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Bretagne : 400km à travers le Finistère, une plongée intime dans la réalité bretonne

TourMaG.com fait son tour de France



C'est parti pour le Tour de France 2018 ! Durant 3 semaines, TourMaG.com vous propose de partir à la découverte des régions françaises, en suivant plus ou moins le tracé officiel de la Grande Boucle. Aujourd'hui, cap sur le Finistère, alors que les cyclistes vont relier Brest à Mûr-de-Bretagne. Le littoral ultime de la Bretagne finistérienne, entre Léon et Cornouaille, dresse vers l’océan ses dizaines de péninsules déchiquetées. Dans ces zones ivres de vent et de nature, propices à la contemplation et aux randonnées, les routes côtières offrent une liberté de mouvement inédite. Depuis la candeur des loisirs de plages jusqu’à la rude vie du métier de pêcheur, cet itinéraire de près de 400 km promet une plongée intime dans la réalité bretonne.


Rédigé par Jean-François RUST le Jeudi 12 Juillet 2018

La nature sauvage des côtes finistériennes, non contente de satisfaire les touristes véhiculés par ses paysages spectaculaires, participe aussi à l’activité humaine et économique de cette Bretagne des confins - DR : J.-F.R.
La nature sauvage des côtes finistériennes, non contente de satisfaire les touristes véhiculés par ses paysages spectaculaires, participe aussi à l’activité humaine et économique de cette Bretagne des confins - DR : J.-F.R.
Plane-t-il encore à Roscoff l’histoire des Johnnies, qui partaient naguère outre Manche vendre leurs oignons à vélo ?

Cette ville exhale un parfum de voyage et la proximité de l’île de Batz, comme la présence d’une gare de ferries vers l’Angleterre et l’Irlande, en sont peut-être la cause.

Port de pêche actif, bourg animé aux splendides maisons de granit, Roscoff est un condensé de Bretagne.

A peine arrivé et vous voilà donc plongé dans cet univers singulier d’entre terre et mer, qui ne va pas vous lâcher jusqu’à la Cornouaille et un autre port, celui du Guilvinec.

Plein ouest, la D10 file à travers le Léon agricole, en direction de l’Aber-Wrac’h. Depuis votre véhicule, vous distinguerez sans peine le clocher de 78 m de la chapelle du Kreisker, totem de Saint-Pol-de-Léon.

Tout autour, à perte de vue, des champs cultivés de choux-fleurs, d’artichauts, de pomme de terre, de brocolis, d’oignons, de tomates… Le Léon profite d’un climat doux et de terres limoneuses pour s’afficher comme l’un des premiers jardins légumiers de France.

Passé le château féodal de Kérouzéré, la route file jusqu’à Plouescat. L’arrêt est conseillé dans cette station balnéaire aux nombreuses plages, connue aussi pour ses halles du 15e s.

Six kilomètres plus loin, la Maison des dunes de Keremma mérite aussi une visite. Vous découvrirez la fragilité d’un des plus vastes cordons dunaires de Bretagne.

Maisons de goémoniers

Vous voilà arrivés à Brignogan-Plages. Ce nom signe la vocation balnéaire de l’endroit mais à la beauté du sable blond, nous associons le charme brut de la pointe de Pontsuval, avec ses blocs granitiques et son menhir de 8 m.

On vous parlait de traditions, elles surgissent au hameau de Ménéham. Protégées de la mer par de hauts rochers, des maisons basses de goémoniers ont été restaurées et abritent des magasins et des ateliers d’artisans. Elles témoignent de l’ancien métier de ramasseur d’algues, assuré jadis par une corporation considérée comme la plus pauvre de la côte.

La route est longue, alors poursuivons ! Après Ménéham, la D10 file jusqu’à Plouguerneau et le phare de l’Île Vierge. Un monument de signalisation marine, haut de 83 m (record de France).

Posé à quelques encablures de la côte, on peut s’y rendre à pied à marée basse, pour grimper ses 400 marches. De là-haut, vous profiterez du spectacle d’écume et de rocs de la côte finistérienne.

Routes de rivages et ports secrets

Vous pénétrez maintenant dans le monde des abers. Un univers assez spectaculaire et des routes plongeant vers des rivages et des ports secrets, cachés au bord d’estuaires maritimes.

