Le centre historique de Palerme est étonnement beau. Celui qui s’y promène, le nez en l’air, va de surprise en surprise.
La capitale de la Sicile est-elle d'ailleurs purement sicilienne ? Bien sûr que non ! Au vrai, son identité a été modelée depuis plus de 2000 ans par une incroyable succession d’envahisseurs.
Déjà comptoir commercial, la cité a été fondée vers 878 avant J.C par les Phéniciens. Elle est devenue, ensuite, possession de Carthage, avant d'être annexée par la République romaine, puis par l'Empire romain (dont elle fut le grenier à blé) et finalement conquise -pour trois siècles- par l'Empire byzantin.
Par la suite, Palerme sera conquise par les Arabes –c’est alors qu’elle est devenue la capitale de la Sicile. Plus tard encore, les Normands –ils étaient à l’origine des Vikings- ont arraché aux musulmans cette place stratégique de la Méditerranée.
Viendront ensuite les Angevins, puis les Aragonais (Espagnols), puis la Maison de Savoie, puis les Autrichiens, puis les Bourbons de Naples. Pour finir, la Sicile sera annexée en 1861 par le Royaume d'Italie nouvellement unifié. Avec 630 828 habitants, elle est aujourd'hui la cinquième ville d'Italie.
Même en se limitant au centre politique et religieux de Palerme, il y a tant à voir que -surtout si l’on a peu de temps-, mieux vaut se faire accompagner par un(e) guide que l'on trouvera en s'adressant à l'Association des guides de la ville.
Lors de notre séjour, c'est Angela Vassallo, guide chevronnée et parfaitement francophone qui nous a aidés à mieux saisir l’esprit de cette étonnante ville.
D’emblée, Angela a planté le décor : "tous les peuples qui sont passés ici puis se sont établis, ont vécu une transformation : ils se sont sicilianisés ! ". La balade dans Palerme, à ses côtés, l'a confirmé.
La capitale de la Sicile est-elle d'ailleurs purement sicilienne ? Bien sûr que non ! Au vrai, son identité a été modelée depuis plus de 2000 ans par une incroyable succession d’envahisseurs.
Déjà comptoir commercial, la cité a été fondée vers 878 avant J.C par les Phéniciens. Elle est devenue, ensuite, possession de Carthage, avant d'être annexée par la République romaine, puis par l'Empire romain (dont elle fut le grenier à blé) et finalement conquise -pour trois siècles- par l'Empire byzantin.
Par la suite, Palerme sera conquise par les Arabes –c’est alors qu’elle est devenue la capitale de la Sicile. Plus tard encore, les Normands –ils étaient à l’origine des Vikings- ont arraché aux musulmans cette place stratégique de la Méditerranée.
Viendront ensuite les Angevins, puis les Aragonais (Espagnols), puis la Maison de Savoie, puis les Autrichiens, puis les Bourbons de Naples. Pour finir, la Sicile sera annexée en 1861 par le Royaume d'Italie nouvellement unifié. Avec 630 828 habitants, elle est aujourd'hui la cinquième ville d'Italie.
Même en se limitant au centre politique et religieux de Palerme, il y a tant à voir que -surtout si l’on a peu de temps-, mieux vaut se faire accompagner par un(e) guide que l'on trouvera en s'adressant à l'Association des guides de la ville.
Lors de notre séjour, c'est Angela Vassallo, guide chevronnée et parfaitement francophone qui nous a aidés à mieux saisir l’esprit de cette étonnante ville.
D’emblée, Angela a planté le décor : "tous les peuples qui sont passés ici puis se sont établis, ont vécu une transformation : ils se sont sicilianisés ! ". La balade dans Palerme, à ses côtés, l'a confirmé.
Palerme : baroquissime place Quattro Canti
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Que l'on soit seul ou accompagné, comment ne pas rester bouche bée, puis s’exclamer en arrivant sur la place Quattro Canti qui est le cœur névralgique de Palerme ? Cette place de forme octogonale située à l’intersection des deux axes principaux – la via Maqueda et le Cassaro-, est réputée être l'un des joyaux architecturaux de la capitale sicilienne.
