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II. De novembre à mai, le Sud tunisien révèle ce qu’il a de plus beau

Suite du reportage de Tozeur à Tataouine



Sable aux reflets dorés des dunes qui ensablent les villages sahariens de Douz ou Zaafrane, blancheur scintillante du Chott el-Jérid où flottent des oasis de mirages. Choc des images, des couleurs, des vibrations, magie du désert. Vert profond des palmiers qui tapissent les oasis de Tozeur et Nefta. Le silence. Paysages lunaires des monts de Matmata, hameaux berbères de Chenini et Douiret, villages troglodytes et ksour des villages de crêtes… A deux heures et demie de la France, le sud tunisien mérite d’être (re)découvert par le marché français. En petits groupes, les Asiatiques y sont déjà. Ce sont les touristes les plus souvent rencontrés lors de mon périple effectué durant la dernière semaine de novembre 2019. Voici le deuxième volet de ce reportage.


Rédigé par le Mercredi 18 Décembre 2019

Top départ pour l'une des courses de chameaux. Ils ne se feront aucun cadeau - DR : M.S.
Top départ pour l'une des courses de chameaux. Ils ne se feront aucun cadeau - DR : M.S.
Tozeur, son aéroport international, sa vieille ville aux façades recouvertes de briques, palmeraie où l’on se balade à pied, à vélo ou en calèche, sa route touristique jalonnée d’hôtels.

La capitale du Djérid (le grand sud ouest tunisien) compte 45 unités, maisons d’hôtes et gîtes compris. 13 sont fermées. « Pendant la crise les hôtels ont toujours été entretenus. C’était indispensable pour se maintenir », m'indique Yasser Souf, commissaire régional au tourisme.

Les hôtels semblent en effet bien tenus, d’une propreté impeccable. Responsable de la qualité du parc hôtelier et du développement touristique, il est plutôt heureux des chiffres de son territoire qui inclut Tozeur, Nefta, les oasis de montagnes de Chebika, Tamerza et Gafsa.

Du 1er janvier au 31 octobre 2019, sa zone touristique a enregistré 213 908 arrivées, soit une progression de 27,3% par rapport à la même période en 2018. Le nombre de nuitées est dans la même ligne : + 28,9%.

Les festivals et événements qui jalonnent les mois de novembre et décembre (voir encadré) ne feront qu’augmenter les chiffres au vu de l’année dernière.

« Après la datte, le tourisme est la deuxième activité économique de Tozeur. Les touristes reviennent un peu. C’est primordial pour la ville, pour ses artisans, ses caléchiers. Dans chacune des familles de Tozeur, on trouve une personne qui travaille de près ou de loin dans le tourisme ».

Capitale du Djérid, cette ancienne étape des caravanes de la Route des Palmes fut l’une des villes les plus prospères du monde saharien.

Elle était la cité des écrivains, des philosophes, des mages, des astrologues. Il y flotte encore, je trouve, un parfum de mysticisme.

La ville ancienne a gardé tout son cachet et l’on se perd avec plaisir dans ses petites ruelles bordées de maisons basses aux façades en briques. Elles sont célèbres, ces façades, avec leurs motifs géométriques et leurs jeux d’ombre et de lumière.

Mon guide explique : « les formes géométriques s’inspirent des tapis régionaux. Elles sont posées de façon à augmenter la surface d’ombre du mur ».

Tozeur possède la plus vaste et la plus belle oasis du pays. On s'y balade à pied, à vélo, en calèches. Un vrai bonheur.

Les quelque 80 caléchiers s’adaptent aux crises comme aux marchés émergents. Le mien, Habib, connaissait la date du Nouvel An Chinois et savait déjà qu’il allait avoir une chute de trafic !

Tozeur est une excellente base de départ pour découvrir en excursions d’une demi ou d’une journée entière Nefta, les oasis de montagne de Chebika et Tamerza, le Chott et même Douz.

30 heures de rave au pied des dunes chez Luke Skywalker

4e Session Internationale de Tunisie des Courses de Dromadaires. Avant la compétition, les Touaregs présentent leurs montures. Ils viennent de Libye, du Sud algérien et du Sud tunisien - DR : M.S.
4e Session Internationale de Tunisie des Courses de Dromadaires. Avant la compétition, les Touaregs présentent leurs montures. Ils viennent de Libye, du Sud algérien et du Sud tunisien - DR : M.S.
Durant sa haute saison, de novembre à début mai, le Sud tunisien révèle ce qu’il a de plus beau, de plus insolite, de plus noble.

Il se met en scène avec une succession de fêtes et de festivals. En voici trois exemples.

Fondé en 1910, repris à l’échelle nationale en 1967, le Festival International de Douz est le plus ancien. Sa renommée dépasse aujourd’hui les frontières tunisiennes. Il célèbre le patrimoine des M'razigs, une tribu arabo-berbère, chameliers depuis des générations. Durant quatre jours avec l’immensité désertique en toile de fond, il offre des spectacles colorés, musiques et danses traditionnelles, reconstitution de mariages, courses de dromadaires, fantasias… La 53e édition de ce festival se déroulera en 2020, comme chaque année, fin décembre.