L’Aber-Wrac’h et l’Aber Benoît procurent des sensations uniques : un virage ouvre la vue sur le mât d’un voilier, glissant entre deux versants boisés ; une courbe débouche sur un quai étroit aux maisons de granit, dont l’une abrite - forcément ! - un café ; et l’air vif de la Manche vous saisit soudain, au moment où l’aber s’ouvre vers le grand large.

Après l’Aber Benoît, la route touristique se tortille sur plus de 40 km jusqu’au Conquet. Impossible de citer ici tous les ports, plages, pointes, chapelles, villages, îles et panoramas, que vous croiserez en chemin.

Sachez que cette portion d’itinéraire suit la mer d’Iroise, célèbre pour ses coups de vent.

C’est à Portsall que vint s’échouer, tragique souvenir, l’Amoco Cadiz, en 1978.

Si l’on doit vous conseiller des arrêts, les voici : la chapelle Saint-Samson, perchée au dessus de la mer ; l’Aber Ildut et son rocher du Crapaud, frontière « officielle » entre Manche et Atlantique ; Lanildut et son port goémonier ; la pointe de Corsen, cap ouest ultime de la France.

Panoramique pointe Saint-Mathieu

Au Conquet, après environ cent kilomètres parcourus depuis Roscoff, l’envie d’une halte vous saisira peut-être.

Un bon moyen pour découvrir à pied cette « station verte », ultime agglomération à l’extrême-ouest de l’Hexagone. Vous pourrez y faire de courtes balades littorales, à la pointe de Kermorvan et sur le port.

Avant de filer vers Brest, vous clôturerez cette partie d’itinéraire par le pèlerinage obligé à la pointe Saint-Mathieu (5 km au sud du Conquet).

Là, dans cet autre bout du monde où trône une ancienne abbaye ruinée, le cap et son phare offrent des panoramas uniques sur la presqu’île de Crozon, la pointe du Raz et les îles du Ponant (Sein, Ouessant, Molène).

Brest, une rade et une ville haute

Voici donc Brest. Une respiration urbaine où la mer reste toutefois le sujet majeur.

8 km de quais concentrent l’éventail des activités marines : construction et réparation navale, port militaire, de pêche, de plaisance, de commerce, gare maritime, espace éolien offshore…

Sans oublier les loisirs, avec Océanopolis (1er équipement touristique de Bretagne) et la marina du Château, affichant son quai bordé de cafés et de restaurants-terrasses.

Il ne faut pas quitter Brest sans avoir découvert la « ville haute ». Depuis les remparts fortifiés, le cours Dajot domine les ports.

Au cœur de la ville, la rue de Siam et son tramway vous proposent l’éventail à peu près complet des commerces d’une cité de 140 000 habitants.

La visite du château médiéval, relooké par Vauban, rappellera les grands faits de l’histoire maritime brestoise, mis en scène dans ce musée national. Le site abrite la Préfecture maritime, poste de commandement de la Marine pour l’Atlantique.

Reste à franchir la Penfeld. De l’autre côté du pont jeté sur ce court fleuve, depuis lequel vous apercevrez, en dessous, la ruche de l’ex-Arsenal, voici Recouvrance.

Le déploiement de l’activité militaire au 17e s. profita au quartier. Il est aujourd’hui transformé, comme en témoigne les Capucins, ensemble d’équipements culturels, de loisirs et de bureaux en cours d’aménagement dans l’ancien atelier de construction des navires de la Marine.

Un téléphérique relie même Les Capucins au centre-ville de Brest, par-dessus la Penfeld.

Crozon, conduite en liberté…

Prêts à repartir ? Cap au sud vers la presqu’île de Crozon et Camaret, distant de 68 km. Vous qui connaissez désormais la typicité du relief granitique, risquez d’être surpris.

« Coincée » entre la rade de Brest et la baie de Douarnenez, la presqu’île n’est composée que de grès et de schistes, d’où un relief doux piqué de bocage, de landes et de pins maritimes. Un paysage à observer au sommet du Ménez-Hom, vigie naturelle (330 m) de cette péninsule en forme de trident.

N’hésitez pas ensuite à « vous perdre », à rebrousser chemin, au gré de vos intuitions, sur des routes assez étroites (vigilance !).

Elles vous conduiront à l’abbaye de Landévennec, sur les rives de l’Aulne et dans de petits hameaux de pentys (maisons basses, certaines à toits de chaume), tels Kerrou et Rostuden.

