Il existe des peurs liées intrinsèquement au voyage : grèves, retards, annulations, catastrophes climatiques - DepositPhotos.com, nicoletaionescu
Partir crée forcément un changement, donc une dissonance cognitive d’autant plus sérieuse que le voyage se fait dans un pays étranger, lointain, peu connu.
Qui n’éprouve pas une appréhension en bouclant son sac à dos avant de prendre l’avion pour une « terra incognita » ?
Même les routards les plus expérimentés reconnaissent ce petit pincement de cœur sur la route de l’aéroport…
Et puis, et surtout, n’oublions pas qu’il existe une catégorie d’individus totalement hermétiques à l’idée de voyager. Ceux-ci sont atteints d’hodophobie. Soit des troubles anxieux totalement irrationnels mais impossibles à contrôler, qui se manifestent par toutes sortes de symptômes comme des palpitations, des maux de tête, des vertiges, des troubles de la respiration…
Générée le plus souvent par une histoire personnelle compliquée ayant traversé exil et séparation (divorces), cette pathologie est d’autant plus difficile à soigner qu’elle est rarement identifiée comme telle ou confondue avec la peur de l’avion, qui touche effectivement plus de monde.
Qui n’éprouve pas une appréhension en bouclant son sac à dos avant de prendre l’avion pour une « terra incognita » ?
Même les routards les plus expérimentés reconnaissent ce petit pincement de cœur sur la route de l’aéroport…
Et puis, et surtout, n’oublions pas qu’il existe une catégorie d’individus totalement hermétiques à l’idée de voyager. Ceux-ci sont atteints d’hodophobie. Soit des troubles anxieux totalement irrationnels mais impossibles à contrôler, qui se manifestent par toutes sortes de symptômes comme des palpitations, des maux de tête, des vertiges, des troubles de la respiration…
Générée le plus souvent par une histoire personnelle compliquée ayant traversé exil et séparation (divorces), cette pathologie est d’autant plus difficile à soigner qu’elle est rarement identifiée comme telle ou confondue avec la peur de l’avion, qui touche effectivement plus de monde.
Les contradictions d’un voyageur en quête de sécurité
Un paradoxe difficile à expliquer alors qu’environ un tiers des voyageurs sondés par Safertourism a déjà affronté des problèmes de santé liées aux situations suivantes :
- soit, une canicule extrême (39%)
- soit, une maladie nécessitant une intervention médicale (32%)
- soit une fatigue liée à un dépassement de leurs capacités physiques (22%).
Cette légèreté paradoxale peut aussi être incriminée par l’optimisme exagéré de beaucoup de voyageurs qui considèrent que les ennuis de santé concernent « les autres » et font confiance en leur bonne étoile.
Mais, elle est également liée à des problèmes économiques. Les assurances sont perçues comme chères et parfois inutiles. Beaucoup en effet s’imaginent déjà assurés par leur banque, leur assurance habitation, etc.
L’alimentation, les allergies, les insectes et autres peurs ordinaires
Autre constat non dénué d’intérêt : des légions de craintes qui n’ont rien de nouveau et ont toujours fait partie des appréhensions traditionnelles dès lors que l’on se déplace.
Ainsi, alors que la restauration constitue l’une des facettes les plus attractives d’un voyage, de plus en plus d’individus craignent les troubles liés à une alimentation trop exotique pour leur estomac. Ils sont au moins 39% dans ce cas. Et ce, malgré les précautions que nombre d’entre eux n’hésitent pas à prendre.
Les risques liés à la consommation d’eau sont aussi de plus en plus souvent évoqués et pas seulement dans des pays lointains. En Europe, on commence aussi à s’en inquiéter. A raison.
Tout comme l’on s’inquiète de la qualité des eaux de baignade, douces ou salées. Et puis, il y a l’air que l’on respire, notamment dans les grandes métropoles asiatiques comme Bangkok ou New Delhi.
Ainsi que, tout aussi redoutée, la liste interminable des allergies ! Rarement évoquées il y a une dizaine d’années, celles-ci sont devenues un ennemi invisible qui peut contraindre certaines personnes à interrompre leurs voyages.
Enfin, les piqures d’insectes, notamment de moustiques, sont tellement médiatisées qu’elles ont grimpé dans les hit-parades des frayeurs majeures et font l’objet d’équipements et trousses pharmaceutiques très étoffées ainsi que de vaccins. De taille à gâcher un séjour, elles ont la peau de plus en plus dure et ne sont pas destinées à disparaître.
