Le tribunal de Pointe-à-Pitre a donné rendez-vous le 2 février à la direction d’Air Antilles - Visuel généré par l'IA
C’est un véritable chemin de croix que vivent les salariés d’Air Antilles depuis maintenant un peu plus de trois ans.
Tout avait commencé, en novembre 2022, par un préavis de grève finalement levé peu avant les fêtes de fin d’année, grâce à un accord qui ne sera jamais tenu par la direction.
Puis la situation s’est dégradée au fil des mois, avant la retentissante liquidation judiciaire début août 2023 et une reprise devant le Tribunal de Pointe-à-Pitre, par le duo constitué d’EDEIS et de la collectivité de Saint-Martin.
Alors que la reprise des vols était espérée en fin d’année 2023, celle-ci aurait été bien plus lente que prévu et aura engouffré une partie des réserves mises en place par les repreneurs.
Finalement, ce jeudi 22 janvier 2026, la direction d’Air Antilles a de nouveau repris la route du Tribunal.
"La société a déposé une déclaration de cessation de paiements auprès du Tribunal mixte de commerce de Pointe-à-Pitre. Cette démarche est une obligation légale lorsque les difficultés financières empêchent de faire face aux échéances immédiates.
Cela ne signifie pas pour autant que la procédure est figée. C’est désormais au tribunal d’analyser la situation et de déterminer la suite, en fonction des éléments qui lui seront présentés," nous confiait une source proche de la direction.
Tout avait commencé, en novembre 2022, par un préavis de grève finalement levé peu avant les fêtes de fin d’année, grâce à un accord qui ne sera jamais tenu par la direction.
Puis la situation s’est dégradée au fil des mois, avant la retentissante liquidation judiciaire début août 2023 et une reprise devant le Tribunal de Pointe-à-Pitre, par le duo constitué d’EDEIS et de la collectivité de Saint-Martin.
Alors que la reprise des vols était espérée en fin d’année 2023, celle-ci aurait été bien plus lente que prévu et aura engouffré une partie des réserves mises en place par les repreneurs.
Finalement, ce jeudi 22 janvier 2026, la direction d’Air Antilles a de nouveau repris la route du Tribunal.
"La société a déposé une déclaration de cessation de paiements auprès du Tribunal mixte de commerce de Pointe-à-Pitre. Cette démarche est une obligation légale lorsque les difficultés financières empêchent de faire face aux échéances immédiates.
Cela ne signifie pas pour autant que la procédure est figée. C’est désormais au tribunal d’analyser la situation et de déterminer la suite, en fonction des éléments qui lui seront présentés," nous confiait une source proche de la direction.
Air Antilles : qu’attend-on le 2 février 2026 ?
Alors que certains s’inquiétaient d’une possible liquidation sèche, au regard de la situation financière extrêmement préoccupante de l’entreprise, le juge en a décidé autrement.
Il a renvoyé son délibéré au 2 février 2026, pour laisser du temps aux propriétaires et à la direction de trouver des portes de sortie.
"Il a été sensible au sort des 118 salariés. La demande de redressement a été soutenue par l’équipe dirigeante, qui a rappelé qu’il lui était impossible de trouver un quelconque repreneur sans CTA.
Le juge s’est montré favorable à l’ouverture d’un possible redressement, afin de sauver le plus d’emplois possibles et de maintenir une saine concurrence aux Antilles," nous a indiqué une source présente sur place.
De plus, les dirigeants présents ont affirmé que des discussions étaient en cours avec de potentiels repreneurs et qu’elles étaient en voie de finalisation.
Il a été réaffirmé que les pistes étaient sérieuses, sans apporter plus de précisions.
En effet, alors que le Tribunal a appelé à donner des noms, ou du moins des gages de sérieux, il a été rétorqué que le secret des affaires prévalait tant que rien n’était définitivement signé.
Une façon de faire jouer la montre ?
Alors qu’il nous avait été affirmé que plus personne ne se souciait du sort de la dérive verte et que, finalement, elle n’avait attiré que des offres farfelues, comme l’Allemand Panaf, ou encore les pistes canadiennes ou nigériennes.
Le 2 février 2026, le tribunal annoncera son délibéré, statuant donc sur un redressement ou une liquidation.
Cette dernière option dépendra des garanties apportées sur une possible entrée d’argent frais dans les comptes du transporteur, via un actionnaire tiers.
Il sera nécessaire d’apporter plusieurs millions d’euros, sans doute au moins six.
