On le sait, la compagnie Air Tahiti Nui depuis plusieurs mois cherche un nouveau souffle et voudrait, dans les prochaines années, moins dépendre des subventions et revenir à la rentabilité.
Pour cela, un nouveau PDG, Philippe Marie avait été nommé en remplacement de Michel Monvoisin pour « faire voler la compagnie de ses propres ailes ».
L’été dernier, nous avions appris que, selon le média « Radio 1 », la Polynésie avait commandé une étude au cabinet de conseil en stratégie Arthur D. Little dont les résultats ont été présentés en juillet dernier en conseil d’administration.
On apprenait alors, toujours selon les médias polynésiens, que les préconisations du cabinet, pour revenir à la rentabilité étaient de l’ordre du remède de cheval avec fermetures de lignes, nouveaux partenaires financiers et stratégie de flotte à repenser. <!--membership-->
b[D’après le portail des Outre-mer France info relayant « Radio 1 », il semblerait que le remède, s'accompagne aussi par un changement de pilote. ]b
Interviewé récemment, Moetai Brotherson, le Président de la Polynésie française qui administrateur public et actionnaire majoritaire de la compagnie aérienne Air Tahiti Nui ne croit plus au tandem formé par le directeur général* Philippe Marie et le président du conseil d’administration[ Hiro Arbelot.]b
A lire aussi : Air Tahiti Nui : l’heure des choix
« Ce duo ne fonctionne pas » aurait-il déclaré et Philippe Marie serait poussé vers la sortie et annoncé partant pour la fin de ce mois de janvier.
Pour cela, un nouveau PDG, Philippe Marie avait été nommé en remplacement de Michel Monvoisin pour « faire voler la compagnie de ses propres ailes ».
L’été dernier, nous avions appris que, selon le média « Radio 1 », la Polynésie avait commandé une étude au cabinet de conseil en stratégie Arthur D. Little dont les résultats ont été présentés en juillet dernier en conseil d’administration.
On apprenait alors, toujours selon les médias polynésiens, que les préconisations du cabinet, pour revenir à la rentabilité étaient de l’ordre du remède de cheval avec fermetures de lignes, nouveaux partenaires financiers et stratégie de flotte à repenser. <!--membership-->
b[D’après le portail des Outre-mer France info relayant « Radio 1 », il semblerait que le remède, s'accompagne aussi par un changement de pilote. ]b
Interviewé récemment, Moetai Brotherson, le Président de la Polynésie française qui administrateur public et actionnaire majoritaire de la compagnie aérienne Air Tahiti Nui ne croit plus au tandem formé par le directeur général* Philippe Marie et le président du conseil d’administration[ Hiro Arbelot.]b
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« Ce duo ne fonctionne pas » aurait-il déclaré et Philippe Marie serait poussé vers la sortie et annoncé partant pour la fin de ce mois de janvier.
Lionel Guerin en homme providentiel ?
À coup sur, un homme ou une femme bon connaisseur du secteur, avec de l’expérience dans la direction d’une compagnie aérienne, un réseau efficace au sein du pavillon aérien français et, si possible, avec une connaissance du milieu économique polynésien et de ses acteurs.
Et si « l’oiseau rare » était déjà sur place ? Parmi les remplaçants pressentis : le nom de Lionel Guérin revient souvent et semble le favori de la presse locale.
Actuel PDG d'Air Moana, petite compagnie régionale polynésienne, il coche en effet beaucoup de cases. Cet homme de 67 ans, avec sa personnalité assez originale, qui m’avait reçu dans ses bureaux à Orly avec à ses côtés deux magnifiques perroquets bien élevés et saluant les visiteurs, a pratiquement tout fait au sein du secteur aérien.
Ingénieur à ses débuts, il est ensuite devenu commandant de bord sur A320 puis a fondé Airlinair, compagnie régionale française avant de devenir PDG de Transavia France lorsque la compagnie est née en 2007.
Il pilotera ensuite la fusion d'Airlinair avec d’autres petits pavillons pour donner naissance à HOP dont il sera le PDG.
Il assurera ensuite les fonctions de Directeur général adjoint du court-courrier et des escales France d’Air France.