De son vrai nom piazza Vigliena, elle a été imaginée au XVIIe siècle par l’architecte Florentin Giulio Lasso qui s’inspira de la place des quatre fontaines à Rome. Elle est en effet délimitée par quatre immeubles de forme concave réalisés entre 1609 et 1620 qui sont agrémentés de fontaines.
Leurs façades baroques sont décorées par les allégories des quatre saisons, par les statues de quatre rois d’Espagne, des quatre patronnes de Palerme et des quatre vertus cardinales.
Egalement surnommée Il Teatro del Sole (le Théâtre du Soleil) -car l'astre diurne vient en éclairer les bâtiments, l'un après l'autre, au fil de la journée-, la place Quattro Canti est un lieu de rencontres. Il n’est pas rare non plus d’y trouver un musicien ou un chanteur en représentation.
Elle est également un excellent point de départ pour explorer la vieille ville de Palerme, avec ses autres places, ses rues étroites et sinueuses, ses marchés animés, ses nombreuses églises et ses palais.
De son vrai nom piazza Vigliena, elle a été imaginée au XVIIe siècle par l’architecte Florentin Giulio Lasso qui s’inspira de la place des quatre fontaines à Rome. Elle est en effet délimitée par quatre immeubles de forme concave réalisés entre 1609 et 1620 qui sont agrémentés de fontaines.
Leurs façades baroques sont décorées par les allégories des quatre saisons, par les statues de quatre rois d’Espagne, des quatre patronnes de Palerme et des quatre vertus cardinales.
Egalement surnommée Il Teatro del Sole (le Théâtre du Soleil) -car l'astre diurne vient en éclairer les bâtiments, l'un après l'autre, au fil de la journée-, la place Quattro Canti est un lieu de rencontres. Il n’est pas rare non plus d’y trouver un musicien ou un chanteur en représentation.
Elle est également un excellent point de départ pour explorer la vieille ville de Palerme, avec ses autres places, ses rues étroites et sinueuses, ses marchés animés, ses nombreuses églises et ses palais.
Fontaine voyageuse
La Piazza la plus proche des Quattro Canti, c’est la Piazza Pretoria qui est en grande partie occupée par une fontaine large de 29 mètres, haute de 9.
Créée en 1554 près de Florence par un éminent sculpteur, Francesco Camilliani, cette extraordinaire fontaine Renaissance dont le style maniériste annonce déjà le baroque, fut rachetée en 1573 à un héritier désargenté par le conseil municipal de Palerme.
Démontée en 644 pièces, elle fut transportée en bateau jusqu’en Sicile puis installée à son emplacement actuel après de longs ajustements compte tenu de la forme irrégulière de la Piazza.
Sa structure centrale comporte trois bassins circulaires concentriques, l'eau cascadant gracieusement du haut vers le bas. Ces bassins sont ornés de 48 statues en marbre de Carrare, figurant les quatre fleuves de Palerme, les douze dieux de l’Olympe, mais aussi des figures mythologiques romaines.
Malgré -ou plutôt à cause- de cette débauche de marbres délicatement sculptés, cette place fut, au XVIIIe et XIXe, surnommée par les Palermitains « piazza Vergogna ». Autrement dit, « Place de la honte », en référence à ... la corruption de l’administration de la ville et à la nudité des statues.
Autour de la Piazza Pretoria se trouvent en effet le Palais delle Aquile (des Aigles) construit au XVe où loge désormais la mairie de Palerme; ensuite, deux palais seigneuriaux, le Palazzo Bonocore et le Palazzo Bordonaro ; enfin le monastère et l’église Sainte-Catherine.
Edifiée au XIVe, celle-ci s’est vu adjoindre par la suite une façade Renaissance du XVIe et une coupole du XVIIIe. Son décor intérieur inspire par la contre-réforme est absolument foisonnant : il mêle marbre, stucs et sculptures.
Créée en 1554 près de Florence par un éminent sculpteur, Francesco Camilliani, cette extraordinaire fontaine Renaissance dont le style maniériste annonce déjà le baroque, fut rachetée en 1573 à un héritier désargenté par le conseil municipal de Palerme.
Démontée en 644 pièces, elle fut transportée en bateau jusqu’en Sicile puis installée à son emplacement actuel après de longs ajustements compte tenu de la forme irrégulière de la Piazza.