Il a renvoyé son délibéré au 2 février 2026, pour laisser du temps aux propriétaires et à la direction de trouver des portes de sortie.
"Il a été sensible au sort des 118 salariés. La demande de redressement a été soutenue par l’équipe dirigeante, qui a rappelé qu’il lui était impossible de trouver un quelconque repreneur sans CTA.
Le juge s’est montré favorable à l’ouverture d’un possible redressement, afin de sauver le plus d’emplois possibles et de maintenir une saine concurrence aux Antilles," nous a indiqué une source présente sur place.
De plus, les dirigeants présents ont affirmé que des discussions étaient en cours avec de potentiels repreneurs et qu’elles étaient en voie de finalisation.
Il a été réaffirmé que les pistes étaient sérieuses, sans apporter plus de précisions.
En effet, alors que le Tribunal a appelé à donner des noms, ou du moins des gages de sérieux, il a été rétorqué que le secret des affaires prévalait tant que rien n’était définitivement signé.
Une façon de faire jouer la montre ?
Alors qu’il nous avait été affirmé que plus personne ne se souciait du sort de la dérive verte et que, finalement, elle n’avait attiré que des offres farfelues, comme l’Allemand Panaf, ou encore les pistes canadiennes ou nigériennes.
Le 2 février 2026, le tribunal annoncera son délibéré, statuant donc sur un redressement ou une liquidation.
Cette dernière option dépendra des garanties apportées sur une possible entrée d’argent frais dans les comptes du transporteur, via un actionnaire tiers.
Il sera nécessaire d’apporter plusieurs millions d’euros, sans doute au moins six.
Air Antilles : comment en est-on arrivé là ?
"Concrètement, cette situation découle directement de la suspension du Certificat de Transporteur Aérien (CTA) le 8 décembre 2025, puis de la Licence de Transport Aérien (LTA) le lendemain.
Ces décisions, intervenues en pleine saison haute, ont entraîné un arrêt immédiat de toutes nos opérations, coupant toute source de revenus et interrompant du même coup des discussions avancées avec des partenaires financiers potentiels.
Face à cette réalité, la direction et les actionnaires restent pleinement engagés à gérer la situation de manière responsable, en respectant scrupuleusement le cadre légal et en portant une attention constante à la situation des salariés," nous commentait ce proche de la direction.
Rappelons que, le 3 avril 2025, la compagnie avait vu sa licence d’exploitation de transporteur aérien devenir… temporaire.
Elle faisait suite à trois courriers envoyés par la DGAC et à des échanges infructueux avec le staff du transporteur. L’instruction du dossier repose sur trois piliers : les capacités économiques, financières et juridiques de la société.
Et c’est bien évidemment l’avant-dernier point qui posait problème, en raison d’un redémarrage chaotique et pas à la hauteur des besoins financiers d’une compagnie aérienne.
À cette époque, on nous confiait, du côté du ministère des Transports, que quatre avions étaient prévus (trois ATR et un DHC6 Twin Otter), mais seul un ATR a été exploité de juin à janvier 2024.
Dès lors, les faibles revenus ont plongé la compagnie dans une situation financière délicate au dernier trimestre 2024.
L’entreprise a accumulé une certaine quantité de passif public auprès des organes de l’État et, depuis le 17 janvier 2025, se trouvait sous la protection d’une conciliation judiciaire.
Les discussions engagées depuis novembre 2024 pour une recapitalisation ont pris du temps, et le versement en cours arrive trop tard, et de façon échelonnée.
Ces décisions, intervenues en pleine saison haute, ont entraîné un arrêt immédiat de toutes nos opérations, coupant toute source de revenus et interrompant du même coup des discussions avancées avec des partenaires financiers potentiels.
Face à cette réalité, la direction et les actionnaires restent pleinement engagés à gérer la situation de manière responsable, en respectant scrupuleusement le cadre légal et en portant une attention constante à la situation des salariés," nous commentait ce proche de la direction.
Rappelons que, le 3 avril 2025, la compagnie avait vu sa licence d’exploitation de transporteur aérien devenir… temporaire.
Elle faisait suite à trois courriers envoyés par la DGAC et à des échanges infructueux avec le staff du transporteur. L’instruction du dossier repose sur trois piliers : les capacités économiques, financières et juridiques de la société.
Et c’est bien évidemment l’avant-dernier point qui posait problème, en raison d’un redémarrage chaotique et pas à la hauteur des besoins financiers d’une compagnie aérienne.