Ainsi, alors que la restauration constitue l’une des facettes les plus attractives d’un voyage, de plus en plus d’individus craignent les troubles liés à une alimentation trop exotique pour leur estomac. Ils sont au moins 39% dans ce cas. Et ce, malgré les précautions que nombre d’entre eux n’hésitent pas à prendre.
Les risques liés à la consommation d’eau sont aussi de plus en plus souvent évoqués et pas seulement dans des pays lointains. En Europe, on commence aussi à s’en inquiéter. A raison.
Tout comme l’on s’inquiète de la qualité des eaux de baignade, douces ou salées. Et puis, il y a l’air que l’on respire, notamment dans les grandes métropoles asiatiques comme Bangkok ou New Delhi.
Ainsi que, tout aussi redoutée, la liste interminable des allergies ! Rarement évoquées il y a une dizaine d’années, celles-ci sont devenues un ennemi invisible qui peut contraindre certaines personnes à interrompre leurs voyages.
Enfin, les piqures d’insectes, notamment de moustiques, sont tellement médiatisées qu’elles ont grimpé dans les hit-parades des frayeurs majeures et font l’objet d’équipements et trousses pharmaceutiques très étoffées ainsi que de vaccins. De taille à gâcher un séjour, elles ont la peau de plus en plus dure et ne sont pas destinées à disparaître.
Attention aux chutes !
Il est également une peur historique très partagée par les vacanciers dans leur ensemble, mais surtout par les plus âgés, c’est celle liée aux chutes et autres glissades provoquant parfois une incapacité à poursuivre un voyage.
Ces risques représentent plus d’un tiers des incidents corporels.
Sans compter l’accident de voiture dont l’ombre est toujours présente dans l’esprit des partants.
Ces risques représentent plus d’un tiers des incidents corporels.
Sans compter l’accident de voiture dont l’ombre est toujours présente dans l’esprit des partants.
Des peurs à météorologie variable
Et puis, il y a les peurs liées intrinsèquement au voyage : grèves, retards, annulations, catastrophes climatiques.
Très médiatisées, elles aussi, par des informateurs en quête de sensationnel, celles-ci sont d’autant moins négligeables qu’elles donnent lieu à des conflits entre public et opérateurs (rail, compagnies aériennes, bus…) souvent insolubles ou au moins très compliqués à résoudre.
Quant aux nouvelles peurs liées au climat, elles commencent déjà à impacter les choix de destination. Surtout en hiver pour les skieurs et en été pour les sacro saintes vacances estivales censées bénéficier d’un temps clément !
Très médiatisées, elles aussi, par des informateurs en quête de sensationnel, celles-ci sont d’autant moins négligeables qu’elles donnent lieu à des conflits entre public et opérateurs (rail, compagnies aériennes, bus…) souvent insolubles ou au moins très compliqués à résoudre.
Quant aux nouvelles peurs liées au climat, elles commencent déjà à impacter les choix de destination. Surtout en hiver pour les skieurs et en été pour les sacro saintes vacances estivales censées bénéficier d’un temps clément !
Des peurs liées à une géopolitique variable
Enfin, par les temps qui courent, c’est de nouveau la géopolitique qui est au cœur des réticences des voyageurs à s’évader vers des régions touchées par le conflit moyen oriental : Ukraine, Israël, Iran, Émirats arabes unis, Arabie saoudite et même plus loin et pourtant épargnées, la Jordanie et l’Égypte et même la Tunisie.
A tel point que selon l’étude très récente du cabinet Protourisme, 1,3 million de Français semblent prêts à renoncer à un voyage à l’étranger !
Certes, nul n’ignore que le rattrapage peut se faire au dernier moment, dès lors que le conflit s’apaisera. Et cela d’autant plus que nombreux sont ceux qui diffèrent leur départ ou changent leurs projets.
Ces nouvelles peurs devenues chroniques présentent cependant quelques constantes comportementales qu’il convient d’observer de près.
Avec, comme le note Didier Arino dans l’étude Protourisme, le fait que les craintes s’atténuent dès lors que les tarifs d’un voyage s’atténuent aussi. Un billet pour le Sri Lanka à 500 euros, on y va ! A 1000 : on laisse tomber à cause des dangers encourus !
Autre remarque générée par une étude de Touriscopie en 2015 : il y a ceux qui ont les moyens d’avoir peur, donc d’annuler des vacances ou de les reporter, y compris en perdant une partie de leurs dépenses.
Mais, il y a ceux qui sont forcés de partir car ils n’ont pas la possibilité d’être remboursés, ni d’obtenir un nouveau congé, ni un mode de garde pour leurs enfants etc. Ceux-là, peur ou non, font semblant d’être rassurés.
