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#JesuisAgentdevoyages - XXI. Le récit "optimiste" de Tierra Latina, en pleine tempête de coronavirus

#jesuisagentdevoyages, la série



Le secteur de la distribution ne se résume pas seulement aux agences de voyages physiques. Il ne faut pas oublier leurs cousines en ligne et aussi les start-up. Tierra Latina est de cette dernière catégorie, une jeune pousse qui est née pour apporter un angle nouveau, celui du séjour chez l'habitant. Après 5 ans d'existence, la jeune entreprise basée à Angers vient d'affronter successivement deux tempêtes, à savoir les crises politiques et populaires en Amérique latine, puis celle sanitaire du coronavirus. Comment vit-on ces événements ? Interview de Chloé Proust, la cofondatrice de Tierra Latina.


Rédigé par le Mardi 14 Avril 2020

Malgré les crises successives, les équipes de Tierra Latina restent optimistes - DR : Tierra Latina
Malgré les crises successives, les équipes de Tierra Latina restent optimistes - DR : Tierra Latina
Nous avions laissé Tierra Latina au début de l'année 2018 avec 350 clients et plein de rêves en tête, dont celui de devenir "la référence des voyages chez l'habitant en Amérique du Sud."

A lire : "Tierra Latina" veut devenir LA référence du voyage chez l'habitant Un rêve toujours d'actualité.

Et le plan s'est déroulé sans accroc, à quelques détails près.

La mécanique bien huilée, le développement était constant et encourageant, avec plus de 750 clients l'année passée, permettant d'ouvrir un bureau permanent à Buenos Aires et de recruter du staff.

"Le recrutement de nos collaborateurs a été le grand tournant, pour nous, car nous avons dû devenir des managers avant 30 ans," témoigne Chloé Proust, la cofondatrice de Tierra Latina.

Dorénavant, l'agence de voyages compte deux employés à Buenos Aires et deux autres en France, plus les salaires des deux fondateurs, sans compter les freelances réguliers qui assurent la maintenance et le développement du site.

Un long fleuve tranquille qui ne pouvait durer, dans une industrie si sensible aux aléas en tous genres.

Et c'est peu dire que la start-up a été mise à l'épreuve durant ces six derniers mois.

Une répétition générale d'une situation de crise à l'automne 2019

Si tout semblait parfait, depuis quelques mois les nuages cachent un peu le soleil au-dessus des têtes de la jeune pousse.

Alors que Thomas Cook mettait le secteur en émoi, Tierra Latina se retrouvait face à l'une des pires crises politiques en Amérique Latine, depuis la fin des différentes dictatures locales.

Le Chili, pourtant considéré comme l'un des pays les plus prospères de la zone, faisait face à des émeutes sans précédent, et la vindicte populaire ne s'est pas contentée de s'arrêter à la barrière naturelle que constituent les Andes.

"Nous avons eu quelques annulations et avons dû mettre en place des plans d'actions pour rapatrier des clients. Ça a pété partout dans la région, sauf en Argentine," se remémore la jeune femme.

Par chance, le pays de Maradona, première destination de l'agence, a réussi à couver le feu dans les rangs de sa population. Sauf qu'en attendant, les demandes ont été plus rares.

Une première crise qu'il a fallu affronter avec les moyens du bord, tout en apprenant à gérer cette nouveauté.

"En fait en novembre-décembre, nous avons eu une grosse répétition générale, je dois dire que nous avons eu peur. Nous étions seuls."

Tous les dispositifs mis en place à cette époque servent maintenant pour affronter la crise sanitaire mondiale.

Comment gérer le coronavirus en étant une agence en ligne ?

"Nous avons pu réagir très vite, car nous connaissions déjà cette situation. Le rapatriement s'est très bien passé, les voyageurs et les prestataires ont joué le jeu.

Tout le monde a été compréhensif et solidaire,
" souffle maintenant Chloé Proust.

Une situation bien plus calme et moins stressante que pour une majorité de ses confrères, que l'entrepreneuse explique par un faible nombre de clients et une relation privilégiée avec eux.

"Quand je lis les témoignages sur TourMaG.com, je me dis que les situations sont très différentes d'une structure à l'autre."

Surtout que pour Tierra Latina, ses destinations se préparent à affronter l'hiver. Avril annonce traditionnellement la fin de la saison, sauf que pour 2020, celle-ci est intervenue un mois plus tôt en raison du coronavirus.

Une fois la mission "retours" conclue, il a fallu se plonger dans celle des futurs départs, et cette fois-ci les rôles ont été inversés.

