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Outre-mer : "vers des lendemains difficiles" selon Sébastien Lecornu

Le 1er Comité stratégique du tourisme outre-mer (CSTOM) s'est tenu ce 3 février 2022



Après deux ans de crise et de saisons blanches, le tourisme d'outre-mer est enfin pris en compte par le gouvernement. Pour la première fois, le Comité stratégique du tourisme outre-mer (CSTOM) a été organisé à l'initiative de Jean-Baptiste Lemoyne et Sébastien Lecornu. Les ministres, ont pris la parole pour rappeler les actions du gouvernement et répondu aux questions des syndicats patronaux présents. Il a été question de défiscalisation, beaucoup de vaccination, d'aides et d'autres sujets d'actualités pour l'écosystème économique des outre-mer.


Rédigé par le Jeudi 3 Février 2022

Lors du Comité stratégique du tourisme outre-mer, Sébastien Lecornu a lâché quelques messages importants notamment à l'attention des Antilles - Capture écran
Lors du Comité stratégique du tourisme outre-mer, Sébastien Lecornu a lâché quelques messages importants notamment à l'attention des Antilles - Capture écran
Après deux ans d'une crise sans fin et historique, le tourisme ultramarin a, enfin, vu le gouvernement se pencher sur son sort.

A l'initiative de Jean-Baptiste Lemoyne, ministre délégué en charge du Tourisme, et Sébastien Lemoyne, le ministre des Outre-mer le 1er Comité stratégique du tourisme outre-mer (CSTOM) a été organisé.

Cet événement digital a été conçu pour être un moment de dialogue entre les instances professionnelles et les acteurs de ces territoires.

"Il est compliqué de parler de stratégie touristique sans parler de sanitaire. Alors même que la question de la vaccination reste pleine et entière, elle est de nouveau posée avec la dose de rappel," introduit Sébastien Lecornu.

Et cette problématique de la vaccination reviendra régulièrement dans la bouche du ministre. A noter qu'en Guadeloupe seulement 42% de la population a reçu 2 doses et 18% la 3e.

Si le message est une nouvelle fois passé, le ministre des Outer-Mer a rappelé également que le "quoiqu'il en coûte" hors de la métropole a mobilisé 6 milliards d'euros.

"Finalement, nous constatons qu'il y a eu assez peu de casse, même si tout le monde a morflé. Il nous faut nous projeter, beaucoup de chantiers ont été décalés avec l'épidémie," poursuit le membre de l'exécutif.

Tout au long de la séance, Sébastien Lecornu n'hésitera pas à placer quelques phrases bien senties et des messages en direction des Antilles, notamment.

Outre-Mer : "Il y a de l'argent sur la table, grâce au plan de relance !"

Cette projection du gouvernement concerne les enjeux locaux, comme celui de la vie chère. Des enjeux revenus sur le devant de la scène lors des récentes émeutes, mais aussi la question du tourisme et de son développement.

Quel tourisme demain en Martinique, Guyane ou Polynésie ? C'est pour répondre à cette problématique que le Comité stratégique du tourisme outre-mer (CSTOM) a été organisé.

Avant de répondre à cette épineuse interrogation, les représentants du gouvernement ont fait l'éloge de l'action présidentielle durant la crise.

"Il y a de l'argent sur la table grâce au plan de relance ! Nous avons aussi des outils particuliers dans cette maison (le ministère des outre-mer, ndlr), avec notamment des systèmes de défiscalisation," a expliqué de façon cash, un ministre plutôt décomplexé.

En résumé, l'argent est là, il suffit de traverser l'océan ou presque, pour venir le chercher.

Le membre de l'exécutif a laissé entendre que des aménagements sont possibles au niveau des dispositifs incitatifs. Ceci afin d'entrainer un plus grand investissement et permettre à ces régions de rattraper leurs retards et de prendre le virage d'un tourisme plus vert.