Notons également enfin les kamikazes de tout poil, excités par la perspective de vivre un voyage hors du commun qui fera d’eux des héros ou à défaut des pseudos aventuriers ou grands reporters ou les trois à la fois ! Guettant le danger, ils ont beau être moins rassurés qu’ils en ont l’air, ils partent mais ne lâchent pas des mains leurs écrans et leurs réseaux sociaux.
A tel point que selon l’étude très récente du cabinet Protourisme, 1,3 million de Français semblent prêts à renoncer à un voyage à l’étranger !
Certes, nul n’ignore que le rattrapage peut se faire au dernier moment, dès lors que le conflit s’apaisera. Et cela d’autant plus que nombreux sont ceux qui diffèrent leur départ ou changent leurs projets.
Ces nouvelles peurs devenues chroniques présentent cependant quelques constantes comportementales qu’il convient d’observer de près.
Avec, comme le note Didier Arino dans l’étude Protourisme, le fait que les craintes s’atténuent dès lors que les tarifs d’un voyage s’atténuent aussi. Un billet pour le Sri Lanka à 500 euros, on y va ! A 1000 : on laisse tomber à cause des dangers encourus !
Autre remarque générée par une étude de Touriscopie en 2015 : il y a ceux qui ont les moyens d’avoir peur, donc d’annuler des vacances ou de les reporter, y compris en perdant une partie de leurs dépenses.
Mais, il y a ceux qui sont forcés de partir car ils n’ont pas la possibilité d’être remboursés, ni d’obtenir un nouveau congé, ni un mode de garde pour leurs enfants etc. Ceux-là, peur ou non, font semblant d’être rassurés.
Notons également enfin les kamikazes de tout poil, excités par la perspective de vivre un voyage hors du commun qui fera d’eux des héros ou à défaut des pseudos aventuriers ou grands reporters ou les trois à la fois ! Guettant le danger, ils ont beau être moins rassurés qu’ils en ont l’air, ils partent mais ne lâchent pas des mains leurs écrans et leurs réseaux sociaux.
Et les voyageuses : « She travel safe », une campagne pour elles
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Catégorie à part, bien que surreprésentée parmi les voyageurs, les femmes évoquent de plus en plus souvent leurs craintes de se déplacer en « solo » dans certains pays à la réputation douteuse mais également dans des pays occidentaux minés par toutes sortes d’actes de délinquance.
Estimées à la moitié des globe-trotteuses, ces femmes bénéficient de la campagne « The she travel safe » lancée par la fondation Safertourism afin de les inciter à prendre des précautions.
D’ailleurs, elles sont d’ores et déjà plus nombreuses que les hommes à prendre une assurance. Au cas où !
En attendant :
- 64% déclarent éviter de rentrer seules le soir ;
- 56% évitent les lieux qui leur ont été déconseillés ;
- 48% ne sortent pas la nuit ;
- 27% avouent ne pas prendre de taxis ou de VTC conduits par des chauffeurs masculins.
C’est dire que la globe-trotteuse est encore loin de conjuguer voyage avec sérénité. D’où ses préférences pour des escapades accompagnées et en groupes de « copines » !
Estimées à la moitié des globe-trotteuses, ces femmes bénéficient de la campagne « The she travel safe » lancée par la fondation Safertourism afin de les inciter à prendre des précautions.
D’ailleurs, elles sont d’ores et déjà plus nombreuses que les hommes à prendre une assurance. Au cas où !
En attendant :
- 64% déclarent éviter de rentrer seules le soir ;
- 56% évitent les lieux qui leur ont été déconseillés ;
- 48% ne sortent pas la nuit ;
- 27% avouent ne pas prendre de taxis ou de VTC conduits par des chauffeurs masculins.
C’est dire que la globe-trotteuse est encore loin de conjuguer voyage avec sérénité. D’où ses préférences pour des escapades accompagnées et en groupes de « copines » !
Journaliste, consultante, conférencière, Josette Sicsic observe depuis plus de 25 ans, les mutations du monde afin d’en analyser les conséquences sur le secteur du tourisme.
Après avoir développé pendant plus de 20 ans le journal Touriscopie, elle est toujours sur le pont de l’actualité où elle décode le présent pour prévoir le futur. Sur le site www.tourmag.com, rubrique Futuroscopie, elle publie plusieurs fois par semaine les articles prospectifs et analytiques.
Contact : 06 14 47 99 04
Mail : touriscopie@gmail.com
Après avoir développé pendant plus de 20 ans le journal Touriscopie, elle est toujours sur le pont de l’actualité où elle décode le présent pour prévoir le futur. Sur le site www.tourmag.com, rubrique Futuroscopie, elle publie plusieurs fois par semaine les articles prospectifs et analytiques.
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