Sa structure centrale comporte trois bassins circulaires concentriques, l'eau cascadant gracieusement du haut vers le bas. Ces bassins sont ornés de 48 statues en marbre de Carrare, figurant les quatre fleuves de Palerme, les douze dieux de l’Olympe, mais aussi des figures mythologiques romaines.
Malgré -ou plutôt à cause- de cette débauche de marbres délicatement sculptés, cette place fut, au XVIIIe et XIXe, surnommée par les Palermitains « piazza Vergogna ». Autrement dit, « Place de la honte », en référence à ... la corruption de l’administration de la ville et à la nudité des statues.
Autour de la Piazza Pretoria se trouvent en effet le Palais delle Aquile (des Aigles) construit au XVe où loge désormais la mairie de Palerme; ensuite, deux palais seigneuriaux, le Palazzo Bonocore et le Palazzo Bordonaro ; enfin le monastère et l’église Sainte-Catherine.
Edifiée au XIVe, celle-ci s’est vu adjoindre par la suite une façade Renaissance du XVIe et une coupole du XVIIIe. Son décor intérieur inspire par la contre-réforme est absolument foisonnant : il mêle marbre, stucs et sculptures.
Palerme : Bel canto sur la Piazza Bellini
Pas très loin non plus de la Piazza Pretoria, le promeneur butte sur la vaste Piazza Vincenzo Bellini. Son atmosphère est prenante. Souvent, un chanteur de rue y fait le spectacle.
Le matin d’automne où nous y sommes passés, un artiste interprétait à tue-tête « Volare ». Dans la foulée, le refrain de ce célèbre « tube » -lancé en 1958 par Domenico Modugno- était repris en chœur par quelques passants.
« Volare oh, oh
« Cantare oh, oh
« Nel blu dipinto di blu
« Felice di stare lassù.
Puis un couple s’est mis longuement à danser sur la place, sous l’œil émerveillé des badauds qui se sont empressés de filmer avec leur portable ce spectacle improvisé.
Le matin d’automne où nous y sommes passés, un artiste interprétait à tue-tête « Volare ». Dans la foulée, le refrain de ce célèbre « tube » -lancé en 1958 par Domenico Modugno- était repris en chœur par quelques passants.
« Volare oh, oh
« Cantare oh, oh
« Nel blu dipinto di blu
« Felice di stare lassù.
Puis un couple s’est mis longuement à danser sur la place, sous l’œil émerveillé des badauds qui se sont empressés de filmer avec leur portable ce spectacle improvisé.
Les mosaïques de la Martorana
Il peut être difficile de s’arracher à la magie du moment, mais l’église de la Martorana, aussi appelée Santa Maria dell’Ammiraglio bâtie en surplomb de la Piazza Bellini, mérite de lui consacrer pas mal de temps.
Fondée au XIIe par Georges d’Antioche selon un plan à l’origine en croix grecque, largement remaniée par la suite, elle illustre le syncrétisme architectural cultivé en Sicile après que Roger de Hauteville, cadet d’un petit baron viking de Normandie ait achevé la conquête de la Sicile musulmane. Et surtout après que son fils, Roger II, ait fondé en 1130 le royaume normand de Sicile.
Derrière une façade simple et linéaire, cette église combine en effet des éléments (coupoles, arcs brisés, niches de soutien, fragments de calligraphie) d’inspiration arabe -tout comme le sol en marbre polychrome- avec des mosaïques byzantines d'une beauté stupéfiante. Ce sont les plus anciennes de Sicile. Le raffinement des décors et l’éclat de ces mosaïques dorées sont vraiment saisissants.
Dans la coupole règne le Christ Pantocrator, avec quatre anges prosternés en adoration à ses pieds. Dans le tambour du dôme sont représentés huit prophètes et, dans les angles, les quatre évangélistes. Un panneau polychrome montre le roi Roger II recevant sa couronne des mains de Jésus.
Aujourd'hui, cette église est le point de ralliement des 15 000 catholiques de rite gréco-byzantin présents en Italie.
Fondée au XIIe par Georges d’Antioche selon un plan à l’origine en croix grecque, largement remaniée par la suite, elle illustre le syncrétisme architectural cultivé en Sicile après que Roger de Hauteville, cadet d’un petit baron viking de Normandie ait achevé la conquête de la Sicile musulmane. Et surtout après que son fils, Roger II, ait fondé en 1130 le royaume normand de Sicile.