Et Jean-Baptiste Lemoyne de prendre le relai, avec lui aussi une bonne nouvelle derrière son masque.

"Les outre-mer sont notre porte-étendard au sujet de la croisière, avec plusieurs millions de croisiéristes qui y débarquent chaque année. Le nouveau protocole sanitaire de la croisière a été validé le 1er février.

Celui-ci permettra une reprise de la croisière ici et là.
"

Les autorisations se feront, auprès des Préfectures dans les Antilles au cas par cas, après la demande des opérateurs. Alors même que de l'autre côté de l'Atlantique, la saison pour les géants des mers est en passe de se terminer.

Le Comité est aussi l'occasion d'adapter le Plan destination France, voulu pour "réarmer" l'Etat en matière de politique touristique, aux régions ultramarines.

Test au retour : un dénouement positif attendu dans les prochains jours !

"Sur les dépenses d'intervention de l'Etat, en 2017, il y avait une ligne de seulement 2 millions d'euros pour soutenir le tourisme. En 2022 ce sera... 650 millions d'euros!" énumère Jean-Baptiste Lemoyne.

La campagne présidentielle a bien débuté pour le candidat Macron !

Avant d'en terminer avec son allocution et de laisser la parole aux participants, le ministre en charge du tourisme a souhaité que la réunion du jour ne soit par "un machin de plus."

Et pour cela, à l'image du comité filière tourisme, un dispositif équivalent et régulier, sera institué localement.

Roland Héguy a pris la parole au nom de l'UMIH pour dénoncer les lourdes contraintes qui pèsent sur les déplacements et aussi la trop grande dépendance à la desserte aérienne.

Depuis le début de l'année, les syndicats du secteur mènent une importante campagne médiatique pour faire bouger le gouvernement, sur la question du test au retour.

"Nous allons remettre à plat notre politique sur les flux à l'international. Un travail aura lieu d'ici la mi-février pour simplifier les déplacements, avec une réflexion sur le test au retour.

C'est la feuille de route que le président nous a donnée,
" confie Jean-Baptiste Lemoyne. Le dénouement est donc prévu dans quelques jours.

Hervé Mariton, a rappelé la situation ubuesque que connait la Réunion, où les habitants passent par Paris pour se rendre à Maurice.

Puis le patron de la FEDOM, de poursuivre sur les aides qui doivent être maintenus dans le temps.

"Nous avons besoin de stabilité dans le court et moyen terme sur les mesures de soutien, avec la complémentarité du dispositif coûts fixes et fonds de solidarité. Tout comme les exonérations de charges, les procédures du rallongement des PGE ne doivent pas être trop complexes."

Les deux représentants de l'exécutif ont expliqué que les dispositifs seront adaptés tant que la situation l'oblige et ce n'est pas maintenant que l'écosystème sera abandonné.

Un suivi très fin sera apporté sur la question des PGE, pour savoir si des difficultés demeurent.

Défiscalisation en Outre-mer : "la réhabilitation est un gros enjeu"

"Arrivera un jour, où il va falloir éteindre certains dispositifs et cela posera la question de la couverture vaccinale. Je n'ai pas d'idée fixe, mais il faut être cohérent," relance Sébastien Lecornu.

Et ce dernier d'appeler les acteurs présents à pousser en faveur de la vaccination en outre-mer. Suite à cela différentes questions seront posées aux représentants du gouvernement, avec plus ou moins de réussite dans les réponses.

Le ministère du Tourisme en Polynésie a voulu savoir si des outils financiers existants seront renforcés pour accompagner les projets touristiques de l'archipel.

"De l'argent, il y en a, désolé d'être direct. Le sujet c'est sa consommation.

Il faut repartir de projets concrets, pour arriver à des solutions sur-mesure, plutôt que de mettre une grosse enveloppe sur la table,
" a répondu Sébastien Lecornu.

