À Paris, ce 10 mars, de gauche à droite : Jean-Marc Hastings, Vaietea Kohler, directrice commerciale marketing et alliances, Lionel Guérin.Photo : C.Hardin
De passage à Paris, il a troqué les jolies chemises à fleurs pour une tenue plus parisienne et de saison, arborant cependant au revers de sa veste la fleur de tiaré, symbole de la Polynésie et d’Air Tahiti Nui, dont il a pris les rênes en tant que Directeur général le 11 février dernier.
Lionel Guérin nous a reçus pour un entretien exclusif qui fait le point sur la compagnie et ses projets.
Lionel Guérin nous a reçus pour un entretien exclusif qui fait le point sur la compagnie et ses projets.
Mission : Réveiller la belle endormie
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TourMaG – Peu avant votre nomination, il y a eu cette note du cabinet Arthur D. Little, un constat sans concessions qui préconisait notamment une réorganisation du réseau et des fermetures de lignes. Est-ce que la feuille de route que vous a donnée le Président Brotherson s’en inspire ?
Lionel Guérin : Oui, c’est dans la continuité de tout cela, bien évidemment. Arthur D. Little a fait une étude intéressante, qui nous permet d’avoir un état des lieux bien fait, notamment sur le réseau, mais aussi sur la flotte. C’est le premier point.
J’ai pris la direction générale en février dernier, mais avant, en avril, j’avais été nommé administrateur et responsable de la commission flotte et réseau, justement pour regarder comment décliner cette étude.
J’ai donc travaillé d’abord avec le Président Directeur général jusqu’au mois de janvier, puis on m’a demandé d’accélérer le processus de transformation et de diriger directement Air Tahiti Nui en tant que Directeur général.
TourMaG – Avec quelles priorités ?
Lionel Guérin : La feuille de route est simple. D’abord, il faut rentabiliser Air Tahiti Nui, en déficit chronique. Deuxièmement, anticiper le renouvellement de la flotte, qui aura lieu quelque part après 2032. Et qui dit flotte dit forcément un réseau adapté et rentable.
Troisièmement, m’occuper des collaborateurs d’Air Tahiti Nui pour transmettre. Mon temps est compté, puisque je ne peux rester que cinq ans, et puis j’espère bien retourner à la pêche quand même, donc je n’ai pas envie de rester plus longtemps.
TourMaG – Un management de transition alors ?
Lionel Guérin : Je préfère dire un management de transmission sur quelques années. Transmission d’expérience, transmission aux collaboratrices et aux collaborateurs. Je suis là pour ça.
C’est l’humain que j’aime avant tout dans l’entreprise. J’aime l’entreprise, le transport aérien et l’humain. C’est pour cela que j’ai accepté, j’aime bien ça.
Transmission et aussi accélération face à la concurrence. Je dirais : « Réveiller la belle endormie ». Nous avons de bons fondamentaux, mais il faut accélérer ce processus, sinon cela pourrait devenir compliqué.
TourMaG – Qu’entendez-vous par « accélérer » ?
Lionel Guérin : Ouvrir des lignes, bouger, réorganiser, reprendre des parts de marché, mieux développer les lignes actuelles et bien écouter les marchés où nous sommes présents.
80 % du chiffre d’affaires d’Air Tahiti Nui est réalisé à l’extérieur de la Polynésie. C’est un trafic d’import, il ne faut pas l’oublier.
Il y a des marchés très puissants : le premier, c’est la Californie, l’Amérique du Nord, puis l’Europe, le Pacifique Sud et le Japon. Le siège doit être au service de ces marchés et non l’inverse.
TourMaG – Gros challenge...
Lionel Guérin : Oui. Que l’on m’appelle à la tête de cette belle compagnie, cela m’a touché.
C’est une compagnie extraordinaire avec une marque très différenciante. Je pense qu’il n’y a pas beaucoup de compagnies comme celle-ci, avec de telles racines identitaires. Moi qui aime la Polynésie par ma belle-famille, forcément, cela me touche de donner un petit coup de main à la fin de ma vie professionnelle.
Air Tahiti Nui, c’est simple, c’est vrai, c’est réel, c’est construit. C’est abouti, avec des collaborateurs très engagés, qui aiment leur compagnie, très mobilisés, très pro, avec de bons outils, des données… Il y a vraiment beaucoup d’éléments.
Elle vit comme une grande compagnie, avec beaucoup d’accords, d’alliances, de coopérations un peu partout dans le monde. C’est très riche.
TourMaG – Que manque-t-il alors ?
Lionel Guérin : Je dirais que dans le système d’organisation de la compagnie, c’était un peu organisé en silos.