Derrière une façade simple et linéaire, cette église combine en effet des éléments (coupoles, arcs brisés, niches de soutien, fragments de calligraphie) d’inspiration arabe -tout comme le sol en marbre polychrome- avec des mosaïques byzantines d'une beauté stupéfiante. Ce sont les plus anciennes de Sicile. Le raffinement des décors et l’éclat de ces mosaïques dorées sont vraiment saisissants.
Dans la coupole règne le Christ Pantocrator, avec quatre anges prosternés en adoration à ses pieds. Dans le tambour du dôme sont représentés huit prophètes et, dans les angles, les quatre évangélistes. Un panneau polychrome montre le roi Roger II recevant sa couronne des mains de Jésus.
Aujourd'hui, cette église est le point de ralliement des 15 000 catholiques de rite gréco-byzantin présents en Italie.
Syncrétisme architectural
Juste à côté de ce joyau arabo-byzantin se dresse l’église San Cataldo, également construite du temps du Royaume normand de Sicile. C'est un autre exemple du syncrétisme architectural de l'époque.
Cette église catholique a, en effet, la forme d’un cube -allégé par des fenêtres en ogives- et est surmontée de trois coupoles rouges alignées, ce qui lui donne quelque peu l’allure d’une mosquée. Cela tient, paraît-il, aux origines des maçons qui l’ont bâtie.
Jadis, la via Meschita qui se trouve derrière San Cataldo, abritait une synagogue. De fait, la communauté juive a été très présente à Palerme du temps de la domination arabe comme sous le règne des rois Normands. A l'époque, la Sicile abritait même la plus importante population juive d'Italie (40 000 personnes sur un total de 70 000).
Las, après l'invasion de la Sicile par les rois d'Aragon (Espagne), les Juifs finirent par être expulsés. Cependant, aujourd'hui, les noms des rues autour de San Cataldo sont écrits en italien, en arabe et en hébreu.
Cette église catholique a, en effet, la forme d’un cube -allégé par des fenêtres en ogives- et est surmontée de trois coupoles rouges alignées, ce qui lui donne quelque peu l’allure d’une mosquée. Cela tient, paraît-il, aux origines des maçons qui l’ont bâtie.
Jadis, la via Meschita qui se trouve derrière San Cataldo, abritait une synagogue. De fait, la communauté juive a été très présente à Palerme du temps de la domination arabe comme sous le règne des rois Normands. A l'époque, la Sicile abritait même la plus importante population juive d'Italie (40 000 personnes sur un total de 70 000).
Las, après l'invasion de la Sicile par les rois d'Aragon (Espagne), les Juifs finirent par être expulsés. Cependant, aujourd'hui, les noms des rues autour de San Cataldo sont écrits en italien, en arabe et en hébreu.
Le témoignage irremplaçable de la cathédrale
Ces deux églises font évidemment partie de l’incontournable route arabo-musulmanne qui sert souvent de fil conducteur pour visiter la Sicile et notamment Palerme. Elle offre assurément un voyage à travers l'art, la culture et la spiritualité de l'île.
Huit des monuments qui ponctuent cette route se trouvent d'ailleurs dans Palerme intra-muros. Parmi eux, la cathédrale Santa Vergine Maria Assunta, autrement dit en français Notre-Dame de l'Assomption.
Cette cathédrale a été construite en 1184 par les Normands (ils furent décidément de grands bâtisseurs !), sur l'emplacement d'une mosquée musulmane elle-même érigée sur les ruines d'une basilique chrétienne. Ses tours encadrant la façade sont des XIV et XVe tandis que sa coupole et sa nef de style baroque datent du XVIIIe siècle.
De ce fait, Notre-Dame de l'Assomption est un témoignage irremplaçable de siècles de transformations, depuis ses origines paléochrétiennes à ses ajouts baroques, en passant par les périodes arabe et normande.
C’est ici que fut couronné Roger II, premier roi de Sicile, en l’an 1130. C’est également ici qu’il a été inhumé.
Si l'intérieur de la cathédrale est assez classique, ses décors extérieurs sont spectaculaires. Son "trésor" compte aussi de très belle pièces.
