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Vente de voyages : demain, tous travel planners ?

L’édito d’Anaïs Borios


On le sait, on vous entend vous demander : « mais c’est quoi encore ce titre racoleur que nous a pondu TourMaG ? ». Pourtant, en cette Semaine des métiers du tourisme et alors que le panorama de branche des EDV vient de paraître, il est temps de se poser la question…


Rédigé par le Lundi 2 Février 2026

- DepositPhotos.com, albertobogo
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Et oui, c’est parti pour la 4e édition de la Semaine des Métiers du Tourisme, initiée par nos autorités et lancée dès jeudi dernier par le ministre Serge Papin.

L’objectif ? Faire découvrir les métiers et formations du tourisme grâce à des événements partout en France.

Enfin, principalement ceux de l'hôtellerie et de la restauration, si l'on se fie aux signes : c'est un chef - Juan Arbeláez - qui a été désigné parrain de l'opération, tandis que le ministre, dans son discours inaugural, a cité les métiers de l'hôtellerie.

Mais quid de la distribution, et notamment de l’outgoing ?

Sur les 52 événements étiquetés « Agences de voyages / Tour-opérateurs », on retrouve essentiellement des interventions de l’OPCO Mobilités, des initiatives prises par des écoles et… un seul tour-opérateur qui a joué le jeu d’ouvrir ses portes aux jeunes, aux demandeurs d’emploi et aux personnes en reconversion dans le Tarn-et-Garonne.

Mention spéciale donc à Jennifer et Didier Laur, dirigeants de Anglais in France !

Près de 5 000 départs à la retraite d'ici 10 ans ?

Chez TourMaG, nous avons voulu apporter notre modeste contribution avec une série d’articles à retrouver tout au long de la semaine.

Mais, je vous avoue que le peu d’enthousiasme que semble susciter cette manifestation parmi les opérateurs de voyage m’interpelle.

Pourquoi ? Parce que, la semaine dernière, est paru le Panorama de branche 2025 des Entreprises du Voyage (EDV).

Un outil d’observation qui fait dire à la présidente du syndicat, Valérie Boned, « à travers lui, nous affirmons la vitalité et la résilience de nos entreprises, leur capacité d’adaptation et leur rôle stratégique dans la mobilité et le tourisme ». Certes.

On y apprend aussi que d’ici dix ans, près de 5 000 départs à la retraite sont envisagés, mais que le secteur fonde de bons espoirs dans le recours à l'apprentissage - passé de 1% en 2019 à 6% en 2022 - pour séduire et recruter la jeune génération (23% des effectifs actuels ont moins de 30 ans).

Si les commerciaux groupes ou les billettistes n’ont pas trop de mouron à se faire, quid de l’agent de comptoir ?

Lire aussi : Emploi, salaires, attractivité : où en est le tourisme depuis le Covid ?

La profession à un moment charnière

Car, quand on interroge les pros, le discours diffère. Certes, les grands groupes - du type Carrefour ou Leclerc Voyages - acceptent les alternants, mais dans les petites structures, le manque de personnel pour les former et la réduction des aides ne permettent pas d’embauche supplémentaire.

Et que dire du fameux BTS Tourisme, dont tout le monde dit qu’il est inadapté ? Ou, pour certains, tellement édulcoré qu’il ne permet plus d’être opérationnel au bout de deux ans d’études…

Ajoutons à cela qu'une partie de la jeune génération ne veut plus travailler le week-end, ni trop tard le soir, mais exige du télétravail et de la flexibilité, et on voit mal comment les agences traditionnelles vont réussir à les fidéliser… La rémunération peut-être ? Ok, je sors !

Surtout qu’en face, une génération « d'irréductibles » résiste encore et toujours face à l’évolution des aspirations de leurs salariés.

Pour eux, le télétravail, c’est niet ! Alors accorder un peu d’autonomie et de prise d’initiative à leurs salariés, vous imaginez ?

Et pourtant, il va bien falloir que les dirigeants ouvrent les yeux ! La profession se situe à un moment charnière… et même plus, à un tournant générationnel.

Une image à redorer

Avec quoi en ligne de mire ? Des jeunes qui ne veulent plus vendre de la brochure 8 heures par jour dans une agence ; des salariés – essentiellement des femmes – qui souhaitent conjuguer vie pro et perso sans perdre leurs avantages (on en parle de la diminution des éductours ?) ; une concurrence accrue des travel planners et autres spécialistes des réseaux ; et une montée en puissance de l’IA.

Le tout en exerçant un métier qui requiert des qualifications, de la culture générale, une prise de risques, une pression constante en cas grève, catastrophe naturelle, événement géopolitique (à vous de compléter la liste) pour un salaire qui peine à évoluer.

Alors que faire pour continuer à attirer et retenir les talents ? Les EDV évoquent l’apprentissage et il est vrai de certains réseaux ont parié là-dessus, à l’image de la Selectour Academy. Pour les jeunes, c’est la (quasi) garantie d'un poste assuré à la sortie de la formation, et fini la galère pour trouver une alternance. Mais cette solution n’attire que les convaincus.

Quid des autres ? Ceux qui n’ont jamais mis les pieds dans une agence de voyages, car leurs parents, avant eux, n’y allaient pas déjà ?

Ceux qui pensent que les agences n’existent plus, qu’elles ne savent vendre que des brochures ou qu’elles sont trop chères par rapport au web ?

Ceux qui ne jurent que par les bons conseils des autres voyageurs sur les réseaux sociaux ? Et bien sûr, ceux qui ne veulent pas rester devant un comptoir toute leur vie…

Des évolutions nécessaires

Si les pratiques évoluent, il va bien falloir que les mentalités des distributeurs suivent.

À commencer par la rémunération. « Les patrons d’agences rabâchent à longueur d’années que leurs points de vente ne sont pas assez rentables, qu’ils ne margent pas suffisamment. Pourtant, tous continuent d’agrandir leur réseau… Aujourd’hui, ce discours devient difficilement audible pour les salariés », porte à notre attention un agent de voyages.

D'ailleurs, certaines agences n’hésitent plus à incentiver leurs vendeurs avec un beau pourcentage sur la marge.

Et puis vient la question de la flexibilité. Plusieurs distributeurs ont déjà enclenché la seconde, en acceptant d’employer des agents à distance ou en collaborant avec des apporteurs d’affaires.

Des collectifs se forment également, réunissant des agents de voyages sous une même immatriculation.

Une façon pour ces conseillers voyages de travailler à leur manière, et au moment où leurs clients en ont besoin - ce qui inclut le soir et les week-ends.

Alors, évidemment, tous les agents de voyages de France ne deviendront pas tous des freelances, mais la bascule vers un modèle plus « anglo-saxon » séduit même si le salariat dispose encore de sérieux atouts.

Reste que les opérateurs portent une responsabilité : rendre toujours plus attractif le secteur !

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