Chacun fait très bien son travail, mais le système de communication inter silos est un peu long, et c’est ce qu’a notamment pointé le cabinet Arthur D. Little. Il faut être plus rapide dans les prises de décision ; vous le savez, le transport aérien est très réactif.
Lionel Guérin : Oui, c’est dans la continuité de tout cela, bien évidemment. Arthur D. Little a fait une étude intéressante, qui nous permet d’avoir un état des lieux bien fait, notamment sur le réseau, mais aussi sur la flotte. C’est le premier point.
J’ai pris la direction générale en février dernier, mais avant, en avril, j’avais été nommé administrateur et responsable de la commission flotte et réseau, justement pour regarder comment décliner cette étude.
J’ai donc travaillé d’abord avec le Président Directeur général jusqu’au mois de janvier, puis on m’a demandé d’accélérer le processus de transformation et de diriger directement Air Tahiti Nui en tant que Directeur général.
TourMaG – Avec quelles priorités ?
Lionel Guérin : La feuille de route est simple. D’abord, il faut rentabiliser Air Tahiti Nui, en déficit chronique. Deuxièmement, anticiper le renouvellement de la flotte, qui aura lieu quelque part après 2032. Et qui dit flotte dit forcément un réseau adapté et rentable.
Troisièmement, m’occuper des collaborateurs d’Air Tahiti Nui pour transmettre. Mon temps est compté, puisque je ne peux rester que cinq ans, et puis j’espère bien retourner à la pêche quand même, donc je n’ai pas envie de rester plus longtemps.
TourMaG – Un management de transition alors ?
Lionel Guérin : Je préfère dire un management de transmission sur quelques années. Transmission d’expérience, transmission aux collaboratrices et aux collaborateurs. Je suis là pour ça.
C’est l’humain que j’aime avant tout dans l’entreprise. J’aime l’entreprise, le transport aérien et l’humain. C’est pour cela que j’ai accepté, j’aime bien ça.
Transmission et aussi accélération face à la concurrence. Je dirais : « Réveiller la belle endormie ». Nous avons de bons fondamentaux, mais il faut accélérer ce processus, sinon cela pourrait devenir compliqué.
TourMaG – Qu’entendez-vous par « accélérer » ?
Lionel Guérin : Ouvrir des lignes, bouger, réorganiser, reprendre des parts de marché, mieux développer les lignes actuelles et bien écouter les marchés où nous sommes présents.
80 % du chiffre d’affaires d’Air Tahiti Nui est réalisé à l’extérieur de la Polynésie. C’est un trafic d’import, il ne faut pas l’oublier.
Il y a des marchés très puissants : le premier, c’est la Californie, l’Amérique du Nord, puis l’Europe, le Pacifique Sud et le Japon. Le siège doit être au service de ces marchés et non l’inverse.
TourMaG – Gros challenge...
Lionel Guérin : Oui. Que l’on m’appelle à la tête de cette belle compagnie, cela m’a touché.
C’est une compagnie extraordinaire avec une marque très différenciante. Je pense qu’il n’y a pas beaucoup de compagnies comme celle-ci, avec de telles racines identitaires. Moi qui aime la Polynésie par ma belle-famille, forcément, cela me touche de donner un petit coup de main à la fin de ma vie professionnelle.
Air Tahiti Nui, c’est simple, c’est vrai, c’est réel, c’est construit. C’est abouti, avec des collaborateurs très engagés, qui aiment leur compagnie, très mobilisés, très pro, avec de bons outils, des données… Il y a vraiment beaucoup d’éléments.
Elle vit comme une grande compagnie, avec beaucoup d’accords, d’alliances, de coopérations un peu partout dans le monde. C’est très riche.
TourMaG – Que manque-t-il alors ?
Lionel Guérin : Je dirais que dans le système d’organisation de la compagnie, c’était un peu organisé en silos.
Chacun fait très bien son travail, mais le système de communication inter silos est un peu long, et c’est ce qu’a notamment pointé le cabinet Arthur D. Little. Il faut être plus rapide dans les prises de décision ; vous le savez, le transport aérien est très réactif.
L'objectif d'Air Tahiti Nui : la rentabilité
TourMaG – Dès votre nomination, une ouverture de ligne, Sydney, a été annoncée.
Lionel Guérin : Oui, j’ai été nommé le 11 février. Quinze jours après, il y a eu un conseil d’administration qui a décidé : « On y va ». On verra si cela fonctionne, mais on y va. Ainsi, le délai entre la décision et l’ouverture est bon.
