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Misterfly, Air Caraïbes, Air France... le tourisme de retour en décembre 2020 ?

Misterfly, Air Caraïbes, Air France... les indicateurs repassent dans le vert



Le Gouvernement ne souffle pas seulement le froid sur l'industrie touristique, il est capable aussi de générer des pics de fréquentation inédits. Ainsi, après l'allocution du président Macron, à la fin du mois de novembre puis de Jean Castex, la semaine dernière, comment se comportent les courbes des ventes des professionnels du tourisme ? D'Air France à Orchestra, en passant par Google, Misterfly et Air Caraïbes, voici les indicateurs des professionnels du tourisme. Bonne nouvelle, les voyageurs seraient de retour...


Rédigé par le Mardi 15 Décembre 2020

Misterfly, Air Caraïbes, Air France... les indicateurs repassent dans le vert - Crédit photo : Depositphotos
Misterfly, Air Caraïbes, Air France... les indicateurs repassent dans le vert - Crédit photo : Depositphotos
Les professionnels du tourisme développeraient presque un syndrome de Stockholm envers le gouvernement.

Capable de totalement anesthésier les réservations, voire même de pousser à la fermeture les points de vente, l'exécutif a aussi la faculté de remplir les avions en un claquement de doigts.

"Deux annonces ont entrainé des frémissements : la fin du confinement, puis celle de Jean Castex concernant les vacances en Outre-mer. Mais comment cela s'est traduit dans notre marché ?" a inauguré le maitre des visioconférences des Entreprises du Voyage, Jean-Pierre Mas.

Pour connaître l'impact de telles sorties médiatiques que nous devinons salvatrices, pour un secteur totalement à l'arrêt, le Syndicat est allé regarder les comportements des internautes.

"Quand nous regardons les requêtes sur Google, lors des 15 derniers jours, elles ont été beaucoup plus importantes sur toutes les destinations loisirs que sur la même période en 2019", se félicite le président des EDV.

Parmi les recommandations les plus importantes se trouvent la Réunion (en très forte hausse), Dubaï, Guadeloupe et Martinique. Ainsi les voyageurs seraient en recherche principalement de sécurité.

Une affirmation plutôt logique après une année complète faite d'incertitudes.

"C'est un Noël bleu, blanc et rouge" selon Nicolas brumelot (Misterfly)

Du côté de RapidVisa, les statistiques sont éloquentes aussi.

"Si les chiffres sont fortement impactés par la crise, ils sont malgré tout intéressants. Par exemple depuis deux semaines, les demandes de visa ont été multipliées par 6 pour la Tanzanie, par 3 sur Cuba et deux pour l'Egypte," rapporte Valérie Boned, la secrétaire générale des EDV.

Alors que le long-courrier semble reprendre des couleurs, il faut bien évidemment mettre cela en rapport avec la période actuelle.

Pour Emilie Boucard, la directrice des ventes agences France chez Air France-KLM, l'euphorie est toute relative, notamment du niveau du business travel.

"J'ai regardé les courbes des ventes. Je vais tousser un peu en parlant des voyageurs d'affaires. La priorité pour cette clientèle : sécurité sanitaire et règlementaire, flexibilité," explique la responsable.

Et malgré les efforts accomplis pour répondre aux attentes, les voyageurs affaires "ne sont pas revenus."

Une bataille qui semble dorénavant remise à plus tard, car l'objectif immédiat est de reconquérir la clientèle loisir. Et pour cela Air France va taper fort.

"Nous allons annoncer l'extension de la politique de flexibilité pour couvrir l'été 2021 et jusque fin septembre, donc les voyageurs pourront changer, échanger ou se faire rembourser leurs billets."

Les annonces de Jean Castex ou d'Emmanuel Macron n'y feront rien, l'activité business travel est quasi nulle, mais pour la partie loisir il y a des tendances particulières.

"Sur le moyen-courrier, les annonces ont eu un effet relatif, malgré tout, le 24 novembre 2020 (allocution d'Emmanuel Macron, ndlr), il y a une hausse des réservations de 50% .

Concernant le long-courrier, les effets se concentrent essentiellement sur l'Afrique, avec une augmentation régulière, et les DOM-TOM, avec une véritable explosion des réservations.
"

Ainsi l'engouement pour les territoires d'Outre-Mer est plus que palpable, car pour les semaines après chaque annonce gouvernementale, les réservations ont doublé.

Malgré tout, le prix moyen a chuté de 30%, avec un taux de remplissage très impacté, car l'offre était plus importante qu'en 2019.

Des tendances qui ne semblent pas éloignées de celles de Nicolas Brumelot, le président de MisterFly.

"Il y a eu l'avant Emmanuel Macron, car nous tournions à -76%, puis l'après nous avons gagné 10 points en l'espace de deux jours.

Avec les annonces de Jean Castex rebelote, de nouveau un bond de 10% avec des pics à 55% ou 60% des réservations de l'année précédente.
"

Des bonnes nouvelles qu'il faut mettre en perspective.

"C'est une reprise plus forte que celle de la fin du 1er confinement. En termes de destinations, aucune surprise, c'est un Noël bleu, blanc et rouge."

SNCF : "nous pensons un retour du marché autour de 2023"

Et pour stimuler la demande, Air France a décidé de mener une stratégie atypique.

"Nous avons mis des vols pour stimuler la demande et non la suivre, comme à l'accoutumée. La plupart des sursauts sont pour décembre, assez peu pour janvier et février," analyse Emilie Boucard, la directrice des ventes agences France chez Air France-KLM

Ces réservations de dernière minute font toutefois craindre le pire.

"Le gros de l'engagement de l'été se fait pour les vacances de Noël. Nous allons communiquer sur la flexibilité de nos billets afin de susciter des réservations."