"Des voyageurs nous ont appelés pour nous demander de reporter leurs séjours. Nous avons reçu énormément d'encouragements et aucun litige," rapporte avec enthousiasme, la co-fondatrice de Tierra Latina.

Il faut dire que les touristes passant par l'agence de voyages en ligne, sont plutôt à ranger dans la catégorie "grands voyageurs" et donc moins sensibles que les autres aux aléas, qu'ils soient climatiques, politiques ou sanitaires.

Au final, la start-up arrive à reporter sans trop de frais jusqu'en juin 2021, les conséquences du coronavirus ne sont pour le moment que faibles.

La situation en Amérique latine par rapport au coronavirus ?

L'équipe de Tierra Latina à Buenos Aires autour d'Arthur - Crédit photo : Tierra Latina
L'équipe de Tierra Latina à Buenos Aires autour d'Arthur - Crédit photo : Tierra Latina
Après un automne 2019 compliqué, Tierra Latina sortait d'un hiver 2020 plus qu'encourageant.

"C'est triste à dire, mais dès que les feux de forêt ont commencé à sévir en Australie, nous avons bénéficié d'un certain report des réservations sur l'Amérique Latine."

Ce constat a été vrai jusqu'à la mi-mars, depuis les réservations ont été plus frileuses comme partout ailleurs, d'autant que le sous-continent américain ne présente pas toutes les garanties sanitaires.

"Il y a un confinement à Buenos Aires depuis jeudi 26 mars 2020. Pour le moment, la population le respecte", confie la responsable, selon les informations d'Arthur Thenot, son associé actuellement présent dans la capitale argentine.

Sauf que si les gouvernements européens ont sorti la planche à billets pour soutenir l'économie, de l'autre côté du globe, la situation n'est pas du tout la même, bien au contraire.

"Les conséquences ne seront pas les mêmes qu'en France, il n'y a pas le même système social."

Retrouvez l'interview d'Arthur Thenot : Tour du monde des réceptifs : les ballons ne résonnent plus dans les "barrios" de Buenos Aires...

Afin d'éviter un drame sanitaire, le pays a pris les devants alors que pendant ce temps, les pays voisins se montrent moins préoccupés par l'avancée de l'épidémie.

"Les inquiétudes sont grandes, d'autant que des pays comme le Brésil ou le Mexique n'ont pris aucune mesure par peur des conséquences financières pour les habitants," rapporte la responsable.

Une situation qui pourrait valoriser les décisions du gouvernement argentin dans la région.

Faut-il communiquer pendant le confinement ?

Une fois les rapatriements gérés, avec quelques milliers d'euros perdus auprès des compagnies aériennes assurant des vols intérieurs, l'équipe a été placée en chômage partiel.

S'il est encore trop tôt pour anticiper la sortie du confinement et la reprise de l'activité, qui déprendra aussi bien du marché français que des pays sud-américains, les salariés sont occupés.

"Nous développons en interne notre propre logiciel de cotation qui sera ouvert aux agences de voyages. Nous profitons de cette période pour le peaufiner."

Puis après avoir ouvert pour la première fois des réservations à des groupes d'individuels regroupés (ou GIR), puis des séjours destinés aux personnes handicapées, la start-up n'entend pas s'arrêter en si bon chemin.

"Nous étudions la question de mener une levée de fonds dans les mois à venir, ce que nous n'avons encore jamais fait. Elle permettra de booster notre croissance, d'ouvrir d'autres pays et de créer des outils technologiques," se projette Chloé Proust.

Une éventualité qui ne serait pas totalement arrêtée, surtout que Tierra Latina n'en a pas expressément besoin.

"Nous avons de la trésorerie, nous ne sommes pas inquiets pour notre survie," un message rassurant à l'heure où l'industrie entière frémit.

Et justement c'est vers la distribution que Tierra Latina regarde pour se développer, car déjà une douzaine d'agences de voyages distribuent leurs produits, en espérant mieux prochainement.

Actuellement les journées en France sont rythmées par un important travail effectué pour améliorer le référencement naturel, la base de données, peaufiner le site, mais pas seulement.

"Nous sommes aussi très présents sur les réseaux sociaux. Nous pensons que maintenir la communication est aussi important pour nous que pour nos voyageurs," conclut la cofondatrice de la start-up.

Surtout que Tierra Latina s'attend à un boom des réservations en 2021 et c'est tout ce que nous leur souhaitons, comme à l'ensemble de nos lecteurs.


Romain Pommier Publié par Romain Pommier Journaliste - TourMaG.com
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