Nous travaillons main dans la main avec Tahiti Tourisme, que j’apprécie beaucoup. Nous allons mettre les moyens et investir ensemble, car c’est la Polynésie entière qui doit faire connaître sa destination aux Australiens.
Ce n’est pas seulement la compagnie. Nous accélérons aussi en interne. Ensemble, nous avons décidé de faire un plan qui s’appelle « I mua 2032 », ce qui veut dire en polynésien « En avant 2032 ».
2032, c’est le renouvellement de la flotte, mais d’ici là, j’ai fixé un objectif : être rentable dans les trois ans.
TourMaG – Concernant les comptes de la compagnie, cela s’était un peu amélioré, mais vous êtes toujours un peu tributaires des subventions d’équilibre. Seront-elles encore présentes dans vos comptes dévoilés au printemps ?
Lionel Guérin : Je ne peux pas en parler, car c’est une discussion que nous avons avec l’Assemblée territoriale, notamment en Polynésie. Mais ce que vous dites est vrai : nous sommes en déficit d’environ 7 % du chiffre d’affaires, et si nous ne faisons rien, nous resterons à 7 %. Ce n’est pas viable durablement.
Pour y remédier, nous devons réorganiser modestement la compagnie, avec les équipes en place.
Je n’arrive pas avec une équipe extérieure. Comme je l’ai toujours fait, je travaille avec les personnes sur place. Je les écoute beaucoup.
TourMaG – Toujours sur le réseau et les ouvertures de lignes, San Francisco avait été évoquée ?
Lionel Guérin : Effectivement, nous regardons. Depuis le début, nous étudions un deuxième point d’entrée aux États-Unis.
À San Francisco, il y a une forte concurrence : United est présent, French Bee aussi. Mais nous regardons également d’autres points aux États-Unis. Même Seattle : un jour ou l’autre, nous pourrions de nouveau étudier ce marché. Nous laissons la possibilité ouverte. En fait, nous allons observer comment se comporte le marché américain à court terme.
Ce qui est clair, c’est que c’est notre marché principal : 45 % des visiteurs en Polynésie viennent des États-Unis.
TourMaG – Quid des autres lignes ?
Lionel Guérin : Nous avons de bonnes nouvelles avec Auckland, qui était en augmentation. Nous pensons que l’ouverture de Sydney va renforcer cette position.
Notre activité et notre positionnement géographique dans le Pacifique Sud nous offrent aussi d’autres possibilités de connectivité au-delà de Sydney et d’Auckland, permettant des combinaisons de destinations ou des voyages-circuits dans le Pacifique.
TourMaG – Sur l’Asie et particulièrement le Japon ?
Lionel Guérin : C’est une ligne qui va continuer, que nous surveillons, et nous verrons. Mais nous cherchons à la rentabiliser. Ce qui est sûr, c’est que l’Asie reste une zone d’intérêt stratégique pour la Polynésie, afin d’être moins dépendante des Américains. On ne sait jamais ce qui peut se produire dans le futur.
C’est important, pour une compagnie basée dans le Pacifique, d’accroître ses liaisons avec ses voisins proches à huit heures de vol.
TourMaG - Il y avait également ce projet de faire venir un gros actionnaire au capital. Il y avait eu un voyage du côté de Singapour…
Lionel Guérin : Oui, il y avait eu des discussions, mais à court terme, l’objectif est d’abord de rentabiliser la compagnie, de la remettre sur les rails rapidement.
Si vous voulez faire entrer quelqu’un dans de bonnes conditions, il faut déjà être rentable.
Lionel Guérin : Oui, j’ai été nommé le 11 février. Quinze jours après, il y a eu un conseil d’administration qui a décidé : « On y va ». On verra si cela fonctionne, mais on y va. Ainsi, le délai entre la décision et l’ouverture est bon.
Nous travaillons main dans la main avec Tahiti Tourisme, que j’apprécie beaucoup. Nous allons mettre les moyens et investir ensemble, car c’est la Polynésie entière qui doit faire connaître sa destination aux Australiens.
Ce n’est pas seulement la compagnie. Nous accélérons aussi en interne. Ensemble, nous avons décidé de faire un plan qui s’appelle « I mua 2032 », ce qui veut dire en polynésien « En avant 2032 ».
2032, c’est le renouvellement de la flotte, mais d’ici là, j’ai fixé un objectif : être rentable dans les trois ans.
TourMaG – Concernant les comptes de la compagnie, cela s’était un peu amélioré, mais vous êtes toujours un peu tributaires des subventions d’équilibre. Seront-elles encore présentes dans vos comptes dévoilés au printemps ?
