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Marennes, le bonheur est dans le marais

Un bassin ostréicole, mais pas que...



Quand on prononce ce nom, les amateurs d’huîtres ont des étoiles dans les yeux… Première aire ostréicole de France, l’estuaire de la Seudre séduit les gourmets attirés par ses restaurants et ses cabanes de dégustation. Mais il peut aussi plaire à l’amateur de balades : ses villages, chenaux secrets et chemins de traverse plongent dans l’intimité d’un territoire où l’on perd vite ses repères…


Rédigé par Jean-François RUST le Vendredi 10 Août 2018

Du secret des huîtres à ceux des sentinelles de Brouage, le bassin de Marennes est prolixe en surprises - DR : J.-F.R.
Du secret des huîtres à ceux des sentinelles de Brouage, le bassin de Marennes est prolixe en surprises - DR : J.-F.R.
Le bassin ostréicole ne compte pas que sur les avaleurs d’huîtres pour attirer le chaland. Plusieurs sites sont de longue date inscrits sur la liste des lieux habituellement visités.

Prenons la Cité de l’Huître, à Marennes. C’est un bon condensé de l’activité ostréicole, avec son circuit tracé au milieu des marais et des bassins de claires. On n’est pas obligé de consommer, la Cité est là pour éduquer le public sur ce métier spécifique.

Le clocher de l’église Saint-Pierre-de-Marennes, lui, est l’unique point haut à des lieux à la ronde - 85 mètres. En juillet-août, moyennant un effort et 2 €, le public y monte sans se faire prier pour découvrir la vue sur l’embouchure de la Seudre et les bassins de claires.

Et puis, il y a Mornac-sur-Seudre. Ses ruelles bien léchées, ses boutiques d’artistes… hormis aux heures d’affluence estivales, où le village succombe au mercantilisme, il s’affiche en bourg pimpant, roses trémières et volets bleus, maisons chaulées et venelles proprettes.

Si ces lieux sont si courus, c’est bien qu’ils ont de l’intérêt. Comme en ont aussi les deux chenaux ostréicoles de la Cayenne et de la Grève, bordés de restaurants et cabanons à huîtres.

Chenaux serpentins

Au-delà de ces rendez-vous nécessaires, découvrir « l’esprit » du marais suppose persévérance et audace. Il faut ainsi sortir des sentiers battus pour s’avancer au plus près des hommes qui exercent ce métier aléatoire d’ostréiculteur.

Les petites routes entre L’Eguille et Etaules, rive gauche de la Seudre, en sont une belle illustration.

Sur le port de Chaillevette, au bout d’un chenal bordé de pontons et de cabanes en bois colorées, l’atmosphère au petit matin est tranquille.

Les ostréiculteurs, partis en mer sur leurs chalands, ont délaissé le marais. Des vieux paniers en fer remplis de coquilles d’huîtres s’amoncellent au devant des cabanons. Seuls quelques anciens traînent entre les chenaux, comme ce vieil homme à vélo en bottes et à casquette portant sur l’épaule des cannes de roseau, balises de marquage des parcs à huîtres.

Plus loin, au bout d’une impasse - les chenaux s’arrêtent immanquablement sur la Seudre, large, placide mais puissante -, voici Chartressac. Un coup de cœur.

Le chenal ostréicole louvoie tel un serpent, flanqué d’une rangée de cabanes de bois foncé aux fenêtres peintes de couleurs vives. Sur la vase, quelques voiliers échoués attendent la marée haute. Des hangars affichent leurs noms en lettres peintes, « Huîtres Gros Détail Lopez », « Ets Georget Tél 26 »…

Le silence règne, ne serait-ce le bruit des pompes qui pulsent l’eau suroxygénée dans les dégorgeoirs, où les huîtres de pleine mer sont trempées avant d’être vendues.

Voilà le « vrai » bassin, dont on s’imprègne aussi sur le chenal de Coux, près de La Tremblade, et même au port de Bourcefranc-le-Chapus, face au fort Louvois et à l’île d’Oléron.

Là, à l’heure de la marée, on peut assister à la noria des chalands rentrant au bercail chargés de poches d’huîtres.

Un spectacle que les estivants débarquant à la gare du Chapus depuis la gare d’Austerlitz ont vu jusque dans les années 1970, avant de sauter dans le ferry pour Oléron.

Saloches rive droite

La rive droite de la Seudre est moins fréquentée, raison pour laquelle elle revêt de l’intérêt.

Ici, pas de chenaux pour touristes. Éloignés du fleuve, les villages et hameaux (Nieulle, Bien Assis, Toriat, La Fosse Bertine, Artouan…) encadrent un territoire ostréicole presque secret.

Depuis la D 241, il ne faut pas hésiter à se glisser dans des culs de sacs. Sur fond de clocher de Marennes, on y croisera quelques élevages bovins et ces étonnantes saloches, petites constructions coniques en pierre utilisées jadis comme poulaillers, abris… ou guets pour les douaniers du sel.

Selon la rive, la zone ostréicole de Marennes affiche donc des visages différents.

Un début d’explication se trouve peut-être dans les propos de ce propriétaire de chambres d’hôtes, à Marennes. « Le côté sud est plus bling-bling, car il est proche de Royan. On y voit des voitures décapotables, les cabanes ostréicoles sont mieux signalées. Le nord est plus secret, moins ouvert et les accès sont peu fléchés », résume-t-il.

Brouage, dans le polder

Plus au nord, Brouage n’est pas trop mal indiquée et si elle fait quitter le monde ostréicole, elle n’éloigne pas du marais.

L’apparition de cette ville fortifiée tapie au cœur du polder ressemble fort à un mirage. Folie d’un richissime particulier ? Rien de tel.

Brouage, l’ex-Jacopolis construite sur des pieux et des galets de lests maritimes, fut d’abord, dès la mi-16e s., une place forte du sel.

Cernée de remparts en 1569, elle prend du galon en 1627 lorsque Richelieu décide d’en faire un verrou maritime - la mer lèche alors ses bastions et échauguettes. Marchands d’étoffes et d’épices, négociants d’Ecosse ou des Flandres, soldats, se côtoient dans ce petit périmètre, devenu en 1630 le plus grand port d’Europe de commerce du sel.

L’inévitable Vauban viendra vers 1690 remanier les fortifications, arasant ici un rempart, approfondissant là des fossés. On peine à imaginer en arrivant dans cette ville assoupie qu’elle accueillit un temps plus de 5 000 personnes - 170 habitants permanents désormais !

Las, le comblement naturel du golfe, associé aux travaux de drainage et à la concurrence de Rochefort et de La Rochelle auront raison de sa prospérité, jusqu’à l’oubli au 19e s. C’est pourtant ici que naquit vers 1570 Samuel de Champlain, qui vogua vers le Nouveau Monde pour fonder la ville de Québec, en 1603.

En déambulant aujourd’hui dans ses rues au cordeau, les éléments militaires restaurés ressurgissent : la splendide Halle aux Vivres, en briques, édifiée en 1631 pour conserver la nourriture de la garnison ; les forges ; les poudrières ; la glacière ; les poternes ; les anciennes écuries ; les étonnants ports souterrains… Sans parler des graffitis de soldats sur les murs d’enceinte.

Du secret des huîtres à ceux des sentinelles de Brouage, le bassin de Marennes est prolixe en surprises.

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Tags : marennes, rust
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