La visite sur les toits (on y grimpe par un escalier un peu raide) permet de profiter de jolies vues sur Palerme. Mieux vaut tout de même y aller en semaine et le matin pour éviter la foule.
Huit des monuments qui ponctuent cette route se trouvent d'ailleurs dans Palerme intra-muros. Parmi eux, la cathédrale Santa Vergine Maria Assunta, autrement dit en français Notre-Dame de l'Assomption.
Cette cathédrale a été construite en 1184 par les Normands (ils furent décidément de grands bâtisseurs !), sur l'emplacement d'une mosquée musulmane elle-même érigée sur les ruines d'une basilique chrétienne. Ses tours encadrant la façade sont des XIV et XVe tandis que sa coupole et sa nef de style baroque datent du XVIIIe siècle.
De ce fait, Notre-Dame de l'Assomption est un témoignage irremplaçable de siècles de transformations, depuis ses origines paléochrétiennes à ses ajouts baroques, en passant par les périodes arabe et normande.
C’est ici que fut couronné Roger II, premier roi de Sicile, en l’an 1130. C’est également ici qu’il a été inhumé.
Si l'intérieur de la cathédrale est assez classique, ses décors extérieurs sont spectaculaires. Son "trésor" compte aussi de très belle pièces.
La visite sur les toits (on y grimpe par un escalier un peu raide) permet de profiter de jolies vues sur Palerme. Mieux vaut tout de même y aller en semaine et le matin pour éviter la foule.
L'apogée de la Chapelle Palatine
Non loin de là, toujours dans le même quartier, celui de l’Albergheria, se trouve une autre merveille de l'architecture normande en Sicile : le Palais des rois normands.
Située place de l'Indépendance, cette grande bâtisse abrite aujourd’hui le siège de l’Assemblée régionale sicilienne. Mais quelle histoire ! Elle a été tour à tour une forteresse punique, un fort romain puis le château des émirs arabes avant de devenir, au XIIe siècle, la résidence des rois normands.
Son joyau, c’est la Chapelle Palatine. L'écrivain français Guy de Maupassant qui l’a visité, l'a décrite comme « la plus belle qui soit au monde, le plus surprenant bijou religieux rêvé par la pensée humaine et exécuté par des mains d’artiste. »
Il est vrai que ses mosaïques dorées, son plafond à muqarnas en bois et l'harmonie entre éléments chrétiens et islamiques représentent l'apogée de la synthèse culturelle arabo-normande.
Située place de l'Indépendance, cette grande bâtisse abrite aujourd’hui le siège de l’Assemblée régionale sicilienne. Mais quelle histoire ! Elle a été tour à tour une forteresse punique, un fort romain puis le château des émirs arabes avant de devenir, au XIIe siècle, la résidence des rois normands.
Son joyau, c’est la Chapelle Palatine. L'écrivain français Guy de Maupassant qui l’a visité, l'a décrite comme « la plus belle qui soit au monde, le plus surprenant bijou religieux rêvé par la pensée humaine et exécuté par des mains d’artiste. »
Il est vrai que ses mosaïques dorées, son plafond à muqarnas en bois et l'harmonie entre éléments chrétiens et islamiques représentent l'apogée de la synthèse culturelle arabo-normande.
Après la mafia et l'omerta
On pourrait poursuivre longtemps la visite de Palerme d’église en église, tant elles sont nombreuses et rivalisent de beauté.
Même si on a peur d'être lassé, à la longue, il ne faut pas rater l’extravagance baroque de l’église del Gesù, l’église de Jésus en français, commanditée par les puissants Jésuites en 1564. Son dôme a été achevé en 1683 mais pas moins de deux siècles ont été nécessaires pour compléter son décor intérieur qui mêle un fastueux ensemble de stuc et de marqueterie de marbres polychromes.
Mais Palerme s’apprécie ensuite en flânant longuement au hasard de ses rues. Chemin faisant, on a du mal à imaginer que la capitale sicilienne a été tellement abîmée en 1943, d’abord par les bombardements alliés puis par les bombardements allemands.
On a du mal à croire que pendant plusieurs décennies, Palerme a été totalement aux mains d'hommes politiques liés par des pactes à la Mafia tandis que son centre, dévoré par la spéculation immobilière, était déserté par l’aristocratie et la bourgeoisie au profit de quartiers neufs et rectilignes.