Il sait aussi que ce n’est pas parce que votre nom circule avec insistance pour prendre les commandes d’une compagnie que les choses se concrétisent forcément. Par deux fois, il fut pressenti pour diriger Air France - KLM et par deux fois finalement écarté, la dernière fois en 2016 pour de sombres questions de rivalités internes.
Enfin, en décembre 2024, il s’installe en Polynésie en tant que PDG de la jeune compagnie Air Moana. Dans les institutions, Lionel Guérin a aussi été actif en étant tour à tour Président de la FNAM, de la chambre syndicale du transport aérien.
On peut même ajouter à ce profil très aérien, une touche d’écologie puisqu’il est aussi le Président d’Aéro Biodiversité, une association ayant pour objectif d’identifier, protéger et valoriser la biodiversité présente sur les prairies aéroportuaires.
Des défis à relever
Autant dire que ce profil donne plutôt à Lionel Guérin une légitimité pour tenter de « métamorphoser » Air Tahiti Nui selon la volonté du Président Moetai Brotherson. Rien n’est décidé, semble-t-il, à l’heure où nous écrivons.
Si effectivement Philippe Marie quitte son poste, les défis à relever pour la ou le prochain DG de la compagnie à la fleur de tiaré sont conséquents.
Avec une seule ligne bénéficiaire au départ de Papeete vers Los Angeles, l’année 2026 devrait être le début d’un nouveau cycle pour revenir à la rentabilité dés que possible. Déjà, la décision a été prise de mettre fin au mois de février prochain à la liaison directe entre Papeete et Seattle inaugurée en 2022 et qui, selon l’étude du cabinet Arthur D. Little citée par Radio 1, s’est traduite par 14 M€ de pertes en 2024.
Et c’est l’ensemble des routes du réseau qui est en question désormais.
La ligne de et vers Paris n’est pas menacée, mais celle entre Papeete et le Japon, elle est regardée de près. Plutôt dynamique jusqu’en 2019, elle n’a jamais vraiment pu se remettre du Covid et attend désespérément le retour des Japonais.
Faudra-t-il aller chercher une autre clientèle, fermer et ouvrir d’autres lignes ? « Peut-être Dallas aux États-Unis (…) On va essayer avec Sydney, et après voir si on maintient l’ouverture vers l’Asie par Sydney et fermer Narita. » confiait récemment au portail des Outre-mer France info, Élise Vanaa, membre du conseil d'administration d'ATN.
Tout est sur la table, y compris l’acquisition de nouveaux appareils comme l’A321XLR pour envisager aussi d’autres routes comme Honolulu ou même San Francisco.
Concernant les appareils en service actuellement, les Boeing 787-9, certains contrats de location prendront fin en 2028 et il n’est donc pas trop tôt pour anticiper éventuellement un changement de flotte avec un arbitrage entre Airbus et Boeing.
Pour l’heure, la feuille de route de la nouvelle direction sera de faire retrouver à la compagnie sa rentabilité sans qu’il soit besoin pour le pays et dans les prochaines années de voter des subventions pour équilibrer les comptes, ce qui sera encore le cas cette année.
À ce sujet, on avait cru comprendre que le Président Moetai Brotherson voulait faire rapidement rentrer des partenaires au capital d’ATN . « Un gros » avait été identifié l'année dernière selon la direction mais à ce jour rien ne s’est concrétisé de ce côté-là.
Si effectivement Philippe Marie quitte son poste, les défis à relever pour la ou le prochain DG de la compagnie à la fleur de tiaré sont conséquents.
Avec une seule ligne bénéficiaire au départ de Papeete vers Los Angeles, l’année 2026 devrait être le début d’un nouveau cycle pour revenir à la rentabilité dés que possible. Déjà, la décision a été prise de mettre fin au mois de février prochain à la liaison directe entre Papeete et Seattle inaugurée en 2022 et qui, selon l’étude du cabinet Arthur D. Little citée par Radio 1, s’est traduite par 14 M€ de pertes en 2024.
Et c’est l’ensemble des routes du réseau qui est en question désormais.
