TourMaG.com, 1er journal des professionnels du tourisme francophone
TourMaG.com, 1e TourMaG.com, 1e


Les Abruzzes, une destination inédite pour échapper à la foule de la Toscane ou de Rome

Un territoire intègre



La région garde des séquelles du tremblement de terre de L’Aquila en 2009 mais elle s’est reconstruite. A 2 heures de Rome, l’occasion est belle de visiter une province âpre et désolée, émaillée de villages-citadelles perdus dans l’immensité montagneuse. Découverte.


Rédigé par Jean-François RUST le Samedi 14 Décembre 2019

La région des Abruzzes garde des séquelles du tremblement de terre de l’Aquila en 2009 mais elle s’est reconstruite - DR : J.-F.R.
La région des Abruzzes garde des séquelles du tremblement de terre de l’Aquila en 2009 mais elle s’est reconstruite - DR : J.-F.R.
L’Aquila, un après-midi de décembre.

En arrivant place de la Fontana Luminosa, entrée principale de la vieille ville, la première chose que l’on aperçoit est un immeuble emmailloté de bâches…. et des chiens.

Deux symboles d’une cité en reconstruction dont la quasi-totalité du centre historique a été ruiné par un séisme qui a laissé orphelins des dizaines d’animaux, réfugiés sur cette place où des niches ont été installées sur un bout de pelouse.

Neuf ans après le tremblement de terre et ses 309 victimes, le leitmotiv martelé à tout crin sur les échafaudages de la ville, « L’Aquila Rinasce » (L’Aquila renaît), tarde à se concrétiser.

Car la rénovation s’appuie sur des aides et des marchés publics dont l’Italie du Centre et du Sud sait depuis toujours, hélas, ralentir ou détourner l’usage.

Palais médiévaux, édifices Renaissance

Le paradoxe de cette cité abattue est la curiosité provoquée par le séisme.

Soudain, des Romains, à 2 heures de route, sont venus voir le désastre et ont décelé sous les ruines une cité jadis prospère.

Au cœur de la chaîne des Apennins, la capitale administrative des Abruzzes n’est pas l’épicentre de ce territoire de paysans et de briganti que l’imagerie italienne lui a collé sur le dos comme une tare, à l’instar des Pouilles et du Basilicate.

Fondée en 1248, L’Aquila a connu au fil des siècles le négoce de la laine sous les Médicis, l’occupation normande, espagnole, sicilienne…

Un fort hispanique, des palais médiévaux, des édifices Renaissance, des églises baroques ont poussé.

Aujourd’hui à moitié rebâtis, à l’image de l’église Anime Sante (grâce à des fonds français), ces édifices colportent une image différente de la ville.

L’Aquila se (ré)embellit, elle enterre ses lignes électriques, réutilise des matériaux anciens... Dans dix ans, elle sera magnifique.

Gastronomie de terroir

La province l’est déjà et a senti le bénéfice qu’elle pourrait tirer de la notoriété - parfois malsaine - héritée du séisme, en attirant les visiteurs pour relancer l’économie.

En dehors de la côte adriatique et de Pescara, plus grande ville de la région et port de commerce, l’intérieur n’a guère que l’agriculture à faire valoir.

Elevage ovin, légumes, safran et - dans les parties basses - vigne, voilà l’essentiel des ressources.

La gastronomie découle directement de cette paysannerie ancestrale : plats de terroir truffés, safranés ou à l’ail rouge de Sulmona ; pommes de terre de Fucino ; joues de porc (guanciale) ; petites brochettes de moutons (arrosticini)…

Chaque repas dans un restaurant de village, arrosé des vins exquis de Teramo ou de Chieti, vaut expérience culinaire.

Villages oubliés

Parmi les quatre parcs naturels de la province, trois sont nationaux : le Grand Sasso, les Abruzzes et la Maiella.

L’un abrite le plus haut sommet d’Italie en dehors des Alpes (le Corno Grande, 2 914 m), l’autre des loups et une centaine d’ours.

Tous affichent une flopée de villages médiévaux quasi-déserts et magnifiques, agrippés à des éperons rocheux « inaccessibles ».

Des exemples ? Santo Stefano di Sessánio, village forteresse à ruelles pavées et passages sous voûtes, planté à 1 250 m d’altitude, dans un océan de montagnes rases.

Castel Camponeschi, bourg déserté, oublié à tous vents au milieu d’une forêt rousse.

Scanno, village amphithéâtre isolé à 1 000 mètres, ses petits commerces familiaux tapis aux rez-de-chaussée de vieux immeubles en pierre noire.

Bominaco et ses étonnantes églises San Pelligrino et Santa Maria Assulta (13e s.), la première couverte de fresques exceptionnelles.

Gorges du Sagittario

Ce paysage calcaire âpre et tourmenté est prodigue en sites grandioses.

Près de l’Aquila, la grotte di Stuffi pénètre plusieurs centaines de mètres sous terre et livre salles géantes, concrétions et cascades.

A l’entrée du parc des Abruzzes, la route entaille la roche pour former les gorges spectaculaires du Sagittario.

L’été, les pentes sont sillonnées de sentiers pour la randonnée et le VTT, tout comme l’ancien chemin de transhumance de l’Adriatique vers la montagne est transformé en itinéraire cyclable.

L’hiver, les versants les plus rudes accueillent les skieurs dans les stations d’Ovindoli, de Campo Felice ou de Roccaraso, une alternative inédite aux Alpes.

L’Histoire, enfin, n’est pas absente. Car les Romains ont laissé leurs traces dans les Abruzzes. On les retrouve à Sulmona, belle cité gothique et Renaissance, capitale italienne des confetti (dragées - la meilleure boutique est Pelino) : elle a vu naître le poète Ovide.

Tunnel romain

A Avezzano, au 1er s. après J.-C., les ouvriers romains ont percé un tunnel de près de 6 km sous la montagne, pour vider le lac Fucino dont les débordements menaçaient la population.

Réaménagé au 19e s. l’ouvrage de titan fonctionne toujours et devrait s’ouvrir prochainement à la visite.

Bref, pour qui veut échapper à la foule de la Toscane ou de Rome, les Abruzzes sont une destination inédite.

Elle plaira aux fans de grands espaces, de sports nature et de gastronomie, avec ce supplément d’âme qui sied aux territoires un peu mystérieux.

Lu 2115 fois

Notez



QUARTIER LIBRE
vous offre

Dernière heure
















TourMaG Travel Media Group Légal Utiles
Emploi
AirMaG
La Travel Tech
Voyages Responsables
Businesstrips
Brochuresenligne.com
DMCmag.com
MyEventStory.com
Signaler un contenu illicite
Plan du site
RGPD
Contact
Publicité
La presse en parle

Tourmag Travel Media Group
Le groupe TourMaG Travel Media Group publie également :
Businesstrips, application mobile pour les voyageurs d'affaires; Brochuresenligne.com, 1er portail de brochures électroniques de voyages; DMCmag.com, 1er portail Destination Management Companies et MyEventStory.com, créateur d'émotions.

TourMaG.com DMCmag.com La Travel Tech Brochuresenligne.com BusinessTrips

Crise climatique