Un festival electro à Nefta : les "Dunes Électroniques" qui a déjà ses fans fidélisés. 30 heures de rave au pied des dunes de Ong Jmal. Ce site naturellement magnifique est à jamais célèbre pour avoir servi de décor dans l’un des épisodes de la saga Star Wars. Rappelez-vous, Mos Espa, la ville de Luke Skywalker, c’est ici. Organisé par l’équipe de l’hôtel Dar Hi Life, ce festival hors norme rassemble 3 000 personnes autour de la musique électronique underground. La 4e édition donne rendez-vous à ses fans de plus en plus nombreux en novembre 2020.

La « National Méhari » (Douz) renoue avec les courses de dromadaires. La nouvelle génération de méharistes et les fans de camélidés s’unissent en associations pour faire renaître cette tradition dont les origines se perdent dans la nuit des temps. Le 23 novembre dernier, la "4e Session Internationale de Tunisie des Courses de Dromadaires" réunissait près de 120 concurrents, touaregs venus avec leurs montures (en camions) de Libye, du Sud algérien et du sud tunisien.

Trois jours de fêtes, de concours en tenues de parades (le plus beau méhari) et de compétitions sportives avec remises de prix : 1 400 mètres, 3 400 mètres et point d’orgue, après examen des vétérinaires, la course d’endurance, le Marathon.

Spectacle magnifique, impressionnant, où l’on découvre qu’un chameau au galop dégage, j’ai trouvé, une certaine élégance. Cette session 2019 engageait la participation d’une équipe française parmi les chameliers émérites.

Quant aux spectateurs, peu nombreux mais tous grands amateurs de courses de dromadaires, ils venaient de loin, d’Asie, d’Australie, d’Afrique, d’Europe. La 5e session se déroulera fin novembre 2020. Dates non encore communiquées. En savoir plus : www.discovertunisia.com - www.ffcamels.com

Vers Tataouine, la contrebande de carburants, une économie « informelle »

Tataouine est aussi la capitale tunisienne des cornes de gazelles. Chez ce célèbre pâtissier, elles se réalisent en direct devant le client - DR : M.S.
Tataouine est aussi la capitale tunisienne des cornes de gazelles. Chez ce célèbre pâtissier, elles se réalisent en direct devant le client - DR : M.S.
Le sud tunisien côté Méditerranée se découvre aisément au départ de Djerba ou mieux, de Zarzis, la petite ville à vocation maritime et aux magnifiques plages qui lui fait face sur le continent. Elle réduit de près d’une heure les temps de transports.

Ici comme ailleurs, le réseau routier est en excellent état. La nuit, les virages, carrefours et croisements sont éclairés par des réverbères alimentés en énergie solaire, à chaque réverbère son panneau.

Départ pour Tataouine (130 km de Zarzis). Au commencement, c’est une petite route qui serpente à travers les champs d’oliviers. Puis assez vite, la grande route qui descendra vers la Libye.

Ici une usine turque qui met des crabes en boites pour le marché chinois. Plus loin, le « Lac salé » où l’on extrait 900 000 tonnes de sel par an, l’une des plus grosses productions africaine.

Et en bordure de route, d’innombrables offres de carburant libyen stockées en bidons. Contrebande frontalière, économie informelle, on laisse faire. Ce serait, me dit-on, « une soupape de sécurité. Elle maintient la paix sociale dans une région délaissée par les pouvoirs publics ».

Puis, très vite, d’étranges montagnes, arides, escarpées, de hautes falaises aux tons fauve. C’est la magnifique région de Tataouine, des villages de crêtes et des ksour (pluriel de ksar).

Le boulanger de l’Elysée

Dans une maison troglodyte de Matmata - DR : M.S.
Dans une maison troglodyte de Matmata - DR : M.S.
L'histoire, les vestiges, les paysages sauvages font de Tataouine l'une des régions les plus prenantes de Tunisie.

L'une des plus méconnues aussi.

L'Etat a encouragé ses habitants à quitter leurs pitons pour s’installer en plaine, dans des cités nouvelles avec écoles, eau et électricité.

En réalité, à plus de 70%, les hommes et, petit à petit, leurs familles ont émigré en France. Selon leurs villages d’origine, ils exercent un même métier : épicier, taxi, pâtissier, boulanger.

A Ghomrassen, ils sont tous boulangers, une tradition ancienne sans doute. L’un d’eux est une vedette en Tunisie : Ridha Khadher.

Parti de Ghomrassen à 15 ans pour suivre un apprentissage de boulangerie à Paris, il était en 2013, lauréat du concours de la « Meilleure baguette de Paris ». Il est aujourd’hui le boulanger « officiel » de l’Elysée et de Matignon.

Ghomrassen, aujourd'hui village-fantôme. Les habitants qui l’ont déserté y construisent de magnifiques demeures aux volets clos. Ils reviendront… un jour.

Le Sangho de Tataouine est une étape très sollicitée dans les circuits. Les clients y restent pour un déjeuner, une nuit ou davantage. Deux raisons : une table excellente et un site magnifique. Comme intégré à la montagne, l’hôtel s’inspire directement des ksour de la région.

Plus au nord, beaucoup plus touristiques, ce sont les monts de Matmata qui abritent les très photogéniques maisons troglodytes creusées en sous-sol.

Retrouvez tous les reportages consacrés au Sud Tunisien en cliquant sur ce lien.

Michèle Sani Publié par Michèle Sani Journaliste - TourMaG.com
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