Vous effectuerez aussi le tour de la pointe des Espagnols, face à la rade de Brest, crochèterez par Morgat pour voir les villas balnéaires anciennes, avant de vous poser à Camaret-sur-Mer. Voilà la « pépite » de Crozon, avec son port aux maisons serrées posées face à la chapelle de Rocamadour et à la tour Vauban, ouverte à la visite.

Pour clôturer le ban, un conseil : poussez prudemment votre véhicule vers quelques caps symboliques.

Les vues plongeantes sur la mer et ses falaises offertes depuis les pointes de Dinan, de Pen-Hir ou du cap de la Chèvre, sont fabuleuses.

Restera à vous prélasser sur une plage. Nous vous conseillons celle du Veryac’h, à Camaret, protégée par des falaises brunes et les rochers du Tas de Pois.

Pointes Leydé, du Millier, de Brezellec…

Reposés ? Cela vaut mieux, car l’étape suivante, le cap Sizun, réserve des moments intenses.

Après un arrêt-visite au magnifique enclos paroissial de Sainte-Marie-du-Ménez-Hom, vous filerez par une route tranquille jusqu’à Douarnenez (à 20 km).

La pêche n’est plus ce qu’elle était dans ce port sardinier, repaire toujours actif de conserveries, mais si vous souhaitez tout connaître de son histoire, il faudra consentir une demi-journée pour visiter le passionnant Port-Musée et découvrir, en face, le récent centre d’interprétation sur la sardine et sa transformation.

Roulons vers l’est, à la rencontre de la pointe du Raz. Le littoral nord du cap Sizun est ici incroyablement sauvage, avec de hautes falaises violemment battues par les flots. La D7 les longe à distance, aussi faudra-t-il s’engager à droite dans des voies secondaires pour les approcher.

Vous poserez ainsi votre véhicule à la pointe Leydé, du Millier, de Brezellec… Autant d’occasions d’apercevoir goélands ou fous de Bassan et de faire un bout de promenade sur le GR34, au dessus des granits cisaillés.

Le petit circuit (45 mn à 1h) tracé dans la réserve naturelle du Cap Sizun complétera la découverte de ce littoral exceptionnel, illustré par l’absolue solitude de la chapelle Saint-They, à la pointe du Van.

Pause pique-nique à Plogoff ou Esquibien

Juste après la baie des Trépassés (30 km depuis Douarnenez), voici la pointe du Raz.

Le stationnement est payant et permet de rejoindre à pied ce Grand Site de France, que vous parcourrez librement sur des chemins aménagés, cernés par l’océan.

Au large, l’île de Sein et les phares de la Vieille, d’Ar Men et de Tévennec, se distinguent. Ainsi que le gymkhana insensé dans le raz des ligneurs de bars, frôlant les rochers contre vents et marées.

La côte sud du cap Sizun est soudain plus hospitalière. Finis, ou presque, les rochers, place au sable et aux villages résidentiels.

La conduite se fait plus touristique, dans le sens où l’envie de stopper le véhicule pour une pause pique-nique près du littoral, grandit.

N’hésitez pas à vous arrêter à la plage du Loc’h, à Plogoff, ou à celle de l’Anse du Cabestan, à Esquibien. Juste après, à 15 km de la pointe du Raz, Audierne constituera une étape agréable pour ceux qui aiment les ports de pêche et les petits bourgs commerçants.

Le Guilvinec et Haliotika, la pêche superstar

Question pêche, justement, nous avons encore mieux à offrir ! Il faut pour cela filer jusqu’au Guilvinec, à 40 km d’Audierne.

Vous entrerez d’abord en Pays bigouden, laisserez à droite dunes, étangs et calvaire de Tronoën puis pousserez jusqu’à Penmarc’h.

Autour de cette pointe rocheuse, vous gravirez les 300 marches du phare d’Eckmühl, observerez la tour fortifiée de la ville et celle, carrée, de Saint-Guénolé.

Une balade au port, souvent noyé d’embruns, vous introduira dans l’univers de la pêche, assurée ici par des navires bolincheurs.

L’activité culmine au Guilvinec, où la pêche est un sacerdoce. 90 chalutiers rentrent chaque après-midi livrer leur cargaison, dans une belle effervescence.

Un spectacle à ne pas manquer en visitant Haliotika, la passionnante Cité de la Pêche.

La nature sauvage des côtes finistériennes, non contente de satisfaire les touristes véhiculés par ses paysages spectaculaires, participe aussi à l’activité humaine et économique de cette Bretagne des confins.

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Tags : Bretagne, TDF2018
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