activités se sont beaucoup développées en milieu touristique, dans toutes sortes de lieux loués par des associations et autres « coach » qui y dispensent leurs enseignements.

Plutôt situés dans des territoires isolés ( campagne, moyenne montagne), ces centres sont désormais aussi situés dans des stations de montagne désireuses de se positionner sur de nouveaux créneaux de clientèles parmi lesquels les étrangers seront probablement très nombreux.

A noter cependant que ces activités désormais traditionnelles seront aussi de plus en plus liées à l’enseignement de la philosophie dans des sortes d’agora. La conversation, la discussion, l’échange auront de plus en plus de succès dans une société désireuse de retrouver le sens de son histoire et de l’histoire.

Développement personnel
Ce segment en très bonne santé échappe plus au secteur touristique quand il est constitué par une offre de produits naturels ou médicamenteux destinés à stimuler l’esprit et le corps. Quand il offre stages et autres séjours de relaxation, exercices mentaux, ou coaching de toutes sortes, il lui est totalement intégré.

A tel point que le groupe Accor par exemple a réfléchi il y a quelques années à offrir ce type d’activités à ses clients dans ses établissements à la localisation la plus adaptée.

Mais, les applications qui se sont multipliées et sont de bonne qualité font concurrence aux séjours en présentiel.

Spiritualité encore et toujours
Cette composante est destinée à s’étoffer. Les grandes crises sont souvent à l’origine d’un regain de spiritualité de la part d’une société déboussolée prête à confier sa détresse à toutes sortes de chapelles.

Les religions asiatiques ne sont probablement plus les seules à attirer des adeptes. Le christianisme dans sa diversité, renouvelle son public de croyants qu’il reçoit volontiers dans des monastères renommés mais aussi des centres religieux moins connus éparpillés partout en Europe.

Les itinérances du type « Chemins de Saint Jacques de Compostelle » sont promises à un bel avenir. Une opportunité pour les territoires.

Le complément indispensable : l’alimentation naturelle

Bien entendu et surtout, l’ensemble de cette offre devra être accompagnée d’un complément tout à fait indispensable : une alimentation très soignée, à base de produits locaux, naturels, de préférence issus d’espaces de permaculture en garantissant l’origine et la qualité.

Les clientèles du « mindfulness » : qui sont-elles ?

Si l’on prend maintenant en compte les clientèles et leurs évolutions, la segmentation reste à peu près celle qu’elle a toujours été, mais avec une intensification des aspirations et une demande de diversification. Trois groupes se distinguent :

• Des adeptes fidèles et convaincus
Ce segment de plus en plus important, fait une confiance absolue à toutes les pratiques de bien-être mental en général. Mais, alors que certains s’emploie à expérimenter de nouvelles pratiques dans de nouveaux lieux, d’autres restent résolument attachés à leurs habitudes, tant sur le plan du lieu que de la discipline choisie.

Clients fidèles, ce sont des prescripteurs et parfois aussi des pourvoyeurs de nouvelles disciplines. Dans certains centres (comme l’Espace des possibles), on les appelle « les apprenants ». Mais, attention, ces individus sont très exigeants sur la qualité et l’efficacité.

• Des « novices » en souffrance
Régulièrement, une nouvelle clientèle émerge. Mais, cette année, il semblerait qu’une clientèle résolument en souffrance donc en recherche de thérapies capables de la soulager, devrait se développer.

Pour cette clientèle, le lieu est aussi important que la thérapie qu’elle choisira en fonction d’un bon «bouche à oreille» ou avis et commentaires en ligne. Mais, l’environnement humain jouera également un rôle très important. Dans un désir d’aller mieux et de sortir de son isolement, cette clientèle qui pourrait bien être plus féminine que masculine, éprouvera un besoin important d’être rassurée.

• Des dilettantes en quête de vacances
Ceux-là ne souffrent pas vraiment mais recherchent des moyens de se sentir mieux dans leur corps et dans leur tête.

Ebranlés comme tout le monde par l’année atypique que nous venons de vivre, ce sont avant tout des vacanciers. Mais, des vacanciers aspirant à consommer par la même occasion des expériences susceptibles de leur redonner confiance en eux et de les soulager de leurs angoisses et de leur stress.

Pourvu que celles-ci satisfassent leur curiosité et leur hédonisme tout en leur procurant des sensations fortes : hypnose, PNR, marches diverses… Le tout sans trop d’efforts et dans un cadre attractif.

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