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No kids, vraiment ? Ou l'avenir en pointillé !

L'édito de Paula Boyer


La récente offre de la SNCF -visant à créer, en semaine, des "espaces calmes" sur ses TGV Paris-Lyon- a fait rebondir la polémique sur la place accordée -ou pas- aux enfants par nos sociétés développées. Et au delà, sur l'avenir de celles-ci.


Rédigé par le Lundi 9 Février 2026

No kids, vraiment ? Ou l'avenir en pointillé ! - Depositphotos.com Krakenimages.com
No kids, vraiment ? Ou l'avenir en pointillé ! - Depositphotos.com Krakenimages.com
C'est une petite musique qui monte, qui monte, qui monte, notamment dans le monde du tourisme...

Depuis quelques années, cette petite musique dit avec insistance : les adultes sont de plus en plus stressés, ils ont besoin de décompresser, de se ménager des moments au calme, offrons-leur donc des espaces sans enfants.

De plus en plus d'hôteliers se lancent sur ce créneau, l'air de ne pas trop y toucher, tout en y touchant bien sûr. Et voilà qu'après le "No Kids" dans des hôtels, la SNCF s'y met à son tour avec son offre, Optimum plus (non accessibles aux enfants de moins de 12 ans) pour ses TGV Paris-Lyon en semaine. Une formule destinée à séduire les nombreux voyageurs d’affaires.

Montée en épingle alors qu'elle pèse pratiquement rien dans l'offre globale de la SNCF, cette initiative a été suscité une vive indignation.

Mais, du coup, on a tout de même réalisé que, depuis belle lurette, la SNCF avait déjà renoncé à la politique familiale qu'elle avait mis en place dans les années 1980 -avant l‘arrivée des TGV- pour attirer ... les parents. Finis, depuis longtemps, les espaces de jeux dédiés, finies aussi la carte de réduction "enfant", puis la carte réduction "famille".

On pourrait sans doute discuter à perte de vue de la pertinence de l'initiative de la SNCF, se demander s'il est bien légitime de lui reprocher de bichonner les clients d'affaires alors qu'on la sait lestée d'une dette imposante et en même temps, confrontée à la nécessité de financer la régénération du réseau hors TGV qui est à bout de souffle.

Dénatalité...

Au vrai cependant, si l'annonce de la SNCF a suscité autant de tensions, c'est parce qu'elle est tombée juste au moment où étaient publiés par l'Insee les chiffres inquiétants de la dénatalité : avec une fécondité réduite, en 2025, à 1,53 enfant par femme, la France métropolitaine connaît depuis le milieu des années 2010, une diminution sensible.

Certes, la France figure encore parmi les pays les mieux dotés en Europe, puisqu'en 2023, le nombre moyen d'enfants dans l'Union Européenne était seulement de 1,38 par femme. Certes, la France n'est pas encore menacée d'extinction démographique. Mais, la peur est là car sa natalité est insuffisante pour que sa population se renouvelle d'elle-même.

Il y a là un vrai débat de société. Une question cruciale pour l'avenir : un pays vieillissant est rarement entreprenant, innovateur, dynamique.

Depuis cette annonce de l'Insee, les experts ont avancé moult explications à la dénatalité : la vie actuelle serait trop difficile, trop chère ou trop stressante, l'avenir trop angoissant -notamment en raison des bouleversements climatiques-, les gens seraient devenus trop individualistes, trop égoïstes.

La faute aux nouvelles mentalités qui privilégieraient l'épanouissement au détriment de la famille, et, pourquoi pas- selon une partie des psychologues- la faute aussi à "l'éducation positive" qui, en empêchant parents et éducateurs d'imposer des limites aux enfants, les rendrait trop difficiles à élever.

A lire aussi : Adult only : la croisade anti enfants malvenue et dangereuse !

"OK Boomer", vraiment ?

Quoique l'on pense de ces explications, force est de constater que la baisse de la natalité est concomitante d'un effritement de la solidarité entre les générations.

En témoigne l'expression « Ok boomer » importée des Etats-Unis qu'utilise une partie de la jeunesse pour dénigrer les "baby boomers" (nés entre 1946 et 1964), accusés d'avoir connu la vie facile, le plein emploi mais ... condamné les nouvelles générations à la précarité et pollué la planète.

On pourrait, à l'infini, discuter de la pertinence de ces accusations largement injustes, ne serait-ce que parce que les générations des années 50-60-70 ont énormément travaillé et eu la vie bien plus dure qu'on ne se plaît à la dire aujourd'hui.

Il reste qu'une société vieillissante portée à dresser les générations les unes contre les autres et à mettre à l'écart les enfants qui naissent encore, peut s'inquiéter pour son avenir.

L'industrie du tourisme qui, pour se rendre plus attractive aux yeux de quelques-uns, cède de plus en plus à la tentation du no kids, ferait bien de s'en aviser. Il est plus que temps.

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