Lionel Guérin : Je ne peux pas en parler, car c’est une discussion que nous avons avec l’Assemblée territoriale, notamment en Polynésie. Mais ce que vous dites est vrai : nous sommes en déficit d’environ 7 % du chiffre d’affaires, et si nous ne faisons rien, nous resterons à 7 %. Ce n’est pas viable durablement.
Pour y remédier, nous devons réorganiser modestement la compagnie, avec les équipes en place.
Je n’arrive pas avec une équipe extérieure. Comme je l’ai toujours fait, je travaille avec les personnes sur place. Je les écoute beaucoup.
TourMaG – Toujours sur le réseau et les ouvertures de lignes, San Francisco avait été évoquée ?
Lionel Guérin : Effectivement, nous regardons. Depuis le début, nous étudions un deuxième point d’entrée aux États-Unis.
À San Francisco, il y a une forte concurrence : United est présent, French Bee aussi. Mais nous regardons également d’autres points aux États-Unis. Même Seattle : un jour ou l’autre, nous pourrions de nouveau étudier ce marché. Nous laissons la possibilité ouverte. En fait, nous allons observer comment se comporte le marché américain à court terme.
Ce qui est clair, c’est que c’est notre marché principal : 45 % des visiteurs en Polynésie viennent des États-Unis.
TourMaG – Quid des autres lignes ?
Lionel Guérin : Nous avons de bonnes nouvelles avec Auckland, qui était en augmentation. Nous pensons que l’ouverture de Sydney va renforcer cette position.
Notre activité et notre positionnement géographique dans le Pacifique Sud nous offrent aussi d’autres possibilités de connectivité au-delà de Sydney et d’Auckland, permettant des combinaisons de destinations ou des voyages-circuits dans le Pacifique.
TourMaG – Sur l’Asie et particulièrement le Japon ?
Lionel Guérin : C’est une ligne qui va continuer, que nous surveillons, et nous verrons. Mais nous cherchons à la rentabiliser. Ce qui est sûr, c’est que l’Asie reste une zone d’intérêt stratégique pour la Polynésie, afin d’être moins dépendante des Américains. On ne sait jamais ce qui peut se produire dans le futur.
C’est important, pour une compagnie basée dans le Pacifique, d’accroître ses liaisons avec ses voisins proches à huit heures de vol.
TourMaG - Il y avait également ce projet de faire venir un gros actionnaire au capital. Il y avait eu un voyage du côté de Singapour…
Lionel Guérin : Oui, il y avait eu des discussions, mais à court terme, l’objectif est d’abord de rentabiliser la compagnie, de la remettre sur les rails rapidement.
Si vous voulez faire entrer quelqu’un dans de bonnes conditions, il faut déjà être rentable.
Une flotte Airbus à l’horizon ?
TourMaG – Le renouvellement de la flotte pour 2032 doit s’anticiper. Quelles sont vos pistes ? L’Airbus A321XLR avait été évoqué ; regardez-vous de ce côté-là aussi ?
Lionel Guérin : Il y a les avions actuels, les Boeing 787 Dreamliner, jusqu’en 2032. Ce sont de bons avions, bien achetés, bien financés, que nous allons rénover pour plus de confort à bord.
Et lorsque nous aurons réussi notre rebond, il nous faudra un cinquième avion. Nous l’avons étudié avec Boeing.
Concernant le renouvellement potentiel en 2032, oui, nous regardons l’Airbus A350, qui est une très belle machine.
C’est un peu plus grand, avec 15 à 20 % de sièges en plus, donc il faut les remplir. Mais oui, c’est une machine de course, il n’y a pas de débat.
Effectivement, nous regardons aussi la disponibilité de l’A321XLR, car dans la zone, il est commandé en grande quantité par Qantas et d’autres compagnies locales.
C’est un monocouloir, mais avec un rayon d’action intéressant, puisqu’il peut aller jusqu’à Los Angeles, et cela couvre aussi tout le réseau local.
Son coût au siège est très intéressant et permet d’augmenter les fréquences et d’ouvrir peut-être de nouvelles routes. Nous allons donc l’étudier. Et si c’est le 321, forcément, ensuite, on passe à l’Airbus A350.
Du côté de Boeing, il y a le 737 MAX, mais ils ont du retard et il manque de rayon d’action.
TourMaG – Une dernière question concernant l’aéroport de FAAA. Le feuilleton de sa rénovation dure depuis 15 ans, avec des concessions attribuées puis contestées puis annulées. Où en est-on ?
Lionel Guérin : Nous sommes comme toutes les compagnies : nous aimerions l’avoir ! Les informations que nous avons indiquent un nouvel appel d’offres en 2027 et une nouvelle concession en 2028. Nous arrivons peut-être enfin au bout.