Actuellement rares sont les clients à regarder plus loin que les prochaines vacances. Le constat est similaire du côté de la SNCF.

"Nous n'allons pas nous mentir, nous sommes aussi sur une année très mauvaise, en terminant l'année à -50%, dont la partie business à -68%. Les annonces ont eu un effet positif, avec des taux de réservation seulement en retrait de 10 points en retrait par rapport à l'année dernière," explique Guillaume Confais, responsable des ventes en agences de la SNCF.

Si le national parait limiter la casse, à l'international la reprise se fait attendre.

"Nous avons été fortement touchés par la crise, avec un recul de l'activité de -75% ou - 80%, nous ne voyons pas de redressement."

Tout comme sa concurrente des airs, le transporteur ferroviaire a décidé de mettre en place un plan de transport normal pour les fêtes de fin d'année.

Une fois cette période passée, en janvier 2021 l'objectif est de retrouver un plan de transport équivalent à 75% de celui de janvier dernier.

Alors que l'aérien s'attend à un retour lent, voire même très lent, la direction de la SNCF se veut plus optimiste.

"Nous pensons un retour du marché autour de 2023. Nous réfléchissons à une nouvelle politique tarifaire de la SNCF sur les prix bas qui ne sont pas nécessairement visibles.

Nous voulons particulièrement soigner l'expérience client de notre clientèle business.
"

Au niveau des voyageurs affaires, c'est un peu le jeu des vases communicants entre Air France et la SNCF.

"Nous voyons les voyageurs loisirs revenir, c'est encourageant" Marc Rochet

Et ce n'est pas Marc Rochet, le président d'Air Caraïbes et de French Bee qui dira le contraire.

"Le business est vitriolé, mais il y a une véritable embellie sur l'Outre-mer." Et ce ciel ensoleillé dans la tempête 2020 ne vient pas seulement des annonces de novembre.

"Il faut ajouter à cela, le fait qu'il y a quand même une simplification et une meilleure compréhension de la politique de test du gouvernement, de la part des voyageurs," explique le patron de la compagnie.

Sans oublier la punition pour les skieurs qui devront attendre 2021 avant de rechausser leurs skis alpins. Malgré ce léger mieux, il convient de ne pas crier victoire trop vite.

"Je ne pense pas qu'on fera en décembre 2020, les chiffres de 2019. Cela s'améliore, mais nous serons en deçà. J'ai un motif d'espoir, c'est que nous engageons plutôt correctement sur les 3 premières semaines de janvier."

Autant en décembre, la clientèle est majoritairement affinitaire, autant janvier signifie le retour des... touristes.

"Nous vendons bien la République Dominicaine, donc nous parlons une fois de plus de tourisme. Nous voyons les voyageurs loisirs revenir, c'est encourageant."

A noter, que la Polynésie accuse un certain retard, par rapport aux autres destinations des DOM-TOM.

Alors qu'en novembre 2020 le trafic n'a représenté que 12% de celui de novembre 2019, "je fais partie de ceux qui pensent que nous devrons nous repenser. Je ne pense pas que ce n'est pas en desservant des tonnes d'argent que nous arriverons à nous repenser," tacle, Marc Rochet.

Sur le plan commercial, il y a beaucoup de choses à changer, mais il ne faut pas rêver. Le yield management ne cessera pas, même si les tarifs doivent être plus lisibles.

Ce n'est pas la seule transformation.

"Le monde d'après sera composé aux entreprises qui s'adaptent très vite, donc les low costs en Europe, elles ont une avance sur nous.

Il faudra être capable de baisser nos coûts, c'est un challenge, il faut diminuer le nombre de divisions hiérarchiques dans l'entreprise, puis rendre nos produits faciles et sexy pour nos clients.

Nous devons améliorer l'accueil et l'ambiance à bord.
"

Pour le patron d'Air Caraïbes, une grande menace pèse au-dessus des têtes des agents de voyages.

"Il y a une forte montée du digital. Cette montée est venue d'un besoin de voyager, mais aussi de se rassurer, il faut que les agences de voyages ouvrent, expliquent. Je suis convaincu que les agences ont un potentiel plus fort après qu'avant."

Alors que selon la Fevad, l'e-commerce a fait en 2020 un bond de 10 ans, rien ne dit que le retour en arrière sera aussi rapide. Il y a aussi peut-être un frein pour les distributeurs.

"La confiance dans les agences de voyages a été un peu altérée. Avec l'ordonnance nous avons fait les poches à nos clients, même si les compagnies les ont faites sans autorisation," compare Jean-Pierre Mas le président des EDV.

Pendant que les OTA étaient ouvertes 24h/24 et 7 jours sur 7, les agences physiques dépassaient à peine quelques heures hebdomadaires. Il est temps pour les agents de voyages de reprendre position.

"Si voulons rétablir la confiance, cela ne se fera pas d'un coup de baguette magique. Nous discutons aussi avec la DGE pour accélérer la digitalisation de nos points de vente, nous ne pourrons pas faire sans," selon le patron du syndicat.

L'année 2020 se termine, la suivante sera celle de toutes les inconnues.

"Nous allons vivre avec la covid, voyager avec la covid. L'assurance d'un point de vue général sera l'un des sujets de notre prochaine visio, le 13 janvier 2021, mais aussi de l'avenir de l'APST.

Elle va continuer, il n'y aura pas de rupture. J'espère que nous allons pouvoir nous remettre tous dans le sens de la marche. Je vous souhaite tous de bien travailler et reprendre les fondamentaux de notre métier durant ces vacances.
"

Quelles soient studieuses ou festives, bonnes vacances à tous !"

Romain Pommier Publié par Romain Pommier Journaliste - TourMaG.com
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