Ainsi, pendant longtemps, Palerme a laissé ses palais s’effondrer, ses commerces se fermer, ses rues se dégrader. Elle a aussi laissé mourir deux de ses plus courageux juges anti-mafia, Falcone et Borsellino, assassinés en 1992 par la Mafia justement.
De l'histoire ancienne ? Pas si sûr ! Même si elle semble moins présente, la mafia est toujours là : en témoignent plusieurs récents épisodes de violence.
Même si on a peur d'être lassé, à la longue, il ne faut pas rater l’extravagance baroque de l’église del Gesù, l’église de Jésus en français, commanditée par les puissants Jésuites en 1564. Son dôme a été achevé en 1683 mais pas moins de deux siècles ont été nécessaires pour compléter son décor intérieur qui mêle un fastueux ensemble de stuc et de marqueterie de marbres polychromes.
Mais Palerme s’apprécie ensuite en flânant longuement au hasard de ses rues. Chemin faisant, on a du mal à imaginer que la capitale sicilienne a été tellement abîmée en 1943, d’abord par les bombardements alliés puis par les bombardements allemands.
On a du mal à croire que pendant plusieurs décennies, Palerme a été totalement aux mains d'hommes politiques liés par des pactes à la Mafia tandis que son centre, dévoré par la spéculation immobilière, était déserté par l’aristocratie et la bourgeoisie au profit de quartiers neufs et rectilignes.
Ainsi, pendant longtemps, Palerme a laissé ses palais s’effondrer, ses commerces se fermer, ses rues se dégrader. Elle a aussi laissé mourir deux de ses plus courageux juges anti-mafia, Falcone et Borsellino, assassinés en 1992 par la Mafia justement.
De l'histoire ancienne ? Pas si sûr ! Même si elle semble moins présente, la mafia est toujours là : en témoignent plusieurs récents épisodes de violence.
Opéra monumental
N'empêche, après des années de douleur et d'omerta, la ville a entrepris de se métamorphoser.
Certes, il reste encore à Palerme des trottoirs défoncés, des rues sales, des ordures entassées ça et là et de grandes avenues congestionnées et polluées.
Certes, le temps n'est plus où princes, ducs, comtes et marquis rivalisaient de prodigalités pour édifier et entretenir leurs palais. Néanmoins, en deux décennies, bien des façades et des jardins réhabilités, des palais, des couvents et des musées rénovés.
Aujourd’hui d'ailleurs, les amateurs d’art seront séduits tant la capitale sicilienne regorge de musées. Il y en a vraiment pour tous les goûts, depuis les Catacombes des Capucins jusqu’au Musée et au Palais Asmundo en passant par la Pinacothèque de la Fondation Sicile qui réussit le tour de force de réunir en un même lieu le classique et le moderne. Ou encore la galerie d'art de la Villa Zito. Et aussi la Galleria Regionale della Sicilia.
En sus, les amateurs d’histoire peuvent s’offrir une expérience unique : la visite du musée No Mafia Memorial. On en sort en sachant (presque) tout sur l'univers de la pègre sicilienne et ses codes d'honneur. Brrr !
De leur côté, les amateurs de littérature et de lieux historiques, peuvent se rendre au 19, rue du General Magliocco où se trouve le Bar Mazzara. C’est là que l'écrivain et aristocrate italien Giuseppe Tomasi di Lampedusa a écrit son unique roman, Le Guépard (Il Gattopardo).
L’ouvrage est paru en 1958 à titre posthume mais personne n’a oublié la sublime version cinématographique avec Burt Lancaster, Alain Delon et Claudia Cardinale...
Quant aux passionnés d'art lyrique, ils sont à la fête au Teatro Massimo Vittorio Emanuele. Cet imposant bâtiment néo-classique à colonnes construit au XIXe abrite une scène lyrique de qualité. Il est la plus grande maison d'Opéra d'Italie (devant la Fenice de Venise) et la troisième d'Europe, devant l'Opéra de Paris et le Staatsoper de Vienne.
Certes, il reste encore à Palerme des trottoirs défoncés, des rues sales, des ordures entassées ça et là et de grandes avenues congestionnées et polluées.
