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Une semaine décisive pour Air Antilles

Pierre Sainte-Luce a jusqu'au 5 mars pour finaliser son projet


Le 19 février dernier, le tribunal de commerce de Pointe-à-Pitre a accordé un ultime délai pour valider ou non une offre de reprise de la compagnie Air Antilles, clouée au sol et en grande difficulté. Une seule offre semble avoir une petite chance : celle du Docteur Pierre Sainte-Luce, une personnalité guadeloupéenne, pilote et chef d’entreprise.


Rédigé par le Lundi 2 Mars 2026 à 07:37

Une semaine décisive pour Air Antilles - Crédit : Air Antilles
Une semaine décisive pour Air Antilles - Crédit : Air Antilles
C’est une semaine décisive pour Air Antilles, qui devrait être fixée sur son sort jeudi prochain, une fois la décision du tribunal mixte de commerce rendue.

En cessation des paiements depuis le 9 décembre et en redressement judiciaire depuis le début du mois de février, le tribunal de commerce de Pointe-à-Pitre semble vouloir donner une ultime chance à une reprise de la compagnie par un repreneur potentiel, le Docteur Pierre Sainte-Luce, jugé sérieux, mais qui devra consolider son offre.

Le Docteur Pierre Sainte-Luce est un acteur économique important, un entrepreneur guadeloupéen bien connu dans le monde de la santé, propriétaire du groupe Manioukani, composé de cliniques dans le secteur de la santé et de l’autonomie aux Antilles.

Il est aussi propriétaire de l'hôtel Arawak Beach Resort au Gosier en Guadeloupe et… pilote d’avion.

Un groupe reconnu au chevet de la compagnie

« Très vite je me suis dit que pour me déplacer dans la Caraïbe, il fallait avoir un brevet de pilote. Je suis donc breveté depuis maintenant 40 ans. J’ai une licence professionnelle de pilote de ligne passée aux États-Unis », indiquait-il dans une interview au site lepige.fr en novembre dernier.

Avec un pool d’investisseurs, et d’après les informations de La1ere.franceinfo, il promet de verser 10 millions d’euros pour relancer Air Antilles, dont 4 millions immédiatement mobilisables.

Sur ce dossier, on ne pourra s’empêcher de faire un parallèle avec ce qui s’est passé lors de la reprise d’Air Austral, en grandes difficultés en 2022.

À cette époque, Michel Deleflie, lui aussi un notable local, professionnel de la santé privée et à la tête du groupe Clinifutur, avait réuni derrière lui un pool d’investisseurs locaux pour une participation majoritaire dans le capital de la compagnie.

Apport financier disponible ?

Cependant, le parallèle s’arrête là. Air Austral, qui continuait de fonctionner normalement, avait aussi bénéficié d’environ 25 millions d’euros des collectivités locales et d’un prêt de 20 millions de la part de l’État, sous condition d’un plan de restructuration crédible.

Côté Air Antilles, et à quelques jours de la décision du tribunal, on ne sait pas si les sommes nécessaires seront disponibles et si les repreneurs pourront apporter les garanties nécessaires en termes de sécurité pour que la compagnie, clouée au sol, retrouve sa licence d’exploitation et son CTA (certificat de transporteur aérien) suspendu par la DGAC.

Aussi, selon Brieuc Hardy, commandant de bord chez Air Antilles, représentant syndical SNPL et porte-parole des salariés, qui répondait aux questions de La1ere.franceinfo, le projet est aussi de s’adosser à un opérateur aérien pour qu’Air Antilles « ne fasse plus cavalier seul ».

Et d’annoncer l’arrivée d’une compagnie privée haïtienne, Sunrise Airways, qui pourrait embarquer dans le projet en tant qu’actionnaire minoritaire.

Sunrise Airways, le partenaire aérien

La compagnie opère principalement dans les Caraïbes : Haïti, République dominicaine, Panama, Guadeloupe, Antigua et Miami.

Elle vole avec 11 avions, principalement de petits bimoteurs d’une moyenne d’âge de 27 ans. Elle n’a pas connu d’incidents majeurs quant à la sécurité, mais la presse haïtienne n’a pas toujours été très tendre avec elle concernant le service commercial.

Ses deux plus gros appareils, deux Airbus A320 qui volent principalement vers les États-Unis, sont en fait opérés par Global X, une compagnie américaine qui fournit l’avion, la maintenance et l’équipage, Sunrise Airways ne fournissant que la marque et le réseau.

Ne pouvant opérer des vols intérieurs français puisqu’elle n’est pas une compagnie européenne, quel serait le rôle de cet opérateur ? Être affrété par Air Antilles pour aider à la relance ? Fournir une assistance et une expertise technique ?

Et surtout, quid du nerf de la guerre, à savoir un apport financier en plus de ce que le pool d’investisseurs réunis par le Docteur Sainte-Luce pourra apporter ?

Le tribunal et la DGAC auront des exigences élevées sur ce dernier point. Remettre en route la machine coûtera cher.

La concurrence renforcée

De plus, la nature ayant horreur du vide, la concurrence a profité de l’absence d’Air Antilles pour se renforcer.

Air Caraïbes n’a pas remplacé Air Antilles partout dans les Caraïbes, mais elle a consolidé sa position sur des lignes importantes entre Pointe-à-Pitre, Fort-de-France et Saint-Martin.

Début 2025, elle a accueilli un ATR 72-600 supplémentaire sur son réseau régional. Remettre de la concurrence pourrait être une bonne chose pour les consommateurs.

Il reste un tout petit espoir pour les salariés d’Air Antilles.

Christophe Hardin Publié par Christophe Hardin Journaliste AirMaG - TourMaG.com
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