Tout de même, un prêt garanti de l'Etat de 300 millions d'euros a été accordé à la Polynésie et ses 300 000 habitants. Ce montant doit servir à mettre en place des instruments de relance.

D'ores et déjà, une partie de ces 300 millions sera accordée à Air Tahiti Nui.

Et comme l'enjeu du Comité est de permettre à l'industrie touristique d'outre-mer de se projeter sur son avenir, les interrogations ont souvent tourné autour des aides ou des incitations à investir.

"Quelles sont les mesures fiscales fortes pour pérenniser les infrastructures touristiques et la montée en gamme ?" a demandé Christian Mourisard, le président d'ADN tourisme.

Pour Sébastien Lecornu, la défiscalisation doit être perçue comme un outil.

"Je souhaite que nous ayons une méthode assez rapide autour de la défiscalisation. Quand nous construisons du neuf, c'est presque plus facile que lorsqu'il y a réhabilitation. C'est un gros enjeu.

Il y a un nœud : il faut de la simplification et/ou faire varier des critères ou même arrêter certains dispositifs,
" estime le ministre des Outre-mer.

Outre-Mer : "Il y aura des lendemains difficiles"

S'il y a eu des nombreuses questions auxquelles ont (plus ou) moins répondu les ministres présents, une proposition a été faite par Hervé Mariton, en porte-voix de Karine Roy-Camille, absente lors de l'événement.

Cette dernière demande à favoriser la mobilité des saisonniers entre les saisons ultramarines et celles en métropole, notamment sur le tourisme balnéaire.

Deux pistes seront activités prochainement, avec la mobilisation de l'Institut Francais Du Tourisme via une expérimentation, en partenariat avec le ministère du Travail, pour financer le transport et tester la formule.

"J'ai envie de dire c'est adjugé" affirme Jean-Baptiste Lemoyne.

Depuis le début de la crise sanitaire, l'image des destinations ultramarines a été grandement écornée. Entre les restrictions, les fermetures, puis la trop faible vaccination et les émeutes, il ne fait guère de doute que ces territoires inspirent moins confiance aux voyageurs.

"Vous demandiez si l'image des outre mer est durablement abimée, je vous réponds oui ! Il y a un vrai problème d'image, un vrai problème d'amélioration de l'attractivité," a interpelé Jean-Pierre Mas, le président des Entreprises du Voyage.

Ce n'est pas faute de le rappeler sur TourMaG, mais les régions ultramarines affichent une trop grande dépendance à la clientèle métropolitaine. Cette dernière pourrait en plus être pénalisante à l'avenir, car lointaine et donc polluante.

Pour Sébastien Lecornu, le tourisme contrairement à d'autres secteurs d'activité, repose sur une dimension psychologique, humaine et de séduction.

"Nous allons devoir un peu plus assumer le mot séduction !

Quand j'ai été ferme et dur en novembre dernier, c'était pour ce besoin d'être séduisant aux yeux du monde,
" prévient Sébastien Lecornu.

Le ministre fait allusion aux émeutes de Guadeloupe, lors desquelles il avait appelé les élus à condamner la violence et les actes d'une partie de la population.

Une demande soldée par une fin de non-recevoir des syndicats et des élus locaux. Selon lui, aujourd'hui la Guadeloupe paye ce manque d'engagement aussi bien au niveau des violences que d'une vaccination trop faible.

"Heureusement que nous avions les affinitaires. Ils nous ont permis d'éviter le drame complet sur les Antilles. Nous devons appeler chacun à la responsabilité, sans quoi il y aura des lendemains difficiles."

Demain les banquiers pourraient blacklister l'écosystème touristique antillais. Le message est passé...

Romain Pommier Publié par Romain Pommier Journaliste - TourMaG.com
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Commentaires

1.Posté par marc le 04/02/2022 09:14 | Alerter
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le contribuable métropolitain doit bien sûr aider les dom tom mais la population des îles à aussi des DEVOIRS
se faire vacciner renoncer aux menaces et pillages

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