La ligne de et vers Paris n’est pas menacée, mais celle entre Papeete et le Japon, elle est regardée de près. Plutôt dynamique jusqu’en 2019, elle n’a jamais vraiment pu se remettre du Covid et attend désespérément le retour des Japonais.
Faudra-t-il aller chercher une autre clientèle, fermer et ouvrir d’autres lignes ? « Peut-être Dallas aux États-Unis (…) On va essayer avec Sydney, et après voir si on maintient l’ouverture vers l’Asie par Sydney et fermer Narita. » confiait récemment au portail des Outre-mer France info, Élise Vanaa, membre du conseil d'administration d'ATN.
Tout est sur la table, y compris l’acquisition de nouveaux appareils comme l’A321XLR pour envisager aussi d’autres routes comme Honolulu ou même San Francisco.
Concernant les appareils en service actuellement, les Boeing 787-9, certains contrats de location prendront fin en 2028 et il n’est donc pas trop tôt pour anticiper éventuellement un changement de flotte avec un arbitrage entre Airbus et Boeing.
Pour l’heure, la feuille de route de la nouvelle direction sera de faire retrouver à la compagnie sa rentabilité sans qu’il soit besoin pour le pays et dans les prochaines années de voter des subventions pour équilibrer les comptes, ce qui sera encore le cas cette année.
À ce sujet, on avait cru comprendre que le Président Moetai Brotherson voulait faire rapidement rentrer des partenaires au capital d’ATN . « Un gros » avait été identifié l'année dernière selon la direction mais à ce jour rien ne s’est concrétisé de ce côté-là.
La Délégation de service public en soutien
Qui prendra les commandes d'Air Tahiti Nui pour son redécollage ?. Crédit depositphotos, Boarding2Now
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Au-delà d’Air Tahiti Nui, c’est toute la stratégie concernant le développement touristique et celui de l’aérien en Polynésie qui va probablement bouger dans les mois qui viennent notamment avec le renouvellement de la délégation de service public domestique.
Une étape importante que le cabinet Arthur D. Little voit comme un outil pour mettre en cohérence le réseau international, domestique, et le développement touristique.
En 2026, la compagnie Air Moana encore dirigée à ce jour par Lionel Guérin va pouvoir prétendre à concurrencer la compagnie régionale Air Tahiti dans la desserte des îles.
De l’arbitrage qui sera fait dans l’attribution des lignes peut émerger des synergies intéressantes : des correspondances plus efficaces, de nouvelles dessertes pour augmenter l’attractivité touristique du territoire qui pourraient permettre d’améliorer les remplissages d’Air Tahiti Nui.
Encore quelques jours, pour savoir qui prendra les commandes de la compagnie pour ce re-décollage.
* Fin 2024, une réforme de gouvernance des sociétés d’économie mixte polynésiennes a imposé la séparation stricte entre Président du CA et Directeur général et l’interdiction de cumuler les deux fonctions,
Hiro Arbelot est devenu Président du CA (PCA) et Philippe Marie a conservé uniquement la fonction de Directeur général.
Une étape importante que le cabinet Arthur D. Little voit comme un outil pour mettre en cohérence le réseau international, domestique, et le développement touristique.
En 2026, la compagnie Air Moana encore dirigée à ce jour par Lionel Guérin va pouvoir prétendre à concurrencer la compagnie régionale Air Tahiti dans la desserte des îles.
De l’arbitrage qui sera fait dans l’attribution des lignes peut émerger des synergies intéressantes : des correspondances plus efficaces, de nouvelles dessertes pour augmenter l’attractivité touristique du territoire qui pourraient permettre d’améliorer les remplissages d’Air Tahiti Nui.
Encore quelques jours, pour savoir qui prendra les commandes de la compagnie pour ce re-décollage.
* Fin 2024, une réforme de gouvernance des sociétés d’économie mixte polynésiennes a imposé la séparation stricte entre Président du CA et Directeur général et l’interdiction de cumuler les deux fonctions,
Hiro Arbelot est devenu Président du CA (PCA) et Philippe Marie a conservé uniquement la fonction de Directeur général.
Publié par Christophe Hardin Journaliste AirMaG - TourMaG.com Voir tous les articles de Christophe Hardin