Certes, le temps n'est plus où princes, ducs, comtes et marquis rivalisaient de prodigalités pour édifier et entretenir leurs palais. Néanmoins, en deux décennies, bien des façades et des jardins réhabilités, des palais, des couvents et des musées rénovés.
Aujourd’hui d'ailleurs, les amateurs d’art seront séduits tant la capitale sicilienne regorge de musées. Il y en a vraiment pour tous les goûts, depuis les Catacombes des Capucins jusqu’au Musée et au Palais Asmundo en passant par la Pinacothèque de la Fondation Sicile qui réussit le tour de force de réunir en un même lieu le classique et le moderne. Ou encore la galerie d'art de la Villa Zito. Et aussi la Galleria Regionale della Sicilia.
En sus, les amateurs d’histoire peuvent s’offrir une expérience unique : la visite du musée No Mafia Memorial. On en sort en sachant (presque) tout sur l'univers de la pègre sicilienne et ses codes d'honneur. Brrr !
De leur côté, les amateurs de littérature et de lieux historiques, peuvent se rendre au 19, rue du General Magliocco où se trouve le Bar Mazzara. C’est là que l'écrivain et aristocrate italien Giuseppe Tomasi di Lampedusa a écrit son unique roman, Le Guépard (Il Gattopardo).
L’ouvrage est paru en 1958 à titre posthume mais personne n’a oublié la sublime version cinématographique avec Burt Lancaster, Alain Delon et Claudia Cardinale...
Quant aux passionnés d'art lyrique, ils sont à la fête au Teatro Massimo Vittorio Emanuele. Cet imposant bâtiment néo-classique à colonnes construit au XIXe abrite une scène lyrique de qualité. Il est la plus grande maison d'Opéra d'Italie (devant la Fenice de Venise) et la troisième d'Europe, devant l'Opéra de Paris et le Staatsoper de Vienne.
Douceur de vivre
Dans toute la Sicile, des cours de cuisine pour apprendre à confectionner les fameuses "arancine". Photo : PB.
Signes de la renaissance engagée, les touristes affluent (1,3 million par an, non compris les nombreux croisiéristes !!!!), subjugués par le son des cloches des églises, le pas des calèches, la multiplication des hôtels de toutes catégories, y compris des cinq étoiles comme le Grand hôtel et des Palmes récemment rénové, des bars et des restaurants à la mode et, bien sûr, l’animation de ses marchés colorés, en particulier celui de la rue de Ballarò, en centre-ville, et celui de la Vucciria, près du port. Et également l’ambiance des terrasses.
A lire aussi : Palerme : J'ai testé pour vous le Grand Hotel et des Palmes
A Palerme, on déambule volontiers avec bonheur, faisant halte pour déguster les incontournables arancine (de petites boules de riz, garnie de viande et frites), une sfincione – autrement dit une pizza typiquement palermitaine -, des risotto au poisson et aux crustacés, des tartares de thon, des panelle et des cazzilli (ces beignets sont, pour les premiers, à base de farine de pois-chiche, pour les seconds à base de pomme de terre) parfumés à la menthe et bien sûr des Cannoli farcis à la ricotta sucrée..
On s'assied aussi volontiers à une terrasse pour boire une bière locale brassée à l'orge, déguster un étonnant Spritz alla Siciliana paré de jaune car fait à base de Limoncello, siroter un vin doux – marsala, moscato, malvasia.
Ou tout simplement s’offrir un café bien serré comme il se doit en Sicile et partout en Italie.
Alors, vous saisit l'étrange douceur de vivre de Palerme...
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On s'assied aussi volontiers à une terrasse pour boire une bière locale brassée à l'orge, déguster un étonnant Spritz alla Siciliana paré de jaune car fait à base de Limoncello, siroter un vin doux – marsala, moscato, malvasia.
Ou tout simplement s’offrir un café bien serré comme il se doit en Sicile et partout en Italie.
Alors, vous saisit l'étrange douceur de vivre de Palerme...
Publié par Paula Boyer Responsable rubrique LuxuryTravelMaG - TourMaG.com Voir tous les articles de Paula Boyer