Cela dit, nous avons de bonnes relations avec l’équipe actuelle de l’aéroport et nous faisons au mieux.
Nous avons pu revoir l’expérience du salon, le mobilier, l’offre buffet, pour toujours améliorer l’expérience client. Le passage prioritaire a été refait, nous disposons désormais du système « PARAFE ». Il y a eu de bonnes évolutions.
Lionel Guérin : Il y a les avions actuels, les Boeing 787 Dreamliner, jusqu’en 2032. Ce sont de bons avions, bien achetés, bien financés, que nous allons rénover pour plus de confort à bord.
Et lorsque nous aurons réussi notre rebond, il nous faudra un cinquième avion. Nous l’avons étudié avec Boeing.
Concernant le renouvellement potentiel en 2032, oui, nous regardons l’Airbus A350, qui est une très belle machine.
C’est un peu plus grand, avec 15 à 20 % de sièges en plus, donc il faut les remplir. Mais oui, c’est une machine de course, il n’y a pas de débat.
Effectivement, nous regardons aussi la disponibilité de l’A321XLR, car dans la zone, il est commandé en grande quantité par Qantas et d’autres compagnies locales.
C’est un monocouloir, mais avec un rayon d’action intéressant, puisqu’il peut aller jusqu’à Los Angeles, et cela couvre aussi tout le réseau local.
Son coût au siège est très intéressant et permet d’augmenter les fréquences et d’ouvrir peut-être de nouvelles routes. Nous allons donc l’étudier. Et si c’est le 321, forcément, ensuite, on passe à l’Airbus A350.
Du côté de Boeing, il y a le 737 MAX, mais ils ont du retard et il manque de rayon d’action.
TourMaG – Une dernière question concernant l’aéroport de FAAA. Le feuilleton de sa rénovation dure depuis 15 ans, avec des concessions attribuées puis contestées puis annulées. Où en est-on ?
Lionel Guérin : Nous sommes comme toutes les compagnies : nous aimerions l’avoir ! Les informations que nous avons indiquent un nouvel appel d’offres en 2027 et une nouvelle concession en 2028. Nous arrivons peut-être enfin au bout.
Cela dit, nous avons de bonnes relations avec l’équipe actuelle de l’aéroport et nous faisons au mieux.
Nous avons pu revoir l’expérience du salon, le mobilier, l’offre buffet, pour toujours améliorer l’expérience client. Le passage prioritaire a été refait, nous disposons désormais du système « PARAFE ». Il y a eu de bonnes évolutions.
Présent lors de l’entretien, Jean-Marc Hastings, Directeur France et Europe d’Air Tahiti Nui, a évoqué la distribution : "Toute cette accélération que Lionel vient de décrire, c’est aussi de pouvoir emmener tous nos partenaires qui soutiennent ce développement. Nous avons des relations de partenariat très fortes avec les T.O., la distribution, les agences. Il y a une vraie complémentarité.
Tahiti est un voyage qui n’est pas toujours simple à vendre. La valeur ajoutée de l’agent de voyage prend tout son sens dans ce type de séjour.
Nous sommes là pour les aider à vendre Air Tahiti Nui en toute confiance. Il peut y avoir des soucis, mais on trouve toujours des solutions.
Quand on regarde les Travel Trends, on coche quasiment toutes les cases en tant que destination Polynésie.
Il y a l’immersion, le contact avec les locaux, le sens que le passager va y trouver, la culture, le côté balnéaire, mais aussi culinaire, l’activité, l’éloignement qui contribue au dépaysement. C’est « safe » parce que c’est la France : normes sanitaires, communications, connectivité. C’est un très beau produit."
Tahiti est un voyage qui n’est pas toujours simple à vendre. La valeur ajoutée de l’agent de voyage prend tout son sens dans ce type de séjour.
Nous sommes là pour les aider à vendre Air Tahiti Nui en toute confiance. Il peut y avoir des soucis, mais on trouve toujours des solutions.
Quand on regarde les Travel Trends, on coche quasiment toutes les cases en tant que destination Polynésie.
Il y a l’immersion, le contact avec les locaux, le sens que le passager va y trouver, la culture, le côté balnéaire, mais aussi culinaire, l’activité, l’éloignement qui contribue au dépaysement. C’est « safe » parce que c’est la France : normes sanitaires, communications, connectivité. C’est un très beau produit."
Publié par Christophe Hardin Journaliste AirMaG - TourMaG.com Voir tous les articles de Christophe Hardin






