À cette époque, on nous confiait, du côté du ministère des Transports, que quatre avions étaient prévus (trois ATR et un DHC6 Twin Otter), mais seul un ATR a été exploité de juin à janvier 2024.
Dès lors, les faibles revenus ont plongé la compagnie dans une situation financière délicate au dernier trimestre 2024.
L’entreprise a accumulé une certaine quantité de passif public auprès des organes de l’État et, depuis le 17 janvier 2025, se trouvait sous la protection d’une conciliation judiciaire.
Les discussions engagées depuis novembre 2024 pour une recapitalisation ont pris du temps, et le versement en cours arrive trop tard, et de façon échelonnée.
Air Antilles : le fantasme du repreneur court depuis... novembre 2023 !
Il est alors à cette époque insuffisant pour qu’Air Antilles opère ses vols sans accroître son passif. L’État a pris le temps d’attendre, pour donner toutes leurs chances aux discussions.
"Dans ces conditions, et conformément au droit européen, la délivrance d’une licence temporaire à Air Antilles s’impose," nous confiait-on à l’époque.
Et cette recherche d’investisseurs extérieurs ne date pas de décembre 2025, mais bien de la reprise même de la compagnie.
Elle est même devenue une chimère, tant elle est revenue à travers les interviews et les articles.
Dès novembre 2023, deux mois seulement après le jugement du tribunal, Jérôme Arnaud, le PDG de l’époque, nous annonçait déjà travailler "à une ouverture de capital, avec cet engagement privé."
Il était alors question de diluer la participation d’Edeis pour faire entrer notamment des collectivités et des acteurs privés.
Depuis maintenant plus de deux ans, à chaque interview et à chaque difficulté, cette quête de l’investisseur providentiel revient, sans jamais déboucher sur un quelconque engagement.
Il y a pourtant bien eu deux lettres d’intention fermes déposées sur la table, comme nous vous l'annoncions, permettant notamment de renouveler pour quatre mois la licence provisoire, jusque fin janvier 2026.
Nous retrouvions ainsi l’intérêt, d’une part, de Butterfly Air Group et, de l’autre, de l’Allemand Panaf. Deux courriers qui sont devenus caducs, faute de retour de la collectivité de Saint-Martin, qui prétextait le processus engagé avec une banque d’affaires pour acter l’arrivée d’un potentiel nouvel actionnaire.
D’ailleurs, Louis Mussington avait même signé, courant août 2025, une lettre de nomination du patron de Butterfly Air afin qu’il prenne la direction d’Air Antilles.
"Dans ces conditions, et conformément au droit européen, la délivrance d’une licence temporaire à Air Antilles s’impose," nous confiait-on à l’époque.
Et cette recherche d’investisseurs extérieurs ne date pas de décembre 2025, mais bien de la reprise même de la compagnie.
Elle est même devenue une chimère, tant elle est revenue à travers les interviews et les articles.
Dès novembre 2023, deux mois seulement après le jugement du tribunal, Jérôme Arnaud, le PDG de l’époque, nous annonçait déjà travailler "à une ouverture de capital, avec cet engagement privé."
Il était alors question de diluer la participation d’Edeis pour faire entrer notamment des collectivités et des acteurs privés.
Depuis maintenant plus de deux ans, à chaque interview et à chaque difficulté, cette quête de l’investisseur providentiel revient, sans jamais déboucher sur un quelconque engagement.
Il y a pourtant bien eu deux lettres d’intention fermes déposées sur la table, comme nous vous l'annoncions, permettant notamment de renouveler pour quatre mois la licence provisoire, jusque fin janvier 2026.
Nous retrouvions ainsi l’intérêt, d’une part, de Butterfly Air Group et, de l’autre, de l’Allemand Panaf. Deux courriers qui sont devenus caducs, faute de retour de la collectivité de Saint-Martin, qui prétextait le processus engagé avec une banque d’affaires pour acter l’arrivée d’un potentiel nouvel actionnaire.
D’ailleurs, Louis Mussington avait même signé, courant août 2025, une lettre de nomination du patron de Butterfly Air afin qu’il prenne la direction d’Air Antilles.
Air Antilles : l’ombre de l'ancien propriétaire se profile
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Le chef d’entreprise antillais devait, après avoir pris les commandes et tenté de redresser les comptes de la compagnie, entrer au capital. Finalement, l’élu ne donnera pas suite, avant de nommer, presque au pire moment, Amine Tadjadit.
