logo TourMaG  




P. Doucet (Terre d’Ailleurs) : « Faire au moins aussi bien qu'en 2025 et préserver l’équilibre »

Terre d'Ailleurs compte aujourd'hui 4 points de vente et 10 collaborateurs


Entre gestion de crise, ambitions de développement et engagement au Cediv, le dirigeant de Terre d’Ailleurs défend une vision pragmatique du métier.


Rédigé par le Jeudi 9 Avril 2026 à 18:25

« Si la loi dit que le tour-opérateur doit payer, alors il paie. Je ne suis pas philanthrope », tranche Pierre Doucet, patron du réseau Terres d’Ailleurs, au sujet du rapatriement des voyageurs suite au conflit dans le Golfe - Terres d’Ailleurs
« Si la loi dit que le tour-opérateur doit payer, alors il paie. Je ne suis pas philanthrope », tranche Pierre Doucet, patron du réseau Terres d’Ailleurs, au sujet du rapatriement des voyageurs suite au conflit dans le Golfe - Terres d’Ailleurs
La guerre au Moyen-Orient a mis les agences de voyages sous tension, notamment sur la question sensible des rapatriements. Chez Terre d’Ailleurs, soixante-dix clients étaient concernés, répartis entre Moyen-Orient et Asie.

« Tous nos clients ont été rapatriés avec l’aide des tours-opérateurs », souligne Pierre Doucet, gérant du mini-réseau Terre d'Ailleurs.

Si l’essentiel des opérations a été pris en charge, l’agence a toutefois dû avancer certains frais. « J’ai moi-même payé des billets d’avion pour que des voyageurs rentrent plus vite. La priorité, c’est le client. »

Cette implication relance le débat sur le partage des coûts entre production et distribution. « Si la loi dit que le tour-opérateur doit payer, alors il paie. Je ne suis pas philanthrope », tranche-t-il.

Lire aussi : Rapatriements : les tour-opérateurs vont-ils faire payer les agences de voyages ?

Pour autant, sur le terrain, la réalité est plus nuancée. « On est des commerçants. Tout se discute. Si, dans une situation de crise, on peut aider, on le fait. Et derrière, ça peut se retrouver ailleurs, en soutien marketing par exemple. »

Pierre Doucet met toutefois en garde contre une dérive : « Dès qu’on fait preuve de solidarité, on peut être perçu comme faible. » Un équilibre délicat à trouver, dans un contexte où les relations avec les fournisseurs se sont durcies ces dernières années.

Au-delà de la crise immédiate, l’impact se fait sentir sur l’activité : reports de voyages et baisse temporaire des ventes. « Il y a du chiffres en moins, c’est indéniable, mais les clients s’adaptent. Nous observons un basculement à l’opposé du Moyen Orient, vers le Canada ou l’Amérique du Sud », indique Pierre Doucet.

Une stratégie de développement progressive et ancrée localement

Le 1er avril 2025, Pierre Doucet a repris un point de vente à Orléans, suite à la faillite d’Univairmer - Terres d'Ailleurs
Le 1er avril 2025, Pierre Doucet a repris un point de vente à Orléans, suite à la faillite d’Univairmer - Terres d'Ailleurs
Terre d’Ailleurs poursuit sa croissance, mais sans précipitation. L’entreprise compte aujourd’hui quatre points de vente, situés à Bourges, Châteauroux, Le Blanc et Orléans, pour un total de 10 collaborateurs.

L’ouverture récente de l’agence d’Orléans, issue de la reprise d’un point de vente Univairmer, illustre cette stratégie. « C’était une très belle aventure humaine. J’ai conservé les équipes en place, c’était essentiel », affirme le patron de Terre d’Ailleurs.

Si Pierre Doucet ne cache pas son intérêt pour de nouvelles acquisitions, il refuse toute fuite en avant. « Le rachat d’agences n’est pas une finalité. Il y a plusieurs étapes à valider. »

Premier enjeu : adapter sa communication. Historiquement ancrée dans le Berry, l’enseigne doit désormais élargir son positionnement. « À Orléans, on n’est plus sur mon territoire naturel. Il faut revoir notre manière de communiquer. »

Deuxième défi : la différenciation. « Dans ma région, je connais les codes. Ailleurs, ce n’est pas le cas. Qu’est-ce que je ferais de mieux qu’un grand réseau national ? », s’interroge-t-il.

Cette prudence s’appuie aussi sur une expérience passée. En 2020, l’ouverture d’une agence à Blois s’était soldée par une fermeture rapide, en pleine crise Covid. « J’ai appris que créer une agence là où d’autres sont déjà installés est plus risqué que de reprendre une structure existante. »

Côté performances, l’entreprise affiche un volume d’affaires d’environ 4,5 à 4,8 millions d’euros en 2025, avec une clientèle majoritairement individuelle (80 %). Pour 2026, l’objectif reste mesuré : « Faire au moins aussi bien que l’an dernier et préserver l’équilibre. »

Car au-delà des chiffres, la priorité est ailleurs : « Je veux que mes collaboratrices travaillent sereinement. Aujourd’hui, la pression est forte, entre clients exigeants et contraintes administratives », regrette-t-il.

Le Cediv : retour au calme et engagement renforcé

Parallèlement à ses activités, Pierre Doucet a récemment réintégré le conseil d’administration du Cediv, après une première expérience entre 2009 et 2015.

Un retour motivé avant tout par une fidélité personnelle : « J’ai un profond respect pour Adriana Minchella. Je sais comment elle fonctionne, et elle sait comment je fonctionne. »

Après une période agitée marquée par des départs d’adhérents, il se veut rassurant : « Oui, la sérénité est revenue », affirme Pierre Doucet.

Pour autant, il refuse toute vision figée. « Un réseau doit être en mouvement. Il y aura toujours des tensions, des projets, des départs. C’est normal. »

Sur les choix de certains confrères ayant rejoint d’autres réseaux, il adopte une lecture pragmatique : « Peut-être qu’ils gagnent plus aujourd’hui. Mais la vraie question, c’est : pendant combien de temps ? »

Pierre Doucet défend avant tout un modèle équilibré : « Ce qu’il faut viser, ce n’est pas l’excellence à tout prix, c’est l’équilibre. Et cet équilibre, je le trouve au Cediv. »

Un équilibre qui passe aussi par l’innovation. L’agence s’appuie notamment sur les outils technologiques déployés par le réseau, intégrant intelligence artificielle et nouveaux usages. « Ne pas utiliser ces outils, c’est prendre du retard. Aujourd’hui, il n’y a plus de place pour être moyen. Il faut être bon. Et pour ça, il faut savoir s’adapter », conclut-il.


Lu 408 fois

Notez

Nouveau commentaire :

Tous les commentaires discourtois, injurieux ou diffamatoires seront aussitôt supprimés par le modérateur.
Signaler un abus

Dans la même rubrique :
< >



































TourMaG.com
  • Instagram
  • Twitter
  • Facebook
  • YouTube
  • LinkedIn
  • GooglePlay
  • appstore
  • Google News
  • Bing Actus
  • Actus sur WhatsApp
 
Site certifié ACPM, le tiers de confiance - la valeur des médias