L’ancien directeur général d’Ewa Air a été désigné directeur général délégué en fin d’année, peu avant que le certificat de transport aérien ne soit suspendu par la DGAC.
Une décision qui découle de l’audit mené par la DSAC du 2 au 4 décembre 2025.
Celui-ci a révélé une défaillance grave et majeure dans la mise en œuvre du système de gestion de la sécurité (SGS) de la compagnie, de nature à remettre en cause la conformité de son organisation aux exigences réglementaires, et à constater que les conditions ayant présidé à la délivrance du certificat de transporteur aérien (CTA) ne sont plus réunies.
Et depuis, ce n’est pas peu dire que le nouveau responsable a fait face à une situation extrêmement délicate, pour sortir de l’ornière une entreprise qui ne peut plus vendre de billets d’avion et qui doit verser les salaires de ses 118 employés.
Et même si, en interne, on salue son travail, on reconnaît aussi que cette arrivée fut trop tardive.
Maintenant, il reste dix jours aux actionnaires pour apporter des gages de survie, notamment avec l’arrivée d’un sauveteur providentiel.
À noter que le Tribunal a épinglé Edeis pour son faible engagement afin d’aider Air Antilles à sortir la tête de l’eau, finalement, seule la Collectivité de Saint-Martin aura supporté financièrement les déboires de la compagnie.
En attendant, d’après des sources bien informées, l’ombre d’Eric Koury plane de nouveau au-dessus de la dérive verte.
Pour l’heure, sa nouvelle société n’a pas encore obtenu les agréments obligatoires pour devenir une compagnie aérienne et exploiter les trois appareils qu’elle possède déjà.
A lire : Exclusif - comment Eric Koury (ex-Air Antilles) prépare son retour dans... l'aérien ?
Selon nos informations, le sulfureux entrepreneur préparerait, à l’aide d’autres acteurs ultramarins, une offre de reprise à la barre d’Air Antilles : celle-ci engloberait les actifs et les salariés.
Reste à savoir s’il sera seul sur le dossier et si le juge du tribunal trouvera opportun de confier les rênes à l’ancien propriétaire du transporteur régional, lui-même condamné pour escroquerie et travail dissimulé.
Une condamnation seulement suspendue par l’appel déposé par Eric Koury.
L’ancien directeur général d’Ewa Air a été désigné directeur général délégué en fin d’année, peu avant que le certificat de transport aérien ne soit suspendu par la DGAC.
Une décision qui découle de l’audit mené par la DSAC du 2 au 4 décembre 2025.
Celui-ci a révélé une défaillance grave et majeure dans la mise en œuvre du système de gestion de la sécurité (SGS) de la compagnie, de nature à remettre en cause la conformité de son organisation aux exigences réglementaires, et à constater que les conditions ayant présidé à la délivrance du certificat de transporteur aérien (CTA) ne sont plus réunies.
Et depuis, ce n’est pas peu dire que le nouveau responsable a fait face à une situation extrêmement délicate, pour sortir de l’ornière une entreprise qui ne peut plus vendre de billets d’avion et qui doit verser les salaires de ses 118 employés.
Et même si, en interne, on salue son travail, on reconnaît aussi que cette arrivée fut trop tardive.
Maintenant, il reste dix jours aux actionnaires pour apporter des gages de survie, notamment avec l’arrivée d’un sauveteur providentiel.
À noter que le Tribunal a épinglé Edeis pour son faible engagement afin d’aider Air Antilles à sortir la tête de l’eau, finalement, seule la Collectivité de Saint-Martin aura supporté financièrement les déboires de la compagnie.
En attendant, d’après des sources bien informées, l’ombre d’Eric Koury plane de nouveau au-dessus de la dérive verte.
Pour l’heure, sa nouvelle société n’a pas encore obtenu les agréments obligatoires pour devenir une compagnie aérienne et exploiter les trois appareils qu’elle possède déjà.
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Selon nos informations, le sulfureux entrepreneur préparerait, à l’aide d’autres acteurs ultramarins, une offre de reprise à la barre d’Air Antilles : celle-ci engloberait les actifs et les salariés.
Reste à savoir s’il sera seul sur le dossier et si le juge du tribunal trouvera opportun de confier les rênes à l’ancien propriétaire du transporteur régional, lui-même condamné pour escroquerie et travail dissimulé.
Une condamnation seulement suspendue par l’appel déposé par Eric Koury.






Publié par Romain Pommier 















